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[e-med] Afrique Centrale: "Un laboratoire de contrôle de qualité doit être créé"


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 7 Mar 2007 09:44:57 +0100 (CET)

Afrique Centrale: Les explications de Jean-Jacques Moka - "Un laboratoire de contrôle de qualité doit être créé"

Cameroon Tribune (Yaoundé)

INTERVIEW
6 Mars 2007
Publié sur le web le 6 Mars 2007

Propos recueillis par JRM

Les explications de Jean-Jacques Moka, secrétaire général de l'OCEAC.

Comment l'harmonisation des politiques sanitaires peut-elle permettre l'élimination des endémies qui sévissent en Afrique centrale ?

La première chose est d'arriver à la maîtrise de la situation. Il faudrait qu'on connaisse, quelle que soit la maladie, la mesure du problème pour élaborer des réponses ciblées. Et pour cela, il faut mettre en place des systèmes d'information sanitaire. Il faut également mobiliser les ressources locales et profiter des opportunités offertes par la communauté internationale en matière d'appui technique et de financement des programmes de santé publique. Les programmes examinés avec les ministres lors de cette réunion sont une goutte d'eau dans la mer. Nous avons examiné quatre problèmes dont les plus importants étaient la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine et les politiques pharmaceutiques. Le reste était des informations que nous avons tenu à apporter aux ministres en ce qui concerne les activités de l'OCEAC.

En parlant justement de l'harmonisation des politiques pharmaceutiques, pourquoi est-elle indispensable aujourd'hui et comment va-t-elle se mettre en place ?

Le médicament a une dimension marchande, tout en ayant une dimension médicale. Au niveau des pays de la CEMAC, c'est la politique de libre circulation des personnes et des biens qui prévaut. Les pays doivent donc se mettre au même niveau en ce qui concerne la politique d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Car les produits sont mis sur le marché sans un contrôle sur la qualité. Il nous faut mettre en place un laboratoire de référence dans la sous-région pour que désormais, les médicaments qui rentrent chez nous puissent être contrôlés localement, avant d'être vendus.

Que prévoit votre organisme en ce qui concerne le problème des personnels ?

Notre rôle est de sensibiliser les pays sur les enjeux liés aux ressources humaines. Toutes nos structures connaissent des problèmes de manque de personnel, de mauvaise formation, de comportements déviants Il s'agit donc pour nous d'avoir une approche commune pour faire face à ces problèmes et nous nous sommes accordé d'étudier la possibilité de la mise sur pied d'un observatoire régional. Celui-ci nous aidera à recueillir le maximum d'informations afin de les mettre à la disposition des décideurs des pays qui pourront mieux orienter les politiques en la matière.

On observe une série d'activités visant à relancer définitivement l'OCEAC. Est-ce définitif ou alors vous craignez encore des périodes de turbulence ?

Les ministres de la Santé des pays de la sous-région veulent donner une nouvelle impulsion à l'organisme qui est devenu depuis trois ans une organisation spécialisée de la CEMAC en matière de santé publique. C'est un instrument d'intégration. Aujourd'hui, les partenaires s'accordent à faire jouer à l'OCEAC un rôle important dans le domaine de la coordination des politiques et des actions de santé au niveau de notre sous-région. Il n'y a donc plus lieu de s'inquiéter.