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[e-med] (6bis)Au Mali, selon les experts de la santé, la majorité des cas de paludisme n'en sont pas
- From: "Seco GERARD" <seco.gerard@msf.org>
- Date: Mon, 26 May 2008 13:53:55 +0200
DÃsolÃe, il paraÃt que les liens envoyÃs en fin de message ne
fonctionnaient pas.
Le lien correct est donc: http://www.accesstohealthcare.msf.be
Le document rÃsumant l'expÃrience du projet de Kangaba au Mali auquel il
est fait rÃfÃrence dans le message se trouve dans la partie Mali.
Le document rÃsumant les diffÃrentes enquÃtes sur l'accÃs aux soins
rÃalisÃes ces derniÃres annÃes se trouve dans le classeur "overviews".
Bonne lecture!
Seco GERARD
Advisor, Analysis and Advocacy Unit, Gen Dir.
MSF
Rue Duprà 94
1090 Brussels
32 2 475 36 34 (dir off)
----- Forwarded by Seco GERARD/BRU/U/MSF on 26/05/2008 13:50 -----
"Seco GERARD" <seco.gerard@msf.org>
Sent by: e-med-bounces@healthnet.org
20/05/2008 14:14
Please respond to
Essential Drugs in French <e-med@healthnet.org>
To
Essential Drugs in French <e-med@healthnet.org>
cc
Subject
[e-med] (6)Au Mali, selon les experts de la santÃ, la majorità des cas de
paludisme n'en sont pas
Suite aux mails prÃcÃdents concernant lâutilisation des tests de
diagnostic rapide (TDR), lâexpÃrience de terrain de MSF est quâil nây
aucune raison actuellement pour ne pas les utiliser, mÃme en tenant compte
de certaines des limites que les tests actuels prÃsentent.
La politique MSF, depuis lâintroduction des combinaisons ? base
dâartemisinine (CTA), est de systÃmatiquement utiliser un diagnostic
biologique â en pratique, les TDRs â chez les patients suspects de malaria
(avec fiÃvre ou histoire de fiÃvre dans les deux jours prÃcÃdents la
visite) avant de les traiter avec les nouvelles combinaisons.
Les raisons qui justifient cette politique sont les suivantes :
Les outils qui sont disponibles actuellement pour soigner le paludisme
sont radicalement diffÃrents de ceux dont on disposait il y a quelques
annÃes: grÃce aux TDR et aux CTA, le paludisme peut Ãtre traità comme
jamais auparavant.
Les nouveaux traitements combinÃs ? base dâartemisinine sont efficaces et
ont peu dâeffets secondaires. Au contraire de la chloroquine, ils nâont
pas dâeffet anti-inflammatoire (et donc nâauront pas dâeffet thÃrapeutique
sur dâautres affections que le paludisme).
En ce qui concerne un possible dÃveloppement de rÃsistance tel que lâon a
vu se produire avec la chloroquine, le risque est effectivement rÃel,
Ãgalement pour les CTAs. En effet, si la durÃe de vie de lâartemisinine
(As) est courte (infÃrieure ? un jour et donc risque de dÃveloppement de
rÃsistance trÃs faible) celle des molÃcules combinÃes, telle que
lâamodiaquine (AQ) par exemple est plus longue (supÃrieure ? dix jours).
Une personne non infectÃe qui prendrait des CTA tel que le As+ AQ garde
donc une dose dâAQ en circulation dans le sang pendant une certaine
pÃriode. Si elle est infectÃe aprÃs la prise du mÃdicament, le parasite
est exposà ? une dose moindre du mÃdicament et peut ainsi dÃvelopper une
rÃsistance. Ce risque est naturellement proportionnel au nombre
dâinfection et au nombre de personnes traitÃes inutilement.
Traiter toute personne cliniquement suspecte de paludisme, en dehors de
promouvoir une utilisation irrationnelle dâun mÃdicament qui reste assez
cher, est donc une dÃmarche qui prÃsente des risques certains. Le patient
ne sera tout dâabord pas soignà pour lâaffection dont il souffre (et chez
des enfants, ceci peut Ãtre lourd de consÃquence), sans que cela ne
prÃsente aucun avantage, et avec des risques certains de promouvoir le
dÃveloppement de rÃsistance.
