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[e-med] Couverture complète du Burkina Faso contre 3 maladies tropicales


  • From: "ReMeD" <c.bruneton@remed.org>
  • Date: Mon, 3 Jul 2006 11:51:58 +0200

Couverture complète du Burkina Faso contre 3 maladies tropicales

Dakar, Sénégal (PANA) - En achevant récemment les derniers cycles
de traitement sur toute l'étendue de son territoire, le Burkina
Faso est devenu le premier pays africain à réaliser la couverture
nationale contre trois grandes maladies tropicales négligées, à
savoir la filariose lymphatique (éléphantiasie), la
schistosomiase et les géohelminthiases (parasites intestinaux)
par le traitement anthelmintique, indique vendredi un communiqué
de l'OMS/Afrique parvenu à la PANA.

Au cours de ces derniers mois, une campagne combinant des
interventions en milieu scolaire et à base communautaire a été
menée sur l'ensemble de ce pays d'Afrique de l'Ouest, depuis
Ouagadougou jusqu'aux villages les plus reculés, précise le
communiqué, qui ajoute que durant cette campagne, le
praziquantel et l'albendazole ont été distribués à environ 3,3
millions d'enfants d'âge scolaire, et l'albendazole et
l'ivermectine à l'ensemble de la population à risque dans le
pays, soit environ 10 millions de personnes.

"L'Afrique, en effet, joue maintenant le rôle de chef de file. Il
s'agit là d'un important pas en avant. Bien que les ressources
disponibles soient limitées, la situation dans le monde peut
changer, à condition de faire preuve de volonté politique, de
disposer de personnels de santé dévoués et de s'assurer l'appui
des partenaires internationaux", a déclaré à l'occasion de cette
annonce le Dr Lorenzo Savioli, directeur du Département de la
lutte contre les maladies tropicales négligées, au siège de
l'OMS.

Le Dr Savioli a ajouté que le défi à relever actuellement
consiste à pérenniser ces efforts sur une base régulière.

Le Burkina Faso peut être considéré comme un pays entièrement
d'endémie de filariose lymphatique, de schistosomiase et de
géohelminthiases, trois maladies qui touchent globalement plus de
deux millards de personnes à travers le monde, dont plus de 300
millions présentent des complications cliniques graves. Une
grande partie de cette charge de morbidité est supportée par les
communautés pauvres d'Afrique.

Les maladies en question se transmettent par pénétration de la
peau par des larves microscopiques de vers, à la suite d'un
contact direct ou d'une piqûre de moustique, ou par ingestion
d'oufs de ces vers par contact avec de l'eau ou de la terre
contaminée.

Une infection massive peut retarder le développement physique et
intellectuel, et entraîner des pathologies graves après quelques
années d'infection chronique ou de réinfection.

"Les communautés pauvres ont considérablement bénéficié de
l'engagement international à assurer l'accès aux médicaments à
titre gratuit dans notre pays, qui constitue une contribution
majeunre au développement du Burkina Faso. Il s'agit là d'une
intervention de santé publique très louable", a déclaré le Dr
Souleymanou Sanou, Directeur de la lutte contre la maladie au
ministère de la Santé du Burkina Faso.

"Nous espérons que dans un avenir proche, nous serons en mesure
d'intensifier les mesures de lutte contre d'autres maladies
négligées tel que le trachome", a encore dit M. Sanou.

Le succès des campagnes de lutte contre ces maladies au Burkina
Faso a été facilité par l'engagement de la communauté
internationale à intensifier la lutte contre les maladies
négligées.

Ces campagnes ont été conduites par le ministère de la Santé,
avec l'appui de divers partenaires, notamment l'Organisation
mondiale de la santé, le "Liverpol Lympatic Filariasis Support
Center", le ministère britannique pour le Développement
international (Royaume-Uni), l'"Emory Lymphatic Filariasis
Support Center", Hellen Keller International, la Fondation pour
le développement communautaire (Burkina Faso), la Fondation Bill
et Melinda Gates, Handicap International, le Réseau international
Schistosomes, Environnement, Aménagement et Lutte, l'Initiative
de lutte contre la schistosomiase et diverses sociétés
pharmaceutiques multinationales.

"L'OMS reconnaît et salue vivement l'engagement du gouvernement
du Burkina Faso à assurer la couverture de l'ensemble du pays en
vue de l'élimination de la filariose lymphatique. Elle considère
cet engagement comme un bel exemple à suivre dans la Région. Je
tiens à remercier tous les partenaires nationaux et
internationaux intervenant dans la lutte contre les maladies
tropicales négligées", a déclaré le Dr James Mwanzia, directeur
de la Division de la prévention et de la lutte contre les
maladies transmissibles, au Bureau régional de l'OMS pour
l'Afrique.

Les données les plus récentes montrent qu'après 20 ans de lutte,
la prévalence de l'onchocercose dans les foyers de forte
endémicité au Burkina Faso a baissé, tombant de 80% à 1,3%. Le
traitement annuel ou semi-annuel par l'ivermectine se poursuit,
bien que cette maladie ne soit plus considérée comme un problème
de santé publique dans le pays.

Le Burkina Faso a également signalé une réduction de 43% des cas
indigènes de dracunculose (ver de Guinée) en 2005, par rapport
aux niveaux de 2004, et le ministère de la Santé concentre
actuellement ses efforts sur les dernières poches d'endémicité,
principalement dans les régions du nord-est du pays où l'on
trouve des populations nomades.

L'Assemblée mondiale de la Santé avait fixé, en 1977, la cible à
atteindre pour éliminer la filariose lymphatique en tant que
problème de santé publique. En 2001, elle a demandé instamment
aux pays d'endémie de protéger au moins 75% de leurs enfants
d'âge scolaire contre la schistosomiase et les parasites
intestinaux.

Dakar - 30/06/2006