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[e-med] (7)Quand la France prive l'Afrique de médecins


  • From: "Jérôme Martin" <jeromemartin@samizdat.net>
  • Date: Fri, 28 Mar 2008 11:00:54 +0100

Bonjour

Une conférence sur la crise en ressources humaines de santé (RHS) s'est
tenue à Kampala début mars. Elle était organisée par l'OMS et l'Alliance
Mondiale pour les personnels de santé. Le lien officiel est :

http://www.who.int/workforcealliance/forum/fr/

Les chiffres officiels principaux sont là :

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs302/fr/index.html

Nous étions deux militants d'Act Up-Paris présents. Notre impression est
que ce forum, s'il a pu en partie mobiliser toutes les parties
concernées (malades, société civile, professionnels, représentantEs
politiques, organisations internationales et bailleurs) dans une alerte
et un mouvement de sensibilisation sur les besoins humains (il manque
plus de 4 millions de personnels de santé sur 57 pays, majoritairement
en Afrique), a totalement échoué à transcrire ses besoins humaines en
besoins financiers, et à imposer des engagements chiffrés de la part des
pays. Vous pouvez lire nos comptes-rendus ici :

http://www.actupparis.org/mot2301.html


Il semble important de pointer toutes les responsabilités :

- celle des pays riches qui financent insuffisamment, voire pas du tout,
les réponses à cette question, et bénéficient ensuite de RHS issues de
l'immigration bien meilleur marché que celles fournies sur leur propre
territoire. A noter qu'il faut se méfier des réponses du type "la France
doit contrôler l'immigration des médecins, infirmiErEs, etc" parce que
1/ c'est une nouvelle atteinte à la liberté de circuler et s'installer,
déjà très atteinte en France ; 2/ ce n'est qu'une réponse partielle aux
problèmes, qui doit avant tout passer par une amélioration des
conditions de travail des personnels dans les pays concernés 3/ ces
solutions sont très faciles à afficher pour les pays riches, et éviter
de parler financement. C'est exactement ce que fait actuellement le
cabinet Hortefeux en France.

- celle des leaders des pays africains, signataires de la déclaration
d'Abudja, qui devraient consacrer 15 % du PIB de leur état à la santé.
Combien le font réellement ?

- celle du FMI, Fonds monétaire international, qui, au nom de la lutte
contre l'inflation, impose aux pays depuis plus de 20 ans des règles de
contrôle des dépenses publiques, notamment dans le domaine de
l'éducation et de la santé, incompatible avec les impératifs sanitaires.

- celle d'organismes internationaux, comme l'OMS, qui n'apportent pas
suffisamment de soutien technique aux pays qui font des demandent de
financement sur ce sujet aux bailleurs.

A NOTER SUR CE DERNIER POINT : le 8ème appel d'offre du Fonds mondial de
lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose a commencé depuis
le 1er mars. Deux milliards sont proposés sur la question des RHS. Cette
somme a à peine été entamée l'année dernière, faute de demandes
correctement rédigées. Il y a donc urgence à travailler avec les
autorités des pays, les représentantEs du Fonds et les organismes
internationaux pour que chaque pays fasse des demandes bétonnées, afin
que l'argent proposé soit dépensé. Il y a urgence : les dossiers doivent
être rendus avant le 1er juillet.

Cordialement

Jérôme Martin
Act Up-Paris