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[e-med] Nouvelles d'Unitaid
- From: "remed" <remed@remed.org>
- Date: Thu, 10 Apr 2008 10:53:56 +0200
Septième Conseil d´administration (Brasilia, 2-3 avril 2008)
http://www.unitaid.eu/fr/
Le Septième Conseil d´administration d´UNITAID s´est tenu à Brasilia les 2
et 3 avril 2008. Il a notamment approuvé 4 nouveaux projets, d´un montant
total de plus de 87 millions de dollars, qui ont pour objectifs :
- Soutien au Programme de Préqualification de l´OMS;
- Meilleur accès aux moyens de diagnostique de la tuberculose
multirésistante;
- Extension de la disponibilié des médicaments contre la tuberculose
multirésistante;
- Amélioration de la Prévention de la Transmission du VIH de la mère à
l´enfant.
********************
Enquête
Finalement, la "taxe Chirac" est un succès
LE MONDE | 04.04.08 | 14h40 ? Mis à jour le 04.04.08 | 14h40
http://www.lemonde.fr/organisations-internationales/article/2008/04/04/final
ement-la-taxe-chirac-est-un-succes_1030925_3220.html
Deux dollars, donnés en plus lors de l'achat d'un billet d'avion par ceux
qui le souhaitent pour financer dans le monde l'accès des plus pauvres aux
médicaments.
Cela devrait être possible dès 2009 pour la grande majorité des voyageurs
aériens de la planète. Le conseil d'administration du fonds fiduciaire
Unitaid, réuni jeudi 3 avril à Brasilia sous la présidence de Philippe
Douste-Blazy, a annoncé qu'il avait adopté cette nouvelle source de
financement. Volontaire, cette majoration du prix d'un billet d'avion vient
en complément de la fameuse "taxe Chirac", mise en place à l'été 2006 pour
commencer à alimenter Unitaid.
En dépit de débuts chaotiques et polémiques, cette taxe de solidarité, elle
obligatoire, est aujourd'hui un succès. D'ailleurs, le conseil d'Unitaid a
accueilli officiellement, jeudi, un nouvel Etat membre : le Portugal. Il
rejoint les cinq pays fondateurs (la France, le Royaume-Uni, la Norvège, le
Brésil et le Chili) et une vingtaine d'Etats ayant adopté ce système dont le
Maroc et la Corée du Sud.
L'Inde et la Chine pourraient bientôt les rejoindre.
Il est difficile de définir Unitaid. Un fonds ? Une ONG ? Quand on pose la
question à Jean-François Rial, PDG du voyagiste Voyageurs du Monde et
président de l'association Les Amis d'Unitaid, la réponse est claire :
"C'est un organisme de l'ONU, hébergée par l'Organisation mondiale de la
santé à Genève." Mais, c'est surtout, s'empresse-t-il d'ajouter, "une
réponse possible, un exemple pédagogique, un moyen original de trouver des
financements innovants pour traiter l'aide au développement".
Une aide dont le but premier est de donner à tous l'accès aux médicaments,
afin de lutter contre les grandes pandémies : sida, paludisme et
tuberculose.
Restait à trouver des sources de financement inédites et efficaces.
"L'aide au développement relève en général des Etats et est souvent basée
sur des aides bilatérales, mais, depuis cinquante ans, les Etats ne font pas
face à leurs obligations", regrette M. Rial. Le scénario est souvent le même
: les aides se prolongent un an, deux ans, voire trois... puis sont
abandonnées. Mais si elles ne sont pas pérennes, elles ne sont pas
efficaces. La singularité d'Unitaid est là : ne pas compter sur des
contributions d'Etat, mais s'appuyer sur celles d'une activité privée
comme... le transport aérien et impliquer au passage le citoyen du monde qui
voyage.
Le transport aérien, symbole de la mondialisation, a été assez logiquement
retenu comme la première source de financement. La mise en place par la
France, à l'été 2006, d'une taxe obligatoire, ne s'est pas faite sans vague.
"Personne ne connaissait Unitaid, explique M. Rial, mais tout le monde avait
entendu parler de la "taxe Chirac"" ! Officiellement, celle-ci a pour nom
"taxe de solidarité sur le transport aérien". Les compagnies aériennes se
sont les premières élevées en choeur contre une nouvelle ponction financière
frappant leur activité - un secteur déjà durement éprouvé, pêle-mêle par les
attentats du 11 septembre 2001, le ralentissement économique et la hausse
ininterrompue des cours du pétrole qui rend plus cher le kérosène.
