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[e-med] Revue de presse sur le paludisme
- From: Marc.DIXNEUF@sante.gouv.fr
- Date: Tue, 26 Apr 2005 18:27:44 +0200
Revue de presse sur le Paludisme
*5ème Journée africaine de lutte contre le Paludisme : 5 ans après Abuja, 3000 enfants meurent par jour, Coulibaly Zié Oumar (Abidjan)
*Lutte contre le paludisme : l'urgence s'impose, Espérance Tshibuabua (Kinshasa)
*Journée africaine contre le paludisme : baisse sensible des décès dans les hôpitaux au Sénégal, Maïmouna Gueye (Dakar)
*Journée mondiale du Paludisme : sauver les enfants de moins de 5 ans, par Donat Suffo (Douala)
*Malaria : le pire demeure, par Vanessa Nana(Douala)
*Les médias mis à contribution pour juguler le paludisme, Raymonde Senga(Kinshasa)
*Une nouvelle combinaison thérapeutique, à moins de 600 francs, Alain Tchakounte (Yaoundé)
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5ème Journée africaine de lutte contre le Paludisme : 5 ans après Abuja, 3000 enfants meurent par jour, Coulibaly Zié Oumar
Notre Voie (Abidjan), 25 Avril 2005, Publié sur le web le 26 Avril 2005
Il y a cinq ans à Abuja, au Nigeria, les chefs d'Etat et de gouvernement africains se sont engagés à réduire de moitié la charge du paludisme sur le continent africain d'ici 2010 et ont fixé des objectifs intermédiaires à atteindre jusqu'à la fin de l'année 2005.
L'un de ces objectifs est d'atteindre au moins 60% du taux de couverture nationale en combinant les différentes interventions de prévention et de contrôle du paludisme pour les groupes cibles. Aujourd'hui que partout en Afrique on célèbre la cinquième journée africaine de lutte contre le paludisme, le constat à mi-parcours des objectifs consignés dans la déclaration d'Abuja sont loin d'être atteints. En effet, selon un communiqué de presse de l'OMS Afrique, près d'un million d'enfants africains de moins de cinq ans meurent chaque année. Ce qui veut dire "que 3000 enfants en meurent chaque jour et ceux qui en échappent souffrent parfois de lésions cérébrales ou de paralysies", note le communiqué de presse qui conclut que le paludisme tue plus que toute autre maladie en Afrique. Toute chose que confirme dans son message à l'occasion de la célébration de cette journée, Dr. Luis Gomes Sambo, directeur régional de l'OMS Afrique. Pour lui, "cinq ans après le Sommet d'Abuja, le paludisme occupe toujours une place prépondérante dans le fardeau de la maladie en Afrique. Près de 60% des 350-500 millions d'épisodes cliniques de paludisme estimés dans le monde surviennent de l'Afrique.
" Le paludisme est responsable de l'absentéisme de plusieurs enfants scolarisés en Afrique, de la diminution ou de la perte de productivité autant dans le monde paysan que dans le secteur tertiaire. Ce qui fait de cette maladie une cause importante du bas niveau de développement économique dans les zones endémiques. Le patron de l'OMS Afrique estime à 12milliards de dollars US chaque année, ce que perdent les pays africains à cause du paludisme. Toutefois, des progrès ont été réalisés par les pays africains dans la poursuite des objectifs d'Abuja. Dr. Sambo indique dans son message que "la proportion de la population à risque ayant un accès rapide au traitement contre le paludisme a augmenté dans plusieurs pays." De même, la stratégie pour le traitement du paludisme à domicile est mise en oeuvre dans 19 pays. Tout comme, conformément aux recommandations de l'OMS, 21 pays du continent ont adopté des thérapies efficaces combinées à base d'artémisinine pour le traitement des cas de paludisme. Par ailleurs, l'engagement politique de rendre accessible la moustiquaire imprégnée d'insecticide aux populations s'est considérablement accru.
"A la fin de l'année 2004, 20 pays ont pris la décision de réduire ou d'exonérer des frais de taxes et de douanes sur les moustiquaires et les insecticides", souligne Dr. Sambo. En Côte d'Ivoire où la célébration a lieu aujourd'hui à Bondoukou (Est du pays), un nouveau protocole thérapeutique a été adopté et impose par exemple que pour un cas de paludisme simple, le traitement en première intention est désormais l'artésunate+amodiaquine au lieu de la chloroquine comme c'était le cas avant.
