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[e-med] Namibie : Un acteur majeur de la distribution d'ARV sur le départ
- From: ReMeD
- Date: Tue, 27 Jun 2006 09:34:30 +0200
KATIMA MULILO, le 26 juin (IRIN) - Le géant pharmaceutique Bristol-Myers Squibb (BMS) a annoncé l'arrêt prochain des financements du projet Mapilelo, qui fournit des traitements contre le VIH à quelque 1 700 personnes depuis près de trois ans.
Selon des médecins, de grandes inquiétudes planent désormais sur l'avenir de ces patients de la région pauvre de Caprivi, dans le nord-est de la Namibie, qui ont pu obtenir un traitement antirétroviral (ARV) grâce à ce projet, dont le nom signifie 'Lieu de survie'.
«Nous avons rencontré des responsables du ministère de la Santé et des bailleurs de fonds : nous attendons de voir ce qu'ils vont nous proposer», a déclaré le docteur Zengani Chirwa, le principal responsable médical de Mapilelo. «Le ministère ne s'est pas encore prononcé, mais il va certainement s'occuper du financement des traitements. Mais nous ne savons pas qui va prendre en charge les besoins de la communauté.»
Mapilelo dispose d'un programme d'appui nutritionnel, de soins à domicile, de mobilisation communautaire, de conseils et de dépistage volontaire, de distribution de traitements ARV et de prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant.
Le succès de Mapilelo vient largement de cette aide alimentaire, dans une région où l'insécurité alimentaire peut devenir un problème grave.
Bien que le financement de BMS touche à sa fin en septembre, Mapilelo pourra poursuivre ses activités pendant une année, mais sans recevoir de nouveaux financements, a expliqué Jerry Mameja, en charge de New Dimensions Consultancy, qui gère le projet Mapilelo.
«BMS a indiqué qu'il reverrait son financement après cette période de douze mois. Mais de nombreuses indications laissent à penser que le groupe pharmaceutique continuera de financer le projet compte tenu du succès qu'il a remporté», a-t-il ajouté, tout en précisant que d'autres financements avaient été sollicités, notamment auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et du gouvernement américain.
La directrice de la campagne 'Secure the Future' menée par BMS en Afrique australe, Phangisile Mtshali, a déclaré à PlusNews que les doutes concernant l'avenir de Mapilelo étaient infondés.
«Le gouvernement est en mesure de se charger de ces programmes. Nous avons aidé le gouvernement dès le début et avons discuté avec lui [des questions relatives à la] viabilité du projet», a dit Mme Mtshali.
Elle a précisé que BMS aidera le projet à mener ces programmes communautaires de façon indépendante et à trouver d'autres financements.
Cependant, Mme Mtshali a souligné que le succès des projets comme Mapilelo dépendait de l'engagement de la communauté. «Nous voulons faire en sorte que [Mapilelo] puisse lui appartenir.»
Lorsque le projet Mapilelo a été mis en place en 2004 par BMS, dans le cadre de l'initiative 'Secure the Future', il a dû fait face à une grande stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, et les malades venaient chercher leur traitement trop tard, lorsque leur système immunitaire était déjà très affaibli.
La région de Caprivi, où se trouve le corridor de transport qui relie la Namibie, l'Angola, la Zambie et le Botswana, affiche le taux de prévalence du VIH/SIDA le plus élevé du pays.
En 2002, un rapport publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux a révélé que le taux de séroprévalence enregistré parmi les femmes enceintes à Caprivi s'élevait à 43 pour cent, un taux bien supérieur à la moyenne nationale, de l'ordre de 22,5 pour cent.
Alors que le projet n'était conçu que pour 250 patients, 750 personnes ont été prises en charge dès la première année, a expliqué le docteur Ndalambo Kanku, coordinateur de recherche clinique au sein du projet, basé à l'hôpital de Katima Mulilo, dans la capitale régionale.
Depuis, 5 000 personnes ont subi un test de dépistage du VIH à l'hôpital et 1 698 suivent un traitement ARV. Le projet a désormais pour objectif de proposer une thérapie ARV à 2 500 patients d'ici le mois de septembre.
Cependant, les défis demeurent, les personnes séropositives vivant dans les zones rurales n'ayant pas accès aux services médicaux spécialisés. «La plupart de nos patients sont pauvres et n'ont pas les moyens de se rendre à l'hôpital pour aller chercher leur traitement», a rappelé le docteur Kanku.
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