L'accueil ne fut pas meilleur du côté du consommateur, qui voyait le prix du
billet de nouveau poussé à la hausse, et cette taxe s'ajouter aux autres :
celle perçue par l'aéroport pour l'utilisation de ses installations, celle
qui finance le fonctionnement de la direction générale de l'aviation civile,
celle de sûreté, de sécurité et d'environnement qui est reversée aux
aéroports et, enfin, la surcharge carburant, que les compagnies aériennes
répercutent régulièrement dès que le cours du kérosène dépasse un certain
niveau.
Jean-Cyril Spinetta, PDG d'Air France-KLM, s'en était même ému : "Pourquoi
taxer l'avion ? pourquoi pas le train ? Une telle taxe n'entraînera-t-elle
pas une distorsion de concurrence entre les compagnies entre celles qui
seront tenues d'appliquer la taxe et les autres ?" Un an plus tard, en
juillet 2007, le constat était tout autre : cette taxe n'a finalement pas
pesé sur l'activité des compagnies qui l'appliquent ; et le patron d'Air
France déclarait au Salon du Bourget : "Bien sûr, au départ, nous avons
constaté une incidence négative sur le transport, mais rapidement cela s'est
estompé, le niveau de taxes fixé étant raisonnable."
Unitaid a collecté 300 millions de dollars en 2007 et pu négocier
d'importantes remises, de l'ordre de 30 % à 50 %, sur l'achat de médicaments
auprès des laboratoires pharmaceutiques. Pour 2008, Unitaid prévoit
d'engranger 500 millions de dollars.
Tous les pays adhérents n'ont toutefois pas mis en place le système de taxe
de solidarité sur le transport aérien. La moitié d'entre eux ont préféré
conserver un système basé sur une contribution volontaire pluriannuelle.
"C'est parce qu'Unitaid était conscient que cette taxation des billets avait
certaines limites et que l'adhésion de nouveaux pays n'était pas aussi
rapide que prévue que le conseil d'administration a cherché d'autres
formules de financement", explique M. Rial. Dorénavant, les pays qui n'ont
pas opté pour une contribution obligatoire pourront mettre en place la
contribution volontaire sur les mêmes billets d'avions.
Son lancement devrait être effectif dans la deuxième partie de l'année 2009.
Unitaid a obtenu l'accord et l'aide des trois grands systèmes de réservation
informatiques mondiaux - les fameux GDS (global distribution systems) - que
sont Amadeus, Galileo et Sabre. A eux trois, ils traitent les deux tiers des
réservations aériennes mondiales. Unitaid les a convaincus d'implanter dans
leurs systèmes informatiques de réservation, accessibles depuis toutes les
agences de voyages, la possibilité pour le voyageur de dire "oui" ou "non" à
une contribution volontaire de 2 dollars par vol.
Les sommes en jeu peuvent être considérables. En 2006, environ 1,8 milliard
de billets d'avions ont été achetés dans le monde sur des lignes régulières.
Sur ce nombre, 1,2 milliard de passagers ont réservé par l'intermédiaire des
GDS. Cette contribution volontaire pourrait rapporter entre 900 millions et
1 milliard de dollars par an.
Quant aux 600 millions de billets d'avion restants, ils se répartissent en
trois tiers égaux : 200 millions pour les compagnies à bas coûts, 200
millions pour les compagnies régulières et 200 millions pour les vols
charters. Unitaid envisage de demander aux compagnies à bas coûts de
proposer sur leurs sites Internet cette contribution volontaire.
Pour Unitaid, ces sources de financement supplémentaires sont absolument
nécessaires. Sur les 7 millions de personnes qui auraient besoin d'un
traitement contre le sida dans les pays en développement, seules 2 millions
y ont accès. Unitaid n'entend pas s'arrêter là. Elle veut décliner l'idée
d'une contribution volontaire à d'autres activités comme les communications
téléphoniques mobiles, les clics sur Internet et, pourquoi pas, la
consommation d'essence...
François Bostnavaron
Article paru dans l'édition du 05.04.08.
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