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[e-med] Le programme de recherche sur le paludisme du professeur Ogobara Doumbo distingué
- From: "remed" <remed@remed.org>
- Date: Fri, 30 May 2008 12:53:13 +0200
Prix Prince des Asturies 2008 : LE PROGRAMME DE RECHERCHE SUR LE PALUDISME
DU PROFESSEUR OGOBARA DOUMBO DISTINGUÉ
l'Essor n°16208 du - 2008-05-30 08:00:00
Le Prix de la Fondation Prince des Asturies 2008 dans le domaine de la
coopération internationale vient d'être décerné au Programme de recherche et
de traitement du paludisme de Bamako dirigé par notre compatriote le
professeur Ogobara Doumbo, a annoncé hier l'ambassade d'Espagne dans notre
pays.
Ce prix prestigieux est destiné "à récompenser le travail scientifique,
technique, culturel, social et humain réalisé par des personnes, équipes de
travail ou institutions à niveau international".
On doit plutôt dire les Prix Prince des Asturies puisqu'ils récompensent des
lauréats dans les domaines suivants : communication et humanités, arts,
lettres, sciences sociales, recherche scientifique et technique, coopération
internationale, concorde et sports.
Distingué dans la catégorie "coopération internationale" le programme du
professeur Ogobara Doumbo peut de prévaloir de célèbres prédécesseurs
puisque dans le même domaine ont été récompensés Nelson Mandela et De Klerk
(1992), Yasser Arafat et Ytzhak Rabin (1994) et plus récemment Al Gore
(2007), la Fondation Bill et Melinda Gates (2006), la Française Simone Veil
(2005), le programme d'échanges universitaires européen Erasmus (2004) ou
encore le président brésilien Lula Da Silva (2003).
Plus précisément, le prix "Prince des Asturies" de la coopération
internationale est destiné "à la personne, aux personnes ou à l'institution,
dont le travail ait contribué d'une façon exemplaire et significative à la
connaissance mutuelle, au progrès et à la fraternité entre peuples".
Le prix doit son nom à la Fondation "Prince des Asturies" qui le décerne, le
prince des Asturies étant l'héritier de la couronne d'Espagne. La fondation
créée en 1980 à Oviedo en Espagne, entend "contribuer à l'exaltation et à la
promotion de toutes les valeurs scientifiques, culturelles, et humanistes
qui forment partie du patrimoine universel". Et pour ce faire, depuis 1981,
elle attribue les "Prix Prince des Asturies", qui, chaque année, sont remis
par son altesse royale le prince des Asturies, président d'honneur de
l'institution, au cours d'une cérémonie académique solennelle qui se célèbre
à Oviedo, capitale de la principauté des Asturies.
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Ogobara Doumbo
Directeur du Centre de recherche et de formation sur le paludisme de Bamako
MALI - 30 septembre 2007 - par COLETTE BERTHOUD
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=
LIN30097ogobaobmuod0
Au Mali, un homme de sciences aussi discret que brillant prend de la
hauteur. Ogobara Doumbo, 51 ans, chercheur et professeur de parasitologie
tropicale est reconnu par la communauté scientifique internationale comme
l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la recherche sur le paludisme.
Le Centre de recherche et de formation sur le paludisme de Bamako (MRTC,
Malaria Research and Training Center), qu’il dirige, fait partie des rares
laboratoires à avoir essayé, dès 2003, des vaccins antipaludéens sur
l’homme, en collaboration avec l’université du Maryland et le Walter Reed
Army Research Institute (États-Unis). Mais Ogobara Doumbo reste modeste. Le
chercheur accumule diplômes et fonctions, titres et prix internationaux avec
une humilité déconcertante. Et parle toujours au nom de son équipe, une
trentaine de chercheurs, tous formés dans les meilleures universités
européennes ou américaines et… revenus travailler au Mali. Ce qui est
suffisamment rare pour être signalé.
Ogobara Doumbo a-t-il un remède miracle contre la « fuite des cerveaux » ? «
Des conditions de travail exceptionnelles, répond-il d’emblée. La qualité et
la diversité de notre personnel, les possibilités de carrière, les salaires
corrects négociés avec l’université de Bamako et nos partenaires américains
de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (Niaid). »
Sans oublier que les chercheurs ont la possibilité de publier leurs travaux
dans les plus grandes revues scientifiques anglophones. Science, Nature, The
Lancet, New England Journal of Medicine… « Si elles veulent exister, les
équipes de recherche africaines doivent publier leurs résultats, quelle
qu’en soit la difficulté. Elles ne peuvent plus attendre que l’on écrive à
leur place des articles où les Africains sont uniquement considérés comme
des associés… »
Ces propos ne font pas pour autant de leur auteur le chantre de la recherche
à l’occidentale. Ce serait faire offense à la personnalité pleine de
contrastes d’Ogobara Doumbo. Si le besoin s’en fait sentir, l’homme n’hésite
pas à associer à ses recherches les tradithérapeutes de Bandiagara, dans le
pays dogon. Ce milieu, il le connaît mieux que quiconque, lui le fils et
petit-fils de paysans dogons, guérisseurs renommés que l’on venait consulter
de très loin. De ses ancêtres, le directeur du MRTC a conservé le goût de
l’observation, de l’écoute, de la patience, mais aussi du travail acharné.