Pour la célébration officielle de cette journée au niveau africain, c'est la Zambie qui a été choisie pour abriter les festivités qui vont se faire autour du thème : "Unie contre le paludisme" et le slogan : "Ensemble nous vaincrons le paludisme". L'OMS veut inciter les communautés, les gouvernements, les ONG, les institutions de recherche, le secteur privé, les partenaires au développement à unir leurs forces pour lutter contre le paludisme.
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Lutte contre le paludisme : l'urgence s'impose, Espérance Tshibuabua
Le Potentiel (Kinshasa), 25 Avril 2005, Publié sur le web le 26 Avril 2005
Le 25 avril de chaque année reste consacrée à la journée africaine du paludisme. Pour cette année, le thème retenu est "Unis contre le paludisme". L'année 2005 représente une année charnière entre 2000, l'année du Sommet africain sur le paludisme, qui s'est tenu à Abuja (Nigeria) et 2010, la date à laquelle une quarantaine de chefs d'Etats africains présents au Sommet se sont engagés à réduire de moitié le paludisme en Afrique.
Cependant une revue médicale britannique, cité par l'agence France presse s'inquiète du fait que des retards ont été pris dans la lutte contre cette maladie. De ce fait, souligne la source, il s'avère maintenant impossible d'atteindre l'objectif fixé, à savoir celui de diviser par deux la mortalité liée à ce fléau d'ici 2010. Non seulement elle constitue un obstacle au développement économique et social en Afrique, le paludisme reste la principale cause de mortalité chez les jeunes enfants africains. Chaque année, environ 90% de cas des décès surviennent dans ce continent. La maladie affecte essentiellement l'Afrique pour plusieurs raisons.
Elle est une maladie de la pauvreté et une cause de pauvreté. Cette maladie présente des conséquences nombreuses. Mais principalement, le paludisme entrave la scolarité des enfants et le développement social en raison de l'absentéisme et des atteintes neurologiques permanentes.
Le paludisme chez les enfants
Un décès d'enfant sur cinq en Afrique est imputable au paludisme. L'anémie, l'insuffisance pondérale à la naissance, l'épilepsie et les problèmes neurologiques, conséquences fréquentes du paludisme, compromettent la santé et le développement de plusieurs millions d'enfants dans les pays tropicaux.
Plus de 40 % des enfants de la planète vivent dans des pays où le paludisme est endémique. Chaque année, plus de 75 % des victimes sont des enfants africains de moins de 5 ans infectés par Plasmodium falciparum. Une résistance aux médicaments antipaludiques de plus en plus fréquente, aggravée par une pauvreté très répandue, l'insuffisance des infrastructures médicales et, dans certains pays, des troubles civils, expliquent que la mortalité provoquée par le paludisme continue à progresser en Afrique. Le plus tragique, c'est que la grande majorité de ces décès pourrait être évitée.
Des conséquences sous-estimées
Les graves conséquences du paludisme sur le développement et sur la santé de l'enfant sont souvent sous-estimées et ne sont pas correctement prises en charge. En Afrique, d'après les estimations, les enfants ont entre 1,6 et 5,4 accès de paludisme chaque année. Chiffre qui varie selon les conditions géographiques et épidémiologiques. Les enfants sont vulnérables au paludisme dès l'âge de 4 mois et, dans les zones fortement endémiques, pendant la période où la transmission atteint son paroxysme, près de 70 % des enfants d'un an ont les parasites du paludisme dans leur sang. La fièvre coupe l'appétit. Ce qui exacerbe la malnutrition. Les épisodes récurrents de paludisme chez l'enfant ou chez un membre de la famille sont souvent synonymes d'absences prolongées à l'école.
Faire reculer la maladie, une urgence
L'initiative "Faire reculer le paludisme" est née en 1998 de la prise de conscience du fait que la morbidité et la mortalité provoquées par le paludisme en Afrique sont d'autant plus inacceptables qu'on dispose d'un certain nombre d'outils de lutte efficaces et d'un coût abordable. L'objectif est de diminuer de moitié la mortalité provoquée par le paludisme d'ici à 2010.
Plusieurs interventions efficaces et abordables ont fait leur preuve. Si on les mettait en oeuvre tout en les adaptant aux situations locales dans les pays où le paludisme est endémique, elles pourraient réduire considérablement la morbidité et la mortalité dues au paludisme.
Traitement antipaludique
Parlant du traitement de la maladie, les chercheurs indiquent que la majorité des décès dus au paludisme pendant l'enfance s'expliquent par l'administration trop tardive d'un traitement antipaludique efficace. L'état clinique d'un jeune enfant atteint de paludisme se détériore inexorablement et peut entraîner la mort en quelques jours voire quelques heures si un traitement efficace ne lui est pas administré rapidement. Pour être couronnée de succès, toute tentative visant à réduire la mortalité provoquée par le paludisme devra explorer les possibilités de minimiser ces pertes de temps.