La question centrale qui doit nous prÃoccuper est: pourquoi ne pas faire
usage dâune mÃthode simple permettant dâamÃliorer le diagnostic, alors que
celle-ci existe?
Dans le projet de Kangaba, au Mali, en pÃriode de haute transmission en
2007, 76% des TDR parmi les cas suspects de paludisme Ãtaient positifs
pour le paludisme. Si tous les cas suspects avaient Ãtà traitÃs avec des
antipaludiques, plus de 30.000 CTA auraient du Ãtre prescrits, alors que
suite ? lâutilisation du diagnostic, moins de 23.000 CTA ont ÃtÃ
utilisÃs.
Chez les enfants de moins de 5 ans avec fiÃvre ou histoire de fiÃvre, 79%
des TDR Ãtaient positifs en pÃriode de haute transmission, et seulement
53% des cas avait un TDR positif en pÃriode de basse transmission. Cela
signifie que 21 ? 47% des enfants avec suspicion de malaria se prÃsentant
au centre de santà (selon la pÃriode de haute ou basse transmission du
paludisme) souffrait dâune autre pathologie pour laquelle les CTA
nâauraient Ãtà dâaucun bÃnÃfice (infections respiratoires et autres).
Il est connu que les TDR prÃsentent certaines limites, par exemple le
maintien de la positività pendant au moins deux semaines aprÃs un
traitement efficace de lâinfection. Dâautre part, les TDR les moins chers
et les plus utilisÃs dÃtectent uniquement le plasmodium falciparum (mais
qui est le plus dangereux) NÃanmoins, traiter tous les cas de fiÃvre avec
TDR + reste une approche plus rationnelle que traiter tous les cas
suspects sur base de fiÃvre uniquement.
Certains invoquent le risque de dÃveloppement dâun accÃs de paludisme
sÃvÃre â surtout chez les enfants â dans le cas de TDR faux nÃgatif. Le
taux de faux nÃgatif des TDR est connu et est estimà ? prÃs de 5%. MSF
met en place actuellement une Ãtude multicentrique de suivi de TDR
nÃgatifs.
Les premiers rÃsultats, entre autres sur le suivi de 120 enfants avec TDR
nÃgatif au Tchad sont plus quâencourageants : aucun des enfants suivi nâa
souffert dâun accÃs de paludisme dans les deux semaines qui avaient suivi
le TDR nÃgatif.
En Afrique, le risque de ne pas diagnostiquer un accÃs de paludisme sur
base de TDR nÃgatif est donc minime. Par contre, le risque de ne pas
traiter une autre infection qui pourrait Ãtre sÃvÃre â surtout chez les
enfants â en traitant tous les cas de fiÃvre avec des CTA est lui plus que
sÃrieux.
Il est urgent, pour une prise en charge efficace du paludisme que les
stratÃgies qui ont montrà leur efficacità soient mises en place dans les
pays oà la maladie est un problÃme important : utilisation des TDR pour
poser un meilleur diagnostic et utiliser les CTA pour le traitement.
Enfin, notre expÃrience montre Ãgalement que pour assurer lâaccÃs pour
les patients ? ces soins, il est crucial dâenlever la barriÃre financiÃre
dans les contextes ou celle-ci existe.
v. le document de capitalisation du projet MSF de Kangaba au Mali sur :
http://www.accesstohealthcare.msf.be/DocShareNoFrame/Common/GetFileFrame.asp?IsGetFile=-1&DocID=44404&DestFile=/MSF/docs/DLS/MSFMALIPALUDISMEETACCESAUXSOINS-2008-Tukul-01696-01-F.pdf
et le document rÃsumant les enquÃtes dâaccÃs aux soins dans diffÃrents
pays dâintervention MSF sur :
http://www.accesstohealthcare.msf.be/DocShareNoFrame/Common/GetFileFrame.asp?IsGetFile=-1&DocID=44299&DestFile=/MSF/docs/DLS/NocashNocareMSFapril2008-2008-Tukul-01620-01-E.pdf
Michel Van Herp
Expert Malaria, MSF
et
Seco GERARD
Advisor, Analysis and Advocacy Unit, Gen Dir.
MSF
Rue Duprà 94
1090 Brussels
32 2 475 36 34 (dir off)
seco.gerard@msf.org>
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