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[e-med] Eradiquer le fléau de la mouche tsé-tsé en Afrique


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Tue, 6 Mar 2007 12:10:04 +0100

Eradiquer le fléau de la mouche tsé-tsé en Afrique
LE MONDE | 03.03.07 | 19h20 . Mis à jour le 03.03.07 | 19h20

Chaque année, 400 000 personnes en Afrique meurent d'avoir été piquées par
une mouche tsé-tsé. Environ 100 000 autres sont touchées par la maladie du
sommeil. Cette "mouche de la pauvreté" coûterait également près de 4
milliards de dollars de manque à gagner agricole à l'Afrique en raison du
bétail touché selon le Fonds des Nations unies pour l'alimentation (FAO).

Afin d'éradiquer ce fléau, une solution va être testée grandeur nature en
Ethiopie. A Kaliti, village situé à 14 km de la capitale Addis-Abeba, a été
inauguré, début février, le premier centre d'élevage de mouches tsé-tsé
stériles. Un projet financé par l'Agence internationale pour l'énergie
atomique (AIEA) et la FAO.

Le principe ? Produire des quantités massives de mâles rendus stériles par
irradiation. Ces colonies, relâchées dans une zone infestée, s'accouplent
avec les femelles sauvages. Il faut dix fois plus de mâles stériles que de
mâles féconds pour que le procédé, dénommé technique de l'insecte stérile
(TIS), réussisse : le taux de reproduction de la population sauvage diminue
alors et conduit à l'extinction. La méthode a déjà permis d'exterminer la
mouche tsé-tsé sur l'île tanzanienne de Zanzibar en 1997, un projet financé
alors par l'AIEA et l'OMS (Organisation mondiale de la santé).

Pour amorcer l'expérience éthiopienne une colonie de mouches a été
constituée à l'institut zoologique de l'Académie slovaque des sciences à
Bratislava. "Notre but est de fournir des mouches reproductrices aux centres
d'élevage en cours d'installation en Afrique afin de réduire le temps
nécessaire à la construction d'une colonie importante", explique son
directeur, Milan Kozanek. Des étudiants kényans, tanzaniens et éthiopiens
sont actuellement formés dans l'institut slovaque qui devrait cette année
"accueillir d'autres pays africains désireux d'utiliser la TIS", signale M.
Kozanek.

Le coût de cette technique n'est pas plus élevé que celui des méthodes
chimiques, "sauf lors de son lancement, précise M. Kozanek, mais elle peut
mener à une extinction complète si le pays coopère". Les freins à son
développement restent cependant les faibles sources de financement et
l'instabilité politique de certains pays africains. "Pour être efficace, une
fois lancée, cette technique ne doit pas être interrompue sur une longue
période", explique M. Kozanek. Dans les 37 pays africains concernés par le
mal, le nombre de personnes exposées à la piqûre de la mouche tsé-tsé est
estimé à 60 millions.

Stéphane Ballong