En Afrique, on a constaté que la plupart des enfants sont d'abord traités avec des médicaments achetés localement dans les boutiques ou à un vendeur local. Dans ce cas, on propose une formation en priorité les commerçants afin qu ils choisissent les médicaments antipaludiques appropriés pour traiter les accès de fièvre chez les enfants et qu'ils prescrivent la dose correcte. Des conditionnements de médicaments antipaludiques faciles à utiliser sont un moyen bon marché d'accroître la proportion de patients qui achèvent leur traitement.
L'infrastructure sanitaire
Pour que le temps et les dépenses considérables que représentent les visites au dispensaire ou à l'hôpital dans les zones rurales d'Afrique se justifient, les parents doivent être convaincus que le traitement administré à leurs enfants est meilleur que celui qu ils peuvent obtenir plus près de chez eux. Malheureusement, ce n'est souvent pas le cas.
Il s'avère indispensable de mettre en place des mécanismes qui permettront de faire de manière que les établissements de santé disposent de stocks suffisants de médicaments et de fournitures cliniques. Aussi, que le personnel soit compétent et bien supervisé dans les domaines tels que le diagnostic rapide, réanimation et soins cliniques à administrer aux enfants souffrant d'une forme grave de paludisme.
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Journée africaine contre le paludisme : baisse sensible des décès dans les hôpitaux au Sénégal, Maïmouna Gueye
Le Soleil (Dakar), 25 Avril 2005, Publié sur le web le 26 Avril 2005
À l'occasion de la célébration de la Journée africaine contre le paludisme (Jap) qui doit se dérouler officiellement aujourd'hui à Thiénaba (Région de Thiès), sous la présidence du ministre de la Santé et de la Prévention médicale, le Dr Issa Mbaye Samb, nous avons rencontré le Dr Bacary Sambou, chargé de programme au bureau de l'Oms à Dakar. Nous avons eu avec lui un entretien dans lequel il nous fait le bilan sur l'impact des interventions sanitaires et communautaires contre l'endémie palustre, ainsi que sur l'adhésion populaire à la promotion des moustiquaires imprégnées et les coûts de la prise en charge thérapeutique, notamment suite au changement dans le protocole de traitement. Le médecin estime que le Sénégal a engrangé de bons acquis sur la ligne des objectifs d'Abuja contre cette maladie.
"Pour la situation de l'endémie du paludisme en Afrique, nous n'avons pas encore reçu le rapport de 2004. Mais, les données ne doivent pas changer par rapport à 2003 où le nombre de cas enregistrés était évalué à environ 3 millions de personnes touchées par le paludisme. Au cours de cette période, les cas de décès liés au paludisme étaient évalués à un million de personnes. Il faut tout juste rappeler que l'Afrique subsaharienne enregistre le plus grand nombre de décès ". Ces propos sont du Dr Bacary Sambou, chargé de programme au bureau de l'Organisation mondiale de la Santé (Oms) au Sénégal, qui dresse la situation du paludisme en Afrique.
Pour ce qui concerne le Sénégal, Dr Sambou fait savoir " qu'il n'y a pas eu une évaluation exhaustive de l'endémie du paludisme. Il n y a pas d'enquête globale ". Seulement, il fait savoir que " les dernières statistiques obtenues au niveau des formations sanitaires font état de 1.129.000 cas par an au Sénégal ". Mais, " la létalité est assez faible à ce niveau ", souligne-t-il.
Si on compare les chiffres, on se rend compte qu'avant 1990, la mortalité liée au paludisme au Sénégal se situait à 10 %. Entre 1997 et 2000, elle était entre 6 et 4 %. Alors que maintenant, elle est évaluée entre 1 et 2 %. D'où une baisse notoire de la létalité, souligne Dr Sambou. Mais, " ces chiffres ne concernent que les formations sanitaires du Sénégal ", précise-t-il. Cette réalité traduit ainsi la difficulté à dresser la situation globale du paludisme au Sénégal. C'est ainsi que, soutient Dr Sambou, " pour l'instant, on ne peut pas mesurer la mortalité liée au paludisme sur l'ensemble de la communauté ". Le paludisme, estime-t-on à partir des statistiques des structures sanitaires, fait entre 8 à 10000 décès par an au Sénégal. Si on y ajoute les décès non enregistrés, cela devrait avoisiner les 20000 par an.
