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[e-med] Cameroun: Malversation : Y-a-t-il une cabale contre le médicament générique ?
- From: "Carinne Bruneton" <c.bruneton@remed.org>
- Date: Mon, 15 May 2006 10:32:43 +0200
[difficile de démêler le vrai du faux...CB]
Cameroun: Malversation : Y-a-t-il une cabale contre le médicament générique
?
Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
8 Mai 2006
Publié sur le web le 9 Mai 2006
Jules Romuald Nkonlak
La Compagnie camerounaise pharmaceutique (Ccp) a-t-elle opéré des
manipulations sur les stocks d'Amodiaquine 200mg, médicament utilisé dans le
traitement du paludisme et livrés dans certaines pharmacies et
établissements scolaires au Cameroun? Cette affaire, qui a éclaté au mois
d'octobre dernier, suite à la dénonciation d'un ancien employé de la Ccp est
loin d'être éclaircie.
Mercredi soir, le nommé Augustin Tchuente, par qui tout est parti, a été
relâché, après avoir été entendu au niveau du parquet du tribunal de
première instance (Tpi) de Bonanjo à Douala. Cependant, il reste sous le
coup d'une poursuite pour détournement de fonds, engagée par son ancien
employeur, la Ccp.
L'affaire de "l'Amodiaquine manipulée" remonte au mois d'octobre 2005.
A ce moment-là, Augustin Tchuente, employé à la Ccp, rédige une lettre à
l'attention des pharmaciens et des centres hospitaliers. Cette lettre fait
état d'une manipulation qui aurait eu lieu sur des médicaments (Amodiaquine)
dans le magasin de la Ccp à Douala. Dans la correspondance, l'employé
accusait son patron, le Dr Pierre Sopngwi, d'avoir changé les dates de
péremption sur les emballages du médicament.
En réaction, la Ccp portera plainte, en janvier 2006, auprès du Tpi de
Bonanjo, contre Augustin Tchuente, pour "diffamation, dénonciations
calomnieuses et menaces sous condition, tentative d'escroquerie,
commentaires tendancieux et chantage".
Batailles
Une plainte qui conduira à l'interpellation de l'accusé, qui avait par
ailleurs déjà alerté les services de la Délégation générale à la Sûreté
nationale à Yaoundé (Dgsn) et du ministère de la Santé publique.
Pour Pierre Sopngwi, la dénonciation dont sa société, la Ccp, a fait l'objet
par le biais d'un de ses employés, n'est rien d'autre qu'un épisode de la
bataille que livrent les multinationales à l'émergence du médicament
générique. Un avis que partage également l'Organisation des droits de
l'homme et de la protection du citoyen (Odhpc), une Ong qui a été saisie par
M. Tchuente par une lettre datée du 14 novembre 2005, dans laquelle il
confirme sa dénonciation sur la manipulation de l'Amodiaquine 200 mg faite
dans les magasins de Ccp.
"Monsieur le président, si je continue à demander votre intervention malgré
les multiples menaces que je subis, c'est parce que ce produit se trouve
encore dans les pharmacies des écoles de l'arrière pays et est consommé par
nos enfants...", écrivait M. Tchuente, dans cette lettre qui a également été
envoyée au ministre de la Santé publique.
Le ministère n'a jusqu'alors pas réagi officiellement. Selon certaines
sources, une note visant à fermer la Ccp a cependant été préparée. Pour
Prince Nasser Kemadjou, président national de l'Odhpc, ce serait aller vite
en besogne, car aucune preuve des manipulations opérées sur l'Amodiaquine
n'a pu être trouvée, malgré toutes les descentes sur le terrain.
Pour l'Odhpc, certains fonctionnaires auraient été corrompus pour faire le
jeu des multinationales, qui ne voient pas d'un bon oeil la concurrence que
leur livre la Ccp en faisant la promotion du médicament générique, qui coûte
moins cher que la formule spécialisée distribuée par les multinationales.
L'Ong s'étonne, dans le rapport qu'elle vient de transmettre au ministère de
la Santé publique, du fait que "les autorités saisies pour cette affaire
d'accusation n'aient pas réagi jusqu'ici".
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