Nul doute qu’il aurait suivi la même voie si, en ce jour de 1963, il n’avait
rencontré sur sa route un médecin venu administrer des vaccins aux élèves de
l’école des Blancs, où il était inscrit. Sa décision fut prise : il sera
docteur. Mais, pour Ogobara Doumbo, les deux médecines ne doivent pas
s’opposer. « Elles sont le fruit d’une longue évolution de nos cultures. »
Le directeur du MRTC, reconnu « pôle d’excellence pour la recherche contre
le paludisme en Afrique » par l’Agence universitaire de la francophonie
(AUF), a été élu en juin dernier à l’Académie de médecine française. Du
jamais vu. Peu de temps auparavant, il recevait, à l’Institut de France, le
prix Christophe-Mérieux d’une valeur de 400 000 euros. Une somme qu’il
investira dans le MRTC. Depuis 2006, Ogobara Doumbo est également membre du
Bureau scientifique, qui oriente les actions de l’Initiative présidentielle
américaine (PMI) contre le paludisme. Mais la plus grande fierté de l’ancien
médecin du barrage de Sélingué (Sud) reste la baisse spectaculaire de la
mortalité infantile par le paludisme dans le Centre de santé de Bandiagara,
où son équipe s’est installée. Il y a dix ans, entre 30 % et 50 % des
enfants de moins de 5 ans risquaient de mourir de l’une des formes graves du
paludisme. Le chiffre est aujourd’hui tombé à 5 %. Des résultats dus à la
symbiose entre les tradithérapeutes et l’équipe médicale d’Ogobara Doumba.
Les premiers n’hésitent plus, en effet, à envoyer aux seconds les cas graves
qui se présentent à eux. Un modèle de coopération qui devrait bientôt être
étendu à tout le Mali. Pour la plus grande fierté du directeur du MRTC.
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Ogobara Doumbo
MALI - 22 avril 2007 - par COLETTE BERTHOUD
Directeur du Centre de recherche et de formation sur le paludisme du Mali
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=
LIN22047ogobaobmuod0
Le 1er mars 2007, le groupe industriel Sanofi-Aventis annonce que l’Asaq,
nouveau traitement qui combine deux substances efficaces contre le palu,
sera bientôt disponible en Afrique. Le professeur Ogobara Doumbo, directeur
du Centre de recherche et de formation sur le paludisme du Mali, profite de
la tribune pour appeler les dirigeants d’Afrique de l’Ouest à s’impliquer
dans la mise en place d’industries pharmaceutiques. « Il est temps de
réfléchir, en collaboration avec des professionnels, à la possibilité de
régionaliser les productions de médicaments, lance-t-il. Les dirigeants
africains ne sont plus insensibles aux problèmes de santé publique, mais
nous ne pouvons laisser la santé aux seuls politiciens. » Fort de son
parcours exemplaire d’homme de terrain et de laboratoire, Ogobara Doumbo,
fils et petit-fils de tradipraticiens dogons de Koro, est aujourd’hui l’un
des scientifiques internationaux les plus respectés et les plus pointus de
la parasitologie tropicale. Créé à Bamako en 1992 par le gouvernement
malien, avec l’appui de l’Institut international de la santé des États-Unis
(NIH), le Centre de formation et de recherche sur le paludisme qu’il dirige
- connu sous le nom de Malaria Research and Training Center (MRTC) -, fait
partie de ces rares laboratoires à avoir entrepris, dès juillet 2003, des
essais de vaccins antipaludiques sur l’homme. Des tests prometteurs qui se
poursuivent aujourd’hui en collaboration avec, entre autres, l’université du
Maryland (États-Unis) et l’armée américaine. Autre particularité : la
trentaine de chercheurs qui entourent Ogobara Dumbo à Bamako sont tous des
Maliens formés dans les meilleures universités internationales. Une fierté
pour le pays, sinon pour le continent. Prix Nobel de médecine en 1989 et
ancien directeur du NIH, Harold Varmus cite souvent en exemple le MRTC : «
Si l’on clonait ce laboratoire, on ferait exister une recherche en Afrique.
» Rien, en effet, ne le distingue par ses équipements et les compétences qui
les mettent en œuvre des laboratoires de biologie les plus modernes des pays
du Nord.
« Le Centre appartient à tous les Maliens, affirme Ogobara Dumbo. Nous
possédons trois points forts : d’abord le développement d’une réelle
capacité africaine en recherche biomédicale, de niveau international, pour
maîtriser le douloureux problème de “fuite des cerveaux” ; ensuite, le
développement de capacité en essais cliniques à un niveau équivalent des
exigences américaines pour les tests de nouveaux médicaments et de vaccins
antipaludiques ; enfin, le troisième axe est notre contribution scientifique
dans certains domaines du paludisme tels que l’étude de la résistance du
parasite aux médicaments antipaludiques, ou encore la protection naturelle
de certains individus contre les formes létales de la maladie, observée
notamment chez les Dogons du Mali. »
Depuis 2003, le Centre de recherche a déjà réalisé cinq essais cliniques
avec des « candidats-vaccins » contre le paludisme, développés par le WRAIR
de l’armée américaine : « Nous sommes en train de démontrer que ces produits
sont tolérés par les adultes et les enfants en zone d’endémie, qu’ils
stimulent bien le système immunitaire pour la production d’anticorps. Quant
à leur capacité de protection contre la maladie, elle est en cours
d’observation. Dans le cycle complexe du paludisme, ce sont des
“candidats-vaccins” qui interviennent à la phase sanguine. Ils agissent sur
les formes du parasite qui se multiplient dans les globules rouges. Et nous
espérons qu’ils permettent de protéger l’organisme contre la malaria. » En
outre, Ogobara et son équipe contribuent au développement des aspects
éthiques en recherche internationale, notamment sur la manière d’obtenir les
consentements individuels pour des essais vaccinaux effectués sur des
personnes peu informées des risques.
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