La raison de cet état de fait est à rechercher dans les difficultés à conduire ces types d'enquête qui sont lourdes par le fait qu'elles nécessitent, entre autres, un échantillonnage plus large ", fait savoir le Dr Bacary Sambou. C'est pourquoi " nous préférons laisser ce travail d'enquête exhaustive et de recueil de données aux spécialistes. Notamment dans le cadre de l'Enquête démographique et de santé (Eds). Avec l'Eds, on peut disposer de toutes les statistiques sur le paludisme au Sénégal ".
" Les médecins ont bien accueilli le changement de protocole "
Par rapport au changement de protocole thérapeutique introduit depuis quelque temps dans le traitement du paludisme, le Dr Bacary Sambou indique qu'il entre dans le cadre des acquis qui ont été renforcés dans la lutte contre le paludisme. C'est justement cela qui a conduit à la mise en oeuvre d'autres combinaisons (médicamenteuses).
Selon lui, " les médecins ont bien accueilli le changement de protocole. Et pour y arriver, il a fallu réajuster les directives et expliquer ". C'est ainsi que, soutient-il, " Nous avons rassemblé l'ensemble des prestataires au Sénégal, du sommet à la base de la hiérarchie sanitaire, pour expliquer les raisons qui ont guidé le changement de protocole. Et ils ont compris. Ils y ont tous adhéré, même ceux qui étaient réticents au départ ". Et pendant un an, la stratégie pour faire comprendre l'option prise de changer de protocole a tourné essentiellement autour de cette phase d'explication pour une adhésion des prestataires à cette nouvelle méthode de prise en charge du paludisme.
Ces explications s'imposaient d'autant que, renseigne Bacary Sambou, " les gens ne se sont pas levés un beau jour pour dire qu'il faut changer de protocole pour le traitement du paludisme. Des études scientifiques ont été menées. Et elles justifient une telle option ".
C'est en 2004 que la nouvelle combinaison thérapeutique a commencé à être appliquée au Sénégal ". Mais le Dr Sambou fait savoir qu'une combinaison transitoire a été utilisée avant le passage au nouveau mode de traitement.
Pour une utilisation efficace de cette combinaison, M. Sambou pense que les stratégies ne doivent pas être séparées. Selon lui, " il fallait y aller par étapes avec les prestataires d'abord qui ont bien compris et, ensuite, travailler avec les relais. Pour ces derniers, Bacary Sambou indique qu'il a été préconisé qu'il y ait dans chaque village un relais formé. À la suite de cette formation, le relais doit être en mesure de tenir une fiche technique. " Ce qui n'est pas compliqué ", dit-il. C'est d'ailleurs de cette façon que l'introduction de la combinaison thérapeutique communautaire a été possible.
Coût de prise en charge majoré avec la nouvelle combinaison
Pour les éventuelles difficultés que les populations peuvent avoir dans l'administration des médicaments recommandés dans la nouvelle combinaison, Bacary Sambou fait savoir qu'il n'y a pas de souci à se faire dans la mesure où les comprimés sont sécables. Par conséquent, aussi bien les adultes que les enfants peuvent les prendre au cas où il n y aurait pas de sirop. Comme c'est le cas avec les dérivés d'artémisine (*) en vente au Sénégal.
Par contre, il souligne que le coût de la prise en charge dans la nouvelle combinaison a été majoré avec le nouveau mode de traitement préconisé dans le paludisme. " Le coût est évalué entre 250 et 350 FCfa par rapport à l'épisode palustre ". Cela si l'on se réfère aux tarifs en vigueur avec l'initiative de Bamako. Seulement, " si on veut se traiter en officine avec cette combinaison, on ne dépense pas moins de 2.500 F Cfa ", selon Dr Sambou
Un taux d'utilisation de 40 % des moustiquaires imprégnées dans certaines zones
S'agissant de l'adhésion des populations à la moustiquaire imprégnée, le médecin de l'Oms affirme qu'elle est forte au Sénégal. Mais, " quand on reste à Dakar, l'on ne s'en rend pas compte ", constate-t-il. Il ne peut pas donner, pour l'heure, des chiffres pour justifier le changement de comportement de beaucoup de personnes qui utilisent désormais la moustiquaire imprégnée. Selon lui, cet aspect sera également pris en compte dans l'Eds.
