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[e-med] Revue de presse santé


  • From: "ReMeD" <remed@remed.org>
  • Date: Wed, 7 Dec 2005 11:09:15 +0100

Hypertension artérielle : 20 % des adultes camerounais hypertendus, Le Messager (Douala), Nadège Christelle Bowa.
Ziguinchor : 30 % des travailleuses du sexe sont séropositives, Wal Fadjri (Dakar), Mamadou P. Mane.
Bilharziose : une maladie qui se traite à moins de 500 f, Wal Fadjri (Dakar), Issa Niang.
Santé de l'adolescent : une session de formation sur la gestion d'un centre des jeunes, Le Potentiel (Kinshasa), Espérance Tshibuabua.

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Hypertension artérielle : 20 % des adultes camerounais hypertendus, Le Messager (Douala), Nadège Christelle BOWA.
Publié sur le web le 6 Décembre 2005
Les travaux du premier Congrès panafricain de l'hypertension prennent fin ce lundi 5 décembre à Yaoundé.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (Oms), les maladies cardio-vasculaires sont responsables chaque année d'un million de décès en Afrique. L'hypertension artérielle s'avère comme le premier tueur, responsable à elle seule de plus de 500.000 décès prématurés par an. Si en Afrique plus de 30 millions de personnes souffrent de l'hypertension, au Cameroun, elle touche 20 % de la population adulte. Ce qui fait dire aux spécialistes que l'hypertension est un "ennemi public dangereux". Si rien n'est fait, prévient l'Oms, à l'horizon 2020, trois quarts des décès en Afrique pourraient lui être imputés. Pour ne pas en arriver là, l'Afrique à travers l'International forum for hypertension control and prévention in Africa (Ifha) a décidé de prendre son destin en main. Créé en 2003 avec pour mission principale de coordonner l'ensemble des efforts visant à faire reculer l'hypertension en Afrique, l'Ifha organise avec le concours des Universités, de la fédération mondiale du coeur (Whf), de la Ligue mondiale contre l'hypertension (Whl) et du gouvernement camerounais le tout premier congrès panafricain sur l'hypertension en Afrique à Yaoundé. Les travaux se déroulent depuis le 2 décembre dernier sous le thème "freinons la pandémie de l'hypertension en Afrique".
Ses objectifs sont notamment de renforcer les capacités des professionnels de santé africain à une meilleure prise en charge de l'hypertension et des maladies cardio-vasculaires (Mcv) en Afrique, de doter les participants d'outils nécessaires et simples pour démarrer le dépistage, le traitement et la prévention des Mcv à l'échelon des districts et centres de santé, de susciter la prise de conscience des décideurs de santé sur l'ampleur de la pathologie et la nécessité de leur prévention à faible coût, de comprendre les spécificités génétique, environnementale et culturelle de l'hypertension et des Mcv du sujet africain ainsi que ses implications thérapeutiques, de créer un environnement d'échange et d'interaction entre experts africains et internationaux, de faciliter la participation des gouvernements nationaux et des organismes appropriés à la mise en oeuvre des programmes de prévention et de contrôle de la maladie, enfin, d'organiser le premier cours africain de l'hypertension à l'attention des formateurs nationaux.
Près de 700 experts africains et autres spécialistes de la santé venant d'Europe, d'Amérique et d'Asie participent aux travaux, par ailleurs ouverts à toutes les sensibilités. Les ateliers scientifiques sur les différentes méthodes diagnostique, thérapeutique et préventive de l'hypertension comme l'échographie cardiaque, la prise et le contrôle de la tension artérielle, sont animés par des experts de renoms tel Yackoob K Seeddat de la Faculty of Health Sciences Nelson R Mandela School of Medicine, University of KwaZulu Natal.
Outre les ateliers, des espaces sont prévus pour l'exposition de produits pharmaceutiques et équipements médicaux. Le congrès sera suivi du 6 au 9 décembre au Centre hospitalier d'Essos d'un cours sur la prévention et le contrôle des maladies cardiovasculaires. En marge des travaux, la Fondation camerounaise du Coeur, l'Ifha et la Ligue mondiale de l'hypertension organisent une campagne publique de dépistage de l'hypertension artérielle et de prévention des facteurs de risques cardio-vasculaires tels que le diabète, l'obésité et le tabagisme.
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Ziguinchor 30 % des travailleuses du sexe sont séropositives, Wal Fadjri (Dakar), Mamadou P. Mane.
Publié sur le web le 6 Décembre 2005
La capitale de la région méridionale est l'une des villes du Sénégal les plus touchées par la pandémie du sida. Ainsi, si le taux de prévalence a connu une diminution notable au niveau national, il ne cesse de grimper à Ziguinchor où 30 % des travailleuses du sexe sont séropositives.
