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[e-med] Les Rencontres d?été de ReMeD : "Pour une aide en médicaments utile et de qualité"
- From: "Carinne Bruneton" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Tue, 5 Jun 2007 01:00:37 +0200
Réseau Médicaments & Développement
Un carrefour d?échanges autour des problèmes liés aux médicaments dans les PED
Les Rencontres d?été de ReMeD
Du 17 au 18 juillet 2007
A Paris, Association Reille
34, avenue Reille 75014 Paris / Tel : 01.43.13.12.12
"Pour une aide en médicaments utile et de qualité"
UNITAID : un mode de financement innovant et pérenne mais mal employé
Grâce aux efforts des institutions, organisations internationales et fondations permettent la disponibilité de médicaments bon marché pour les maladies prioritaires (SIDA, tuberculose et paludisme), il faut s?en réjouir même si certains problèmes perdurent
Cette approche sur la pérennité des fonds est un progrès indiscutable. De plus les bailleurs impliqués disent que ces aides devront renforcer les systèmes de santé existants des pays en voie de développement bénéficiaires
Plusieurs questions se posent.
L?utilisation de ces fonds est réservée aux malades du SIDA, du Paludisme et de la Tuberculose. Que va-t-il se passer pour les malades qui souffrent d?autres pathologies aiguës ou chroniques. Les enfants meurent autant de diarrhées ou infections respiratoires que de paludisme. L?espérance de vie d?un diabétique en Afrique est inférieure à celle d?un patient VIH.
Les décisions concernant l?utilisation de ces fonds ont été prises en France sans véritable concertation avec les responsables des pays africains ou asiatiques, est ce un retour vers le colonialisme ? Ce choix va favoriser ce qu?un confrère africain appelle le « syndrome de la pompe villageoise clefs en mains ». Une fois la pompe installée dans le village sans concertation avec la population, les habitants vont trouver que l?eau a un goût bizarre, moins bon que celui du ruisseau, puis vont retourner chercher leur eau au ruisseau, en attendant que ceux qui ont posé la pompe viennent réparer les fuites ou défricher les alentours.
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Ces choix ne favorisent pas le développement durable des systèmes de santé.
D?abord ces bailleurs ont confié les achats à des organismes extérieurs internationaux.
mettant en danger les systèmes d?approvisionnements existants en les affaiblissant. Le chiffre d?affaire des centrales d?achats nationales publiques et privées se trouve réduit et n?assure plus leur viabilité financière. Ces approvisionnements arrivent au port sans que les frais annexes soient pris en charge et il est demandé aux structures nationales qui ont été exclues des négociations de payer frais de stockage, transports, distribution, dispensation, etc..
C?était le système adopté pour les vaccins du Programme élargi de vaccinations, ces vaccins sont achetés par l?UNICEF et ensuite confiés en gestion aux programmes nationaux spécifiques. Tant que cela ne concernait que les vaccins cela n?a pas posé de problème grave au système national malgré quelques dérives. Mais l?extension des points de dispensation des ARV et l?arrivée des nouvelles combinaisons antipaludiques (ACT) vont accélérer les problèmes des systèmes de santé des pays bénéficiaires.
Le problème du paludisme est représentatif de la situation créée car il concerne 40% des consultations. L?arrivée des nouveaux médicaments achetés par des acteurs extérieurs sans collaboration avec les structures nationales va être un facteur majeur d?amputation du chiffre d?affaire des centrales d?achat tant publique que privée, de diminution de leur budget de fonctionnement et de mise en jeu leur viabilité.
A un niveau plus périphérique le système de santé des pays en voie de développement repose en partie sur les recettes tirées de la vente des médicaments dans le cadre de l?Initiative de Bamako et du recouvrement des coûts. De très nombreux dispensaires et hôpitaux périphériques vont perdre une grande partie de leur budget de fonctionnement et donc péricliter.
Il en est de même des officines pharmaceutiques privées pour lesquelles les médicaments antipaludiques représentent 40 à 50% de leurs ventes. Est-ce que leur disparition est prévue dans les plans de développement durable ?
C?est toute la viabilité financière des systèmes de santé qui est en jeu.
Enfin devant la difficulté de décaisser les bailleurs de fonds ont passé rapidement des commandes d?ACT inconnus des soignants et des malades. Ceux ci sont livrés dans les centres de santé sans formation du personnel et sans information du public qui les refuse. La charrue a été mise avant les boeufs, des stocks de médicaments se périment, d?autres sont déconditionnés pour être utilisés à mauvais escient. Il est devenu urgent d?organiser une vaste opération de formation et informations pour préserver l?avenir de ces médicaments. Des situations similaires moins graves quantitativement sont constatées pour les antirétroviraux.
Ces situations sont aggravées sinon provoquées par le manque de ressources humaines bien formées. Il est donc maintenant plus important de former des soignants de tous niveaux que de faire baisser les prix des médicaments.
Mais renforcer ces activités, c?est plus compliqué et moins médiatique que de critiquer les laboratoires, même si ceux ci font passer les intérêts de leurs actionnaires avant la santé des populations.
Le développement durable, c?est le renforcement de l?expertise au sud. Imposer des choix stratégiques au nord ne va pas faire avancer le développement ni améliorer la santé des populations ; il faut prendre rapidement des mesures pour que les médicaments arrivent à ceux qui en ont besoin.
Programme provisoire
Mardi 17 juillet 2007
Comment optimiser l?aide internationale en médicaments ?
9h00 Accueil des participants et présentations
9h15 Présentation des mécanismes d?action de l?aide internationale en médicaments
Représentants du Fonds mondial Sida, Tuberculose et Paludisme, UNITAID, GAVI /PEV, UNICEF, ESTHER, Sanofi-Aventis, etc,
Le point de vue de ReMeD : Jean-Loup Rey, expert en santé publique
13h 00 Repas
14h 30 Impacts de ces aides sur les circuits de distribution
* traitements du paludisme au Cameroun
* approvisionnement en ARV dans 15 pays africain
* médicaments essentiels : représentant de l?ACAME
16h 00 Débats : comment améliorer la mise en ?uvre de ces aides en médicaments tout en renforçant les systèmes de santé ?
Mercredi 18 juillet 2007
9h 00 Vers une criminalisation des activités de contrefaçons ?
Palmarès international des contrefaçons : Serge Barbereau, Alassane Ba
Nouvelles du Conseil de l?Europe
Mesures prises au niveau des douanes au nord et au sud (UEMOA)
Qualité des médicaments analysés dans le cadre du Réseau franco-africains des laboratoires de contrôle de qualité
13h 00 Repas
14h30 Amélioration du contrôle sur les réseaux de distribution
Nouvelles de la France : (Ordre des pharmaciens, section C)
Bilan des campagnes de lutte contre le marché illicite
Application de la nouvelle législation sur les dons de médicaments en France (Ministère de la santé, MAE)
Présentation de formations en assurance qualité : Alassane Ba (CHMP)
Synthèse avec recommandations
Merci de vous inscrire auprès de Mathilde Chosseler à ReMeD et de réserver dès à présent ces dates.
Frais d'inscription pour les 2 jours : 50 euros
Nous restons ouverts à toutes propositions, notamment à des contributions venant des pays bénéficiaires.
Merci par avance de votre collaboration
Carinne Bruneton
Déléguée générale, pharmacien
Réseau Médicaments & Développement (ReMeD)
35, rue Daviel 75013 Paris
tel : +33 1.53.80.20.20, 06 70 04 76 72
fax : +33 1.53.80.20.21
c.bruneton@remed.org, remed@remed.org
web : www.remed.org
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