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[e-med] La fièvre de Marburg flambe en Angola
- From: "remed" <remed@remed.org>
- Date: Tue, 29 Mar 2005 12:28:09 +0200
ÉPIDÉMIE La seule parade contre ce virus très contagieux, qui a déjà fait au
moins 122 morts, est l'isolement des malades
La fièvre de Marburg flambe en Angola
http://www.lefigaro.fr/sciences/20050329.FIG0223.html
Martine Perez
[29 mars 2005]
Une terrible épidémie de fièvre hémorragique de Marburg frappe actuellement
l'Angola, avec 122 morts répertoriés à ce jour. Dimanche soir, un bébé de
moins de 2 ans est décédé quelques heures après sa mère à l'hôpital d'Uige,
dans le nord du pays. Tout deux ont été foudroyés par ce virus proche de
celui d'Ebola. Plusieurs foyers épidémiques auraient été recensés, qui
trouveraient tous leur origine à Uige. Samedi, c'est une femme enceinte qui
est décédée à Cabinda, à plusieurs centaines de kilomètres d'Uige ;
dimanche, cinq nouveaux malades ont été hospitalisés à Uige où l'hôpital a
été fermé, sauf pour les malades souffrant de fièvre hémorragique.
La transmission lors des soins est bien réelle : deux médecins et huit
infirmières sont morts la semaine dernière à la suite d'une contamination à
l'hôpital. Près de 75% des victimes sont des enfants de moins de cinq ans.
Plusieurs experts internationaux sont sur place, en provenance du Centre de
contrôle des maladies (CDC) d'Atlanta aux États-Unis, de l'Organisation
mondiale de la santé, de Médecins sans frontières. Une aide d'autant plus
nécessaire que ce pays de 11 millions d'habitants ne compte que 1 200
médecins, déplorait un directeur régional de la santé.
Ce n'est que mardi dernier que le CDC d'Atlanta a formellement identifié la
présence du virus de Marburg dans les échantillons de sang de malades
angolais qui lui avaient été adressés. C'est alors que l'on a pu comprendre
que les dizaines de cas de décès fulgurants observés dans ce pays - l'un des
plus pauvres du monde - depuis quelques mois étaient en réalité liés à cette
épidémie de virus de Marburg. Les premiers morts remonteraient à novembre.
Mais en l'absence de diagnostic précis, aucune des actions nécessaires pour
limiter la contamination n'a pu être prise, permettant à la maladie de se
propager. Les experts estiment que les mesures d'isolement des malades et de
leurs familles, seules armes contre l'épidémie, devraient être capables de
rompre le cycle de transmission.
Le caractère effrayant du virus de Marburg, comme celui d'Ebola, tient au
fait qu'il se transmet facilement par contact direct avec le sang ou les
liquides biologiques des personnes infectées et qu'il est alors capable de
provoquer le décès en quelques jours. L'infection se traduit d'abord par une
fièvre aiguë suivie d'importantes hémorragies, après une période
d'incubation de cinq à neuf jours. Au début, les symptômes peuvent être
confondus avec ceux de maladies plus courantes, paludisme, fièvre jaune. Le
taux de décès est très élevé. Il n'existe ni vaccin, ni médicament.
Cette maladie a été identifiée en 1967 lorsqu'une vague de sept décès
survenus simultanément chez des chercheurs dans des laboratoires
scientifiques à Marburg, à Francfort, mais aussi à Belgrade, s'est avérée
être liée à des singes infectés importés d'Ouganda. Depuis, mis à part
quelques cas isolés, la plus grande flambée épidémique a frappé la
République démocratique du Congo entre 1998 et 2000 avec 149 cas recensés
dont 123 mortels.
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MSF se mobilise contre la fièvre de Marburg en Angola
Paris, France (PANA) - L'ONG internationale, Médecins sans
frontières (MSF), dont le siège se trouve à Paris, a envoyé du
matériel de protection et des médicaments pour le traitement des
malades à l'hôpital de Uige (Nord de l'Angola), où plusieurs cas
de la fièvre Marburg ont été enregistrés, a appris la PANA de
source officielle.
Le matériel de protection, composé de combinaisons, de gangs, de
lunettes, de bottes et d'un kit, a déjà été envoyé en Angola et
un autre lot devra suivre dans les prochains jours.
