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[e-med] (4)Paludisme : de nouveaux médicaments à prix abordables au Cameroun


  • From: "Mit PHILIPS" <Mit.PHILIPS@brussels.msf.org>
  • Date: Thu, 22 Feb 2007 18:19:57 +0100

Je suis un peu étonnée que les nouveaux prix à payer pour les ACT restent
relativement élévées pour les patients.

Si on parle de subvention faite par le Global Fund pour les médicaments, en
faite il s'agit bien d'un financement complet par les fonds internationaux?
Je ne vois pas très clair pourquoi on choisit de faire payer les patients
une deuxième fois un produit qui déjà a été financé par le bailleur de
fonds- dans ce cas le Fonds Global?

Il est généralement reconnu que le paiement pour des médicaments constitue
une barrière importante pour pas mal de personnes. Meme une somme entre
140-600 CFA peut constituer une barrière pour le patient, surtout qu'il
faut ajouter à ce prix des médicaments, le prix du diagnostic (tests),
d'autres médicaments qui font partie du traitement (comme asa ou
paracetamol), la consultation et/ou d'autres actes.

Avec 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté nationale (selon
le site de la Banque mondiale 2001), le paiement pour des médicaments
essentiels peut mener pour beaucoup de gens à des délais avant d'obtenir
des soins ou le choix d'une alternative moins chère mais moins efficace,
des sous-dosages ou des traitements incomplets.

Dans une étude que MSF a mené au Tchad dans le district de Bongor nous
avons investigué les obstacles financiers au traitement de malaria (ACT
subventionné) et nous avons trouvé des résultats indiquant des problèmes
importants, meme auprès des familles qui habitaient très près des centres
de santé (moins de 5 km). Bien que les médicaments étaient disponibles dans
les centres de santé, le prix subventionné demandé n'était pas abordable
pour les patients.
Le cas du Tchad est surement pas unique, beaucoup de publications ont
démontré que si on s'attaque pas sérieusement aux obstacles liés au
paiement par le patient pour des soins essentiels -comme pour le traitement
du paludisme- contraignent les services de santé à répondre de manière
adéquat aux besoins de la population en termes de santé.

Le Fonds Global aussi bien que les autorités sanitaires connaissent ces
risques liés au paiement par les patients, qui ont des répercussions pas
seulement au niveau des patients individuelles (en nombre important) mais
est un obstacle réel à obtenir une couverture suffisante pour un traitement
d'intéret santé publique. Sans couverture suffisante du traitement
efficace, il risque d'y avoir peu de chance d'avoir un impact significatif
sur la mortalité liée à la malaria, comme cité dans les objectifs de
développement pour le millénaire.

Je trouve donc ceci assez aberrant de faire payer les patients une deuxième
fois pour des médicaments déjà financés par un bailleur international.
Vu les conséquences négatives sur l'utilisation des soins essentiels
documentées dans plusieurs pays, je trouve ceci assez en opposition avec
les déclarations politiques qui sont fait dans le cadre des OMD (dont la
réduction de la mortalité infantile et du paludisme) ....

Dr. Mit Philips
Analyste Accès aux Soins
Médecins Sans Frontières
Bruxelles, Belgique
email: mit.philips@msf.be