Cependant, Dr Sambou fait remarquer que dans les zones très bien surveillées, on n'a pas moins de 40 % de personnes qui utilisent régulièrement la moustiquaire imprégnée. " Alors que quand nous avons commencé, on n'avait que 1% ". Ces zones à forte utilisation de moustiquaire imprégnée constituent celles qui avaient l'habitude d'en utiliser. Et Dr Sambou cite certaines contrées du Nord et du Sud du pays où l'on ne peut pas s'imaginer ne pas dormir sous moustiquaire. Dans ces zones, les populations, avec les campagnes de distribution et d'imprégnation de moustiquaires, ne demandent qu'une chose : " que leurs moustiquaires soient imprégnées ".
Par contre, il y a des zones qui ont bénéficié d'appui de partenaires pour acquérir des moustiquaires. C'est dans ce cadre que l'Etat du Sénégal offre chaque année 200.000 moustiquaires aux populations, en plus de toutes les mesures prises pour la détaxation des intrants. À côté, il y a certains partenaires stratégiques, comme, entre autres, l'Unicef, l'Usaid, la Jica, qui font de même. Ce qui augmente le taux d'utilisation des moustiquaires imprégnées.
(Suite demain de l'entretien) (*) L'artémisine est active contre les souches multirésistantes de plasmodium, agent du paludisme.
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Journée mondiale du Paludisme : sauver les enfants de moins de 5 ans, par Donat Suffo
Le Messager (Douala), 25 Avril 2005, publié sur le web le 26 Avril 2005
Quinze mille moustiquaires seront en principe offertes cette année pour la lutte au sein de la classe jeune dans la province du Nord-Ouest.
La ville de Ndop accueille ce lundi 25 avril 2005, les activités de la cinquième édition de la journée africaine de lutte contre la paludisme dans la province du Nord-Ouest. Le choix du chef-lieu du département de Ngoketunjia n'est pas fortuit. A en croire le Dr. Odile Charlotte Tchekountouo, chef de l'unité provinciale de lutte contre le paludisme, le district de santé de Ndop occupe le piédestal des aires de santé où la maladie est la plus récurrente dans la province.
En prélude à l'événement d'aujourd'hui, le chef de l'unité de lutte et le délégué provincial de la santé publique du Nord-Ouest le Dr. Ndiforchu. A. Victor ont donné un point de presse vendredi dernier, dans la salle de conférences de ses services.
On retiendra de l'économie de cet entretien que le paludisme reste au premier plan des maladies qui menacent la santé de la population. " Quand on compte les dix premières maladies dont souffrent la population du Nord-Ouest, le paludisme vient en tête " a reconnu le délégué provincial Son hematozoaire/plasmodium falciparum) constitue la première cause de mortalité sur l'échiquier national. 25 à 30 % de décès sont dus au paludisme. Les groupes les plus vulnérables et les plus touchés par cette maladie se recrutent dans le rang des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans
La moustiquaire imprégnée, arme efficace
Chez la femme enceinte, rapportent les orateurs du jour, le paludisme provoque l'anémie. Sujet somme toute connu de tous, précise le Dr. Tchekountouo, le paludisme " est un gros problème de santé publique mal managé ". C'est pourquoi explique-t-elle, en 2000, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays africains réunis à Abuja au Nigeria ont pris sur eux de combattre sous toutes ses formes cette maladie. De tous les moyens de lutte, le chef de l'unité provincial est d'avis que " la moustiquaire imprégnée reste le moyen de prévention le plus sûr et le plus efficace ". C'est dans cette logique que depuis 2003, l'Etat met un accent particulier sur l'utilisation de la moustiquaire imprégnée. Jusqu'au lancement de la distribution- commercialisation, le taux d'utilisation du moustiquaire se situait à moins de 0.4 % dans le Nord-Ouest mais à en croire le Dr. Odile Charlotte Tchekountouo, ce taux s'est considérablement amélioré et se situe à 23,5 % aujourd'hui.
La première étape a ciblé les femmes enceintes qui recevaient gratuitement ces moustiquaires. Le délégué provincial estime pour sa part que ce taux somme toute encourageant ne saurait pousser son personnel à baisser la garde. Et le thème tout comme le slogan de l'édition 2005 sont évocateurs à juste titre " ensemble luttons contre le paludisme ", " ensemble nous vaincrons le paludisme ". C'est dire, s'il en était encore besoin, que le chemin de l'éradication de cette maladie est encore long. C'est pourquoi le " Fonds mondial " en collaboration avec le ministère de la Santé et les autres partenaires que sont l'Oms, l'Unicef, a mis 15.000 moustiquaires imprégnées à la disposition de la province du Nord-Ouest. Ces moustiquaires, précise le délégué provincial seront distribuées gratuitement aux enfants de moins de cinq ans, l'objectif étant d'atteindre le groupe le plus vulnérable. Au-delà de cette cérémonie de Ndop qui sera présidée le gouverneur Koumpa Issa, les journées portes ouvertes sont organisées à l'unité provinciale où on procède également à l'imprégnation gratuite des moustiquaires venus des quartiers. Elles courent jusqu'au 29 Avril.
