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[e-med] Les Nations Unies envisagent la circoncision pour faire reculer le sida
- From: "Isabelle Monroy" <isabelle.monroy@gmail.com>
- Date: Wed, 12 Jul 2006 09:33:10 -0400
Bonjour,
J'ai lu cet article aujourd'hui. Qu'en pensent les spécialistes ?
Je me souviens d'un courriel paru sur e-med critiquant cette étude ou une
similaire.
Merci
isabelle
isabelle.monroy@gmail.com
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Les Nations Unies envisagent la circoncision pour faire reculer le sida
http://www.afrik.com/article10085.html
Les Nations Unies envisagent la circoncision pour faire reculer le sida
Interview de Catherine Hankins, conseillère scientifique principale de
l'Onusida
mardi 11 juillet 2006, *par Habibou Bangré*
*Le journal médical Plos Medecine publie, ce mardi, l'étude « Impact
potentiel de la circoncision masculine sur le VIH en Afrique
sub-saharienne ». Ce document, basé sur une expérience en Afrique du Sud,
indique que les hommes circoncis ont environ 60% de chances en moins d'être
contaminés par le sida. Le Dr Catherine Hankins, conseillère scientifique
principale de l'Onusida, qui a participé à la recherche, estime que les
résultats sont « très prometteurs et encourageants ». Interview.*
Les Nations Unies se penchent sur la circoncision comme moyen d'éviter le
sida. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida)
explore cette piste, avec des chercheurs sud-africains, français et
américains, dans une étude publiée ce mardi dans le magazine médical *Plos
Medecine*<http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pmed.0030262>.
Les travaux se basent notamment sur les résultats d'une expérience
sud-africaine à Orange Farm, sortie en 2005, qui concluait que les hommes
circoncis avaient environ 60% de chances en moins d'être contaminés par le
VIH via une femme porteuse du virus. Avant de promouvoir l'ablation du
prépuce comme moyen additionnel, donc non exclusif, de prévention du sida,
l'Onusida attend les retombées de deux études similaires à celles d'Orange
Farm menées en Ouganda et au Kenya. Toutefois, le Dr Catherine Hankins juge
les résultats sud-africains « très prometteurs et encourageants ». La
conseillère scientifique principale de l'Onusida nous explique pourquoi.
*Afrik : Pensez-vous que l'étude d'Orange Farm soit fiable ?
Dr Catherine Hankins :* L'étude a été menée dans une population où le taux
de séroprévalence est de 30%. Tous les hommes avaient pratiquement les mêmes
profil et comportement sexuel (ils avaient peu de partenaires), même si on a
noté que les circoncis avaient un peu plus de rapports. Tous ceux qui se
sont présentés voulaient être circoncis. Une partie l'a été au début de
l'étude, et une autre après. Et nous avons vu que, parmi les circoncis, il y
avait une baisse de 60% de séropositifs.
*Afrik : La recherche à laquelle vous avez participée se base uniquement sur
l'Afrique sub-saharienne. Pourquoi ?
Dr Catherine Hankins :* Comme l'Afrique est le continent le plus touché, si
nous devions promouvoir la circoncision ce serait probablement pour
l'Afrique sub-saharienne. Mais en Afrique de l'Ouest, le taux de
circoncision est déjà très fort. Par ailleurs, le Nigeria et le Botswana ont
opté pour la circoncision à la naissance. C'est en Afrique Australe et de
l'Est que les autorités doivent choisir.
*Afrik : Les recherches sur lesquelles vous vous êtes basés ont-elles
démontré que, là où la circoncision est très pratiquée, la séroprévalence
est moins élevée par rapport à d'autres régions où elle se pratique moins ?
Dr Catherine Hankins :* Le taux de VIH est très bas dans les pays où le taux
de circoncision est fort. Plusieurs études l'ont démontré. On n'a pas encore
assuré la corrélation entre le taux de circoncision élevé et le taux bas de
séroprévalence, mais c'est pour en savoir plus que nous faisons des études.
