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[e-med] Deux anciens ministres arrêtés pour corruption (Cameroun)
- From: "remed" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Mon, 7 Apr 2008 13:25:24 +0200
Deux anciens ministres arrêtés pour corruption
CAMEROUN - 31 mars 2008 - AFP
Deux anciens membres influents du gouvernement camerounais, l'ex-ministre de
l'Economie et des Finances Polycarpe Abah Abah et son ex-collègue de la
Santé Urbain Olanguena Awono, ont été arrêtés lundi pour "détournement de
fonds publics", a-t-on appris de source officielle.
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP354
48deuxanoitpu0
"Ils ont été arrêtés pour détournement de fonds publics", a déclaré à l'AFP
le porte-parole du gouvernement Jean Pierre Biyiti bi Essam.
"Plusieurs de leurs anciens collaborateurs sont également concernés par ces
arrestations, dont le responsable du comité national de lutte contre le sida
du ministère de la Santé", a-t-il ajouté sans fournir davantage de
précisions.
Un ancien trésorier payeur général du Cameroun fait partie des personnes
arrêtées, selon un responsable camerounais qui n'a pas précisé son identité.
Les deux ex-ministres, interpellés à Yaoundé, avaient été démis de leurs
fonctions en septembre lors d'un remaniement gouvernemental.
Ancien directeur des impôts, Polycarpe Abah Abah avait été nommé ministre de
l'Economie et des Finances en 2004, tandis qu'Urbain Olanguena Awono a été
le titulaire de la Santé publique entre 2001 et 2007.
Ces derniers jours, d'insistantes rumeurs faisaient état de leur arrestation
imminente pour corruption.
L'ex-ministre de l'Economie est particulièrement considéré, par la presse
privée mais aussi bon nombre de diplomates étrangers, comme l'un des plus
mauvais élèves en matière de bonne gouvernance, au moment où le Cameroun
promet aux bailleurs de fonds de lutter contre la corruption, endémique dans
le pays.
Vendredi, le ministre de la Justice Amadou Ali avait déclaré devant
l'Assemblée nationale que l'opération "Epervier" de lutte contre la
corruption se poursuivait et qu'une vingtaine de dossiers étaient à l'étude
des magistrats.
L'opération "Epervier" a été lancée par le Premier ministre Ephraïm Inoni à
son arrivée à la tête du gouvernement fin 2004, sous la pression des
bailleurs de fonds internationaux.
Plusieurs hauts responsables camerounais ont été condamnés en 2007 à de
lourdes peines. L'ex-ministre Alphonse Siyam Siwé a ainsi écopé en décembre
de 30 ans de prison pour des détournements au Port autonome de Douala (PAD).
Malgré ces efforts, de nombreuses ONG locales et des diplomates estiment que
la corruption demeure généralisée au Cameroun, qui figure toujours, malgré
une légère amélioration, parmi les pays les plus touchés par ce fléau selon
le classement de l'organisation Transparency International.
Quelques jours après de violentes émeutes fin février en marge d'un
mouvement contre la cherté de la vie et une révision constitutionnelle
controversée, le président Paul Biya avait lui-même fait part de sa
"détermination" à poursuivre la lutte contre la corruption.
Deux anciens membres influents du gouvernement camerounais, l'ex-ministre de
l'Economie et des Finances Polycarpe Abah Abah et son ex-collègue de la
Santé Urbain Olanguena Awono, ont été arrêtés lundi pour "détournement de
fonds publics", a-t-on appris de source officielle.
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Opération Epervier: Abah Abah de retour en cellule
http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=22386
YAOUNDE - 04 AVR. 2008
© Justin Blaise Akono, Mutations
L?ancien Minefi a regagné la Police judiciaire hier soir, après avoir été
interné à l?hôpital central de Yaoundé.
L?ex-ministre de l?Economie et des Finances (Minefi), Polycarpe Abah Abah,
arrêté lundi matin comme son ex-collègue de la Santé publique (Minsanté),
Urbain Olanguena Awono, est revenu à la direction de la police judiciaire
(Pj) hier après-midi vers 17h. "Son état de santé est encore faible. Mais,
il s?est remis de son malaise", nous a confiés Maître (Me) Nouga, l?un de
ses avocats, qui l?a rencontré hier soir. L?ex-Minefi a été admis en
réanimation à l?Hôpital central de Yaoundé mercredi matin après un malaise
dans les locaux de la Pj aux environs de 6 h. De sources médicales,
confirmées par les services de la Pj, l?ancien ministre a absorbé, à jeun,
un produit utilisé pour le traitement de l?hypertension artérielle, dont il
souffre depuis plusieurs années. Sa famille et son conseil juridique ont
fait appel à deux médecins, Béatrice Meva et Biwole Meva et, ont demandé,
avec insistance, mais, en vain, que Polycarpe Abah Abah soit transféré à
l?Hôpital Général de Yaoundé.
Les premiers examens effectués concomitamment au Centre Pasteur et au
Laboratoire du Centre, ne sont pas alarmants. De l?avis même de plusieurs
spécialistes, au nombre desquels le Pr. Pierre Ndobo, l?état de santé de
l?ancien ministre est plutôt rassurant. Plus de peur que de mal. Mais, "on
attend les instructions des experts médicaux pour pouvoir reprendre les
auditions", a indiqué sa défense, qui déplore les conditions de détention.
"Lieu infesté de rats et moustiques en même temps qu?il se couche à même le
sol. Même un homme robuste cèderait. Ces conditions expliquent la qualité de
sa santé", s?est alarmé Me Nouga, qui a rencontré la presse hier après?midi,
comme il l?a fait mardi dernier. Même si des sources indiquent que Polycarpe
Abah Abah a choqué au moment de son interrogatoire sur les prélèvements
illicites opérés au titre du Crédit foncier du Cameroun, entre les années
2000 et 2004. Une période à laquelle il officiait comme directeur des
Impôts.
"A ce moment de la procédure, les officiers de police judiciaire rassemblent
les preuves qu?ils vont soumettre au Procureur de la République, qui les
soumettra au juge d?instruction, qui, lui-même, les soumettra au juge de
jugement. C?est un moment de secret de l?information où personne ne doit
dire ce qui se passe dans les enquêtes", s?est plaint son conseil juridique
qui pointe du doigt la police. "Ceci peut aller jusqu?à subordonner les
témoins, qui pourraient accabler mon client", s?est-il inquiété. Avant de
préciser qu?aucune présomption de culpabilité ne pèse sur son client en ce
moment, mais une présomption d?innocence. C?est d?une manière presque
discrète que l?un de ses avocats a reconnu "qu?ils ont dit qu?il s?agit de
détournement de deniers publics. Je ne peux vous en dire plus", a lancé Me
Nouga, presque laconique.
Quant à son collègue et voisin de cellule Urbain Olanguena, il a été
interrogé, selon des sources bien introduites, sur la gestion des fonds Ppte
(Pays pauvres très endettés) et les fonds dégagés par le Fonds mondial de
lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. La gestion de ces
fonds a fait l?objet d?investigations par le Conseil supérieur de l?Etat.
Les résultats de ces investigations ont ensuite été transmis à la justice.
C?est dans cette même vague que les secrétaires permanents de comités de
luttes contre le Sida, la tuberculose et le paludisme ont été interpellés.
Il s?agit respectivement du Dr Maurice Feuzeu, du Dr Hubert Wang et du Dr
Raphaël Thérèse Okala Abodo.
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