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Malaria : le pire demeure, par Vanessa Nana
Le Messager (Douala), 25 Avril 2005, publié sur le web le 26 Avril 2005
Malgré les progrès, le paludisme est là.
Le paludisme, encore appelé malaria, emporte 3 millions de personnes chaque année. 80 à 90 % de ces victimes sont africaines et 2/3, des enfants de moins de cinq ans. La cinquième journée franco-africaine de lutte contre le paludisme se célèbre ce jour (25 avril), sur l'étendue du territoire camerounais et dans le monde, avec pour thème " unissons-nous contre le paludisme. " En prélude aux manifestations de ce jour, Afrique sans frontières, la Ligue contre le paludisme et la fondation Edoli, des Ong camerounaises ont organisé une campagne de sensibilisation pour les populations de la capitale économique et ses environs, la semaine dernière.
Une conférence-débat, sur le thème " le paludisme d'aujourd'hui et nous ", est venue clore cette campagne vendredi soir à Douala. Autour de la table des experts pour parler de la situation du paludisme dans notre société en ce moment.
Selon le Dr Loé Mamère, chef du département environnement de la communauté urbaine de Douala : " Nos mentalités dans nos milieux de vie favorisent la densification des moustiques ". A sa suite, le Pr Same Ekobo, a entretenu le public sur le paludisme aujourd'hui. De l'historique de la maladie aux mutations du parasite, en passant par la prophylaxie et le traitement, ce spécialiste a fait le tour de la question.
"Le paludisme est une courte maladie très mortelle qui existe depuis la haute antiquité." Depuis qu'on a découvert cette maladie en 1890, malgré les progrès scientifiques, " le paludisme est là ". En 1955, en Afrique, on a lancé la théorie de l'éradication de la malaria. En 1969, on s'est rendu compte que seules 19 % de personnes sont protégées contre ce mal. Et pour cause, en évoluant, le parasite a développé des résistances. Finie la théorie de "l'éradication de la malaria." Bienvenu au concept du " contrôle du paludisme ", en 1978. Nouveau constat de l'échec dix ans plus tard (en 1998.) La même année, on parle du Roll back Malaria ( faire reculer le paludisme), née d'une initiative africaine. Ce n'est que deux ans plus tard, au terme d'une réunion des chefs d'Etat que la journée de lutte contre le paludisme est décrétée. Depuis, le fléau n'a cessé de faire des ravages.
Mutations et résistance
Le paludisme a pour cible principale, la femme enceinte et les enfants de 0 à 5 ans. Aujourd'hui, les spécialistes sont unanimes qu'on fait face à un double phénomène de résistance, à une modification des faciès épidémiologiques. En plus, les pouvoirs publics se sont réveillés tardivement. " Entre 7 et 12 mois par an, le paludisme sévit sur le Cameroun. Il existe plus de 65 % de prévalence sur les côtes et on a tous les faciès de la maladie. " Ce qui fait dire au Pr Same qu'"on est toujours dans la zone de turbulence et que le paludisme est une Afrique en miniature", car le paludisme a fait son lit dans notre pays.
Le traitement pose encore un sérieux problème. En 2001, une étude a montré que seuls 20 % des cas sont soignés à l'hôpital et dans les dispensaires. 80 % de malades se traitent chez eux. Cette situation favorise ce que les experts appellent " le paludisme urbain ", qui peut facilement faire passer un malade du lit d'hôpital à la morgue. Pire, la chimiorésistance ou pharmacorésistence est un phénomène grave qui transforme le paludisme en une maladie ré-emergente. Les malades résistent de plus en plus à la " chloroquine mais, certains médecins s'obstinent à prescrire ce traitement aux malades ", regrette le Pr Same, qui trouve que ce médicament était excellent, pas coûteux et pas toxique. Mais depuis 1999, il satisfait seulement 27 % de personnes à Douala.
Les complications sont aussi nombreuses. Finie l'époque où paludisme et fièvre accordaient leurs violons. Aujourd'hui, les manifestations sont diverses lorsqu'on est atteint de paludisme. Toux fébrile, tableau de pneumopathie, syndrome de détresse, diarrhées fébriles et même infarctus, sont quelques manifestations que peut présenter le malade. Toutefois, il vaut mieux prévenir ce mal en tenant propre notre environnement, qui favorise très souvent le développement des moustiques.
