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[e-med] Controle-Qualité des vaccins : Dr Néné Atta Dramé valide une méthode d'assurance pour la fièvre jaune


  • From: "ReMeD" <remed.75013@wanadoo.fr>
  • Date: Tue, 2 Aug 2005 09:40:23 +0200

Controle-Qualité des vaccins : Dr Néné Atta Dramé valide une méthode
d'assurance pour la fièvre jaune
Le Soleil (Dakar)
1 Août 2005
Publié sur le web le 1 Août 2005
Maïmouna GUEYE & M. DIANE (stagiaire)

" Validation du contrôle des endotoxines bactériennes par la méthode au
Limulus amebocyte lysate (LAL test). Application au vaccin amaril stabilisé
".
Tel est l'intitulé de la thèse de doctorat d'Etat en Pharmacie soutenue avec
brio , jeudi dernier, par Mme Faye Néné Atta Dramé. En termes simples, Mme
Faye a travaillé sur le contrôle de qualité du vaccin contre la fièvre
jaune, produit par l'Institut Pasteur de Dakar. Ses recherches, menées au
Laboratoire National de Contrôle des Médicaments (LNCM), ont permis de
valider une méthode d'assurance-qualité pour ce vaccin.

Cette étude fait suite à une directive de l'OMS qui a demandé au LNCM du
Sénégal de mettre en place un système de contrôle du vaccin, explique la
toute nouvelle doctoresse d'Etat en Pharmacie. Selon elle, le contrôle des
endotoxines, qui sont des " éléments constitutifs de la membrane externe de
toutes les bactéries à Gram négatif ", est important. Cela, dans la mesure
où " elles sont dangereuses, parce qu'elles provoquent des symptômes variés
qui vont de la fièvre accompagnée de frissons jusqu'au choc toxique ", fait
savoir Néné Atta Dramé. Pis, les endotoxines peuvent être à l'origine d'une
insuffisance circulatoire mortelle, juste par le dérèglement des principaux
organes.

Pour éviter de telles conséquences fâcheuses, il est nécessaire d'appliquer
ce contrôle à toutes les préparations pour usage parentérale, c'est-à-dire à
tout ce qui passe par voie cutanée (vaccin, perfusion, soluté),
préconise-t-elle.
Si les recherches ont été centrées sur la fièvre jaune, c'est parce que,
justifie Mme Faye, " c'est l'unique vaccin produit au Sénégal par l'Institut
Pasteur qui fait déjà des contrôles ".

Désormais, avec la technique appliquée par Néné Atta Dramé, il est possible
au Sénégal d'analyser tous les lots de vaccins qui vont faire leur entrée.
Et les tests faits dans le cadre de cette thèse de doctorat d'Etat en
Pharmacie ont été édifiants. Car, ils ont révélé que les vaccins concernés
par l'étude ne contiennent pas d'endotoxines. Ce qui pousse Mme Faye à
affirmer : " Tout était dans l'ordre. Le contrôle s'est bien déroulé ".
Seulement, elle attend la visite, d'ici à trois mois, de l'OMS qui va
vérifier le travail effectué. Rappelons que c'est l'OMS qui a insisté pour
que cette étude, centrée sur le contrôle des vaccins, se fasse au Sénégal.
La soutenance de cette thèse de doctorat d'Etat en Pharmacie a été
sanctionnée par la " mention très honorable " avec les félicitations du
jury. Un verdict bien accueilli par la famille et les amis de la
récipiendaire venus massivement la soutenir.

********************
Institut Pasteur de Dakar
http://www.pasteur.sn/

Historique

Le 29 février 1896, EMILE MARCHOUX, pasteurien de la première heure,
arrivait à saint Louis du Sénégal pour y créer un laboratoire de
microbiologie dans l'enceinte de l'hôpital. C'est là que débutèrent les
premiers travaux de recherche sur l'épidémiologie du paludisme, puis sur la
maladie du sommeil et dès 1909 un premier vaccin y était préparé contre la
variole.

En 1913, le transfert à Dakar, nouvelle capitale de la fédération de l'Ouest
Africain, était décidé et le nouveau laboratoire fut implanté sur le plateau
des Madeleines au cap Manuel près de l'hôpital central. Dès la première
année, ce laboratoire de bactériologie et de zootechnie préparait un vaccin
contre la rage, puis, l'année suivante, un vaccin contre la peste.

En 1924, une convention était signée avec l'Institut Pasteur à Paris. La
direction du nouvel Institut Pasteur de Dakar était confiée au docteur
CONSTANT MATHIS, ancien élève du cours pasteur de 1905. CONSTANT MATHIS
retrouvait le Sénégal avec émotion. En effet, c'est à saint Louis du Sénégal
que son père MICHEL MATHIS, médecin de la marine, était décédé lors de
l'épidémie de fièvre jaune qui frappa le pays en 1878 et qui décima le corps
médical (22 décès sur 26 praticiens). C. MATHIS donna une impulsion nouvelle
à l'Institut. Avec A. W. SELLARD et J. LAIGRET, la première souche de virus
de la fièvre jaune fut isolée sur singe macaque. A partir de cette souche,
SELLARD et LAIGRET préparèrent le premier vaccin contre la fièvre jaune qui
fut inoculé pour la première fois en 1934 à 3000 volontaires européens
résidant en Afrique de l'ouest.

C'est à MATHIS que l'on doit l'embellissement et l'agrandissement de
l'Institut. Un pavillon consacré à l'étude des virus dangereux a été mis en
service en 1934. Cette même année, était mise en chantier la construction
d'un bâtiment d'une architecture caractéristique de son époque comportant
deux ailes réunies par une rotonde haute de 22 mètres et surmontée d'un
lanternon. Inauguré le 29 mars 1937, ce bâtiment abritait sur 740m2 les
laboratoires de biologie médicale et d'anatomopathologie ainsi que les
services du BCG, de la rage et de la fièvre jaune.

Le très fort accroissement des activités de L'Institut allait nécessiter en
1951 la construction d'un bâtiment spécifique pour la production du BCG. En
1960, le Ministère français de la coopération accordait des crédits pour
l'édification de deux bâtiments totalisant 2328 m2. L'inauguration par son
excellence LEOPOLD SEDAR SENGHOR, Président de la République du Sénégal, eût
lieu le 27 février 1962. Ces bâtiments abritent les laboratoires de
recherches biomédicales, le centre de vaccination, la bibliothèque, des
bureaux et des magasins.

Le statut juridique de l'Institut Pasteur de Dakar est défini par la
convention signée le 20 mai 1963 entre la France et le gouvernement du
Sénégal qui permet à l'Institut de poursuivre sa " mission d'assistance
technique en matière de recherches biologiques, médicales et d'applications
pratiques ". Cette convention a été complétée le 27 juillet 1974 par la
création d'un conseil de perfectionnement présidé par le Ministère de la
santé Publique dont le rôle est " d'examiner et approuver les programmes de
formation, de recherche et de production proposés par le Directeur ".