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[e-med] Politiques publiques de santé et équité en Afrique de l'Ouest. Le cas de l'Initiative de Bamako au Burkina Faso
- From: "Valéry Ridde" <valery.ridde@umontreal.ca>
- Date: Tue, 24 Jan 2006 11:51:56 +0100
Pour votre information.
Valéry
PS : si vous voulez une version CD-ROM, merci de me le faire savoir
http://www.theses.ulaval.ca/2005/23020/23020.html
Politiques publiques de santé et équité en Afrique de l'Ouest. Le cas de
l'Initiative de Bamako au Burkina Faso
Ridde, Valery
Philosophiæ doctor (Ph.D.)
Université Laval
FACULTÉ DE MÉDECINEFACULTÉ DES SCIENCES INFIRMIÈRES
Doctorat en santé communautaire
Résumé
L'initiative de Bamako (IB) a été adoptée en 1987 par les pays
ouest-africains en tant que politique de relance de la stratégie des soins
de santé primaires. La mise en ouvre de l'IB au Burkina Faso a commencé en
1992. Cette politique publique de santé, d'origine essentiellement exogène,
ainsi que d'autres plus récentes n'ont pas produit tous les effets escomptés
(efficacité versus équité). L'aspect équitable a été négligé, et les
interventions premières des acteurs ont été concentrées sur l'efficacité de
l'organisation à mettre en place. Par l'intermédiaire d'une étude de cas (un
district sanitaire), cette recherche tente de rendre intelligible cette
occultation de la composante équitable des politiques de santé. Nous avons
utilisé un cadre d'analyse intégrateur de théories de l'étude des politiques
publiques (le prolongement de la théorie des courants) et de l'anthropologie
du développement. Les méthodes ont été : cartographies conceptuelles (2),
entrevues en profondeur (24) et informelles (60), groupes de discussion (4),
analyse documentaire, observation participante (7 mois). Les résultats
montrent que : l'aspect équitable de l'IB est omis dans la formation des
acteurs ; les agences de coopération sont plus préoccupées par l'efficacité
que l'équité ; la planification est effectuée en fonction des ressources
disponibles et non des besoins ou du changement social ; les acteurs
périphériques n'ont aucun intérêt et incitatif à donner un accès gratuit aux
plus pauvres ; les décisions centrales sont prises sans concertation,
demeurent floues et ne sont ni suivies ni évaluées ; la société ne se
préoccupe pas des sous-groupes de la population et le concept d'équité est
perçu différemment de celui à l'origine de l'IB. Trois pistes d'explications
peuvent être formulées : i) malgré la présence potentielle de fenêtres d'opportunité,
celles-ci n'ont pas été saisies ou alors d'une manière peu porteuse de
changement, ii) aucun entrepreneur politique n'a décidé de s'atteler à la
tâche de la rencontre des courants, iii) la situation des indigents ne
présente pas toutes les caractéristiques nécessaires pour qu'elle soit
comprise comme un problème public. Il nous paraît urgent, pour des raisons
scientifiques et de solidarité de trouver une solution pour endiguer ces
inégalités d'accès et cette exclusion des services de santé. La mise en
ouvre d'une recherche-action concernant l'exemption du paiement des soins
pour les indigents devient urgente à organiser.
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