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[e-med] (4)ONUSIDA devrait s'arrêter immédiatement, a écrit un expert dans le BMJ
- From: "Pascal Revault" <pascal.revault@esther.fr>
- Date: Wed, 28 May 2008 19:56:43 +0200
L'ONUSIDA a été utile, d'abord pour le droit des malades, l'accès aux soins
en particulier (avec la mobilisation des sociétés civiles); et également
pour les soins, comme cela est évoqué par certains. Il ne faut pas trop
rapidement oublier les multiples résistances à la mise en place de
programmes de financements et d'accès aux ARV au départ. La nécessité de
travailler sur l'ensemble du système de santé, certes urgente et que
beaucoup avaient soulignés dès le départ de l'épidémie, renvoie d'abord aux
cloisonnements entre les différents programmes de coopération dans le
domaine de la santé et pas seulement à l'ONUSIDA!
Les difficultés à lier la tuberculose et l'infection à VIH dans la réponse
médicale et sociale l'illustrent particulièrement. Les difficultés à
faciliter la décentralisation des soins de qualité (quid du district
sanitaire depuis 1984 ?), les limites pour faire avancer la question de la
délégation/valorisation des tâches dans un certain nombre de pays ne
dépendent pas de l'ONUSIDA. En lieu et place de promouvoir un "arrêt
immédiat", ne serait-il pas davantage utile de repenser la coopération, les
rapports entre les pays qui conditionnent les mécanismes d'accès aux fonds
et les programmes ? Il est urgent de se positionner sur un bien public
mondial la santé, à travers une co-responsabilités de programmes entre pays
partenaires (le Fonds Mondial est une timide avancée en ce sens)qui débouche
sur des projets co-décidés et de coopération au même moment et en même temps
au Nord et au Sud (par exemple et sans aucun ordre de priorité sur le
financement des systèmes de santé, sur les ressources humaines en santé,
sur l'accès aux soins des populations en situation de vulnérabilité et les
migrants en particulier, etc.), en lieu et place de projets "pour telle
priorité" en direction d'un pays pauvre, avec telle stratégie, qui trop
souvent reproduit un modèle de contrainte bien connu et a produit les
résultats que l'on connait.
Quant à la question des "multiples acteurs", comme les médiateurs,
accompagnateurs..., il faut d'abord rappeler qu'il ne s'agit pas d'une
problématique limitée au VIH, et aux pays avec un système de santé en grande
difficulté (exemple en France, aux Etats-Unis...). L'avènement de ces
acteurs doit d'abord être évoqué comme l'intervention des personnes soignées
sur les conditions de leur propre soin, qui plus est dans le cadre de
maladies chroniques qui impactent leur survie et leurs conditions
d'existence. Davantage encore, l'évolution de la relation entre soignants et
soignés, la facilitation de l'accès aux soins et des tâches des soignants
est à souligner ici. L'évolution de ces métiers, en termes de reconnaissance
dans chaque pays dépend aussi du choix des pays quant à l'organisation des
soins qu'ils souhaitent favoriser, la création ou non de métiers spécifiques
avec un statut.
Dr Pascal Revault.
pascal.revault@esther.fr
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