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[e-med] ZAMBIE: Des rumeurs de VIH dans les contraceptifs sèment la panique


  • From: "remed" <c.bruneton@remed.org>
  • Date: Fri, 8 Feb 2008 09:24:29 +0100

[du danger de communiquer sur la qualité des médicaments...CB]

ZAMBIE: Des rumeurs de VIH dans les contraceptifs sèment la panique
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76632

Les rumeurs ont trouvé leur public
LUSAKA, 7 février 2008 (PlusNews) - Une vague de panique en Zambie,
provoquée par des allégations selon lesquelles des lots de Depo-Provera, un
contraceptif injectable, contenaient le VIH, a dévoilé la méfiance profonde
et le degré de désinformation élevé des populations quant à l?innocuité des
médicaments importés.

Selon le docteur Canisius Banda, porte-parole du ministère zambien de la
Santé, ces allégations ont été formulées par un technicien de laboratoire
qui travaillait dans un centre de santé public et avait décidé d?analyser le
contraceptif, à base d?hormones, pour y déceler la présence éventuelle du
VIH après avoir remarqué que le médicament portait la mention « réservé à
l?exportation ».

Les informations selon lesquelles le médicament pourrait être contaminé au
VIH ont semé la panique chez les femmes zambiennes qui reçoivent des
injections de Depo-Provera trois fois par mois pour prévenir les grossesses,
incitant le gouvernement zambien à retirer le médicament des centres de
santé publics le temps de mener ses propres analyses.

En fin de semaine dernière, le docteur Brian Chituwo, ministre de la Santé,
a annoncé que les analyses n?avaient jusque-là décelé aucune trace du virus,
ajoutant qu?il fallait « également noter que le VIH ne peut survivre dans
[...] un environnement qui n?est pas propice au maintien de la vie ».

Le ministre a en outre expliqué que la mention « réservé à l?exportation »
était apposée au médicament pour des raisons de contrôle fiscal et ne
signifiait pas que celui-ci fût de qualité inférieure.

Christopher Wurst, porte-parole de l?ambassade américaine en Zambie a
également insisté sur l?innocuité du Depo-Provera.

« Comme tous les médicaments distribués par le gouvernement américain, [le
Depo-Provera] doit satisfaire aux normes de la Food and Drug Administration
des Etats-Unis [...] les rumeurs sur la contamination du Depo-Provera sont
simplement fondées sur des analyses de laboratoire erronées », a-t-il
affirmé.

La Zambie est devenue un terreau fertile pour ce genre de rumeurs depuis que
des consommateurs se sont vu délivrer des médicaments véritablement
contaminés, l?année dernière.

La firme suisse Roche avait en effet rappelé son médicament antirétroviral
Viracept dans plusieurs pays, et notamment en Zambie, après qu?il eut été
découvert que plusieurs lots de médicaments contenaient un agent de
contamination potentiellement nocif.

En août 2007, le gouvernement sud-africain avait également dû rappeler 20
millions de préservatifs après qu?il eut été découvert qu?un employé de
l?organe d?assurance qualité et de normalisation du pays avait accepté de
certifier des préservatifs défectueux en échange d?un pot-de-vin, versé par
le fabricant.

Il est arrivé dans plusieurs autres pays d?Afrique, néanmoins, que des
programmes sanitaires soient sabotés par la désinformation : dans le nord du
Nigeria, les dignitaires religieux ont sapé les efforts entrepris pour
vacciner les enfants contre la polio en suggérant que le vaccin contenait
des agents de transmission du sida et de la stérilité.

À la suite de cela, trois Etats du nord nigérian avaient interrompu leurs
campagnes de vaccination contre la polio en 2004, et dans certaines régions,
le recours aux vaccins est encore lent.

En Zambie, comme dans bien d?autres pays, la méfiance envers les initiatives
sanitaires et les médicaments étrangers se conjuguent à des rumeurs
persistantes sur les « vraies » origines du VIH.

« Ils disent que le [VIH] a été créé pour éliminer la race noire », a
expliqué à IRIN/PlusNews Raphaël Phiri de Family Health Trust, une
organisation non-gouvernementale (ONG) locale. « À mon avis, les gens n?ont
pas vraiment d?informations justes sur ces choses-là ».

« Il semble que ce climat de soupçon soit dû à la guerre biologique qui se
déroule dans le monde », a commenté le docteur Banda, porte-parole du
ministère zambien de la Santé. « Alors, les taux de sensibilisation ont
augmenté au sein des communautés et celles-ci veulent obtenir l?assurance
que les produits que nous leur donnons ne vont pas leur faire de mal ».

Aux termes de la loi zambienne, l?innocuité de tous les médicaments qui
pénètrent sur le territoire zambien doit avoir été reconnue dans le pays de
provenance ou par l?Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué M.
Banda.

La Zambie n?a pas la capacité de mener ses propres tests de sécurité sur
tous les médicaments importés. « Pour l?instant, on ne teste qu?un peu plus
de 40 produits, et le Depo[-Provera] n?en faisait pas partie », a-t-il
déclaré.

L?Association de planification familiale de Zambie, qui offre des services
de planification familiale, a suspendu l?utilisation du Depo-Provera jusqu?à
nouvel ordre.

« Le gouvernement ne nous a pas encore donné d?instructions, mais il a
indiqué que [ce médicament] devait être mis en quarantaine », a déclaré à
IRIN/PlusNews Henry Kaimba, responsable opérationnel. « Je pense que les
gens doivent obtenir des garanties, et que ces garanties doivent venir du
gouvernement ».

ks/he/nh/ail