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[e-med] Rapport évaluation : Actosolv urokinase & Seroplex, Sipralex
- From: "ReMeD" <remed@remed.org>
- Date: Wed, 12 Apr 2006 14:02:29 +0200
Info Afssaps, 07 avril 2006
Rubrique Sécurité sanitaire & vigilances Rapports publics d'évaluation
- Actosolv urokinase 100 000 U.I., 600 000 U.I. - poudre pour solution injectable Rapport public d'évaluation (pdf 55ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/actosolv.pdf
fiche de synthèse (pdf 50ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/actosolv_fiche.pdf
- Seroplex, Sipralex
Rapport public d'évaluation (pdf 65ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/seroplex_2.pdf
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- Actosolv urokinase 100 000 U.I., 600 000 U.I. - poudre pour solution injectable Rapport public d'évaluation (pdf 55ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/actosolv.pdf
RAPPORT PUBLIC DEVALUATION
(AVRIL 2006)
ACTOSOLV UROKINASE 100 000 U.I. poudre pour solution injectable ACTOSOLV UROKINASE 600 000 U.I. poudre pour solution injectable
INTRODUCTION
Une extension dindication a été octroyée aux laboratoires EUMEDICA le 31 mars 2006 pour les spécialités pharmaceutiques ACTOSOLV UROKINASE 100 000 U.I. poudre pour solution injectable et ACTOSOLV UROKINASE 600 000 U.I. poudre pour solution injectable.
Cette extension dindication concerne lutilisation de ces spécialités dans la « Restauration de la perméabilité des cathéters veineux (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse), en cas dobstruction liée à un thrombus en formation ou récemment formé.» Le principe actif de ces spécialités est lurokinase. Lurokinase est un activateur du plasminogène, produit par le rein et excrété dans les urines ; elle entraîne une activation du système fibrinolytique en transformant le plasminogène en plasmine. Etant dorigine humaine, elle ne possède pas le potentiel antigénique des activateurs du plasminogène dorigine non humaine. Elle a été approuvée par procédure nationale en France depuis 1985 comme thrombolytique dans le « Traitement des occlusions artérielles et veineuses provoquées par un thrombus en formation ou récemment formé, des embolies pulmonaires en particulier lorsquun traitement thrombolytique récent par la st!
reptokinase contre-indique son emploi ».
1. DONNEES PHARMACEUTIQUES
Sagissant dune extension dindication, aucune donnée complémentaire na été apportée au dossier pharmaceutique initial de lurokinase injectable.
2. DONNEES TOXICOLOGIQUES
Sagissant dune extension dindication, aucune donnée complémentaire na été apportée au dossier toxicologique initial de lurokinase injectable.
3. DONNEES CLINIQUES
Lusage de cathéters intraveineux est répandu dans le traitement de nombreuses pathologies:
chimiothérapie, alimentation parentérale, antibiothérapie, greffes, soins intensifs, réanimations mais également en néphrologie comme voie daccès pour lhémodialyse outre les fistules artério-veineuses.
Le confort et la sécurité de ladministration de médicaments par voie parentérale de même que lhémodialyse itérative nécessitent souvent la mise en place de dispositifs veineux de longue durée dans une veine profonde soit sous forme de cathéters soit sous forme de sites implantables. Ces dispositifs peuvent être à lorigine de complications mécaniques, thrombotiques ou infectieuses.
La prise en charge de ces complications thrombotiques sur le plan du diagnostic, de la prophylaxie ou du traitement fait lobjet de différentes études, en particulier avec lurokinase. Suite à un arrêt temporaire de commercialisation de lurokinase survenu en 2003, la réintroduction de lurokinase avait été demandée par différents services hospitaliers et en particulier par des unités dhémodialyse, en labsence dalternatives thérapeutiques à cette spécialité ayant lAMM en France dans lindication de la reperméabilisation des cathéters veineux.
3.1. Etudes publiées depuis au moins 10 ans (usage médical établi) Lurokinase est utilisée depuis plus de 30 ans pour désobstruer les cathéters veineux centraux, sans que cette indication soit spécifiquement exprimée dans le libellé des indications de lAMM. Cependant, on peut considérer que le «traitement des occlusions artérielles et veineuses provoquées par un thrombus» inclut la thrombose vasculaire liée à la présence de cathéters.
Lanalyse dune large revue de la littérature fournie par les laboratoires EUMEDICA permet de conforter lutilité de lurokinase dans la reperméabilisation de cathéters rendus non fonctionnels par formation dun thrombus et de définir une posologie efficace. Cette utilisation est reconnue depuis de nombreuses années, excédant largement la période de 10 ans exigible pour étayer un usage médical bien établi.
La revue bibliographique non exhaustive ci-après présente les principales données publiées concernant les patients hémodialysés (cathéters et fistules artério-veineuses) et les autres types de cathéters veineux (centraux, chambres implantables,
).
3.1.1. Recherche de dose
Aucune réelle étude de recherche de dose na été effectuée dans les études publiées depuis plus de 10 ans.
Cependant, une étude plus récente (Deitcher 2004) a été publiée : il sagit dun essai randomisé dans lequel 3 concentrations durokinase (5 000 UI/ml; 15 000 UI/ml et 25 000 UI/ml) ont été testées comparativement à un placebo chez 101 patients. Les solutions ont injectées dans chaque lumière obstruée et la perméabilité a été testée après 5, 15 et 30 min. Si nécessaire, une 2ème injection de la même concentration était pratiquée. Lefficacité des 3 concentrations nétait pas significativement différente et à chaque fois supérieure au placebo (p<0,01). Quatre complications hémorragiques chez
3 patients se sont produites dans le groupe traité à la concentration de 25 000 UI/ml, dont 3 probablement indépendantes du traitement; un seul événement mineur fut considéré comme potentiellement lié au traitement par urokinase.
