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[e-med] Du rififi en pharmacie


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Wed, 28 Feb 2007 13:02:23 +0100

On nous signale un dossier sur le médicament dans Courrier International avec plusieurs articles qui sont des traductions d'articles publiés dans la presse international :
Du rififi en pharmacie
http://www.courrierinternational.com/hebdo/sommaire.asp?obj_id=547
Les grands laboratoires attaqués de toutes parts
CONCURRENCE ? La biotechnologie fait parler d'elle
Un monde de concurrence impitoyable
Menaces sur les génériques thaïlandais
Du faux Viagra dans nos officines
SANTÉ PUBLIQUE ? Quand les contrefacteurs sèment la mort
Les Robin des Bois des antiviraux
DU RIFIFI EN PHARMACIE ? L'eldorado du médicament
Les brevets au coeur de la tourmente

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DU RIFIFI EN PHARMACIE ? L'eldorado du médicament
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=71136

Premier exportateur de génériques du monde, l'Inde subit le durcissement des lois internationales sur les brevets. Mais le pays possède le savoir-faire scientifique et industriel pour rebondir, explique l'hebdomadaire de référence Nature.

Kiran Mazumdar-Shaw est la reine indienne de la biotechnologie. Elle a créé la société Biocon dans un garage en 1978 avec tout juste 10 000 roupies [170 euros] et en a fait la plus grosse entreprise du secteur du pays, un groupe qui compte 1 800 employés et a réalisé un chiffre d'affaires de 180 millions de dollars [136 millions d'euros] en 2006. Considérée comme la femme la plus riche d'Inde, Mme Mazumdar-Shaw a fait la une de l'actualité en septembre dernier, quand son entreprise, installée à Bangalore, a lancé le premier médicament développé, testé et soumis à autorisation par une société indienne : le BIOMAb-EGFR, un anticorps monoclonal destiné au traitement des cancers de la tête et du cou. Cet événement pourrait être le prélude d'un avenir plus brillant et novateur pour l'industrie pharmaceutique indienne, qui, jusqu'à une date récente, reposait sur la production de génériques dont beaucoup étaient encore sous brevet dans d'autres pays. La situation a changé en janvier 2005, quand l'Inde s'est mise en conformité avec l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), des accords internationaux interdisant la copie de médicaments sous brevet.

Cependant, même si l'on relève peu de faillites parmi les 20 000 laboratoires recensés en Inde, la plupart ne semblent pas encore prêts à suivre la voie tracée par Biocon et à produire leurs propres médicaments sous brevet. Des concurrents du groupe de Mme Mazumdar-Shaw se plaisent même à dire que le traitement autour duquel on a fait tant de battage n'est pas entièrement indien, car il est basé sur une molécule brevetée par le Centre d'immunologie moléculaire de Cuba [qui possède des parts dans la société Biocon].

Mais d'autres laboratoires sont plus indulgents. "C'est un très gros marché dans lequel nous avons assuré le développement, ce qui n'est pas courant en Inde", souligne Raghu Cidambi, responsable de la propriété intellectuelle de Dr Reddy's Laboratories (Hyderabad), l'un des plus gros groupes pharmaceutiques du pays. "Je pense que c'est un signe très positif pour tout le secteur." Les principaux laboratoires indiens, comme Dr Reddy's Laboratories ou Ranbaxy (New Delhi), déploient de gros efforts pour se conformer aux accords de l'ADPIC. Ils consacrent 10 % de leurs revenus aux activités de recherche-développement, rachètent des entreprises étrangères ou créent des partenariats avec elles. Pradip Bhatnagar, vice-président de Ranbaxy pour la découverte pharmaceutique, se félicite de cette tendance : "Les choses sont en train d'évoluer positivement. Nous ne manquons de rien, que ce soit en matière de connaissances, de ressources, d'infrastructures et d'expérience." Mais il admet que les innovations restent rares. "Nous avons les chercheurs, mais pas la curiosité nécessaire en chimie du médicament ou en découverte pharmaceutique en général."

L'industrie mondiale des génériques pèse aujourd'hui 40 milliards de dollars et, avec toutes les grandes marques de médicaments qui vont tomber dans le domaine public, ce chiffre devrait prochainement doubler. Les grandes sociétés pharmaceutiques, qui avaient quitté l'Inde en raison de la protection insuffisante des brevets, ont commencé à réintégrer le pays, le plus souvent pour travailler avec des laboratoires indiens. A court terme, ces laboratoires vont avoir besoin de partenariats pour pouvoir effectuer des essais cliniques à grande échelle, positionner leurs produits aux Etats-Unis et en Europe, et faire des profits. Mais, avec l'intensification de la concurrence, ils devront apprendre vite. "Ça va être une vraie foire d'empoigne", prédit S.V. Kapre, directeur général de Serum Institute of India, le plus grand fabricant mondial de vaccins contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la rougeole. "Nous avons toujours eu pour principe de faire les choses à partir du début. Nous ne voulons pas être relégués au bout de la chaîne."


Apoorva Mandavill, Nature (Londres)