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[e-med] M.N.U : l'appel du président de l'IOPA


  • From: "ReMeD" <remed@remed.org>
  • Date: Wed, 13 Dec 2006 14:19:25 +0000

Extrait de La Lettre des pharmaciens francophones de décembre 2006, parue
dans les Nouvelles pharmaceutiques n°329 (07/12/2006)

M.N.U : M.Fofana (IOPA) s'adresse au ministre de la Santé

Lors de la Journée annuelle de l'Ordre des pharmaciens de France qui s'est
tenue le lendemain de l'assemblée générale de la CIOPF, M.Fodé Oussou
Fofana, président de l'IOPA, s'est adressé au ministre français de la Santé,
Xavier Bertrand, pour attirer son attention sur les dangers de l'envoi de
médicaments non utilisés (M.N.U) vers l'Afrique.

"Monsieur le Ministre, comme l'avait déjà exprimé en 2005 Mme Victoire
Benao, les pharmaciens africains organisés au sein de leurs ordres, luttent
avec détermination contre le marché illicite des médicaments et la
contrefaçon dans leur pays.

Ce marché illicite génère, pour des acteurs non
pharmaceutiques peu préoccupés par des questions de santé publique, des
revenus importants. Ses conséquences sur la santé des populations locales ne
sont plus à démontrer : conseil inadapté de médicaments par des néophytes,
mauvais usage des médicaments, médicaments dont les conditions de
conservation n'ont pas respecté les précautions élémentaires...

Pour alimenter ce marché, plusieurs sources sont utilisées : vols dans les
entrepôts des centrales d'achat, recours à l'importation de médicaments
contrefaits ou via la récupération de médicaments non utilisés par les pays
développés.

C'est pourquoi, Monsieur le Ministre de la Santé et des Solidarités, pour
qu'une illusion de solidarité ne se fasse pas au détriment de la Santé et du
bon usage des médicaments, l'IOPA profite de votre présence pour renouveler
son appel pour que cessent ces expéditions de médicaments non utilisés
depuis la France, et nous réitérons la déclaration des pharmaciens africains
adoptée le 4 novembre 2004, sur les dangers de l'expédition des restes
thérapeutiques en provenance des pays du Nord, à travers la coopération
entre associations humanitaires du Nord et du Sud.

Tout en reconnaissant la bonne foi de la plupart de ces associations, nous
faisons observer que ces médicaments déjà difficilement gérables en Europe,
causent beaucoup plus de problèmes en Afrique qu'ils n'en résolvent.
Il est temps que la France, à l'instar des autres pays européens, mette un
terme à cette activité.

Par ailleurs, nous lançons un appel pour que soit plutôt favorisée une
politique de médicaments essentiels et de génériques accompagnée de sécurité
médicamenteuse adéquate.

Monsieur le Ministre, toutes ces demandes ne font que reprendre les mesures
préconisées par l'Organisation mondiale de la Santé en matière de dons de
médicaments."