Les résultats de cette étude randomisée montrent que l'urokinase (utilisée à la dose de 5 000
unités/ml) est significativement supérieure au placebo et que des concentrations de 15 000 unités/ml ou plus à ne semblent pas se montrer plus efficaces (absence deffet-concentration dans cette étude).
La tolérance de lurokinase aux concentrations 5 000 unités/ml et 15 000 unités/ml était également satisfaisante et meilleure que celle de la concentration la plus élevée (25 000 UI/ml).
3.1.2. Efficacité et tolérance dans le cadre des cathéters dhémodialyse La formation de thrombi est une cause majeure de mauvais fonctionnement des cathéters dhémodialyse. La présence de thrombus dans la ou les lumières du cathéter entraîne une diminution ou un arrêt du flux sanguin nécessitant soit une intervention conservatrice soit le remplacement du cathéter. On peut noter également des problèmes de thrombose aiguë au niveau des fistules artérioveineuses.
En 1990, Moss a publié les résultats de 4 ans dexpérience sur 308 thrombolyses de cathéter par urokinase. La reperméabilisation par injection de solutions à 5 000 UI/ml dans des volumes suffisants pour remplir la lumière et, si nécessaire, perfusion de 20 000 UI/lumière/h pendant 6h sest établie dans 81% des cas. Aucune complication hémorragique na été observée.
En 1996, Suhocki a passé en revue 163 épisodes de dysfonctionnement de cathéters traités par injection de solutions de 5 000 UI durokinase/ml dans des volumes suffisants pour remplir les lumières. Dans les cas résistants à ce traitement, une radiographie de contrôle était pratiquée et si nécessaire le cathéter était repositionné ou soumis à un stripping de manchon de fibrine. Cette pratique a permis de maintenir en place tous les cathéters pendant leur durée de vie programmée, excepté 2 dentre eux. Aucune complication de la thrombolyse par urokinase ne sest produite.
Un essai réalisé de 1995 à 1997 portant au total sur 366 patients (Twardowsky, 1998) a montré, chez
162 patients, lintérêt du traitement par urokinase (125 000 UI par lumière en perfusion sur 3h). Ce traitement administré en première intention, et chez 59 patients en répétition à 2 reprises et 10 patients à 3 reprises a permis dans tous les cas la restauration du flux. Aucun effet secondaire na été enregistré. Lauteur signale cependant que les contre-indications à la thrombolyse systémique ont étéAgence française de sécurité sanitaire des produits de santé - 3 respectées et que, en cas de contre-indication, il est préférable dutiliser une dose de 5 000 à 9 000 UI durokinase/ml dans chaque lumière.
Une méta-analyse de 13 études comparatives portant sur 3287 patients, 1850 traités par urokinase et
1437 par alteplase (Packard, 2003), a mis en évidence un taux de reperméabilisation de 97% par urokinase et 81% par alteplase. Les concentrations durokinase utilisées étaient en moyenne de 5 460 ± 7 660 UI. Aucune hémorragie majeure na été observée sous urokinase contre 0,22% dhémorragie majeure sous alteplase.
Une revue systématique des études de lurokinase, de la streptokinase et de lalteplase dans la désobstruction de cathéters veineux dhémodialyse (Clase et collaborateurs 2001) dans laquelle les concentrations durokinase initialement utilisées en bolus séchelonnaient de 5 000 à 9 000 UI/ml dans chaque lumière et en perfusion de 125 000 UI par lumière (250 000 UI pour 2 lumières) a montré un taux de reperméabilisation de 70 à 80% sous urokinase et de 44 à 98% sous alteplase; il a été rapporté un seul épisode de saignement mineur sous urokinase et jusquà 17% deffet majeurs sous alteplase.
Les résultats dune comparaison historique entre urokinase (250 000 UI) et TPA (4mg) dans le traitement des thromboses de fistules prothétiques pour lhémodialyse a montré (Vogel, 2001) un taux de reperméabilisation identique (95%) ; le pourcentage de complications graves a été supérieur avec le TPA (2,5%) contre 0% pour lurokinase ; les hématomes mineurs au point de ponction ont été observés dans 20% des cas sous urokinase et 17% sous TPA.
3.1.3 Efficacité et tolérance dans dautres types de cathéters veineux centraux Dans les autres domaines thérapeutiques où les cathéters veineux sont utilisés à moyen ou long terme, leur obstruction constitue également un des problèmes majeurs. En chimiothérapie par exemple, lutilisation de cathéters veineux centraux permet ladministration de médicaments et les prélèvements sanguins. De nombreuses études comparatives, prospectives ou rétrospectives ont été publiées sur lutilité de la thrombolyse par urokinase dans ce champ dapplication qui constitue un premier geste avant denvisager le remplacement du cathéter.
Une étude rétrospective (Hurtubise, 1980) a montré que sur 352 cathéters occlus, lutilisation de fibrinolytique (dont lurokinase dans 59 cas) a permis la reperméabilisation sauf dans un seul cas.
Une étude comparative randomisée en double aveugle contre placebo (Haire, 1994) a montré lintérêt de ladministration durokinase (5 000 UI/ml) dans chaque branche de cathéter thrombosée, en injections pouvant être répétées en cas de non restauration fonctionnelle et si nécessaire en perfusion de 40 000 UI/h pendant 6h, dans 50 cas de thromboses de cathéters (48 patients) comparativement au TPA (2mg). Seulement 3 cathéters nont pas recouvré leur perméabilité complète. Aucune complication na été notée.
