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[e-med] [OMS) Cybersanté : outils et services proposés
- From: "Carinne Bruneton" <remed@remed.org>
- Date: Wed, 25 Jan 2006 11:49:36 +0100
[le 25 janvier 2006 le Conseil exécutif de l'OMS débattera de la Cybersanté,
sujet qui peut intéresser les e-médien(ne)s déjà bien familiarisés avec les
nouvelles technologies de l'information.CB]
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE
CONSEIL EXECUTIF EB117/15
Cent dix-septième session 1er décembre 2005
Point 4.13 de l'ordre du jour provisoire
Cybersanté : outils et services proposés
Rapport du Secrétariat
http://www.who.int/gb/ebwha/pdf_files/EB117/B117_15-fr.pdf
1. Notant l'impact potentiel que les progrès des technologies de l'information
et de la
communication pourraient avoir sur la fourniture des soins de santé et les
activités liées à la santé, la
résolution WHA58.28 invitait instamment les Etats Membres à envisager la
mise en place de services
de cybersanté appropriés. Cette résolution reconnaissait qu'une stratégie de
l'OMS pour la cybersanté
servirait de base aux activités de l'Organisation en la matière et priait le
Directeur général de
soumettre au Conseil exécutif, à sa cent dix-septième session, une liste d'activités
proposées, en
indiquant également leurs conséquences budgétaires, visant à la mise au
point d'outils et de services
auxquels les Etats Membres pourraient avoir recours. Les paragraphes qui
suivent récapitulent les
activités de l'Organisation dans le domaine de la cybersanté et proposent
des activités sur la base des
besoins en produits et en services recensés dans les pays.
ACTIVITES DE L'OMS DANS LE DOMAINE DE LA CYBERSANTE
Au niveau mondial
2. Au niveau mondial, les activités dans le domaine de la cybersanté
relèvent de deux grandes
catégories : l'accès des professionnels et de la population en général à des
informations sanitaires
fiables et de qualité, et l'utilisation des technologies de l'information et
de la communication pour
renforcer divers aspects des systèmes de santé dans les pays, comme dans le
cas du cyberapprentissage
pour le développement des ressources humaines et l'appui à la prestation de
soins.
3. En 2002, l'OMS a créé, en partenariat avec des éditeurs de publications
biomédicales de
premier plan, des organismes universitaires et des organisations du système
des Nations Unies,
l'Interréseau-Santé-Initiative d'accès aux recherches (HINARI). Cet
Interréseau qui permet à des
organismes locaux à but non lucratif des pays en développement d'accéder en
ligne, gratuitement ou
pour un coût très modique, à 2900 revues de premier ordre traitant de
biomédecine et de sciences
sociales connexes rassemble l'une des collections de littérature biomédicale
et sanitaire les plus
importantes au monde. Mille quatre cents organismes de 104 pays font
actuellement partie du réseau ;
en 2004, plus de 1 700 000 articles ont été téléchargés.
4. Pour répondre aux besoins de la population, l'OMS a inauguré en décembre
2003 l'Académie
de la Santé. Cette approche novatrice de l'amélioration de la santé permet à
la population d'acquérir
des connaissances en matière de santé par le biais du cyberapprentissage,
conçu pour aider les gens à
prévenir la maladie et à vivre plus sainement. Cette initiative repose sur
les informations et le
savoir-faire détenus par l'Organisation dans le domaine de la santé et sur l'accès
de l'OMS à
l'information sanitaire partout dans le monde.
5. Des réseaux de cybersanté régionaux ont été mis en place pour appuyer la
création et le
fonctionnement des communautés régionales du savoir. Ces réseaux utilisent
différentes langues en
fonction de la Région qu'ils couvrent : arabe pour la Région de la
Méditerranée orientale et espagnol
pour la Région des Amériques. Un réseau interrégional en portugais (ePORT) a
été créé à l'intention
des Etats Membres lusophones de l'OMS. ePORT, qui vise à améliorer l'accès
aux informations
sanitaires pertinentes disponibles en portugais, s'appuie sur les activités
déployées par le Centre
latino-américain et des Caraïbes pour l'information en sciences de la santé
(BIREME) et, en
particulier, sur sa bibliothèque virtuelle de santé.
