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[e-med] GHANA : Le taux d'infection au VIH en baisse
- From: "Carinne Bruneton" <remed@remed.org>
- Date: Fri, 15 Apr 2005 10:20:07 +0200
GHANA : Le taux d'infection au VIH en baisse
ACCRA, le 13 avril (IRIN) - Le taux de prévalence du VIH/SIDA au Ghana est
en baisse pour la première fois depuis cinq ans et s'établit désormais à 3,1
pour cent contre 3,6 en 2003, a révélé une nouvelle étude sentinelle publiée
mardi.
L'enquête a montré que les taux d'infection au VIH ont diminué dans 14 des
35 zones étudiées et que six sites sentinelles, tous situés dans le sud du
pays, enregistraient un taux de prévalence de plus de cinq pour cent, contre
huit sites en 2003.
"Je pense que les stratégies prônant le changement de comportement
commencent à payer", a dit à PlusNews le professeur Sakyi Awuku Amoa,
directeur de la commission ghanéenne contre le sida (GAC). "Mais je ne veux
pas trop insister sur nos succès pour l'instant".
"J'espère que ces dernières statistiques nous aideront à orienter nos
stratégies dans la bonne direction pour nous permettre d'enregistrer une
baisse du taux de prévalence au cours des trois prochaines années", a ajouté
Amoa.
Entre septembre et décembre 2004, 15 711 prélèvements sanguins ont été
effectués dans 35 sites sentinelles répartis sur tout le territoire, sur des
femmes enceintes venues pour des consultations prénatales et sur des
patients soignés pour des infections sexuellement transmissibles (IST).
Le sud du Ghana, où la population est plus dense qu'au nord, est le plus
touché par l'épidémie. Le taux de prévalence du VIH/SIDA y varie entre trois
et 6,5 pour cent, tandis que les régions du nord du pays, qui ont toujours
été moins affectées, affichent un taux moyen de 1,8 pour cent.
Dans les régions les plus fréquentées par les voyageurs, les transporteurs
et les commerçants, les taux de prévalence frôlent les six pour cent. Ainsi
à Ho, la capitale de la région de la Volta frontalière du Togo à l'est, 5,8
pour cent de l'échantillon sont séropositifs, tandis que Tema, le principal
port du Ghana situé à 20 kilomètres de la capitale Accra, affiche 6,4 pour
cent.
Dans la région ouest, frontalière avec la Côte d'Ivoire, les taux de
prévalence atteignent 6,8 pour cent dans les petites villes de Wenchi et de
Fanteakwa. Ce sont les taux les plus élevés d'infection au VIH enregistrés
en milieu rural.
Dans la région est, le site sentinelle de Koforidua, la capitale régionale,
révèle un taux de prévalence de 5,4 pour cent tandis qu'Agomanya enregistre
un taux de 7,4 pour cent, le plus haut du pays, contre 9,2 pour cent en
2003.
Situé près du barrage hydroélectrique d'Akosombo, le centre administratif
d'Agomanya a toujours eu les taux d'infection au VIH les plus élevés du
pays. Ces cultivateurs, qui ont perdu leurs terres avec la création
artificielle du lac Volta dans les années 1960, ont dû migrer et leurs
femmes travailler dans les hôtels et les débits de boisson des villes de la
région où elles se sont adonnées à la prostitution.
Les autorités se sont gardées de tout triomphalisme à l'annonce de ces
dernières statistiques.
"Cette baisse ne veut pas dire que le nombre de personnes infectées au VIH
diminue au Ghana", a dit le docteur Nii Akwei Addo, directeur des projets
pour le programme national de contrôle du sida (NACP). "Il faut une baisse
sur trois années consécutives pour que ces chiffres soient significatifs".
"Par ailleurs, on pourrait se réjouir si tous les indicateurs étaient en
baisse, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans l'étude 2004", a ajouté
Akwei Addo.
Les résultats de l'enquête ont soulevé un certain nombre de préoccupations,
tant au niveau des taux de prévalence que du nombre élevé de jeunes
souffrant de la syphilis, ce qui laisse penser que de plus en plus de jeunes
ont des relations sexuelles non protégées.
L'enquête a montré une hausse des infections, de l'ordre de 0,1 pour cent,
chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans et les jeunes de 25 à 29 ans par
rapport à 2003, soit un taux d'infection de 4,5 pour cent en 2004.
Selon les officiels du programme de lutte contre le sida, ce dernier chiffre
est inquiétant car il peut indiquer soit que l'activité sexuelle de ces
jeunes est en hausse, soit que les campagnes de sensibilisation ont eu peu
d'impact sur ces deux groupes d'âge.
"On ferait mieux de commencer à mettre en place des sites sentinelles dans
les écoles où dans les lieux où se concentrent les jeunes", a dit le docteur
Warren Naamara, coordinateur du programme des Nations Unies contre le sida
(Onusida) au Ghana.
"Si nous voulons que les chiffres baissent, nous ne devons pas nous limiter
aux résultats relevés au niveau des consultations prénatales et des IST,
mais nous devons aller vers cette population que l'on connaît mal", a estimé
Naamara.
Dans le même temps, les officiels de la santé ont assuré que le gouvernement
ferait tout pour atteindre ses objectifs concernant les traitements
antirétroviraux (ARV).
A l'heure actuelle, les ARV sont disponibles dans quatre hôpitaux du sud du
pays. Le gouvernement prévoit d'étendre ces traitements aux dix hôpitaux
régionaux du Ghana d'ici la fin de l'année.
"Cela va nous demander beaucoup d'efforts mais nous devons relever le défi
et atteindre nos objectifs cette année", a dit Akwei Addo. "Un nouveau
centre de traitement va déjà ouvrir ses portes en avril, à l'hôpital public
de Koforidua".
Selon les autorités ghanéennes, 2 028 personnes reçoivent actuellement des
traitements ARV subventionnés par l'Etat, sur les quelque 70 000 qui en
auraient besoin.
En 2004, le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la
tuberculose a accordé au Ghana un financement de 15 millions de dollars sur
deux ans pour la distribution de ces ARV. Par ailleurs, le gouvernement
ghanéen a prévu un budget de six millions de dollars en 2005 pour
subventionner ces traitements.
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