Dans un suivi de 1647 occlusions de cathéters veineux centraux (Lawson, 1982) lurokinase a été utilisée à la concentration de 5 000 UI/ml, sous un volume dépendant de la lumière du cathéter et la perméabilité testée après 15 min; si locclusion persistait linstillation durokinase était répétée. Sur les
1647 cas, 1624 (98,7%) ont été désobstrués. Le nombre dinstillations nécessaires pour arriver au débouchage des cathéters a été répertorié dans 475 cas: 1 instillation dans 386 cas (81%), 2 instillations dans 65 cas (14 %), 3 instillations dans 22 cas (5%), 4 instillations dans 2 cas (0,4%). Le temps moyen pour retrouver la fonctionnalité variait entre 13,8 min pour 1 instillation à 98,2 min pour 3 instillations. Aucun effet secondaire na été décrit.
3.1.4 Données spécifiques chez lenfant
Un cathéter veineux central est indispensable pour le traitement de la majorité des pathologies lourdes des enfants et des adolescents (antibiothérapie des infections chroniques, chimiothérapie, thérapie génique, alimentation parentérale, compensation de déficit congénital entre autres). Le cathéter doit "tenir" plusieurs mois à plusieurs années dans la majorité des pathologies.
Chez l'enfant, le nouveau-né et le nourrisson, il paraît primordial d'éviter une anesthésie générale pour la pose d'un nouveau cathéter. Ces manoeuvres savèrent douloureuses et difficiles à faire accepter par les jeunes patients sous sédation-analgésie, et «à risque» puisque nécessitant souvent uneAgence française de sécurité sanitaire des produits de santé - 4 anesthésie générale, et il est important d'éviter une nouvelle "lésion" pariétale veineuse chez un patient dont la vie dépend d'un capital veineux restreint.
Lefficacité de lurokinase dans le débouchage des cathéters a également été évaluée dans la population pédiatrique.
Sur 21 occlusions (14 enfants de 2 mois à 19 ans), ladministration de 2 500 UI/ml durokinase dans chaque lumière de cathéter (Winthrop, 1984) a montré son efficacité (perméabilité est testée après 2h:
12 désobstructions immédiates, 2 restent partiellement obstrués, 4 cathéters sont enlevés, 3 cathéters rompus mais patents après réparation), en labsence de complication.
Dans une étude portant sur 434 enfants suivis doctobre 1988 à septembre 1992 en soins intensifs (Wever, 1995), 26 cas de thromboses de cathéters veineux centraux ont été évalués. Tous les cas ont été traités par lurokinase en bolus de 4 400 UI/kg en 10min, puis perfusion de 4 400 UI/kg/h. La perfusion a été maintenue soit jusquà thrombolyse complète soit en cas de réponse partielle jusquà stabilisation du thrombus à léchographie, pendant 2 à 3 jours. On a constaté une thrombolyse complète chez 50% des patients, partielle chez 12% et aucun effet dans 38% des cas. Seuls 2 patients ont présenté une légère complication hémorragique et aucun autre effet secondaire na été observé.
Une étude (Bagnall, 1989) a été menée chez 227 enfants (en hématologie/oncologie) soit 254 cathéters pendant 1 an. Dès la suspicion dune occlusion de cathéter une solution durokinase 5 000 UI/ml a été injectée dans chaque lumière de cathéter et la reperméabilisation a été testée après 4h ; si locclusion persistait, une deuxième administration est réalisée et la perméabilité était à nouveau testée après 4h. Si le cathéter navait pas retrouvé sa fonctionnalité, une perfusion durokinase 200 UI/kg/lumière/h pendant 24h est mise en place. Cet essai a évalué 58 occlusions de cathéters enregistrées sur cette période. 14 des 58 cathéters obstrués nont pas retrouvé leur fonctionnalité après 2 administrations: 13 ont été traités par perfusion de 24h avec lurokinase 200 UI/kg/h; 1 par urokinase 100 UI/kg/h. Lanalyse portant sur 12 patients traités par 200 UI/kg/h a montré que la fonctionnalité du cathéter a été o!
btenue dans 11 cas sur 12 (92%) avec un temps moyen de 28,7h.
Aucun trouble de la coagulation et aucun signe hémorragique na été associé à ladministration durokinase.
Une étude rétrospective sur 63 patients âgés de 4 à 22 ans a porté sur 103 épisodes docclusions de cathéters (Wachs, 1990). Lurokinase a été administrée à la concentration de 5 000 UI/ml dans chaque chambre de cathéter ou dans les sites implantables. Dans 101 cas le cathéter a retrouvé sa fonctionnalité (98% defficacité). Aucun effet secondaire na été rapporté.
3.2. Etudes plus récemment publiées
Outre les publications datant de plus de 10 ans et létude de recherche de dose publiée en 2004 (décrites ci-dessus), lutilité de lurokinase dans la reperméabilisation des cathéters veineux centraux, a été confirmée par des études publiées plus récemment:
En 1999, Whigham a évalué 391 patients porteurs de cathéters veineux centraux ayant présenté au total 137 occlusions. Dans ces cas, une injection durokinase à la concentration de 5 000 UI/ml était pratiquée. Si la reperméabilisation nétait pas obtenue dans les 15 min une 2ème voire une 3ème injection à la même concentration était réalisée (maximum 15 000 UI/ml au total). Si la reperméabilisation nétait pas obtenue dans les 15 min suivant la dernière injection, une instillation de 40 000 UI par lumière était pratiquée. Ce protocole a permis une reperméabilisation dans 99% des cas. Aucune complication attribuable au traitement na été observée.
Les résultats de cette étude montrent que l'urokinase injectée à la concentration de 5 000 unités/ml et éventuellement répétée est efficace et bien tolérée.
En 2004, Haire et collaborateurs ont publié les résultats dune étude randomisée, contrôlée par placebo dans laquelle des solutions de 5 000 UI/ml durokinase ont été injectées en volume suffisant pour remplir les lumières obstruées. Si nécessaire, les instillations étaient répétées. Après un traitement allant jusquà 2 instillations lurokinase a procuré une reperméabilisation chez 54% des 180 patients (80 % dadultes) et sest révélée supérieure au placebo (30 %, p=0.002); chez les nourrissons le taux de reperméabilisation était de 69%. Aucune complication hémorragique grave ne sest produite; le groupe urokinase a présenté 5% de saignements mineurs.