6. Les technologies de l'information et de la communication ont des
applications utiles en matière
de prestation de soins de santé, notamment au niveau primaire. Pour les
services, des séries de critères
de base couvrant la politique, la qualité et l'innocuité, l'accès et l'utilisation
ainsi que les principes
directeurs et les outils mis au point pour rendre les services de santé plus
efficaces seront fixées.
Au niveau régional
7. Le Bureau régional de l'Afrique s'est engagé davantage sur les questions
de cybersanté et a
désigné un point focal régional pour la cybersanté chargé de garantir la
mise en place et la
coordination globales des initiatives pertinentes. Dans les pays de la
Région, la sensibilisation et
l'intérêt en faveur de la cybersanté augmentent ; plus des deux tiers des
Etats Membres ont participé à
l'enquête mondiale sur la cybersanté organisée en 2005. Une « feuille de
route » de la cybersanté est
en cours de finalisation et des études de faisabilité sont prévues dans un
certain nombre de pays. Le
Bureau régional entend collaborer avec d'autres institutions participantes,
telles que la Commission
eAfrica, afin de créer une synergie qui permette à la Région de franchir
plus vite les différentes étapes
du développement de la cybersanté et de bénéficier des meilleures pratiques
au niveau mondial.
8. La cybersanté est au coeur de la stratégie de gestion et de partage du
savoir du Bureau régional
des Amériques. Depuis 1991, le Bureau régional, en collaboration avec la
Banque mondiale, la
Commission interaméricaine des télécommunications, l'Institut pour la
connectivité dans les
Amériques et des organismes nationaux, a lancé et promu de nombreuses
initiatives et publications
liées à la cybersanté.
9. La plupart des Etats Membres appartenant à la Région ont investi dans les
technologies de
l'information et dans des infrastructures de télécommunication, et possèdent
les professionnels de la
santé, les moyens éducatifs et les institutions de gouvernance leur
permettant d'exploiter les
possibilités offertes par la cybersanté. Ils ont également commencé à
utiliser la télésanté pour accroître
l'accès de la population aux services.(La télésanté s'entend de l'utilisation
de technologies électroniques de l'information et de la communication à
l'appui des soins de santé à distance, de l'éducation sanitaire des patients
et des professionnels, de la santé publique et de
l'administration de la santé.)
10. Plusieurs programmes sont en cours de conceptualisation ou de mise en
oeuvre à des stades
divers : la poursuite de l'élargissement de la bibliothèque virtuelle de la
santé, une initiative
fondamentale de cybersanté visant à permettre l'accès à des informations de
santé publique par des
moyens numériques ; la fourniture d'un appui technique pour une
collaboration interpays en matière
de télésanté, d'éducation à distance et de dossiers médicaux électroniques ;
et une collaboration avec
le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies et l'Agence spatiale
européenne au sujet des
communautés de pratiques pour la cybersanté dans les Amériques.
11. Le Bureau régional de l'Asie du Sud-Est accorde une importance toute
particulière aux
applications de la cybersanté pour la prévention et la prise en charge des
patients et apporte son
concours aux Etats Membres désireux de créer des applications sûres et
fiables, en adoptant des séries
de critères fondamentaux pour la prestation de soins. Des projets pilotes de
télésanté ont débuté dans
trois pays et sont prévus dans deux autres pays.
12. Plusieurs Etats Membres de la Région ont pris des mesures en vue de
créer un environnement
favorable à l'utilisation des technologies de l'information et de la
communication dans le secteur de la
santé ; ils ont, par exemple, promulgué une législation spécifique, conçu
des politiques, formé des
spécialistes de la santé, créé dans les hôpitaux centraux des services d'informatique
chargés de la
maintenance des systèmes de cybersanté, introduit la télémédecine et
institué l'achat sur Internet. Au
moins trois pays ont créé des centres nationaux de cybersanté.
13. Le Bureau régional de l'Europe a mis au point une approche novatrice
pour favoriser la
cybersanté dans les pays en vue d'exploiter l'impact potentiel des progrès
des technologies de
l'information et de la communication sur le développement des systèmes de
santé, notamment la
prestation de soins, la santé publique, la recherche et les activités liées
à la santé tant pour les pays à
revenu faible que pour ceux à revenu élevé, et pour donner suite à la
résolution WHA58.28 et à la
cible 18 relevant de l'objectif du Millénaire pour le développement N° 8 :
en coopération avec le
secteur privé faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies en
particulier des
technologies de l'information et de la communication soient accordés à tous.
