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[e-med] Le Fonds mondial doit innover face au manque de financement
- From: "ReMeD" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Fri, 30 Jun 2006 18:39:30 +0200
AFRIQUE: Le Fonds mondial doit innover face au manque de financement
http://www.plusnews.org/fr/PNFreport.asp?ReportID=1490
[Cet article ne représente pas le point de vue des Nations Unies]
© Global Fund
L'indépendance du Fonds a un prix : la précarité de son financement.
JOHANNESBURG, 30 juin (PLUSNEWS) - Plus de quatre ans après sa création, le
Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a
permis d'accomplir des progrès considérables dans la lutte contre les trois
épidémies, mais il est menacé par le manque de financement.
Selon le rapport d'activités du premier semestre, publié jeudi, les
programmes du Fonds mondial mis en place dans 131 pays ont permis de
proposer des traitements à un nombre croissant de patients atteints du VIH
et de la tuberculose et d'accroître la distribution de moustiquaires
imprégnées d'insecticide pour protéger les populations contre le paludisme.
Près d'un demi million de personnes à travers le monde, dont 398 000 en
Afrique, suivent un traitement antirétroviral (ARV) financé par le Fonds
mondial, dont l'aide représente 20 pour cent des fonds internationaux
destinés à la lutte contre le VIH/SIDA.
Pour Brian Brink, membre de la délégation du secteur privé de l'institution
financière, a indiqué, lors d'une conférence de presse à Johannesbourg, en
Afrique du Sud, que le Fonds devait avant tout s'assurer un financement
durable.
Les besoins s'élèvent actuellement à 2,1 milliards de dollars américains,
soit près de la moitié des 5,5 milliards nécessaires au financement des
activités actuelles et à venir.
«Les activités du Fonds mondial dépendent des financements reçus. Jusqu'à
présent, l'argent provenait avant tout de gouvernements de pays développés»,
a expliqué Brian Brink, du géant minier Anglo American. «Mais, nous
envisageons une plus grande implication de la part du secteur privé.»
Mener des initiatives de collecte de fonds auprès du secteur privé, comme la
campagne 'Product Red' lancée par le chanteur Bono, peut, selon lui, être
une solution.
Une autre stratégie envisageable consiste à chercher des subventions non
seulement auprès des gouvernements européens et nord-américains, mais
également du Moyen-Orient, de Russie et de Chine, a souligné Jon Lidén, le
porte-parole du Fonds mondial.
Le Fonds mondial a été créé en janvier 2002 et constitue une approche
novatrice de financement international de santé, en allouant des subventions
uniquement liées aux besoins du pays bénéficiaire et aux progrès accomplis.
Le Fonds mondial, une banque sans moyens
Les subventions sont accordées via des partenariats locaux, mais
contrairement à la plupart des organes de financement internationaux, les
pays sont libres de concevoir et d'appliquer leurs propres programmes.
«Le gouvernement américain exerce constamment une pression pour que nous
procédions différemment», a expliqué Jon Lidén. «Mais bien que les
Etats-Unis soient le pays qui contribue le plus au Fonds mondial, nous ne
cèderons jamais à une quelconque pression politique.»
L'indépendance du Fonds mondial a un prix : la précarité de son financement.
Ainsi, tous les fonds nécessaires au sixième cycle de financement, ouvert
aux Etats jusqu'au 3 août prochain, ne sont pas encore réunis : l'institution
a jusqu'à novembre pour trouver 900 millions de dollars, qui viendront
compléter les 200 milliards de dollars de contributions déjà promises.
Un nouveau cycle de financement devrait en outre être programmé d'ici la fin
de l'année, pour assurer le renouvellement des premières subventions de cinq
ans, alors à terme.
«Les promesses que reçoit le Fonds mondial augmentent sans arrêt, mais nos
besoins croissent encore plus vite», a fait remarquer Jon Lidén.
Il a expliqué que plutôt que de rivaliser avec d'autres mécanismes de
financement, «nous préférons nous battre pour obtenir une plus grande part
de gâteau.»
Les responsables du Fonds mondial seront attentifs, la semaine prochaine,
aux recommandations que ne se priveront pas de faire les 400 membres de la
société civile et du secteur privé, venus de 115 pays à Durban, en Afrique
du sud, pour assister au Forum du partenariat, selon Mandeep Dhaliwal,
responsable de cette manifestation.
Environ 90 pour cent des recommandations formulées lors de la précédente
édition, il y a deux ans, ont été suivies par l'institution, a-t-elle
ajouté.
L'une des questions qui sera abordée lors de cette rencontre de Durban
concernera le manque de ressources des systèmes nationaux de santé comme un
frein aux efforts de prévention et de traitement des grandes pandémies dans
les pays en développement.
Ce Forum sera suivi d'une Conférence de reconstitution à mi-parcours
destinée aux bailleurs de fonds qui, le Fonds mondial l'espère, feront de
nouvelles promesses.
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