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé - 5 Les résultats de cette étude, réalisée en double aveugle contre placebo montrent que l'urokinase (utilisée à la dose de 5 000 unités/ml)est significativement supérieure au placebo. La tolérance de lurokinase à cette dose était également satisfaisante.
4. RAPPORT BENEFICE/RISQUE
L'utilisation de lurokinase est fréquente, en particulier en hémodialyse ; il apparaît nécessaire de faciliter son utilisation par une extension dindication.
Compte tenu du type de la demande et de la spécificité de l'indication, il est difficile d'exiger des études cliniques majeures et lon peut donc se contenter des nombreux éléments disponibles dans le dossier.
La large revue bibliographique fournie (dont une partie seulement est citée) permet de considérer lurokinase comme dusage médical établi attesté par des publications depuis plus de dix ans et ayant une réelle efficacité pour désobstruer les cathéters centraux occlus et les cathéters de dialyse ; lurokinase sest montrée efficace dans près de 80-90 % des cas et avec peu daccidents hémorragiques ; son utilisation paraît sûre.
Son efficacité et sa tolérance ont été évaluées dans des études non comparatives et dans des études comparatives contre placebo et contre dautres thrombolytiques. Lurokinase se compare positivement aux autres alternatives : lutilisation de la streptokinase est à déconseiller, étant associée à un risque allergique trop important surtout en utilisation répétée. Laltéplase a également été étudiée dans cette indication ; cependant, indépendamment de son coût, elle na pas dautorisation de mise sur le marché pour cette indication en France et son conditionnement nest pas adapté.
Le seul réel problème discuté par les experts pour cette demande dextension dindication était celui des doses à administrées en bolus et en perfusion, proposées par la firme. Comme souvent pour ces usages traditionnels, de nombreuses posologies ont été proposées, car les équipes ont chacune leurs habitudes. La littérature fournie fait cependant principalement référence à une administration par injection à la concentration de 5 000 UI/ml à 10 000 UI/ml par lumière (en fonction du volume du
cathéter) éventuellement réitérée 1 à 3 ou 4 fois, la dilution la plus couramment utilisée en bolus dans les essais étant de 5000 UI/ml. La firme proposait initialement une l'utilisation à la dose de 10 000 à 50 000 UI/ml, ce qui paraît discordant par rapport à la bibliographie déposée. Par ailleurs, comptetenu de lefficacité des concentrations plus faibles et de labsence de relation concentration effet dans lune des études randomisées présentées, il est apparu préférable de préconiser en première intention une concentration de 5 000 à 10 000 unités/ml en fonction du volume du cathéter, renouvelable 3 à 4 ou 5 fois, avec une concentration maximale de 10 000 unités/ml. De plus, dans les essais les plus importants de ce dossier, la perfusion était le plus souvent utilisée en seconde intention, en cas déchec du bolus. Les guidelines qui ont été publiés sont également en faveur du bolus pouvant être répété, en première intentio!
n et de la perfusion en cas déchec répété seulement. Compte-tenu du risque plus important de la perfusion, lié au passage systémique, il a donc semblé préférable de préciser lutilisation souhaitable en seconde intention de la perfusion, en cas déchec répété dune désobstruction par bolus, alors que le texte proposé par la firme ne positionnait pas la perfusion en cas déchec, malgré le surcroît de risque hémorragique de la perfusion et le peu de patients traités en première intention de cette manière.
Le rapport bénéfice/risque de l urokinase dans la « Restauration de la perméabilité des cathéters veineux (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse), en cas dobstruction liée à un thrombus en formation ou récemment formé». » savère donc favorable sur la base :
dun usage médical établi depuis plus de 10 ans dune efficacité démontrée versus placebo et versus autres thrombolytiques dun profil de tolérance très acceptable dans cette indication.
Par ailleurs, depuis longtemps certaines sociétés savantes (en particulier dans le cadre de
lhémodialyse) recommandent ladministration durokinase qui fait partie de lusage médical bien établi.
CONCLUSION
Une extension dindication a été octroyée pour les spécialités pharmaceutiques ACTOSOLV UROKINASE 100 000 U.I. poudre pour solution injectable et ACTOSOLV UROKINASE 600 000 U.I.
poudre pour solution injectable dans la « Restauration de la perméabilité des cathéters veineuxAgence française de sécurité sanitaire des produits de santé - 6 (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse), en cas dobstruction liée à un thrombus en formation ou récemment formé».
Cette extension dindication, est basée sur un usage bien établi de lurokinase dans cette indication, conformément à larticle R 5121-29 du Code de la Santé Publique et est justifiée par les résultats de nombreux essais réalisés depuis 30 ans.
La posologie retenue dans la restauration de la perméabilité des cathéters veineux (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse) est la suivante:
Avant administration de lurokinase, il est important de sassurer au préalable que le dysfonctionnement du cathéter nest pas lié à une malposition ou à une obstruction dorigine mécanique.
Chez ladulte :
En première intention :
- Vérifier locclusion du cathéter en essayant daspirer le sang à laide dune seringue
- En cas déchec aspirer puis injecter lurokinase selon la posologie préconisée
- Injection dune solution de concentration 5 000 à 10 000 UI/ml, en quantité fonction du volume du cathéter et devant être injectée dans chaque branche obstruée.
- Attendre au moins 15 à 30 minutes et tenter daspirer le cathéter
- Vérification de la reperméabilisation après au minimum 15 à 30 minutes.
- Lopération est renouvelable si nécessaire 1 à 4 fois.
