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[e-med] Rondeurs à tout prix: du mauvaise usage de produits hormonaux vétérinaires


  • From: "ReMeD" <c.bruneton@remed.org>
  • Date: Tue, 11 Jul 2006 11:12:41 +0200

[j'ai retrouvé ce mail un peu ancien sur le mauvaise usage de produits
hormonaux vétérinaires, est-ce que ces pratiques existent toujours en RDC ?
et dans les autres pays ? CB]

Rondeurs à tout prix
Les Congolaises cherchent à grossir pour séduire

mardi 11 novembre 2003

Critère de beauté sur les podiums internationaux de la beauté, la taille
fine ne fait plus recette en République démocratique du Congo. Les jeunes
Congolaises se préfèrent plutôt bien en chair pour attirer l'attention des
mâles. Ce qui les pousse à user de tous les stratagèmes pour répondre aux
critères esthétiques. Souvent au détriment de leur santé, hélas.

http://www.afrik.com/article6768.html

De notre correspondant Octave Kambale Juakali
Il ne fait pas bon être mince, pour les femmes, en cette période de pandémie
du sida, en République démocratique du Congo (RDC). On passe trop facilement
pour une sidéenne et ce n'est pas agréable dans une société dont les canons
de la beauté féminine sont à l'opposé de ceux de l'esthétisme occidental.
Les Congolais aiment les formes généreuses. Aussi les femmes se
dépensent-elles pour éviter d'être minces ou à l'inverse trop obèses.
Interrogées à ce sujet, beaucoup d'entre elles affirment effectivement tenir
de la bouche des hommes qu'ils préfèrent les femmes aux hanches arrondies.

" Il est vrai qu'une femme à la taille mannequin n'est pas celle qui attire
plus les hommes congolais. Nous le remarquons dans la rue et sur les
terrasses des débits de boissons. Une femme mince passe pratiquement
inaperçue tandis que celle aux hanches généreuses provoque des commentaires
admiratifs chez les hommes ", explique Christine Tshamala, vendeuse dans un
magasin d'habillement. Beaucoup de femmes visitent sa boutique. Pour mieux
les servir, elle a installé des miroirs géants où les clientes peuvent, à
loisir, s'admirer sous toutes les formes ". Elles sont désespérées quand
l'habit
qu'elles essaient ne fait pas ressortir leurs formes, les seins et les
hanches ", confie-t-elle.

La danse ndombolo au banc des accusés

Le phénomène est assez récent et se trouve exacerbé par l'accoutrement des
vedettes de la danse congolaise moderne. Qualifiées d'obscènes dans certains
milieux culturels, les danses actuelles - à l'origine des danses
folkloriques - mettent particulièrement en exergue les mouvements des
hanches. Telle le célèbre ndombolo qui, à certains égards, se rapproche du
mapuka ivoirien que beaucoup de télévisions africaines hésitent à programmer
dans leurs grilles. Le fait que ces danses occupent la majeure partie des
programmes de divertissement sur toutes les chaînes de télévision de
Kinshasa incite les jeunes congolaises à imiter les danseuses, notamment
dans leur accoutrement.

" C'est en fait le pantalon trop collant des danseuses qui donne cette
impression d'obscénité chez certaines personnes. Mais le ndombolo est une
expression corporelle culturelle très normale dans la province de Bandundu,
explique Stephane Kwimi, enseignant. Généralement, les danseuses
traditionnelles portent les pagnes et personnes ne trouve à redire ". A
Kinshasa, la mode est aux habits pour le moins près du corps. A la grande
déception des mères de familles.

Produits vétérinaires

Cela devient de plus en plus un véritable drame chez les jeunes femmes
congolaises que d'avoir une taille fine. L'obsession de grossir à tout prix
a amené bon nombre d'entre elles à recourir à des produits hormonaux
pharmaceutiques dont le Durabolin, un produit vétérinaire pour engraisser le
bétail avant l'abattage. Toutes les femmes interrogées affirment ne jamais
avoir utilisé ce produit prodigieux, mais toutes sont unanimes pour dire que
la pratique est courante chez les femmes à Kinshasa. " Il existe également
des vitamines spéciales, explique Clarisse. C'est un processus compliqué.
Mais moi je n'ai pas de raisons de m'inquiéter à ce sujet car je suis déjà
suffisamment grosse ".

Certains hommes ont confirmé se trouver dans la catégorie de ceux qui
n'aiment
pas les femmes minces. Pour José Mpoyi, homme d'affaires, c'est mental : "
On ne sait pas à quoi on s'engage avec une femme mince. Le sida a fait
tellement de ravages et nous avons vu beaucoup de nos copains mourir de
cette maladie ". José fait partie de ces Congolais qui ne comprennent pas
pourquoi les Congolaises se prêtent au concours de beauté, version
occidentale. " A mon avis, on devrait organiser deux sortes de concours de
beauté. L'un pour les expatriés et l'autre pour le public congolais ".

Dangereux pour la santé

Cependant, toute règle ayant toujours une exception, il y a aussi de ces
hommes congolais qui les préfèrent minces et sveltes. Le seul ennui,
disent-il, c'est qu'ils doivent se les disputer avec les expatriés. En
effet, il n'est pas rare de voir des Congolaises aux allures de top-models,
fréquenter plutôt les boîtes de nuits du centre de la ville. Peut-être, les
seuls endroits où elles peuvent trouver pointures à leur pied.
Si le Durabolin fait les choux gras des pharmaciens, il y a beaucoup de
risques qu'il fasse le malheur des utilisatrices. Le Dr Mujinga dit ne pas
savoir exactement quels genres d'ennuis elles encourent mais craint
fortement que le produit n'agisse négativement sur l'équilibre hormonal de
la femme. Il est par contre curieux que les services publics ne réagissent
encore pas contre l'usage de ce produit qui, à tout considérer, n'est pas
destiné à la consommation humaine.