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[e-med] Nouvelles de la conf�rence sur le sida � Barcelone


  • Subject: [e-med] Nouvelles de la conf�rence sur le sida � Barcelone
  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 10 Jul 2002 10:40:36 -0400 (EDT)

E-MED: Nouvelles de la conf�rence sur le sida � Barcelone
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09/07/02 Traitements dans le Sud : comment baisser les prix ? par Christophe
Martet
http://www.tetu.com/


Le prix des antir�troviraux, c'est une des questions cruciales de cette
conf�rence, au moment o� le Fonds mondial, dont l'objectif est de permettre
l'acc�s aux antir�troviraux, peine � trouver les fonds n�cessaires, estim�s
� dix milliards de dollars par an. La session "Traitements : strat�gies pour
baisser les prix" a justement permis de mieux cerner certains  m�canismes �
l'�uvre dans la r�duction des prix.

Le premier intervenant, l'Am�ricain Jaime Love, a plaid� pour la cr�ation
d'un syst�me de mise en commun des connaissances sur la recherche sur les
mol�cules afin de sortir du carcan des brevets.

Plusieurs �quipes fran�aises ont, elles, pr�sent� des �tudes, soutenues par
l'ANRS, sur les d�terminants de la baisse des prix des m�dicaments. La
d�monstration est claire: l� o� il y a volont� politique, les prix des
antir�troviraux baissent. C'est le cas du Br�sil, o� un an d'Epivir (3TC)
co�tait 20000 dollars en 1998. Sa version g�n�rique est aujourd'hui
distribu� aux malades br�siliens pour 500 dollars par an. Dans ce pays,
35000 patients �taient trait�s en 1997, on est  pass� � 113000 aujourd'hui,
qui re�oivent une trith�rapie. Mais le temps est compt�. Les deux principaux
producteurs de g�n�riques, l'Inde et la Chine*, devront d�s 2005 se plier
aux lois sur les brevets et ne pourraient plus vendre des mol�cules en
g�n�riques.

Une autre �tude de l'ANRS, qui a compar� les strat�gies de sept pays
africains et du Br�sil en mati�re de prix des m�dicaments, a montr� que les
prix des m�dicaments commercialis�s par les firmes pharmaceutiques avaient
v�ritablement baiss� lorsque les g�n�riques sont arriv�s et sont entr�s en
concurrence avec les antir�troviraux sous licence.
Mais le chemin est encore long: dans les sept pays africains �tudi�s (dont
le Burundi, le Burkina Faso et le Kenya), 5300 malades du sida �taient
trait�s l'an dernier, alors que l'on estime � pr�s d'un million et demi le
nombre de s�ropositifs qui y auraient besoin d'un traitement. Selon Marie de
C�nival, qui a particip� � cette �tude aux c�t�s de St�phane Luchini et de
Jean-Paul Moatti, "les labos sont tr�s pr�sents en Afrique, m�me si ce
march� n'est pas �norme pour eux. Ils essaient d'imposer leurs m�dicaments,
quitte � n�gocier des fortes baisses de prix. Le probl�me, c'est que tout
cela se fait dans la plus grande opacit�. Le Fonds mondial devrait pouvoir
offrir aux pays d�sireux  d'acqu�rir des m�dicaments des informations et des
recommandations sur les meilleures offres possibles."

D�j�, l'�norme machinerie marketing des firmes est en marche. � Barcelone,
les stands des laboratoires mettent tous en vedette des visages de femmes et
d'hommes blacks. Leur nouvelle cible ?

*[mod�rateur: il s'agit plut�t de la Tha�lande.CB]
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 PARTEC : UN LABORATOIRE MOBILE POUR LE DIAGNOSTIC DU VIH

Une unit� mobile de diagnostic d�velopp�e r�cemment va �tre pr�sent�e
officiellement lors de la Conf�rence internationale de Barcelone sur le
SIDA. Ce nouveau laboratoire mobile r�duira le co�t des traitements
th�rapeutiques actuels, d'environ 40 dollars par test (par patient)
actuellement, � moins de 2 dollars. La caract�ristique la plus remarquable
de ce nouveau concept concerne le diagnostic pratiqu� sur les cellules
sanguines, crucial pour d�terminer un traitement th�rapeutique efficace
contre le virus. Il est d�sormais accessible sans pour autant nuire � la
qualit� et � la pr�cision des r�sultats des tests. Le mini-laboratoire
mobile r�pondra aux besoins sp�cifiques des pays en d�veloppement, et le
personnel m�dical sera � m�me d'organiser et de proposer des traitements
efficaces aux victimes du SIDA dans des r�gions recul�es.
http://financier.companynews.fr/communiques/communique.asp?communique_id=610
84�eur_id=151

[Mod�rateur: cela semble tr�s int�ressant... est-ce que quelqu'un a des
infos compl�mentaires sur ce sujet? CB]

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 LE MONDE | 09.07.02 | 15h33
� MIS A JOUR LE 09.07.02 | 15h53
"Les pays donateurs doivent accro�tre leur financement contre le sida"
Lanc� en juin 2001, le Fonds n'a encore re�u que 2,1 milliards de dollars
d'engagements

BARCELONE de notre envoy� sp�cial

Dans le cadre de la XIVe conf�rence internationale sur le sida, le docteur
Richard Feachem, sp�cialiste britannique de sant� publique et ancien
responsable du d�partement sant� � la Banque mondiale, devait �trenner,
mardi 9 juillet, ses fonctions de directeur ex�cutif du Fonds global pour
lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme, lanc� par les Nations
unies en juin 2001.