En cas déchec :
Si la reperméabilisation nest pas obtenue, et après vérification du positionnement du cathéter et de labsence de contre-indication à ladministration durokinase par voie générale, une perfusion peut être initiée comme décrit ci-dessous.
- Perfusion chez ladulte de 20 000 UI/h pour les cathéters dhémodialyse et de 40 000 UI/h pour les autres cathéters pendant minimum 1h ou jusquà reperméabilisation sans dépasser une dose maximale de 250 000 UI. » Chez lenfant :
En première intention :
- Vérifier locclusion du cathéter en essayant daspirer le sang à laide dune seringue
- En cas déchec aspirer puis injecter lurokinase selon la posologie préconisée
- Injection dune solution de concentration 5 000 UI/ml à 10 000 UI/ml en quantité fonction du volume du cathéter ou 4 400 UI/kg, et devant être injectée dans chaque branche obstruée.
- Vérification de la reperméabilisation après au minimum 15 à 30 minutes.
- Lopération est renouvelable si nécessaire 1 à 4 fois.
En cas déchec :
Si la reperméabilisation nest pas obtenue, et après vérification du positionnement du cathéter et de labsence de contre-indication à ladministration durokinase par voie générale, une perfusion peut être initiée comme décrit ci-dessous.
- Perfusion chez lenfant de 4 400 UI/kg/h en fonction de lévolution échographique ou pendant 4 h au maximum.
Cette extension dindication officialise une pratique recommandée par certaines sociétés savantes, également reconnue par loctroi dune indication dans certains pays et déjà largement mise en pratique par les praticiens concernés en France.
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fiche de synthèse (pdf 50ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/actosolv_fiche.pdf
ACTOSOLV UROKINASE 100 000 U.I. poudre pour solution injectable ACTOSOLV UROKINASE 600 000 U.I. poudre pour solution injectable Extension dindication dans la Restauration de la perméabilité des cathéters veineux (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse), en cas dobstruction liée à un thrombus en formation ou récemment formé.
Le laboratoire EUMEDICA a déposé en procédure nationale, le 30 Août 2005, une demande de modification de linformation pour ACTOSOLV UROKINASE 100 000 U.I. poudre pour solution injectable et ACTOSOLV UROKINASE 600 000 U.I. poudre pour solution injectable dont les indications sont les suivantes :
« Traitement des occlusions artérielles et veineuses provoquées par un thrombus en formation ou récemment formé, des embolies pulmonaires en particulier lorsquun traitement thrombolytique récent par la streptokinase contre-indique son emploi ».
Le libellé de la nouvelle indication initialement proposée par la firme était le suivant : « Cathéters veineux centraux thrombosés ». Cette demande dextension dindication était basée sur lusage bien établi de lurokinase dans cette indication, conformément à larticle R 5121-29 du Code de la Santé Publique, et justifié au travers de nombreuses données bibliographiques présentées dans le dossier dont un extrait est donné dans le Rappe.
Cette demande a été analysée en Groupe cardiologie N°56 du 1er décembre 2005, avec lintervention de certains experts du groupe thrombose et dexperts en hémodialyse.
Compte tenu du type de la demande et de la spécificité de l'indication, lensemble des experts a jugé difficile d'exiger des études cliniques majeures et a estimé que lon pouvait évaluer le rapport bénéfice/risque dans la nouvelle indication avec les nombreux éléments bibliographiques disponibles dans le dossier. L'urokinase paraît avoir une réelle efficacité pour désobstruer les cathéters centraux occlus et les cathéters de dialyse ; son utilisation paraît sûre. Le libellé retenu par le groupe est le suivant : « Restauration de la perméabilité des cathéters veineux (cathéters veineux centraux et cathéters de dialyse), en cas dobstruction liée à un thrombus en formation ou récemment formé ».
Le principal problème discuté pour cette demande dextension dindication est celui des doses à administrer en bolus et en perfusion. En effet, comme souvent pour ces usages traditionnels, de nombreuses posologies ont été utilisées dans la littérature.
Certains experts ont initialement accepté les conclusions de la firme en terme de posologie : injection directe de 10 000 à 50 000 UI/ml ou perfusion, en première intention. Cependant, plusieurs experts ont souligné que ces recommandations paraissaient discordantes par rapport à la bibliographie déposée. En effet, la littérature fournie fait référence principalement à une dose de 5 000 UI/ml à 10 000 UI/ml par lumière (en fonction du volume du cathéter) éventuellement réitérée 1 à 3 ou 4 fois.
Même si on peut considérer que la position de la firme est claire, on peut lui reprocher de ne pas mentionner la dilution la plus couramment utilisée en bolus dans les essais (5000 UI/ml) et de conclure sur des concentrations plus élevées, certes utilisées dans certaines études, mais supérieures aux concentrations les plus fréquemment mentionnées. Compte-tenu de lefficacité des concentrations plus faibles et de labsence de relation concentration-effet dans une étude récente présentée dans le dossier (comparant 5 000 à 15 000 et 25 000 UI/ ml) sans différence defficacité retrouvée, avec une moins bonne tolérance de la plus forte concentration, le groupe de travail a finalement jugé préférable de préconiser en première intention une injection directe à une concentration de 5 000 à 10 000 UI/ml en fonction du volume du cathéter, renouvelable.
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé - 2 De plus, dans les essais les plus importants de ce dossier, la perfusion était pratiquement toujours utilisée en seconde intention, en cas déchec du bolus. Des guidelines publiés préconisent également un bolus pouvant être répété, en première intention et la perfusion en cas déchec répété seulement.
En pratique, pour certains, la perfusion est peu fréquemment nécessaire, une désobstruction au guide après injection directe durokinase étant fréquemment couronnée de succès.
