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[e-med] Europe: La Commission présente une stratégie pour aider les pays en développement à mettre fin à la pénurie de professionnels de la santé
- From: "remed" <remed@remed.org>
- Date: Mon, 19 Dec 2005 12:33:25 +0100
Europe: La Commission présente une stratégie pour aider les pays en développement à
mettre fin à la pénurie de professionnels de la santé
Bruxelles, 14 décembre 2005
http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/05/1593&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en
La Commission a adopté aujourd'hui une stratégie pour lutter contre la
pénurie de médecins et d'infirmiers, qui a atteint la cote d'alerte dans les
pays africains les plus touchés par le sida, la tuberculose et le paludisme.
Cette stratégie suit de près l'accord de l'Union européenne sur un consensus
concernant la politique de développement et sur une stratégie pour l'Afrique,
dans laquelle la Commission propose des mesures coordonnées de l'Union
européenne pour aider les pays en développement à mettre en place des
systèmes de santé viables. Dans sa communication d'aujourd'hui, la
Commission propose à l'UE une réponse cohérente et coordonnée pour faire
tomber un obstacle majeur à l'amélioration de la santé dans les pays en
développement et démontre une fois encore son engagement en faveur des
objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
En présentant sa communication, le commissaire Louis Michel a déclaré: «Par
cette stratégie, la Commission met le doigt sur la situation intolérable
dans laquelle se trouvent bon nombre de pays en développement en matière de
santé publique. Dans plusieurs régions d'Afrique, une génération entière est
menacée par le sida. Il leur faut des médecins et des infirmiers bien
formés, équipés et motivés. La Commission invite l'UE à engager une action
commune et rapide.»
Dans les systèmes de santé d'un grand nombre de pays en développement, la
crise qui touche les ressources humaines est due à des raisons complexes :
des années d'investissement insuffisant dans les services de santé et dans
la formation, ainsi que l'absence d'équipements et de médicaments, même de
base, ont découragé les professionnels de la santé et entraîné une nette
dégradation des prestations sanitaires. En outre, beaucoup de professionnels
de la santé ont quitté des zones rurales et isolées pour des centres urbains
ou pour l'étranger, où les conditions sont meilleures. Les pandémies de
sida, de tuberculose et de paludisme et l'absence d'accès aux soins médicaux
se sont soldées, au cours des 25 dernières années, par un abaissement de l'espérance
de vie dans 17 pays africains. L'Afrique, qui représente 25% de la charge
globale de morbidité pour 10% à peine de la population mondiale, est mal
armée pour relever ce défi, avec un ratio de 0,8 professionnel de la santé
seulement pour 1000 habitants, chiffre qui, à titre de comparaison, s'élève
à 10,3 pour 1000 en Europe.
La stratégie de la Commission vise aussi à combattre l'émigration des
professionnels de la santé des pays en développement vers les pays
industrialisés. La Commission propose une série de mesures pour retenir ces
derniers là où on a le plus besoin d'eux, par exemple des mécanismes
spécifiques, des incitations à travailler dans les zones rurales et un
soutien en faveur de la formation et de l'évolution des carrières. Ces
mesures amélioreront l'environnement de travail et renforceront globalement
les systèmes de santé, encourageant ainsi médecins et infirmiers à prendre
un emploi dans leur pays.
L'investissement direct dans le secteur de la santé des pays en
développement par un soutien budgétaire, comme le propose la Commission,
constitue un autre moyen efficace de prévenir l'émigration non souhaitée.
Non seulement ces ressources permettraient aux administrations des pays en
développement de s'approprier le règlement de la crise du secteur sanitaire
et d'en assumer la responsabilité, mais elles permettraient aussi d'améliorer
la coordination et la prévisibilité des financements, d'offrir de meilleures
conditions salariales au plan local, par exemple, et donc d'apporter une
incitation supplémentaire à rester dans le pays. Toutefois, il ne faudrait
pas ignorer les avantages, pour les deux parties, d'une émigration encadrée.
Au sujet de la migration de professionnels de la santé des pays en
développement vers certains États membres de l'UE, le commissaire Louis
Michel a indiqué qu'une «migration bien gérée peut être bénéfique tant pour
l'UE que pour les pays d'origine, car elle favorise la circulation des
cerveaux plutôt que leur fuite». L'exploitation des possibilités de
formation et de travail à l'étranger dans le cadre de programmes spécifiques
peut faciliter le transfert de compétences et la création de capacités, sans
priver les pays pauvres de ressources humaines essentielles.
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