Trente pour cent des travailleuses du sexe sont séropositises à Ziguinchor. La journéemondiale de lutte contre le sida célébrée aussi à Ziguinchor, a été une occasion pour rappeler cette triste réalité qui traduit l'ampleur de la pandémie dans cette région méridionale du Sénégal. Ce chiffre fait de Ziguinchor une des villes les plus touchées du pays. Et cela à cause d'une conjugaison de facteurs qui font de cette région un terreau fertile à la propagation du Vih. Il s'agit de la proximité de la région sud avec des pays à fort taux de prévalence comme la Gambie et la Guinée-Bissau. Entre autres facteurs aggravants, il est aussi à noter la pauvreté née de la situation de conflit dans laquelle la Casamance est plongée depuis deux décennies. Ce conflit d'ailleurs, à cause de ses conséquences multiples, est perçu comme l'élément essentiel de justification des contre-performances de la région de Ziguinchor, notamment en terme de lutte contre le sida.
Si le taux de prévalence a connu une diminution notable au niveau national, il ne cesse de grimper à Ziguinchor, région placée au peloton de tête des régions les plus touchées par cette maladie. Un niveau d'infection atteint à cause de l'apport des travailleuses du sexe qui, avec 30 % de taux de prévalence, battent tous les records.
Cette situation plus qu'inquiétante dans cette région aux défis nombreux a provoqué une véritable prise de conscience pour freiner la pandémie. La journée mondiale a été une occasion pour sonner la mobilisation à tous les niveaux. Les différents intervenants ont d'ailleurs demandé aux collectivités locales de participer à cet effort, en prenant en compte dans leurs budgets le volet lutte contre la pandémie du sida. En tous les cas, les acteurs sont quant à eux sur le terrain. C'est le cas de la Coalition éducation pour tous qui a tenu une leçon de vie au village déplacé de Baraf. Il s'agit, à travers cette initiative qui s'adresse surtout aux élèves, "de donner l'opportunité aux enfants des écoles et des centres d'éducation informelle de débattre de la prévention et de l'impact du Vih/Sida et d'examiner les possibilités d'action dans leurs propres communautés pour lutter contre la propagation du virus".
Le choix de ce village, de l'avis de Djiby Sané, coordonnateur de la coalition, est dû à son statut, "car en Casamance, il y a un lien étroit entre la prolifération des armes et la propagation du sida". C'est pourquoi les acteurs ont choisi d'investir ces zones propices au développement de la pandémie. Une démarche qui consiste à obstruer les canaux d'entrée du Vih/Sida dans cette région qui traîne comme un fardeau avec ses 2 % de taux de prévalence.
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Bilharziose : une maladie qui se traite à moins de 500 f, Wal Fadjri (Dakar), Issa Niang
Publié sur le web le 6 Décembre 2005
La journée nationale de lutte contre la bilharziose sera célébrée le 7 décembre prochain à Ngoye, dans le département de Bambey, région de Diourbel. Malgré les ravages qu'elle fait dans la région du fleuve, la bilharziose se traite à moindre frais.
Moins de 500 F. C'est la somme nécessaire pour traiter un sujet saint infecté de bilharziose. Une maladie qui se traite par un médicament qui coûte 100 F le comprimé. "La dose est de 40 grammes par kilo. Avec trois comprimés, on peut guérir un adulte qu'il soit atteint de bilharziose urogénitale ou de bilharziose intestinale", a déclaré le Professeur Oumar Ndir, coordonnateur du Programme national de lutte contre les bilharzioses. Et pourtant, la bilharziose est une maladie grave à répercussions socio-économiques négatives. Au Sénégal, c'est au niveau de la région du Fleuve qu'elle se manifeste, avec une prévalence qui se situe dans l'ordre de 50 à 90 % selon les zones touchées dans le département de Dagana. Selon l'Oms, environ 500 millions de personnes sont exposées aux bilharzioses alors que le nombre de sujets atteints par ces infections dans le monde est estimé à 200 millions.
En conviant les journalistes à la journée d'informations sur la maladie, en prélude à la journée nationale de lutte contre les bilharzioses qui sera célébrée le 7 décembre à Ngoye, dans le département de Bambey (région de Diourbel), les techniciens du ministère du la Santé, chargés de coordonner la lutte contre les bilharzioses, ont voulu sonner la mobilisation. Le choix de Ngoye s'explique par le fort taux de prévalence (84 %) enregistré lors de l'enquête épidémiologique en milieu scolaire effectuée en 2004. "L'objectif de ce programme de lutte contre les bilharzioses n'est pas de s'attaquer aux causes de la maladie et à la transmission, mais plutôt de lutter contre les signes. C'est-à-dire faire en sorte que le sujet infesté soit traité en lui donnant le médicament à temps avant que son cas n'atteigne des complications", a souligné le Pr Oumar Ndir qui rassure, en indiquant que les médicaments sont disponibles financièrement et géographiquement.
Cependant, il n'est pas conseillé de donner ces médicaments aux femmes enceintes, à cause de leur forte dose. Si une femme enceinte est atteinte, le mieux c'est de gérer la grossesse jusqu'à terme et de traiter ensuite la bilharziose. Car, précise Oumar Ndir, il faut des mois entre l'infection des mollusques chez la personne et l'apparition de signes compliqués.