Quelle analyse faites-vous de l'�tat actuel de la pand�mie de sida, de la
tuberculose et du paludisme dans le monde ?

Par ses dimensions, l'infection par le VIH/sida repr�sente un d�sastre sans
pr�c�dent.
De plus, nous nous situons encore t�t dans l'�pid�mie, comme l'attestent les
chiffres de l'Organisation mondiale de la sant� : 45 millions de personnes
pourraient �tre nouvellement infect�es d'ici � la fin de la d�cennie et
jusqu'� 70 millions pourraient d�c�der d'ici � 2020. En ce qui concerne la
tuberculose et le paludisme, la situation empire.

Comment voyez-vous votre r�le � la direction du Fonds global ?

Je d�bute une exp�rience internationale sans pr�c�dent. Nous avons
rapidement avanc� en quelques mois d'existence. Apr�s la phase pr�paratoire,
le conseil d'administration du Fonds s'est r�uni pour la premi�re fois en
janvier. Nous avons re�u des engagements d'un total de 2,1 milliards de
dollars. En avril, les premi�res attributions de financement ont �t�
annonc�es, pour un total de 616 millions de dollars sur deux ans pour 58
projets, avec environ 60 % des financements pour la lutte contre le sida.
Ma t�che va �tre de faire avancer les choses encore plus rapidement. Il faut
beaucoup plus d'argent et faire parvenir les financements l� o� ils sont
n�cessaires.

Justement, les critiques n'ont pas manqu� pour souligner l'insuffisance de
financement pour le Fonds, puisque l'�tude de l'�quipe de Jeffrey Sachs, �
Harvard, �valuait les besoins pour lutter contre la seule pand�mie de sida �
10 milliards de dollars par an.
Comment expliquez-vous un tel d�calage ?

Clairement, il faut que les pays donateurs accroissent leur part et que ceux
qui n'ont pas encore contribu� � je pense aux "Tigres asiatiques" et aux
Etats p�troliers � le fassent. La cr�ation d'un tel Fonds a �t� souhait�e
par tous, Etats comme associations. Le G8 l'avait �voqu�e lors du sommet
d'Okinawa en juillet 2000 et un an plus tard, lors du sommet de G�nes, ils
annon�aient une contribution globale de 1,3 milliard de dollars. Ils doivent
l'augmenter � la fois par altruisme et dans leur propre int�r�t. Les trois
maladies contre lesquelles le Fonds est mobilis� ont des cons�quences
dramatiques sur les syst�mes �conomiques, �ducatifs, sanitaires, etc. Elles
entra�nent une d�stabilisation et tout le monde a int�r�t � une stabilit�
globale.
Les pays doivent donner selon leurs moyens et recevoir selon leurs besoins.

Ne craignez-vous pas que l'argument de la n�cessit� de ma�triser ou de
r�duire les d�penses de sant� dans les pays riches soit invoqu� pour ne pas
augmenter leur contribution au Fonds global ?

C'est un faux argument. Les d�penses de sant� publiques et priv�es des
Etats-Unis repr�sentent un total de 1 500 milliards de dollars par an. En
comparaison, les besoins du Fonds sont � une tout autre �chelle. Tout le
probl�me est de r�aliser la gravit� de la situation et les risques de
d�stabilisation. La volont� politique viendra de cette compr�hension.

L'insuffisance des sommes r�unies ne va-t-elle pas faire privil�gier les
actions de pr�vention, moins co�teuses que les traitements ?

Il n'y a pas d'autre choix que de faire les deux, actions de pr�vention et
traitements. Devant des personnes bless�es lors d'un accident de la route,
on ne peut pas se contenter de s'occuper de la l�gislation sur les ceintures
de s�curit�. Cela �tant, dans des pays o� l'�pid�mie n'a pas encore explos�,
par exemple l'Inde, il faut privil�gier la pr�vention, car il s'agit d'une
v�ritable bombe � retardement. Le pays pourrait conna�tre, quinze ans apr�s
l'Afrique, une �pid�mie ayant la m�me trajectoire.

Lors du premier appel � projets, des pays se sont plaints de difficult�s �
remplir les conditions desoumission alors que leurs besoins sont r�els.
Comment comptez-vous am�liorer ces proc�dures ?

Leurs plaintes �taient justifi�es, mais nous voulions aller tr�s vite. Nous
sommes dans un processus d'am�lioration continue. Nous allons clarifier les
conditions requises et am�liorer l'information lors des appels � projets.

Que se passera-t-il si le Fonds �choue � rassembler les financements
n�cessaires ?

Ce sera un �norme recul international, au-del� des aspects li�s aux trois
maladies. Cela aurait un effet d�vastateur sur la confiance entre le Nord et
le Sud. Il y aurait un consid�rable accroissement de la haine et du
scepticisme dans les pays du Sud. Le monde ne peut laisser survenir un tel
�chec. Nous n'aurons pas de deuxi�me chance.

Propos recueillis par Paul Benkimoun

� ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.07.02

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