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Les médias mis à contribution pour juguler le paludisme, Raymonde Senga
Le Potentiel (Kinshasa), 23 Avril 2005, ublié sur le web le 25 Avril 2005
Kinshasa
Le continent africain célèbre le 25 avril de chaque année la journée de lutte contre le paludisme. En prévision de la 5ème édition de cette journée, en Rdc, le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) et d'autres partenaires dans la lutte, notamment l'Unicef et l'Oms, ont organisé jeudi 21 avril 2005 en la salle de conférences au siège de l'Unicef, une journée d'information à l'intention des professionnels des médias.
Le but était de les informer sur le thème de la journée, les objectifs poursuivis cette année et de les orienter sur la manière de les exploiter dans leurs productions, étant donné le rôle prédominant que jouent les médias dans la sensibilisation, la mobilisation communautaire et le plaidoyer.
Le thème cette année est " Unissons- nous contre le paludisme ". Par cela, a fait savoir, le Dr Nganga Makina de l'Oms, le partenariat est la caractéristique clé pour la lutte, car l'union fait la force. Le partenariat est une nécessité car les pays victimes sont pauvres et ils ont besoin d'être appuyés. Mais cela doit être coordonné pour éviter le gaspillage des ressources, la concurrence inutile que l'on a déjà fait.
Pour ce qui concerne la Rdc, c'est aussi un moment d'évaluer ce qui est fait de tous les engagements pris par le gouvernement pour atteindre les objectifs d'Abuja. Ces objectifs ont été adoptés en 2000 par les pays avec comme défis d'atteindre à la fin de 2005, 60% des malades traités avec les antipaludiques de qualité et correctement dans les 24 heures suivant le début des symptômes ; 60% des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes sous moustiquaire imprégné d'insecticide et 60% des femmes enceintes sous Traitement préventif et intermittent (Tpi), le passage à l'échelle de la prise en charge intégrée des maladies d'enfance et les interventions à base communautaire. La question étant de savoir où en est la Rdc dont les autorités ont pris l'engagement d'exonérer les médicaments et les intrants antipaludiques.
La communication faite par le Dr Kanyeba Kalambay a fait observer l'ampleur du paludisme en Rdc, ses conséquences et les moyens de lutte. Selon elle, cette maladie est la principale cause de morbidité et de mortalité. Le nombre de cas est toujours élevé, soit 4.028.950 enregistrés en 2004 contre 4.386.638 en 2003. Le paludisme constitue, a-t-elle indiqué, 59% des motifs de consultations externes chez les enfants de moins de 5 ans ; ces enfants représentent également 58,5% de l'ensemble des cas avec 48% des hospitalisations. Le paludisme est aussi à la base de 85% de cas de transfusion sanguine chez les enfants de moins de 5 ans, de 37% de décès survenus pendant leur hospitalisation. Elle a, en outre, relevé que moins de 5% des malades atteints de paludisme se rendent au centre de santé tandis que plus de 80% se soignent à domicile. En termes de conséquences, elle a fait savoir qu'il existe un lien étroit entre le paludisme et la pauvreté. Maladie des pauvres et appauvrissante, il entraîne une perte de 49 jours de cours à un élève sur un total de 225 jours soit, 21%. C'est aussi la deuxième cause de l'absentéisme scolaire au niveau de l'école primaire.
La cure d'un épisode grave coûte 35$, cinq jours de travail sont perdus lors de chaque épisode de paludisme et 60% des récoltes sont perdues par les familles lors des épidémies. Quant aux moyens de lutte, elle a cité la prévention par la promotion de la moustiquaire imprégnée d'insecticide, l'assainissement du milieu et le traitement préventif et intermittent de la femme enceinte au cours des consultations prénatales. Quant à la prise en charge des cas, elle a révélé qu'actuellement, c'est la combinaison Artesunate-Amodiaquine qui est efficace. La quinine reste le médicament de dernier recours. Elle a conclu sur les opportunités et les perspectives qui se présentent pour une lutte efficace en Rdc. Pour les perspectives, elle a préconisé le passage à l'échelle des activités de lutte contre cette maladie afin d'atteindre les objectifs d'Abuja.
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Paludisme : le traitement simplifié. Projet d'un nouveau traitement contre la malaria, Stephane Etinga
Le Potentiel (Kinshasa), 16 Avril 2005, Publié sur le web le 18 Avril 2005
Plusieurs médicaments à base de plantes ne sont pas standardisés. C'est ce qu'a indiqué dernièrement un chercheur belge, le professeur Vleetick de l'Université d'Anvers. C'était au cours d'un entretien que le ministre de la Recherche scientifique, Gérard Kamanda wa Kamanda, a eu avec une équipe de chercheurs de l'Université de Kinshasa (Unikin).