Les Etats Membres
bénéficient d'un appui pour faire de la cybersanté un instrument du
renforcement des systèmes de
santé dans le cadre de leur plan stratégique à long terme de réforme des
systèmes de santé, notamment
sur les plans juridique, éthique et normatif.
14. L'OMS a forgé, dans le domaine de la cybersanté, en collaboration avec
les Etats Membres, des
partenariats solides avec l'UIT, la Commission européenne et l'Agence
spatiale européenne. Ainsi,
l'Alliance pour la télémédecine, fruit d'efforts communs, a élaboré une
stratégie pour l'interopérabilité
des applications de cybersanté dans tous les pays d'Europe.1 Le Bureau
régional coordonne également
avec l'Observatoire mondial de la cybersanté la première enquête sur la
cybersanté à l'échelle
européenne afin de recueillir, d'analyser et de diffuser des connaissances
de nature à faciliter
l'utilisation responsable de la cybersanté pour améliorer les systèmes de
santé dans les 52 Etats
Membres de la Région européenne.
15. Le Bureau régional de la Méditerranée orientale a pris un certain nombre
d'initiatives à
l'appui de la cybersanté : collaboration avec les décideurs pour mettre au
point des politiques ;
éducation et formation des professionnels de la santé, des opérateurs de la
cybersanté et de la
population ; planification, suivi et évaluation ; et création d'une
infrastructure pour les technologies de
l'information et de la communication.
16. La publication par voie électronique et la bibliothèque virtuelle du
Bureau régional permettent à
quiconque d'avoir accès à des sources d'information sur la santé. Le Bureau
régional apporte un appui
à HINARI en fournissant un accès Internet à des établissements, en assurant
une formation, en
traduisant des documents et en prenant contact avec plusieurs éditeurs, dont
35 proposent aujourd'hui
un accès gratuit en ligne à leurs revues. L'Académie de la Santé a été mise
en place dans 40 écoles
dans deux pays de la Région, à titre expérimental.
17. Le Bureau régional propose également des services de consultants et de
conseil à l'appui
d'applications telles que la télémédecine et l'utilisation des systèmes d'information
géographique. Une
enquête sur l'utilisation d'Internet et du courrier électronique par les
médecins a été menée dans sept
pays.
18. Dans la Région du Pacifique occidental, la principale activité relative
à la cybersanté est le
Réseau sanitaire d'apprentissage à distance du Pacifique, lancé en 2001, et
dont l'objectif est
d'améliorer la qualité et la pratique des professionnels de la santé dans
les Etats insulaires du Pacifique
par le biais de la formation continue, selon un enseignement ouvert et
autodirigé. A ce jour, des
centres d'apprentissage sont opérationnels dans 10 pays. Des cours pilotes
sur plusieurs thèmes ont été
organisés par l'intermédiaire de ces centres d'apprentissage et quelque 300
professionnels de la santé
ont été formés.
19. Le Bureau régional fournit aussi à plusieurs pays en développement de la
Région, selon les
besoins, un appui technique pour l'informatisation des dossiers médicaux et
les systèmes
d'information à l'hôpital.
ACTIVITES PROPOSEES
20. Comité juridique et d'éthique de l'OMS pour la cybersanté. Le respect
des droits de
l'homme et de l'intimité de la vie privée est fondamental dans l'échange de
données médicales et de
dossiers médicaux électroniques à l'intérieur des pays et entre les pays. L'utilisation
accrue des
services de cybersanté requiert des conditions juridiques et d'éthique
propres à garantir la protection,
la sécurité et la confidentialité des données. Le Comité juridique et d'éthique
de la cybersanté fournira
aux Etats Membres des orientations pratiques sur la promulgation de lois et
de règlements : il
préparera pour cela des cadres pouvant être adaptés à la situation de chaque
pays.
21. Observatoire mondial de la cybersanté. Réseau décentralisé de noeuds
nationaux coordonnés
par l'OMS, l'Observatoire mondial de la cybersanté analyse systématiquement
le recours à la
cybersanté dans les Etats Membres et en fait rapport. Le but de ce
dispositif est d'améliorer les bases
factuelles en vue d'orienter la politique et la pratique par l'analyse des
indicateurs dans les pays, en
faisant ressortir les meilleures pratiques concernant l'intégration de la
cybersanté dans les systèmes de
santé nationaux, l'évaluation de l'impact et la formulation de normes. Cet
Observatoire prépare des
cadres, des principes directeurs et des outils à l'appui de la formulation
et de la mise en oeuvre d'une
politique et d'une stratégie de cybersanté. Il recueillera et synthétisera
aussi les informations
disponibles sur les normes techniques afin qu'elles puissent servir à
améliorer l'interopérabilité, la
qualité, la sécurité et le fonctionnement des systèmes de cybersanté.