Pour cette opération d'urgence, une équipe de 17 personnes sera
déployée et plusieurs volontaires d'expérience confirmée
interviendront directement à Uige, tandis que d'autres se
chargeront de la logistique lourde.
"Le rôle de notre équipe envoyée à Uige consistera à installer
des espaces d'isolement au sein de l'hôpital afin d'éviter la
propagation de la maladie et de traiter les symptômes des
malades", a indiqué MSF.
La fièvre de Marburg, maladie contagieuse de la même famille que
celle causée par le virus Ebola, est une fièvre hémorragique
mortelle avec des symptômes multiples, notamment la fièvre
soudaine, des maux de tête, des douleurs musculaires dans une
première phase, des fois avec des maux de gorge, des douleurs
thoraciques, des vomissements et de la diarrhée.
Il n'existe pas de vaccin ni de traitement spécifique à la fièvre
de Marburg. Son traitement se limite à l'hydratation des patients
et à l'administration d'antalgiques et d'anti-vomissements.
L'épidémie s'est propagée au sein du service pédiatrique de
l'hôpital, tuant cinq infirmiers.
Depuis octobre dernier, des 109 patients suspects de la fièvre de
Marburg hospitalisés à l'hôpital de Uige, 98 sont morts,
principalement des enfants de moins de cinq ans.
Paris - 27/03/2005
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Brazzaville prend ses précautions contre le virus de Marburg
Brazzaville, Congo (PANA) - Inquiet de la progression du virus de
Marburg actuellement signalé à Cabinda, enclave angolaise partageant
une longue frontière terrestre avec les départements du Kouilou et du
Niari, le gouvernement du Congo a pris une série de mesures pour
préserver les populations de ce virus qui a déjà fait plus de 120
morts en Angola.
"C'est depuis janvier 2005 que nous avons mis nos équipes en alerte
pour suivre de près la situation. Depuis que l'épidémie a été
confirmée, nous avons renforcé les mesures aux frontières, dans les
villages et dans les grands centres des départements du Kouilou et du
Niari qui partagent une frontière commune avec le Cabinda où le virus
fait déjà des victimes", a déclaré, lundi, le directeur général de la
Santé au Congo, le Dr Damase Bozongo.
Selon le Dr Bozongo, une équipe médicale comprenant des agents
spécialisés dans la sensibilisation des populations sur les attitudes
à observer afin que l'épidémie ne se propage pas a été dépêchée à la
frontière du Cabinda pour suivre l'évolution de la maladie.
"Il est, par exemple, demandé à ces populations, qui ont les mêmes
moeurs que les Cabindais, d'éviter les rituels en cas de décès par
mort suspecte de leur proche. Il est aussi déconseillé à ces
populations frontalières de se rendre à Cabinda au moment où
l'épidémie n'est pas encore maîtrisée", a indiqué le Dr Bozongo.
"Au niveau de la ville de Pointe-Noire reliée à Cabinda par une route
bitumée et à Luanda par un intense trafic aérien, il a été demandé
aux services spécialisés de ficher toute personne arrivant d'Angola,
de relever son adresse et de signaler tout cas suspect dans les
hôpitaux", a encore indiqué le directeur général de la Santé au
Congo, qui ne cache pas son inquiétude sur la progression de la
maladie vers son pays.
"Nous sommes inquiets malgré les dispositions que nous avons prises.
Notre expérience dans la lutte contre la fièvre hémorragique d'Ebola
qui, dans un passé récent, a fait de nombreux morts dans le Nord du
pays, nous amène à être vigilants", a-t-il ajouté, soulignant ne
pas comprendre pourquoi les autorités angolaises ne mettent en
quarantaine les zones où sévit le virus.
Selon les spécialistes, le virus de Marburg a les mêmes symptômes que
la fièvre hémorragique d'Ebola qui a sévi à plusieurs reprises dans
le département de la Cuvette ouest, frontalier avec le Gabon.
Lors de sa dernière apparition en 2002 à la suite de la consommation,
par de jeunes chasseurs, de la viande de gorilles trouvés morts dans
la brousse, la fièvre hémorragique avait fait plus de 100 morts dans
les villes et Kelle et Mbomo et leurs environs.
Entre autres mesures de lutte, les autorités congolaises avaient mis
en quarantaine tout le département de la Cuvette ouest, fermé les
écoles et les églises.
Brazzaville - 29/03/2005
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