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[e-med] (19)Médicaments de la rue...


  • From: "Nkwescheu Armand S." <nkwesch@yahoo.com>
  • Date: Fri, 20 Jul 2007 09:31:06 -0700 (PDT)

Bien Cher DIAKITE,
Je suis d'accord avec toi qu'il faut changer de terminologie. C'est très positif de penser à "Un programme d'accès aux médicaments pour tous". Toutefois, l'idée de mutuelle doit également être sérieusement considérée. Je ne vois pas comment nous pouvons améliorer l'offre de soins sans systéme de solidarité.
Il faut une volonté politique forte comme il a été le cas dans certains pays. Mais la question est: comment amener nos politiques à une telle décision.
Par volonté politique, je ne pense pas seulement à ceux qui sont au pouvoir actuellement. Ils ne sont que le reflet de ce que nous pensons. Trés souvent, ceux qui "crient" ne font pas mieux lorsqu'ils y arrivent. Je reste optimiste et pense qu' un tel débat est déjà une démarche vers une sensibilisation.
Nkwescheu Armand S.
nkwesch@yahoo.com


"A. Sidiki DIAKITE" <diakadam@yahoo.fr> wrote:
Ce sujet est intéressant. Le marché illicite est en fait un problème de développement. Partout où les systèmes de solidarité sont fonctionnels, notamment les systèmes de sécurité sociale, le marché illicite n'existe pas même si le parallèle, lui, peut exister.

Depuis 2 à 3 année, j'ai estimé que la terminologie de lutte contre le marché illicite n'était plus adaptée, en raison du fait que cette lutte est perçue comme une bataille rangée pour la défense des intérêts d'une catégorie professionnelle et non comme une défense de la santé publique. Cette terminologie ne permet pas de mobiliser tout le monde. Les prestations des professionnels ne tranchent pas totalement avec celles des vendeurs des boutiques de médicaments dans certains pays. Vous pouvez trouver des boutiques climatisées avec des gens souvent plus attentifs aux clients qu'ils reçoivent alors que dans certaines officines, c'est à peine si les mêmes patients se font remarquer par les professionnels. La pauvreté extrême en relation avec notre culture amène les gens en grande majorité à sauver la face morale en se disant qu'il vaut mieux intervenir en faveur d'un parent malade en payant en fonction de leurs bourses dans les boutiques de médicaments plutôt que ne rien
faire. Ainsi ils se font le sentiment d'avoir fait quelque chose pour leurs malades.

Un autre aspect est que quelle que soit la forme de solidarité il faut que les adhérents payent. Ce qui ne permet pas forcément d'inclure tout le monde. Il y aura toujours des exclus.

Les systèmes de solidarité étant souvent déficitaires et les budgets des pays en développement jamais bouclés (toujours en attente de l'aide des partenaires au développement), comment faire pour répondre aux besoins de financement du déficit des systèemes de solidarité qui seraient mis en place?

Quant aux mutuelles, elles n'incluent souvent que quelques aspects de santé mais ne couvrent pas suffisamment les besoins exprimés par les populations comme c'est le cas des systèmes de couverture dans le cas des Programmes de Maternité sans risque.

Très souvent les populations et les gouvernants sont focalisés sur les aliments de base, l'eau et l'électricité plutôt que sur le médicament surtout quand ils peuvent reprocher aux professionnels de santé d'être responsables de la chèreté des prix des médicaments.

Je pense que ce serait intéressant de parler d'un "Programme d'accès aux médicaments pour tous" plutôt que de lutte contre les médicaments de la rue. Nous serions mieux écoutés. Depuis plus de vingt ans nous luttons contre les médicaments de rue sans beaucoup de succès. Les résultats sont en cas maigres dans la majorité des pays concernés.

Sidiki Diakité, Inspecteur général de la santé et ancien DPM.
diakadam@yahoo.fr>
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Dr. Armand S. NKWESCHEU (MD, MPH)
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