22. Partenariats public-privé dans le domaine de la cybersanté. La mise en
oeuvre effective de
la cybersanté dépend de la collaboration de nombreuses parties intéressées,
appartenant notamment au
secteur privé. Les partenariats public-privé doivent préserver le droit des
personnes, fournir des soins
sûrs et de qualité et doivent représenter un bénéfice pour toutes les
parties impliquées. Des principes et
des cadres seront mis au point pour la gestion des partenariats de
cybersanté ; ils faciliteront la
coopération nationale et l'échange international de services de cybersanté,
favoriseront la recherche et
développement de technologies de l'information pour la santé publique et
encourageront les dons de
matériel et de logiciels.
23. Technologies de l'information et de la communication à l'appui des
ressources humaines
pour la santé. De nombreux pays, notamment ceux en développement, sont
confrontés à une pénurie
de ressources humaines. Dans certains pays, un déséquilibre dans les
qualifications requises pour
fournir des services de santé de qualité appelle un recyclage des
professionnels de la santé afin qu'ils
acquièrent des compétences correspondant davantage aux besoins et aux
priorités. Dans tous les cas, il
faut prévoir des mesures permettant de promouvoir le perfectionnement
professionnel continu et
d'éviter la fuite des cerveaux. Les technologies de l'information et de la
communication, par des
programmes de cybersanté ciblés, peuvent améliorer considérablement la
formation des professionnels
de la santé et l'efficacité des services de santé, notamment dans les
régions où le personnel de santé est
peu nombreux. Un cadre concernant l'éducation et la formation des
professionnels de la santé sera mis
au point, en particulier pour faciliter le perfectionnement professionnel
continu par l'apprentissage à
distance et l'apprentissage ouvert, le cyberapprentissage et d'autres
méthodes faisant appel aux
technologies de l'information et de la communication. Ces formations
proposées dans le pays
d'origine et dans la langue des intéressés, si possible, permettraient de
réduire le risque de fuite des
cerveaux qui s'accroît lorsque les agents de santé se rendent à l'étranger
pour approfondir leur
formation. La formation aux technologies de l'information et de la
communication sera, parallèlement,
incorporée à la formation sanitaire en vue de renforcer les compétences
techniques des professionnels
de la santé.
24. Technologies de l'information et de la communication pour l'éducation
sanitaire et la
promotion de la santé. La diffusion des technologies de l'information et de
la communication, y
compris d'Internet et des téléphones portables, permet de desservir la
population à domicile, à l'école
et sur le lieu de travail. Ces technologies peuvent servir à mener des
actions d'éducation sanitaire, à
promouvoir la santé, à surveiller les maladies chroniques et à fournir des
informations sur demande.
Des initiatives seront lancées pour promouvoir des critères de qualité pour
les contenus à caractère
sanitaire et encourager la mise au point de contenus adaptés à différents
publics.
25. La cybersanté pour les soins. La cybersanté peut contribuer à améliorer
la qualité et
l'innocuité des soins de santé ainsi que l'accès à ceux-ci. Le Secrétariat
élaborera des « fondamentaux
de la cybersanté », dont il assurera la promotion ; il s'agit d'une série de
conditions indispensables à
une utilisation responsable de la cybersanté dans les systèmes de santé, y
compris les ressources
techniques, humaines et financières requises aux niveaux opérationnel,
politique et de la gestion du
système de santé. Les solutions modèles de cybersanté qui seront recensées
ou mises au point
pourraient, après qu'on y aura apporté les modifications voulues, être
adoptées dans les centres et les
réseaux nationaux d'excellence pour la cybersanté.
26. Un exposé général des conséquences budgétaires des activités proposées
est joint en annexe.
MESURES A PRENDRE PAR LE CONSEIL EXECUTIF
27. Le Conseil exécutif est invité à prendre note du rapport.
1 Towards Interoperable eHealth for Europe: Telemedicine Alliance strategy.
Noordwijk, ESA, OMS, UIT, 2005.
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