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[e-med] L'OICS PRÉVIENT QUE LES MÉDICAMENTS CONTREFAITS INONDENT LES MARCHÉS


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Sat, 3 Mar 2007 09:34:59 +0100

[cela fait longtemps qu'on le sait! "Les médicaments de la rue, çà tue! mais cela fait de bien de savoir que les organismes internationaux commencent à se rendre compte de ce fléau !
deux articles ci-dessous à lire.CB]

ORGANE INTERNATIONAL DE CONTRÔLE DES STUPÉFIANTS
Rapport annuel
Communiqué de presse no 2
jeudi 1er mars 2007
Centre international de Vienne, B.P. 500, 1400 Vienne (Autriche)
UNIS Téléphone: (+43-1) 26060-4448 Internet: www.unis.unvienna.org
OICS Téléphone: (+43-1) 26060-4163 Internet: www.incb.org

L'OICS PRÉVIENT QUE LES MÉDICAMENTS CONTREFAITS INONDENT LES MARCHÉS
Des mesures doivent être prises pour contenir le marché non réglementé,
prévient l'Organe dans son Rapport annuel
http://www.incb.org/incb/fr/press_releases.html

L'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a attiré
aujourd'hui l'attention sur le fait que l'afflux de médicaments contrefaits actuellement disponibles dans de nombreux pays pourrait avoir des conséquences fatales pour les consommateurs. Dans son Rapport annuel publié aujourd'hui, 1er mars 2007, il a aussi appelé les États membres à assurer le respect de la législation pour faire en sorte qu'il ne soit pas illégalement fabriqué de stupéfiants ni de substances psychotropes ou qu'il n'en soit pas détourné des circuits de fabrication et de distribution licites vers le marché non réglementé.

Le danger que représente le marché non réglementé est le thème du premier
chapitre du Rapport annuel. L'Organe demande qu'il soit traité en priorité.
L'existence de ce marché fait que des médicaments de mauvaise qualité, voire
mortels, sont vendus à des consommateurs innocents. Il est souvent
approvisionné avec des drogues volées et détournées, des produits
pharmaceutiques de fabrication illicite ou vendus illégalement sur Internet
et distribués au moyen des services postaux et de messagerie.

Outre les consommateurs qui se tournent vers le marché non réglementé pour
acheter des produits pharmaceutiques contenant des substances placées sous
contrôle parce qu'ils ont un accès limité aux services de soins de santé ou
parce que les prix de ces produits y sont plus abordables, ceux qui
dépendent ou abusent de cesmédicaments passent aussi par ce marché pour les
obtenir sans ordonnance.

"Non seulement l'existence d'un marché non réglementé, la vente de
médicaments détournés et contrefaits et l'achat sans ordonnance de produits
contenant des substances placées sous contrôle sont contraires aux traités
internationaux relatifs au contrôle des drogues, mais il importe aussi que
les consommateurs prennent conscience du fait que les médicaments qu'ils
croient acheter à prix réduit sur un marché non réglementé peuvent être
mortels lorsqu'il ne s'agit pas de produits authentiques ou lorsqu'ils sont
consommés sans avis médical. Au lieu de guérir, ils peuvent tuer," a déclaré
le Président de l'OICS, M. Philip O. Emafo.

Le danger est réel et de taille. Selon les estimations de l'Organisation
mondiale de la santé (OMS), 25 à 50 % des médicaments consommés dans les
pays en développement sont des contrefaçons. Le problème est amplifié par le
fait que ces derniers sont faciles à fabriquer - leur emballage et leur
étiquetage peuvent être semblables à ceux des produits authentiques. Cette
situation a eu des conséquences graves, voire fatales, sur la santé de
consommateurs innocents; en Afrique, par exemple, l'utilisation de vaccins
de contrefaçon en 1995 s'est soldée par plus de 2 500 décès. On peut se
procurer facilement des stupéfiants, des benzodiazépines, des amphétamines
et d'autres substances placées sous contrôle international sur les marchés
parallèles de plusieurs pays en développement. Dans les pays développés, ces
substances sont vendues par l'intermédiaire de cyberpharmacies illégales,
sans les ordonnances requises.

"Le problème des médicaments de contrefaçon et de l'abus de produits
pharmaceutiques contenant des substances placées sous contrôle achetés sans
ordonnance n'est pas nouveau. Cependant, l'expansion rapide du marché non
réglementé a considérablement aggravé la situation", a affirmé M. Emafo.

Le marché non réglementé se présente sous deux formes principales: celle où
des personnes et/ou entités non titulaires d'une licence font commerce
illégal de produits pharmaceutiques contenant des substances placées sous
contrôle - par exemple lorsqu'un vendeur à la sauvette propose des
substances placées sous contrôle telles que les stupéfiants, les stimulants
ou les sédatifs, sur un marché de village;
et celle où des personnes et/ou entités titulaires d'une licence
contreviennent à la loi et vendent des substances placées sous contrôle -
par exemple lorsqu'un pharmacien vend ces substances sans exiger
d'ordonnance.

L'Organe a exhorté les États membres à assurer le respect de la législation
existante pour écarter cette menace ainsi qu'à prendre des mesures
appropriées pour accroître l'offre de médicaments par des voies légitimes,
en particulier dans les régions où l'accès à ces derniers est limité.

