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[e-med] Sida. La qualité des données du rapport de l'Onusida jugée insuffisante.
- From: "ReMeD" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Mon, 27 Nov 2006 19:19:06 +0100
Sida. La qualité des données du rapport de l'Onusida jugée insuffisante.
«On dépiste mal les enfants, donc on ne les traite pas»
Par Eric FAVEREAU
Libération : mercredi 22 novembre 2006
avec
Le Dr Gilles Raguin est responsable du département médical d'Esther
(Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière), dont l'objectif
est de multiplier les partenariats entre hôpitaux du Sud et ceux du Nord.
Deux fois par an, l'Onusida publie des rapports sur l'avancée de l'épidémie.
Est-ce utile ?
Pour tous ceux qui travaillent sur le VIH et vivent dans des pays touchés,
il est essentiel d'avoir des données pour établir les politiques de santé
publique et surtout les évaluer. La question est plutôt de la qualité des
données.
Sont-elles fiables ?
Pas toujours. D'abord pour des raisons méthodologiques, car les systèmes de
surveillance peuvent changer d'une année à l'autre. Ensuite, les
gouvernements des pays concernés ont parfois peu intérêt à communiquer sur
leurs chiffres. Par exemple, lorsque la prostitution augmente dans telle
région, les autorités locales vont vouloir le cacher. Même déni lorsque la
contamination explose chez les toxicomanes. La transparence s'est cependant
améliorée, même si elle reste politiquement sensible.
On a l'impression, parfois, que ces données ont des fins politiques. Pour
donner de l'espoir ou, au contraire, s'alarmer.
Les chiffres sont naturellement instrumentalisés. Comme dans les sondages,
dont chacun se sert pour se justifier ou pour dénoncer. C'est pour cela que
les épidémiologistes restent prudents.
Y a-t-il encore des trous noirs de l'épidémiologie mondiale ?
Il y a des endroits où les données fiables sont inexistantes. Dans la
plupart des pays musulmans, les données sont nouvelles, donc discutables. De
même en Afghanistan, où la toxicomanie explose ; or il n'y a pas de données.
En Europe de l'Est, les chiffres sont incertains. Reste qu'il n'est pas
raisonnable, aujourd'hui, d'analyser la situation de façon générale. Les
chiffres globaux n'ont plus vraiment de sens. Il n'y a pas une épidémie,
mais des épidémies dans chaque pays. Comme en Russie. L'Ouganda est cité en
exemple par le rapport car l'épidémie baisse : elle augmente pourtant dans
certaines régions du pays. Pourquoi ? C'est là qu'il faut creuser.
Que retenez-vous du rapport de novembre 2006 ?
Deux problèmes majeurs : l'explosion, à certains endroits, de la
contamination chez les toxicomanes et la question des enfants ; on les
dépiste mal, donc on ne les traite pas. Or il y a un nombre ahurissant
d'enfants contaminés. Alors que des interventions simples permettent de
réduire très fortement la contamination mère-enfant. Pourquoi ne sont-elles
pas menées ?
Quid de l'arrivée des traitements sur les politiques de prévention ?
Elle est encore trop limitée pour que l'on puisse voir clairement l'impact
sur l'évolution de la pandémie.
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21/11/2006 L'ÉPIDÉMIE MONDIALE DE SIDA CONTINUE DE CROÎTRE
http://www.who.int
Selon les derniers chiffres publiés aujourd'hui par l'ONUSIDA/OMS dans Le
point sur l'épidémie mondiale de SIDA, on estime à 39,5 millions le nombre
de personnes vivant avec le VIH. Il y a eu 4,3 millions de nouvelles
infections en 2006, dont 2,8 millions (65%) en Afrique subsaharienne, et d'importantes
augmentations en Europe orientale et Asie centrale, où les données indiquent
que les taux d'infection se sont élevés de plus de 50% depuis 2004. En 2006,
2,9 millions de personnes sont mortes de maladies liées au SIDA.Les
nouvelles données suggèrent que lorsque les programmes de prévention du VIH
n'ont pas été maintenus et/ou adaptés à l'évolution des épidémies, dans
certains pays les taux d'infection restent stables ou sont à nouveau en
hausse.
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/aids.epidemic.update/fr/print.html
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