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[e-med] Des champs d'artemisia bientôt au Burkina
- From: "remed" <remed@remed.org>
- Date: Thu, 12 Jul 2007 10:11:17 +0200
Lutte contre le paludisme : Des champs d?artemisia bientôt au Burkina
mardi 10 juillet 2007.
http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=21997&id_rubrique=4
Le Burkina Faso, pays où sévit le paludisme, s?est engagé à la culture et à
la promotion de l?artemisia, une plante médicinale d?origine chinoise
efficace contre les souches les plus résistantes du plasmodium falciparum,
responsable de la malaria. Les régions des Cascades, du Centre-Ouest, de
l?Est, abriteront les premiers champs.
L?armoise chinoise ! Une plante du nom scientifique artemisia annua est
utilisée depuis les siècles par la médecine traditionnelle chinoise sous
forme de tisane pour le traitement du paludisme et de la fièvre. Les
recherches ont montré qu?elle renferme une molécule antipaludique appelée
artemisinine. Selon le directeur de la promotion de la médecine et
pharmacopée traditionnelles, Jean-Baptiste Nikièma, la molécule
d?artemisinine a changé positivement la prise en charge du paludisme dans
les pays endémiques.
« Les vertus de l?artemisia sont essentiellement antipaludiques. Il est très
efficace contre le plasmodium responsable du paludisme dans notre pays. Il
n?y a aucune résistance à l?artemisinine », a soutenu M. Nikièma. La
chloroquine ayant montré ses limites face à certaines formes du plasmodium,
le Burkina Faso a changé son protocole de prise en charge du paludisme. « De
1992 à 2003, la chloroquino-résistance est passée de 24,4% à 63,4% à
Ouagadougou. Donc déjà en 1992, l?échec des traitements de la maladie (échec
thérapeutique) à la chloroquine dépassait le seuil des 15% au-delà duquel
l?OMS recommande un changement de médicament de première intention. Cette
situation a conduit les autorités de la Santé à adopter en février 2005, une
nouvelle politique de traitement du paludisme »(In memoire Essai
d?adaptation de Artemisia annua au climat soudanien...)
La nouvelle politique recommande l?utilisation de l?artemisinine et de ses
dérivés (arinate, artequin, dihydroartequin) dans la prise en charge du
paludisme. Ainsi, le Burkina Faso s?est engagé à promouvoir des médicaments
issus de l?artemisinine à la place de la chloroquine. Pour ce faire, il faut
mettre les produits de l?artemisinine à la disposition de la population.
Alors qu?il y a, selon les spécialistes, une insuffisance en terme
quantitatif des dérivés de l?artemisinine sur le marché international. La
solution est de cultiver la plante sur place au plan national.
De ce fait, après le Nigeria, la Tanzanie, le Cameroun, le Burkina s?est
lancé dans un projet de la culture de l?artemisia. Pour le professeur
Nikièma, ce projet consiste à cultiver la plante, à extraire la molécule
active et à produire localement des médicaments antipaludiques.
La première phase a concerné l?acclimatation de la plante. Et avec l?aide du
Centre national des semences forestières (CNSF), il a été démontré que
l?artemisia peut bel et bien être cultivé au Burkina afin de lutter contre
le paludisme. « Le Burkina Faso a des compétences nécessaires pour cultiver
la plante, extraire la molécule et en produire des médicaments
antipaludiques. Nous pensons qu?ayant toute la chaîne de production, nous
réduirons considérablement le coût des produits antipaludiques », affirme le
professeur Nikièma. Les régions de l?Est, du Centre-Ouest, des Cascades sont
des sites identifiés pour la culture de l?artemisia. Cette culture se fera
selon le professeur, en collaboration avec des structures internationales
telles que Jardin du monde et le Réseau ouest africain de recherche sur les
plantes médicinales (WANNPRES). Les feuilles, contiennent 89% du principe
actif de la plante. Elles peuvent être utilisées sous forme d?infusion ou du
thé.
Des comprimés made in Burkina
Le pays des Hommes intègres compte, à en croire le Pr Nikièma, aller plus
loin en fabriquant des comprimés. « Nous avons les infrastructures et les
compétences nécessaires », précise-t-il. L?artemisia annua est une espèce de
la famille des ambroisies. Elle peut atteindre une hauteur de plus de 2,5m.
Pour l?étudiant en thèse de pharmacologie, Moussa Bambara, chargé de la
culture de l?artemisia sur le terrain, la molécule est aromatique et
s?évapore rapidement.
Les plantes expérimentées au Burkina Faso selon lui ont eu une teneur de
principe actif de 0,45%. « Le taux est assez bon. La même plante cultivée en
République démocratique du Congo a donné un taux de 0,60% », indique-t-il.
Cependant, plusieurs raisons expliquent cela : « ce sont des essais et
peut-être que la récolte n?a pas été faite au bon moment », soutient-il. La
maîtrise des différentes étapes de la culture de la plante, affirme M.
Bambara, donnera de meilleurs taux d?artemisinine. Toutefois, dit-il, avec
un taux de 0,25% d?artemisinine, la plante peut guérir le paludisme.
La culture de l?artemisia débutera selon ses promoteurs dans les mois à
venir. Et cela permettra de lutter contre le paludisme qui constitue un
problème de santé publique et un frein au développement humain durable du
fait de son impact sur l?espérance de vie, l?éducation des enfants, la
productivité et les ressources financières.
Boureima SANGA
Sidwaya
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