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Le nouveau fléau des médicaments contrefaits
Vienne MAURIN PICARD.
Publié le 02 mars 2007

Les principales victimes de ce commerce illicite se trouvent dans les pays
du Sud, affirme l'Organe international de contrôle des stupéfiants.

UNE DROGUE plus dangereuse encore que l'héroïne et la cocaïne menace la
planète : les médicaments de contrefaçon. Ce constat alarmant provient de
l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), établi à Vienne
(Autriche), qui a publié hier son rapport annuel. Cet organisme judiciaire
indépendant de 13 membres - médecins, pharmacologues et experts - créé en
1968, a été mandaté par l'ONU pour suivre l'application des conventions
internatio­nales sur le contrôle des drogues. Il estime que l'utilisation
abusive des médicaments délivrés sur ordonnance a déjà éclipsé les
traditionnelles drogues illégales telles que l'héroïne, la cocaïne et
l'ecstasy en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions d'Afrique
et d'Asie du Sud. « L'abus et le trafic de médicaments vont dépasser la
consommation de drogue, relève le rapport. La demande pour ces produits est
si forte qu'elle a fait naître un nouveau phénomène, les médicaments de
contrefaçon (...). Les progrès réalisés ces quarante dernières années dans
le contrôle des drogues sont en train d'être sapés. » 25 à 50 % de
l'ensemble des médicaments disponibles dans les pays en voie de
développement seraient contrefaits, ajoute l'OICS, qui précise toutefois que
de telles statistiques sont très délicates à manier, à cause de l'absence
d'études rigoureuses dans les pays concernés.

« La plupart des pays n'ont pas conscience de l'ampleur du détournement et
de l'abus » de médicaments légalement prescrits, malgré la multiplication
des décès qui y sont liés, souligne le président de l'OICS, Philip Emafo.
« Au niveau mondial, les prescriptions légales de fentanyl (un opioïde de
synthèse 80 fois plus puissant que la morphine) ont plus que triplé depuis
l'an 2000. » Aux États-Unis, on enregistre une hausse notable de l'abus
d'analgésiques (antidouleur), courant chez les adolescents et les étudiants,
mais le phénomène fait également son apparition en Inde et au Nigeria. En
France, un quart des prescriptions de buprénorphine, un analgésique
commercialisé principalement sous le nom de Subutex et employé pour des
traitements de substitution, serait redirigé vers le marché noir, et parfois
réexporté.

Dans le même ordre, l'abus d'anorexigènes, des substances destinées à faire
maigrir, tend à se répandre, malgré le risque d'accoutumance en cas de
consommation incontrôlée, au Brésil, en Argentine, en Corée du Sud, aux
États-Unis et à Singapour. La France, par contre, à l'instar du Chili et du
Danemark, note l'OICS, est parvenue à réduire « considérablement » la
consommation de ces substances, « utilisées sans discrimination pour nourrir
l'obsession de l'amaigrissement qui touche certaines sociétés », explique
Philip Emafo.

Les pays en voie de développement, quant à eux, victimes d'une législation
quasi inexistante en la matière, subissent un afflux de médicaments
contrefaits, mais aussi de produits « périmés ou imités, dont la qualité, la
sûreté, l'efficacité, l'origine et la posologie sont inconnues », précise
Philip Emafo. « Nous pensons que ce marché est en forte croissance, indique
le rapport. Il expose les patients à de graves problèmes de santé en
fournissant des médicaments (...) qui sont inefficaces et, dans certains
cas, mortels. »

Plusieurs dizaines de milliers de « cyberpharmacies »

Vecteurs essentiels de ces trafics, les services postaux et le réseau
Internet ont permis l'éclosion de la vente illégale de produits
pharmaceutiques, grâce à la pusillanimité et à la corruption des
administrations. Il existerait aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de
« cyberpharmacies » illégales, comptabilisant 90 % des ventes de médicaments
sur la Toile. 84 % d'entre elles proposent des benzodiazépines et 68 % des
opioïdes, selon des estimations. « Ces médicaments peuvent provenir de vols,
de détournements, mais aussi de ventes illicites par les fabricants »,
relève Philip Emafo.

Pour combattre le trafic et l'abus de produits pharmaceutiques, les États,
suggère Philip Emafo, doivent « appliquer les lois existantes » et «
repenser » leur lutte contre la cybercriminalité, en « sensibilisant » leurs
services de détection et de répression à l'accélération du phénomène. L'ONU,
ajoute-t-il, devrait aider les pays du tiers-monde, en manque de ressources
financières pour lutter contre l'ampleur du trafic.

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Un trafic de grande ampleur
M. P..
Publié le 02 mars 2007
http://www.lefigaro.fr/sciences/20070302.FIG000000022_un_trafic_de_grande_ampleur.html

Lors d'une enquête dans un pays tenu anonyme, en 2003, 1 153 colis entrant
sur le territoire et contenant des médicaments ont été examinés. 88 %
contenaient des produits importés illégalement, non homologués ou sans
ordonnance. Ils renfermaient 25 substances placées sous contrôle
international, dont des stupéfiants (codéine) et des psychotropes
(diapézam).

Sur 185 cyberpharmacies, une enquête a montré que seules 3 % ont indiqué
exiger que l'or­donnance originale leur soit en­voyée par la Poste pour
délivrer des médicaments, 89 % ne de­mandaient aucune ordonnance et 8 %
acceptaient celles transmises par fax.