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[e-med] (14)médicaments de la rue


  • From: "Alain AHAWO" <aahawo@yahoo.fr>
  • Date: Fri, 18 Nov 2005 13:28:15 +0100 (CET)

Des expériences ont été tentées au Togo et au Bénin je crois, avec les agents des services à base communautaire. Il s'agissait essentiellement de recruter d'anciens vendeurs de médicaments de rue et de les transformer en distributeurs de produits contraceptifs et moustiquaires etc.. je crois que la marge pratiquée pour ces produits et le turn over ne suffisaient pas pour combler le manque à gagner.
On a alors ajouté si je ne m'abuse 5 produits jugés "indispensable et peu dangéreux (si bien utilisés) puisque souvent utilisés en auto médication par les mamans" (chloroquine, paracétamol, mébendazole..). Ces personnes ont été formées à l'explication de l'utilisation.
je n'ai pas suivi depuis mais il semble que comme d'habitudes ils sont devenus des "petits docteurs" allant jusqu'à faire des injections.
Le Togo est même allé plus loins en autorisant officiellement l'ouverture de "dépôt de pharmacie" par des agents de santé et des vendeurs ayant une expérience dans une pharmacie sans obligatoirement un background médical dans des zones mal déservies. Cela n'a pas diminué la vente de médéicament dans les rues.
Lors d'une évaluation de la mise en place des mutuelles de santé au Cameroun, on a surpris un trésorier en train de se faire injecter des usbstances incounnues par un vendeur ambulant à 50 m de la formation sanitaire au Cameroun. C'est dire le degré d'encrage de ces pratiques dans les moeurs.

Je crois comme M. Eono et M. Guévart que les textes ne suffisent pas. Il faut en outre travailler sur la disponibilité des médicaments qui est une question non résolue malgré les efforts. Par ailleurs, la confiance dans nos systèmes de santé n'est pas un acquis. On ne peut pas forcer les gens à utiliser des services dont ils se méfient. Il faudra énormément travailler sur la qualité des soins pour convaincre les populations de n'utiliser que le circuit formel des médicaments.
Je termine en pensant que certains médicaments sont désormais des produits de grande consommation et il faudra trouver les moyens de les rendres plus disponibles et moins coûteux que ceux vendus dans les rues. Je suis persuadé que ça ne gènerait que les pharmaciens de voir une gamme limitée de médicaments vendus au porte à porte par des personnes bien formés. La population trouvera cela pratique.

Dr AHAWO K. M. Alain

Conseiller Technique GTZ
Programme Germano-Camerounais de Santé SIDA

B.P 7814 Yaoundé
Tel + 237 221 18 17
Fax + 237 221 91 18
Email : aahawo@yahoo.fr