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[e-med] Le sida, un génocide ?
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 17 May 2007 22:01:33 +0200
Le sida, un génocide ?
Courrier International
Editorial
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=8108
Depuis le 1er juillet, la Cour pénale internationale (CPI) existe officiellement. Même si les Etats-Unis refusent de reconnaître cette nouvelle juridiction devant laquelle leurs responsables risqueraient fort d'être traînés. Un exemple ? Le sida : l'épidémie a tué 3,2 millions d'Africains en 2001 et 55 millions mourront prématurément d'ici à 2020. Mais le Fonds mondial de lutte contre le sida, qui devait être doté de 10 milliards de dollars par an selon les engagements pris en 2001 par les pays du G8, n'a reçu à ce jour que 27 % de cette somme, écrit El País. Qui n'a pas payé ? Les Etats-Unis, en tout premier lieu, ajoute le quotidien espagnol. Or la CPI a pour mission d'enquêter sur les violations massives du droit international humanitaire, dont le génocide. Il y a génocide en cas, entre autres, de "soumission intentionnelle de tout ou partie d'un groupe humain [national, ethnique, racial ou religieux] à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction". Le groupe ethnique ou racial, dans le cas de l'Afrique, semble bien exister. Sa destruction semble bien engagée par la progression de l'épidémie de sida. Reste la question cruciale de l'intentionnalité. Une personne n'est pénalement responsable devant la CPI que si le crime est commis "avec intention et connaissance". Nul ne peut ignorer que les médicaments qui empêchent les malades de mourir du sida existent et pourraient être achetés si les promesses faites officiellement étaient tenues. Et que les malades continueront de mourir par millions si l'argent promis n'arrive pas. A quand le premier procès international contre ceux qui entravent sciemment la possibilité de soins pour les malades du sida ?
Autant dire que les dirigeants qui croient pouvoir prendre des engagements internationaux sans les tenir devront à présent y réfléchir à deux fois.
Sophie Gherardi
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