Finalement, le groupe dans son ensemble a estimé préférable de préciser le recours en seconde intention à la perfusion, en cas déchec répété dune désobstruction par bolus (contrairement au texte initialement proposé par la firme qui proposait la perfusion en 1ère intention également), à cause du surcroît de risque hémorragique potentiel de la perfusion et du peu de patients traités en première intention avec une perfusion à dose standardisée.
Par ailleurs, une mise à jour dautres rubriques du RCP a également été discutée ; les principales modifications apportées sont précisées ci-après :
En rubrique 4.1, certains experts ont initialement émis le souhait de conserver uniquement la nouvelle indication retenue, lutilisation de lurokinase dans lindication initiale étant jugée peu fréquente et parfois discutable au vu des données plus récentes obtenues avec dautres thrombolytiques ; cependant le groupe dans sa majorité a estimé que les arguments donnés nétaient pas suffisants pour justifier un éventuel retrait dindication.
En rubrique 4.2, après avis dexperts en ophtalmologie, la posologie relative à ladministration par lavage, injection rétrobulbaire ou injection sous-conjonctivale dans les hémorragies intraoculaires a été supprimée, car ne semblant pas correctement étayée.
En rubrique 4.3, le groupe a souhaité dajouter en contre-indication le traitement par AVK et les ulcères gastroduodénaux non cicatrisés, comme pour dautres thrombolytiques.
En rubrique 4.4, le groupe a estimé nécessaire dinclure les informations suivantes :
- Avant administration de lurokinase, il est important de sassurer au préalable que le dysfonctionnement du cathéter nest pas lié à une malposition ou à une obstruction dorigine mécanique ; lefficacité de lurokinase na été démontrée que sur les occlusions dorigine thrombotique.
- Ladministration sous forme de perfusion doit être réservée en cas déchec de plusieurs tentatives de désobstruction par injection directe dans le cathéter. Bien que la dose administrée en perfusion soit très inférieure aux doses délivrées dans les autres indications, sagissant de ladministration dun thrombolytique, il existe un risque potentiel de saignement et les contre-indications à ladministration de lurokinase doivent être respectées.
En rubrique 4.9, en cas dhémorragie grave, une transfusion de culots globulaires " plasma semble préférable à ladministration (qui était initialement mentionnée) dinhibiteurs de protéase et de lacide tranexamique. En labsence dhémorragie, la demi-vie du produit étant très courte, il semble préférable de surveiller et dattendre, sans conseiller de traitement systématique. Les modifications correspondantes ont été apportées à cette rubrique.
En conclusion :
Après discussion initiale portant principalement sur la posologie proposée, un consensus a finalement été obtenu sur cette demande, en en modifiant le libellé, en mettant en exergue quil était nécessaire de distinguer le bolus et la perfusion réservée à léchec du bolus, en modifiant la posologie proposée afin de la rendre plus cohérente avec la bibliographie disponible, et en précisant que la posologie énoncée correspond à la dose à administrer sur une lumière. La posologie retenue est précisée dans le Rappe. Des modifications dautres rubriques du RCP en rapport avec cette extension dindication et/ou avec lindication initiale ont également été retenues par lensemble des experts et membres du groupe de travail.
Cette extension dindication officialise une pratique recommandée par certaines sociétés savantes concernées et déjà largement mise en pratique en France.
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- Seroplex, Sipralex
Rapport public d'évaluation (pdf 65ko) : http://afssaps.sante.fr/htm/5/rappe/data/seroplex_2.pdf
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (avril 2006)
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RAPPORT PUBLIC DEVALUATION
SEROPLEX,
SIPRALEX,
INTRODUCTION
Le 21/11/2005 une extension dindication au Trouble anxieux généralisé chez ladulte a été octroyée aux laboratoires Lündbeck pour les spécialités Seroplex® ® et Sipralex®, toutes formes pharmaceutiques. Le principe actif de ces médicaments est lescitalopram, qui est un antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. Il est rappelé que la terminologie Trouble Anxieux généralisé est bien définie et correspond à une pathologie précise (cf. Annexe), qui doit être distinguée dune plainte anxieuse non pathologique. Le traitement médicamenteux nest indiqué que si les symptômes entraînent une souffrance marquée ou quils perturbent de façon importante les activités professionnelles et sociales.
Seroplex® et Sipralex® sont également indiqués chez ladulte dans le traitement de lEpisode dépressif majeur, du Trouble Panique avec ou sans agoraphobie, et du Trouble Anxiété sociale (Phobie sociale).
Les formes comprimé de ces spécialités détiennent une autorisation de mise sur le marché en France depuis le 21 août 2002, les formes solution buvable, depuis le 2 septembre 2004.
1. DONNEES PHARMACEUTIQUES
Comme il sagit dune extension dindication, aucune donnée complémentaire na été apportée au dossier pharmaceutique initial de lescitalopram.
2. DONNEES TOXICOLOGIQUES
Comme il sagit dune extension dindication, aucune donnée complémentaire na été apportée au dossier toxicologique initial de lescitalopram.
3. DONNEES CLINIQUES
Cette demande dextension dindication est basée principalement sur les résultats de six études defficacité et de sécurité demploi dans le Trouble Anxieux généralisé. Ces six études étaient complétées par une septième étude, extension sur 24 semaines des trois études contrôlées versus placebo, conduites sur 8 semaines. Les six essais ont été conduits chez des patients adultes suivis en ambulatoire, présentant les critères diagnostiques danxiété généralisée suivant le DSM IV ou le DSM-IV-TR.
Dans trois études, le score total sur léchelle danxiété de Hamilton devait être ≥ 18 à linclusion, tandis que dans les trois autres ce score devait être ≥ 20 ; le score total moyen à linclusion avoisinait 24 dans les six études. Cette échelle validée et reconnue dans le Trouble Anxieux généralisé était utilisée pour lévaluation du critère primaire defficacité dans les études à court terme.
