[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]
[e-med] Isomères : souvent une stratégie anti-médicaments génériques
- From: "remed" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Wed, 7 May 2008 17:50:46 +0200
La Revue Prescrire
Communiqué de Presse
Numéro 295, mai 2008 p.386
http://www.prescrire.org/bin/cqp/index.php?id=31872
Isomères : souvent une stratégie anti-médicaments génériques
Les firmes pharmaceutiques utilisent diverses stratégies pour limiter la
concurrence des médicaments génériques, dont le remplacement d?un médicament
par son "isomère" actif.
De nombreux médicaments sont en fait un mélange de deux formes très proches
de la même molécule, comparables entre elles comme le sont une main droite
et une main gauche (on parle d'isomères optiques).
Il existe seulement quelques cas où il est préférable que le médicament ne
comporte qu'une seule forme de la molécule, notamment lorsqu'une forme est
responsable de l'efficacité, et l'autre, de la toxicité. Dans la plupart des
cas, il n'existe aucun intérêt thérapeutique à n'utiliser qu'une forme sur
deux, comme le révèlent les essais cliniques, même si la dose de médicament
est diminuée de moitié. Comme le précise Prescrire dans son numéro de mai,
les essais cliniques n'ont ainsi pas démontré d'intérêt thérapeutique à
l'esoméprazole (Nexium°) par rapport à l'oméprazole (Mopral°), à la
lévocétirizine (Xyzall°) par rapport à la cétirizine (Zyrtec°), à
l'escitalopram (Seroplex°) par rapport au citalopram (Seropram°), etc. Ces
médicaments ont été commercialisés pour contrecarrer la concurrence des
génériques. En mettant sur le marché la seule forme active de la molécule,
quelque temps avant la fin du brevet du premier médicament, les firmes
arrivent par une promotion bien conçue à convaincre des médecins de
prescrire plutôt le médicament plus récent. Or celui-ci est protégé par
brevet encore plusieurs années, et la concurrence par les génériques n'est
donc pas possible. Résultat, aucun progrès pour les patients, mais facture
douloureuse par la sécurité sociale.
©LRP
|