Concrètement, a souligné ce chercheur belge, il faudrait fixer des normes pour que les médicaments qu'on trouve en Rdc soient acceptés. Il convient de préciser que cet entretien a porté principalement sur les projets d'études des plantes médicales. Outre cette fixation des normes, la même équipe a initié un projet qui vise à combattre le paludisme. L'effort sera mené pour trouver un médicament à base des plantes contre la malaria. Ce, compte tenu de la résistance constatée dans le traitement sous la chloroquine. Cette étude va exiger une collaboration entre les différentes disciplines, notamment la botanique, la pharmacologie, la phytochimie, la toxicologie, l'agronomie afin d'aboutir aux études cliniques qui soient contrôlées. Pour les besoins de ces études, environ 80 patients, a ajouté le professeur Vleentick, seront sélectionnées.
Pour sa part, le ministre de la Recherche scientifique, s'est dit satisfait de ce initiatives et a invité ses hôtes à créer un centre d'excellence à l'Université de Kinshasa pour l'étude des plantes médicinales en général. Un centre qui s'intéressera non seulement à la lutte contre le paludisme, mais aussi toutes les autres maladies tropicales.
C'est un soutien moral que nous avons obtenu du ministre de la Recherche scientifique, a mentionné le chercheur belge. Avant d'annoncer que quelques financements ont été déjà perçus afin de renforcer les capacités des laboratoires de toxicologie, de pharmacologie et de biologie clinique. Selon ce dernier, l'appareillage et les instruments vont arriver bientôt. Le professeur Vleentick espère que cela constituera l'embryon du centre d'excellence en recherche sur les plantes médicales.
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Cameroon Tribune (Yaoundé), Alain Tchakounte
Une nouvelle combinaison thérapeutique, à moins de 600 francs en trois jours, vient d'être mise sur pied par une firme française. 11 Avril 2005, publié sur le web le 11 Avril 2005
Le médicament, dont le nom n'a pas encore été révélé, mis au point par la firme pharmaceutique Sanofi-Aventis va coûter moins de 600 francs Cfa par adulte, pour trois jours de traitement. Un chiffre à comparer au prix de l'ancien traitement qui s'évaluait à près de 900 francs par jour. Il a été jugé novateur lors de son officialisation jeudi dernier par les professionnels et moins contraignant pour les malades. Sa commercialisation prévue pour l'an prochain, devra permettre aux paludéens adultes, de passer de huit à deux comprimés par jour, et pour un nourrisson, la dose passera à 1 comprimé par jour. La résistance aux médicaments représente le défi majeur que doivent relever les scientifiques. Une des raisons essentielles de l'augmentation de cette résistance aux traitements est la quantité trop importante de pilules à prendre chaque jour. Un frein, selon les scientifiques, à la bonne observance du traitement. Ne pas le prendre entièrement ne permet pas de guérir et aggrave la vulnérabilité des patients face à une récidive de la maladie, pense-t-on dans les milieux hospitaliers. Le produit a été développé en partenariat avec la fondation "Drugs for Neglected Diseases Initiative" (Médicaments pour maladies négligées). Association basée à Genève, en Suisse, et créée il y a deux ans pour contribuer au développement de traitements destinés aux maladies touchant des populations insuffisamment solvables. Il associe une molécule antipaludéenne classique à une nouvelle molécule issue d'une plante chinoise et contenant de l'artémisinine.
Selon le Docteur Allan Schapira, coordinateur de l'équipe de l'OMS chargée de la lutte contre la maladie, " cela paraît simple de faire un comprimé à partir de deux, mais c'est une étape très importante, car cette association facilite la prise du traitement ". La nouvelle pilule pourrait être utilisée dans 100 millions de cas de malaria au moins qui surviennent chaque année, ajoute le Dr Schapira.
On estime entre 350 et 500 millions le nombre de personnes souffrant de paludisme chaque année dans le monde, selon des chiffres communiqués par l'OMS. L'Afrique et une partie du sud-est asiatique sont les régions les plus touchées par la maladie. " Le tarif à prix coûtant est une des politiques essentielles pour augmenter l'accès aux médicaments des populations de pays en voie de développement ", a expliqué le directeur du DNDI. Ces pays à forte endémie palustre, avec les institutions internationales et les ONG pourront bénéficier en 2006 de cette avancée notable.
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