Dans ces études cliniques, lexistence dune dépression associée était un critère dexclusion : dans quatre études, le score total sur léchelle de dépression de Hamilton devait être ≤ 17 à linclusion, et le score à léchelle danxiété de Covi devait être supérieur au score sur léchelle de dépression de Raskin à cette même date. Dans les deux études restantes, le score total sur léchelle de dépression de Montgomery et Asberg devait être ≤ 16 à linclusion.Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (avril 2006)
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3.1. Efficacité
3.1.1 Recherche de dose
Le dossier comporte une étude multicentrique, randomisée, contrôlée versus placebo, en double insu pour une durée totale de 12 semaines, dans laquelle les patients ont été répartis en cinq groupes de traitement : escitalopram 5 mg/j (n = 134), escitalopram 10 mg/j (n = 136), escitalopram 20 mg/j (n = 133), paroxétine 20 mg/jour (n = 140) et placebo (n = 139).
Le critère primaire defficacité était lamélioration du score total sur léchelle danxiété de Hamilton à la 12ème semaine de traitement par rapport à sa valeur initiale, dans les groupes escitalopram et paroxétine versus placebo. La diminution du score total observée à cette date était de -15,49 points dans le groupe escitalopram 5 mg, -16,76 points dans le groupe escitalopram 10 mg, -16,35 points dans le groupe escitalopram 20 mg et -14,71 points dans le groupe paroxétine, par rapport à -14,20 points dans le groupe placebo.
Cette diminution était statistiquement significative par rapport au groupe placebo dans les groupes escitalopram 10 et 20 mg, mais pas dans le groupe escitalopram 5 mg, ni dans le groupe paroxétine.
Les critères secondaires defficacité comportaient notamment lévaluation du pourcentage de répondeurs, défini sur léchelle danxiété de Hamilton comme une amélioration dau moins 50% du score. Les résultats obtenus ont été (denviron) 69% de répondeurs dans le groupe escitalopram 5 mg/jour, 72% dans le groupe escitalopram 10 mg/jour, 71% dans le groupe escitalopram 20 mg/jour et 60% dans le groupe paroxétine, versus 62% sous placebo. La différence versus placebo pour le pourcentage de répondeurs nétait pas statistiquement significative.
Cet essai ne prévoyait pas de comparaison entre les groupes escitalopram et paroxétine, mais uniquement une comparaison de chaque groupe de traitement au placebo.
3.1.2 Autres données à court terme
Le dossier comportait trois autres essais à court terme. Ces trois essais suivaient le même schéma méthodologique : essais multicentriques, randomisés, en double insu, contrôlés versus placebo, conduits sur 8 semaines. Au terme des 8 semaines de traitement en double insu, les patients pouvaient participer à une période de prolongation de suivi en ouvert pendant 24 semaines.
Chaque étude comportait deux groupes de traitement : dans un groupe, les patients recevaient une dose initiale descitalopram de 10 mg/j, avec une augmentation posologique éventuelle à 20 mg/j après 4 semaines de traitement en cas de non-réponse clinique. Dans lautre groupe, les patients recevaient un placebo.
Le critère primaire defficacité était lamélioration du score total sur léchelle danxiété de Hamilton à la 8ème semaine de traitement par rapport à sa valeur initiale, dans le groupe escitalopram versus le groupe placebo.
Sur ce critère, les résultats étaient statistiquement significatifs en faveur du groupe escitalopram versus placebo dans les trois essais :
- Dans le 1er essai, lamélioration moyenne du score total était denviron -10 points dans le groupe escitalopram (n = 124) contre environ -8 points dans le groupe placebo (n = 128), soit une différence moyenne de 2 points.
- Dans le 2ème essai, lamélioration moyenne du score total était denviron -9 points dans le groupe escitalopram (n = 143) contre environ -8 points dans le groupe placebo (n = 138), soit une différence moyenne de 1 point.
- Dans le 3ème essai, lamélioration moyenne du score total était denviron -11 points dans le groupe escitalopram (n = 154) contre environ -7 points dans le groupe placebo (n = 153), soit une différence moyenne de 4 points.
Les critères secondaires comprenaient notamment lévaluation du pourcentage de répondeurs, défini sur léchelle danxiété de Hamilton comme une amélioration dau moins 50% du score et sur léchelle dimpression clinique globale damélioration (CGI-I) par un score ≤ 2 à la 8ème semaine. Les résultats statistiquement significatifs en faveur de lescitalopram versus placebo étaient, suivant les essais, les suivants :
- Dans le 1er essai, sur léchelle danxiété de Hamilton, un pourcentage de répondeurs denviron 49% dans le groupe escitalopram versus environ 29% sous placebo.
- Dans le 2ème essai, sur la CGI-I, un pourcentage de répondeurs denviron 49% dans le groupe escitalopram versus environ 34% sous placebo.Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (avril 2006)
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- Dans le 3ème essai, sur léchelle danxiété de Hamilton, un pourcentage de répondeurs denviron 53% dans le groupe escitalopram versus environ 29% sous placebo ; sur la CGI-I, un pourcentage de répondeurs denviron 58% dans le groupe escitalopram versus environ 37% sous placebo.
Par ailleurs, lanalyse du taux de rémission défini sur léchelle danxiété de Hamilton par un score ≤ 9 à la 8ème semaine, a montré une différence significative en faveur de lescitalopram versus le placebo pour les trois essais (respectivement environ 36% sous escitalopram versus environ 23% sous placebo, environ 32% versus environ 20% et environ 42% versus environ 19%).
3.1.3 Etude versus comparateur actif
Une étude defficacité de type « supériorité », randomisée, en double insu sur 24 semaines, versus paroxétine, a été réalisée. Cette étude comportait deux groupes de traitement : dans un groupe, les patients recevaient une dose initiale descitalopram de 10 mg/j, avec une augmentation posologique éventuelle à 20 mg/j après 4 semaines de traitement en cas de non-réponse clinique. Dans lautre groupe, les patients recevaient une dose initiale de paroxétine de 20 mg/j, avec augmentation posologique éventuelle de 10 mg/j toutes les 2 semaines, sans dépasser une dose maximale de 50 mg/j.
