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[e-med] Le recours à la phytothérapie est rarement signalé spontanément par les patients


  • From: "ReMeD" <remed@remed.org>
  • Date: Mon, 16 Jan 2006 18:00:11 +0100

la revue Prescrire 15 janvier 2006
Phytothérapie : rarement signalée spontanément par les patients

Le recours à la phytothérapie est rarement signalé spontanément au cours de
l'entrevue médicale. Pourtant les risques d'interactions médicamenteuses
sont réels avec les plantes médicinales, et en particulier avec le
millepertuis.
http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierPhytotherapie.php

Une étude allemande a montré que la majorité des patients qui prenaient un
traitement à base de millepertuis n'en ont pas fait part aux soignants.

Le millepertuis, par ses effets inducteurs enzymatiques, augmente
l'élimination de nombreux médicaments : antivitamine K, contraceptifs
hormonaux, immunodépresseurs, etc. Il en résulte un risque de moindre
efficacité thérapeutique des médicaments associés. À l'inverse, à l'arrêt de
la phytothérapie, des signes de surdosage peuvent survenir.

Une équipe allemande a interrogé de façon prospective, 150 patients, soit 47
femmes et 103 hommes, âgés de plus de 18 ans, hospitalisés dans un service
de médecine interne entre août 2000 et février 2002. Les patients ont
répondu à un questionnaire portant sur l'histoire de leur maladie et sur
tous les médicaments pris avant leur hospitalisation. Le questionnaire était
conçu pour inclure la phytothérapie.

75 % des patients prenant du millepertuis n'en ont pas fait part aux
soignants. Pour 7 des 12 patients concernés, certains médicaments prescrits
pendant l'hospitalisation étaient susceptibles d'interagir en cas de prise
concomitante de millepertuis.

Il vaut mieux préciser aux patients qu'il est utile de connaître l'ensemble
de leurs habitudes thérapeutiques, incluant les traitements à base de
plantes ou d'autres produits (compléments alimentaires, contraception orale,
"gouttes" pour les yeux, homéopathie, etc.) qui souvent ne sont pas
considérés par les patients comme des médicaments.

©la revue Prescrire 15 janvier 2006
Rev Prescrire 2006 ; 26 (268) : 27.