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[e-med] (5)Au Mali, selon les experts de la santé, la majorité des cas de paludisme n'en sont pas


  • From: "Edouard Guévart" <guevart_edouard@yahoo.fr>
  • Date: Fri, 9 May 2008 16:49:09 +0200

[errata, le message de E. Guévard nous est parvenu tronqué, le voici en version intégrale. Bon weekend à tous.CB]


Tout le débat sur le traitement antipaludique et sur l'utilisation des tests
de diagnostic rapide (TDR) m'intéresse énormément.

1- Le traitement présomptif de tout accès de fièvre par un antipaludique se
justifiait facilement lorsque ce traitement était basé sur la chloroquine,
pas chère, et pratiquement sans danger aux doses prescrites, A CONDITION
d'être accompagné d'une démarche diagnostique consistant EN MEME TEMPS à
vérifier si le patient ne souffrait pas de méningite, d'infection
respiratoire ou urinaire, d'un abcès, et surtout s'il ne présentait pas les
signes pouvant faire évoquer une maladie à potentiel épidémique comme la
fièvre jaune ou l'Ebola par exemple.

2- aujourd'hui la chloroquine n'est plus du tout recommandée et il faut
recourir à des associations à base d'artémisine, qui sont chères et donc
moins accessibles, et pourraient être plus dangereuses que la chloroquine.
Il convient donc d'améliorer la performance du diagnostic, soit par la
goutte épaisse (avec toutes ses contraintes et limites) soit par les TDR.
Savoir toutefois que même très performants, les TDR ne permettent pas
d'affirmer que le malade souffre d'un accès palustre : ils confirment la
présence actuelle ou récente de parasites chez le patient (une bonne
proportion de sujets sains en zone endémique sont TDR +) mais ne dispensent
en rien de la même démarche diagnostique

3- c'est pourquoi je pense qu'il faut encourager l'utilisation d'algorithmes
(ou "conduites à tenir" ou protocoles de prise en charge du symptôme au
traitement, ou appelons-les comme on veut), permettant d'évoquer
systématiquement devant un cas de fièvre toute affection potentiellement
mortelle ou épidémique (méningite, fièvre jaune, Ebola par exemples) et
toutes celles qui nécessitent un traitement spécifique (infection
respiratoire ou urinaire, abcès, etc.). C?est pourquoi je ne partage pas
exactement le point de vue de Jean Loup qui écrit : « le risque de laisser
se développer une autre maladie est minime car après 2 jours de traitement
antipalu sans baisse de la fièvre, il est demander d'envisager une autre
étiologie à cette fièvre et de commencer un autre traitement » : ceci n?est
pas rationnel et risque de laisser évoluer vers la catastrophe une affection
fébrile autre, pour l?individu ou pour la communauté (épidémie). Je ne parle
pas en théorie mais à partir de ma pratique et d?observations dramatiques.

Dr Edouard Guévart
IRSP -Ouidah, Bénin
guevart_edouard@yahoo.fr