Le critère primaire defficacité était lamélioration du score total sur léchelle danxiété de Hamilton à la 24ème semaine de traitement par rapport à sa valeur initiale dans le groupe escitalopram versus le groupe paroxétine.
Sur ce critère, la différence entre les groupes nest pas statistiquement significative à 6 mois, avec une amélioration moyenne du score total denviron -15 points dans le groupe escitalopram (n = 60) contre environ -13 points dans le groupe paroxétine (n = 61), soit une différence moyenne de 2 points. Dans cet essai, lescitalopram na pas démontré sa supériorité versus paroxétine.
3.1.4 Maintien de lefficacité
Le dossier comportait une étude multicentrique, randomisée, en double insu, contrôlée versus placebo, de maintien defficacité sur 6 mois à plus de 1 an dans le trouble anxieux généralisé, suivant un schéma de type « prévention des rechutes ». Les patients ont tout dabord reçu un traitement par escitalopram 20 mg/j (n = 491) pendant une période en ouvert de 12 semaines. Les patients répondeurs (n= 375) ont alors été tirés au sort en deux groupes : un groupe escitalopram (n = 187) et un groupe placebo (n = 188) pour une période en double insu de 24 à 78 semaines de traitement.
Le critère primaire defficacité était le délai de rechute du trouble Anxieux généralisé pendant la période de traitement en double insu, la rechute étant définie, soit par une augmentation du score dau moins 15 points sur léchelle danxiété de Hamilton, soit par un manque defficacité selon le jugement de linvestigateur. Le délai de rechute était significativement plus long dans le groupe escitalopram par rapport au groupe placebo.
De plus, la différence entre les deux groupes pour le pourcentage de rechute était statistiquement significative en faveur de lescitalopram, avec un pourcentage denviron 56% dans le groupe placebo versus denviron 19% dans le groupe escitalopram.
3.2 Sécurité demploi
Fin 2003, lexposition mondiale à lescitalopram était estimée à plus de 12 millions de patients dans les indications Episode dépressif majeur, Trouble Panique, et Trouble Anxiété sociale.
Les données de sécurité demploi issues des essais cliniques menés dans le trouble anxieux généralisé chez ladulte (concernant environ 1400 patients dont seulement 37 patients de plus de 65 ans, et plus de 800 patients ayant reçu de lescitalopram), étaient similaires à celles déjà connues dans les autres indications.
4. RAPPORT BENEFICE/RISQUE
Le rapport bénéfice/risque de lescitalopram dans le trouble Anxieux généralisé savère favorable sur la base :
dune efficacité démontrée (diminution significative du score sur léchelle danxiété de Hamilton et dune différence significative en terme de répondeurs) à court terme (8 à 12 semaines) et dun maintien defficacité sur 6 mois versus placebo, dun profil de tolérance acceptable.
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (avril 2006)
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CONCLUSION
Une extension dindication a été octroyée à Seroplex® et Sipralex® dans le traitement du trouble Anxieux généralisé. La posologie initiale est de 10 mg/jour. En fonction de la réponse clinique individuelle et de la tolérance au traitement, la posologie pourra être augmentée jusquà un maximum de 20 mg/j.
Lefficacité de lescitalopram na pas été évaluée spécifiquement chez le sujet âgé.
�� Critères diagnostiques du Trouble anxieux généralisé daprès le DSM-IV-TR A. Anxiété et soucis excessifs (attente avec appréhension) survenant la plupart du temps durant au moins 6 mois concernant un certain nombre dévénements ou dactivités (tel le travail ou les performances scolaires).
B. La personne éprouve de la difficulté à contrôler cette préoccupation.
C. Lanxiété et les soucis sont associés à trois (ou plus) des six symptômes suivants (dont au moins certains symptômes présents la plupart du temps durant les 6 derniers mois).
N.-B. : Un seul item est requis chez lenfant.
(1) agitation ou sensation dêtre survolé ou à bout
(2) fatigabilité
(3) difficultés de concentration ou trous de mémoire
(4) irritabilité
(5) tension musculaire
(6) perturbation du sommeil (difficultés dendormissement ou sommeil interrompu ou sommeil agité et non satisfaisant) D. Lobjet de lanxiété et des soucis nest pas limité aux manifestations dun trouble de laxe 1, p. ex., lanxiété ou la préoccupation nest pas celle davoir une Attaque de Panique (comme dans le Trouble panique), dêtre gêné en public (comme dans la Phobie sociale), dêtre contaminé (comme dans le Trouble obsessionnel-compulsif), dêtre loin de son domicile ou de ses proches (comme dans le Trouble anxiété de séparation, de prendre du poids (comme dans lAnorexie mentale), davoir de multiples plaintes somatiques (comme dans le Trouble de somatisation) ou davoir une maladie grave (comme dans lHypocondrie), et lanxiété et les préoccupations ne surviennent pas exclusivement au cours dun Etat de stress post-traumatique.
E. Lanxiété, les soucis ou les symptômes physiques entraînent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans dautres domaines importants.
F. La perturbation nest pas due aux effets physiologiques directs dune substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament) ou dune affection médicale générale (p. ex., hyperthyroïdie) et ne survient pas exclusivement au cours dun Trouble de lhumeur, dun Trouble psychotique ou dun Trouble envahissant du développement.
Les critères diagnostiques pour la recherche de la CIM-10 (Classification internationale des maladies et problèmes de santé connexes) de lAnxiété généralisée spécifient que 4 symptômes au sein dune liste de
22 (comprenant 5 des 6 symptômes du DSM-IV) doivent être présents.
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