Mais il faut aussi prendre en compte l'aspect religieux qui peut être lié à
la circoncision, et qui favorise peut-être un comportement plus sain.
*Afrik : Les projections mathématiques de la recherche indiquent que la
circoncision pourrait être bénéfique d'ici 10, 20 ou 30 ans si tous les
Africains étaient circoncis...
Dr Catherine Hankins :* C'est surtout à partir de 20 ans que l'on observe
des changements importants, en termes de baisse de la contamination et des
décès liés au sida.
*Afrik : Ces résultats valent surtout pour les hommes, alors que ce sont les
femmes qui sont les plus touchées par la pandémie. Se pencher sur les
« bienfaits » de la circoncision ne serait-il pas le mauvais cheval de
bataille ?
Dr Catherine Hankins :* Pour les femmes, nous avons prévu un effet indirect
car moins les hommes seront infectés, moins les femmes le seront. Une étude
montre par exemple qu'un homme circoncis a 30% de chances en moins de
transmettre le virus à sa partenaire. Mais pour voir les conséquences de la
circoncision des hommes sur les femmes, nous attendons les résultats de
l'étude menée en Ouganda et qui se penche sur les hommes séropositifs
circoncis ou non et les conséquences que cela a pour les femmes.
*Afrik : Au final, que pensez-vous de la circoncision comme moyen de
prévention contre le sida ?
Dr Catherine Hankins :* Ma position est que les résultats d'Orange Farm,
menée par des Français et des Africains, sont très prometteurs et
encourageants. Mais nous aimerions voir les résultats des études faites en
Ouganda et au Kenya. Car nous devons voir si leurs résultats confirment ceux
d'Orange Farm avant de promouvoir la circoncision dans les pays à fort taux
de VIH. En attendant, nous encourageons les autorités à améliorer les
conditions sanitaires et hygiéniques dans lesquelles les circoncisions sont
pratiquées en dehors des hôpitaux. Mais il faut regarder quelle place la
circoncision pourrait avoir dans la prévention du sida et, si elle en a une,
se demander comment appliquer la mesure, si la population sera d'accord...
*Afrik : Promouvoir la circoncision et circoncire reviendrait-il moins cher
que payer des antirétroviraux aux malades ?
Dr Catherine Hankins :* C'est une question importante, mais nous n'avons pas
fait d'étude à ce sujet. Les décideurs se pencheront sans doute sur le
sujet. Mais l'idéal reste que les gens changent de mentalité, de
comportement et qu'ils portent le préservatif à chaque rapport. Dans le
monde, les gens portent encore le préservatif de façon inconstante et
incorrecte. Donc l'idée est de trouver des alternatives, comme les
microbicides vaginaux et les préservatifs féminins.
*Afrik : Certaines associations craignent que faire la promotion de la
circoncision va pousser les hommes à se dispenser de l'usage du
préservatif...
Dr Catherine Hankins :* Nous aimerions que les hommes ne se sentent pas
invulnérables. C'est pour cela qu'il faut des programmes de sensibilisation
très forts quant au comportement sexuel. Il faut que les hommes comprennent
que la circoncision serait un ajout aux autres mesures de prévention et
qu'il faut rester fidèle.
*Afrik : Des opposants à la circoncision vous disent-ils qu'ils ne
comprennent pas pourquoi les Nations Unies envisagent la circoncision contre
le sida, mais pas l'excision ?
Dr Catherine Hankins :* Les hommes contre la circoncision des nouveaux-nés
nous font parfois le reproche. Mais les deux procédures sont très
différentes. La position des Nations Unies est qu'il faut faire une
différence considérable entre circoncision et excision. L'excision ne fait
pas baisser le VIH et doit être arrêtée. Elle touche à la sexualité de la
femme et à sa féminité et n'améliore pas sa santé.
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