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[e-med] (2)Le grand désert de la recherche sur les antibiotiques
- From: "CNPM CNPM" <pharmacomateriovigilancedz@hotmail.com>
- Date: Sat, 09 Apr 2005 20:53:03 +0000
RESISTANCES BACTERIENNES, LE DESERT EN RECHERCHE ET L'ANTIBIOTHERAPIE :
Quel scénario de sortie de crise.
La mauvaise utilisation des anti-infectieux en général et des antibiotiques en particulier est source de développement de résistances dans tous les pays sans exception. Dans les pays en développement, d'après le réseau international sur l'utilisation des médicaments (INRUD, OMS) et en Indonésie par exemple 27 % des patients âgés de plus de cinq ans sont traités par des antibiotiques et il y a au moins 1 antibiotique dans chaque ordonnance délivrée au patient (une moyenne de 1,2 antibiotiques par ordonnance), seulement 35 % des malades ne reçoivent pas d'antibiotiques. Au Soudan 70 % des prescriptions contiennent au moins un antibiotique. La prescription à large échelle d'antibiotiques dans les pays en voie de développement où les pathologies infectieuses sont relativement plus importantes, pose des problèmes à la fois de santé publique et économiques. Parmi les solutions qui sont envisagées pour inciter l'industrie pharmaceutique à faire la recherche et à produire plus d'antibiotiques pour juguler l'accroissement des résistances bactériennes, certaines sont d'ordre institutionnel à condition quelles aboutissent à la mise sur le marché d'antibiotiques plus performants, donc avec de bons rapports efficacité/coût, ce qui semble apparemment tenir une gageure eu égard aux challenges des rapports avantages/inconvénients médicaux d'une part et financiers pour l'industrie pharmaceutique d'autre part. Il existe pourtant des réponses qui sont à la portée des pays développés et en voie de développement, c'est la promotion de pratiques de bon usage des antibiotiques en parallèle à d'autres mesures incitatives institutionnelles (comme l'amélioration de l'enregistrement en faveurs de l'innovation en antibiotiques, la prolongation des brevets pour les nouveaux antibiotiques). Néanmoins, parmi les mesures que peuvent prendre les pays en développement ce sont la sélection d'antibiotiques essentiels pour chaque niveau de soins de santé primaire, secondaire ou tertiaire (centre de santé, hôpital de district, hôpital de référence) sous forme de double listes, l'une faite d'antibiotiques de base pour les soins primaires et une autre liste dite complémentaire pour des soins de niveaux plus spécialisés, tout en axant son travail sur une formation graduée et continue à partir de consensus nationaux d'utilisation d'antibiotiques pour traiter les pathologies infectieuses les plus courantes avec une attention particulière pour celles qui paraissent résistantes à l'action des antibiotiques. Une telle approche suppose le développement d'interfaces entre les facultés formant les praticiens, les organismes de formation continue et le ministère de la santé qui est en charge des malades à soigner (à ce niveau les objectifs ne devraient pas être conflictuels, donc apparemment gérables). Malheureusement cette collaboration n'a pas eu lieu et il n'existe pas de concertation permanente entre les facultés de médecine et de pharmacie d'une part et les différents départements du ministère de la santé (instituts des santé publique, direction de la prévention, pharmacovigilance, laboratoires de bactériologie) d'autre part. Dans cette confusion, l'industrie reste lucide puisqu'elle sait que les résistances vont plus vites que ses longues et coûteuses recherches pour trouver de nouveaux antibiotiques qui bien que curatifs sont à valeur ajoutée incertaine en comparaison aux médicaments palliatifs et substitutifs qui sont plus garants de profits à court et à long terme puisque traitant des maladies chroniques survenant dans des pays solvables. La solution dans les pays en voie de développement (mais développés aussi) est à rechercher par conséquent, du côté de la promotion du bon usage des antibiotiques, nonobstant une parfaite sélection de ces anti-infectieux par une approche multidisciplinaire qui fait appel à des compétences qui sont à la fois épidémiologiques, bactériologiques, pharmacologiques et cliniques.
Professeur A. Helali
Centre National de Pharmacovigilance et de Matériovigilance
BP 247 Alger 16009
pharmacomateriovigilancedz@hotmail.com
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