Malgré les différentes stratégies de lutte mises en place, la priorité retenue par le Pnlb est d'assurer une large diffusion et rendre accessibles les médicaments qui traitent la personne malade. Les autres stratégies, à savoir la désinfection des mares temporaires et des zones où existent des canaux d'irrigation pour tuer la larve, responsable de la bilharziose, reviendraient à un coût plus élevé selon les techniciens du Pnlb. Pour son coordonnateur, le produit coûte très cher et les moyens sont insuffisants pour assurer son approvisionnement. C'est pourquoi, le programme préconise une lutte contre les signes de la maladie et non s'attaquer à la transmission et aux mollusques.
Dans la région du fleuve, les enfants sont les plus touchés par la bilharziose à cause de la fréquence des baignades dans les marigots. Selon le Pr Ndir, cela entraîne souvent des conséquences sur le plan scolaire, avec notamment des absentéismes, des mauvaises performances et les retards. C'est pourquoi, en collaboration avec le ministère de l'Education, des campagnes de dépistage de la maladie sont souvent menées en même temps que des séances de déparasitage chez les enfants des zones les plus touchées par la bilharziose.
Interpellé sur les mesures à prendre sur les bassins de rétention, le Pr Oumar Ndir a indiqué qu'une collaboration étroite est en train d'être menée avec les techniciens du ministère de l'Agriculture et de l'Hydraulique, et ceci dans le but de sensibiliser les agriculteurs sur la bilharziose. Deux formes de bilharziose existent au Sénégal: la bilharziose urogénitale qui se rencontre aussi bien dans les zones où il y a de l'eau douce, surtout les mares temporaires, que dans les zones où existent des canaux d'irrigation. La bilharziose intestinale qui est liée à la présence d'eau douce permanente est apparue dans la région avec l'avènement des barrages. Les bilharzioses sont dues à des verts plats qui vivent dans le sang des personnes infectées. C'est l'homme malade qui contamine l'eau par ses urines et ses selles contenant des oeufs de bilharzie.
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Santé de l'adolescent : une session de formation sur la gestion d'un centre des jeunes, Le Potentiel (Kinshasa), Espérance Tshibuabua.
Publié sur le web le 6 Décembre 2005
La jeunesse congolaise a besoin d'une protection contre la mortalité maternelle pour bien assurer ses responsabilités, a déclaré la semaine dernière M. Cissé, représentant adjoint du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) à l'occasion de la clôture de la session sur la gestion d'un centre des jeunes le mercredi 30 novembre 2005, à Kinshasa.
L'orateur a insisté sur la mortalité maternelle étant donné que les jeunes, particulièrement les congolaises, paient un lourd tribut en cette matière. Il a expliqué que ces jeunes qui sont insouciants, affichent très souvent des comportements à risque. Ainsi, a-t-il dit, elles ne se rendent pas compte qu'une grossesse trop précoce peut conduire à la mort. Compte tenu de la prévalence du Vih/Sida, a-t-il poursuivi, ces comportements à risque, sans aucune préservation, dans ce monde peuvent être la cause de graves conséquences.
Pour sa part, le représentant adjoint de l'Unfpa s'est dit satisfait de cet atelier qui va permettre aux participants de prendre une part active à l'éducation de leurs pairs. Il est d'avis que la création d'un réseau de jeunes permettra à ces derniers de promouvoir les programmes en matière de santé de la reproduction. Au-delà, le numéro deux de l'Unfpa a souligné la nécessité d'un suivi rigoureux.
Par ailleurs, le représentant de l'Unfpa, qui a clôturé cet atelier, a réaffirmé l'engagement de cette organisation des Nations Unies à accompagner les pairs éducateurs dans leurs programmes. Partant des recommandations formulées à l'issue de cet atelier, il les a exhortés à faire des plaidoyers réels qui seront soumis aux différents corps interpellés, notamment le parlement, la présidence et les différents ministères.
Donnant leurs avis, Aminata Ndiaye et Amadou Bâ, deux jeunes sénégalais venus spécialement participer à ces assises, ont pu partager leurs expériences avec les jeunes congolais.
Pour Amadou Bâ, pair éducateur, les jeunes congolais ne doivent pas croiser leurs bras attendant toujours un appui du gouvernement. Il estime qu'une prise de conscience pourra les amener à des résultats qui déboucheront sur un partenariat entre cette jeunesse et le gouvernement congolais. Et d'ajouter qu' " il est difficile au gouvernement de satisfaire tout le monde ". Toutefois, Amadou Bâ souligne que la jeunesse congolaise a besoin d'un soutien. " Avec des capacités et un savoir-faire, les jeunes doivent s'impliquer davantage ", affirme-t-il en insistant sur la nécessité d'un système de suivi dans l'organisation des centres des jeunes.
De son côté, Aminata N'Diaye, pense qu'avec un appui du gouvernement, les jeunes congolais pourront se prendre en charge en matière de santé de la reproduction, notamment en ce qui concerne le Vih/sida. Elle estime également qu'une volonté politique permettra aux jeunes de participer à l'élaboration des programmes du pays.
Cette session a été organisée par le programme national de la santé de l'adolescent (Pnsa), en collaboration avec Unfpa.