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[e-med] Traitements ARV - retrait des "urgentistes" MSF
- From: "GUEVART Edouard" <guevart_edouard@yahoo.fr>
- Date: Fri, 23 Dec 2005 11:07:33 +0100 (CET)
A propos de la pérennisation des traitements ARV mis en route grâce à MSF
(ou grâce à n'importe quelle autre organisation)
1- La notion d'urgence justifie-t-elle des interventions non pérennes ?
L'urgence n'existe pas pour elle-seule. Et rien ne justifie de s'appuyer sur l'urgence pour démarrer une activité, créer (ou plutôt révéler) un besoin, sans assurer la continuité.
On a connu le même problème de façon plus ponctuelle pour des urgences telles qu'une épidémie de choléra ou une famine. Après une intervention parfois spectaculaire, avec de gros moyens exogènes, brusquement toute aide s'interrompt lorsque les gros moyens ou l'intérêt médiatique disparaissent, laissant aux "bénéficiaires" des besoins plus importants et des moyens réduits voire inexistants.
En elles-mêmes ces urgences demandent une réponse immédiate mais engagent aussi ceux qui les entreprennent vis-à-vis des bénéficiaires. Imaginerait-on un "urgentiste" arrêter les soins après un massage cardiaque réussi sans assurer le suivi de la prise en charge ?
2- Les traitements ARV sont-ils ou non une nécessité de santé publique ?
La lutte contre certaines maladies transmissibles (tuberculose, lèpre encore, onchocercose etc.) passe nécessairement par le traitement du plus grand nombre de cas, et donc par leur dépistage. Il a été souvent observé en outre qu'un traitement correct des cas améliore la réceptivité au dépistage et contribue donc doublement à la lutte contre la maladie. Ceci est évident pour le VIH Sida.Leur traitement n'est pas une oeuvre humanitaire ou philanthropique : il est une nécessité de santé publique et non individuelle. Limiter l'extension de ces maladies par leur dépistage et leur traitement ne peut donc pas dépendre du bon vouloir ou des moyens financiers des malades (dont un bon nombre s'ignorent). C'est une responsabilité publique (gouvernementale) que de prendre en charge les actions de dépistage, de diagnostic, et de traitement de telles maladies. Je ne comprends donc pas que le débat porte encore sur le tarif des ARV, et des examens de contrôle, ou sur les modalités de leur prise en charge. Les négociations portant sur les coûts de revient devraient concerner les gouvernements, véritables clients. Et rapidement les traitements devraient être totalement gratuits. Les milliards des fonds mondiaux et autres bâilleurs pourraient probablement y suffire s'ils étaient réellement et correctement utilisés.
merci
edouard guévart
guevart_edouard@yahoo.fr
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