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[e-med] Presse médicale et laboratoires pharmaceutiques
- From: "Remed" <remed@remed.org>
- Date: Mon, 23 May 2005 11:44:09 +0200
[Merci à Charles Rambert pour la traduction]
BMJ 2005;330:1169 (21 May), doi:10.1136/bmj.330.7501.1169-b
http://bmj.bmjjournals.com/cgi/content/full/330/7501/1169-b
Dépendante des laboratoires pharmaceutiques, la presse médicale est
corrompue.
De Londres, Zosia Kmietowicz
La presse médicale ne serait-elle qu'une extension de la branche marketing
des labos, parce qu'elle tire une large proportion de ses revenus des
publicités pharmaceutiques et de la re-publication d'études financées par
l'industrie, se demande Richard Smith, le précédent éditeur en chef du BMJ.
Pour le Dr Smith, même si la presse médicale tire une bonne part de ses
revenus de la publicité pharmaceutique, ce n'est qu'une partie de la forme
de dépendance qui la corrompt puisque les publicités sont visibles par tous
et peuvent donc être soumise à critique. (PLoS Medicine 2005;2:e138;
www.plosmedicine.org, doi:
10.1371/journal.pmed.0020138).
La critique la plus sévère émise par le Dr. Smith porte sur le fait que la
presse publie des études financées par l'industrie. Au contraire de la
publicité, ses travaux sont reçus très favorablement par les lecteurs,
dit-il. Il est très rare que les études financées par les labos présentent
des résultats défavorables, mais elles représentent de 65 à 75% des études
publiées dans les journaux les plus prestigieux.
Le bénéfice potentiel tirés de ces re-publications peut atteindre 1 million
de dollars US, selon le Dr. Smith. Et c'est ce bénéfice potentiel qui peut
être à l'origine de l'influence corruptrice qui touche la presse médicale
parce que les éditeurs en chef ont la responsabilité de rentabiliser leur
journal. Les éditeurs peuvent être confrontés à un conflit d'intérêt
particulièrement effroyable, écrit le Dr. Smith, car ils peuvent avoir à
choisir entre publier un travail qui rapportera 100.000 dollars US ou devoir
se séparer d'un collaborateur pour atteindre leurs objectifs de profit.
Le Dr Smith, maintenant directeur exécutif de United Health Europe, propose
une solution à deux entrées à ce qu'il voit comme un problème. Tout d'abord,
il faut envisager plus de financement public des études, en particulier ceux
ayant une large base de comparaison des traitements disponibles pour un état
donné. Ensuite, peut-être que les journaux devraient arrêter de publier des
études. En retour, les protocoles et les résultats devraient être divulgués
sur des sites Internet, écrit-il. Seule une mesure aussi radicale pourrait
arrêter la dépendance de la presse de l'industrie. Au lieu de publier des
études, les journaux pourraient se concentrer sur leur analyse critique.
Fiona Godlee, éditeur en chef du BMJ a commenté les propos de Richard Smith
en disant qu'il avait mené cet important débat quand il était l'éditeur en
chef du BMJ, et que le BMJ continue sa croisade pour garantir que les
travaux de recherches sont rapportés avec honnêteté et intégrité. Nous
saluons cette contribution comme il se doit. Le BMJ accorde la plus haute
importance à la transparence et à la responsabilité.
Nous continuons à exiger un enregistrement public de toutes les études
cliniques et de la révélation des résultats, quels qu'ils soient. Nous ne
voyons pas d'objection à publier des articles dont les auteurs sont employés
ou payés par l'industrie pharmaceutique, tant que cette relation est
divulguée. Nous demandons aux auteurs de souscrire à cette clause
d'honnêteté intellectuelle et de déclarer qu'ils endossent la pleine
responsabilité de la marche de l'étude, qu'ils avaient accès aux données, et
qu'ils avaient le contrôle de la décision de publier. Nous demandons aussi
aux auteurs de révéler tout lien financier.
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version originale
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BMJ 2005;330:1169 (21 May), doi:10.1136/bmj.330.7501.1169-b
http://bmj.bmjjournals.com/cgi/content/full/330/7501/1169-b
Medical journals are corrupted by dependence on drug companies
London Zosia Kmietowicz
Medical journals are no more than â?oan extension of the marketing arm of
pharmaceutical companiesâ?? because a large proportion of their revenue
comes
from drug advertisements and reprints of company funded trials, claims
former BMJ editor, Richard Smith.
Dr Smith argues that although medical journals make a sizeable income from
drug advertisements this is the least of their â?ocorrupting form of
dependenceâ?? on the industry since the advertisements are â?othere for all
to
see and criticizeâ?? (PLoS Medicine 2005;2:e138; www.plosmedicine.org, doi:
10.1371/journal.pmed.0020138).
Dr Smithâ?Ts strongest criticism is levelled at the fact that journals
publish
clinical trials that are funded by the industry. Unlike advertisements,
trials are seen by readers as the highest form of evidence, he says. Trials
funded by drug companies rarely produce unfavourable results and make up
between two thirds and three quarters of the trials published in key
journals.
The potential profits from reprints of such a trial can run to $1m (£0.5m;
â,¬0.8m), says Dr Smith. And it is this potential income that can have the
biggest corrupting influence on a journal because many editors are charged
with ensuring their journal makes a profit.
Editors may be confronted by â?oa frighteningly stark conflict of
interestâ??,
writes Dr Smith They may be forced to choose between publishing a trial that
will bring $100 000 of profit or meet their end of year budget by making a
member of staff redundant.
Dr Smith, who is now chief executive of UnitedHealth Europe, offers a two
pronged solution to what he sees as a problem. â?oFirstly, we need more
public
funding of trials, particularly of large head to head trials of all the
treatments available for treating a condition. Secondly, journals should
perhaps stop publishing trials. Instead, the protocols and the results
should be made available on regulated websites,â?? he writes. â?oOnly such a
radical step would, I think, stop journals being beholden to companies.
Instead of publishing trials journals could concentrate on critically
describing them.â??
Commenting on the article, Fiona Godlee, editor of the BMJ said, â?oRichard
Smith led this important debate when he was editor, and the BMJ continues to
be at the forefront of efforts to ensure that research findings are reported
with honesty and integrity. We welcome this further contribution.
â?oThe BMJ takes the issues of transparency and accountability very
seriously.
We continue to call for public registration of all clinical trials and full
disclosure of results, regardless of outcome. We have no objection to
articles being authored by people employed or paid by a drug company
provided that relationship is declared. We ask the authors to vouch for its
intellectual honesty and to state that they accept full responsibility for
the conduct of the study, had access to the data, and controlled the
decision to publish. We also require all authors to disclose any financial
competing interests.
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