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[e-med] L'OMS lance la Commission des déterminants sociaux de la Santé


  • From: "Carinne Bruneton" <remed@remed.org>
  • Date: Fri, 18 Mar 2005 19:00:39 +0100

L'OMS lance la Commission des déterminants sociaux de la Santé

Dakar, Sénégal (PANA) - Le directeur général de l'Organisation
mondiale de la Santé (OMS), Jong-wook Lee et le président du
Chili, Ricardo Lagos Escobar, ont lancé vendredi la "Commission
sur les déterminants sociaux de la Santé", une nouvelle entité
qui aura pour objectif majeur de prendre en charge les causes
sociales de la mauvaise santé.

Cette commission composée de 17 membres, placée sous l'autorité
du Britannique Michael Marmot, directeur du Centre international
pour la santé et la société et professeur d'épidémiologie et de
santé à University College de Londres, comprend d'autres
experts internationaux en matière de santé, d'éducation, de
logement et d'économie.

Selon le communiqué rendu public par l'OMS, les commissaires
seront chargés de faire des recommandations sur les voies et
moyens de prendre en charge, avec la meilleure efficacité, les
déterminants sociaux de la santé et de protéger la santé des
populations démunies et marginalisées afin de briser le cercle
vicieux de la pauvreté/mauvaise santé.

"La statut social est un des principaux facteurs qui déterminent
si l'individu vivra 40 ou 80 ans, s'il recevra des soins pour
traiter une maladie curable et si ses enfants vivront au-delà de
cinq ans", a déclaré M. Lee, à l'occasion de la cérémonie
officielle de lancement de la Commission, organisée à Santiago,
au Chili.

"Il n'est pas normal que les individus meurent jeunes parce
qu'ils sont pauvres. La Commission aidera les pays, qu'ils soient
riches ou pauvres, à mettre en oeuvre des stratégies susceptibles
d'aider les personnes démunies et marginalisées à vivre plus
longtemps et en meilleure santé", a ajouté M. Lee.

De l'avis du patron de l'OMS : "Cela place effectivement les
besoins des personnes désavantagées en première ligne dans la
liste des priorités du 21ème siècle en matière de santé".

L'OMS définit les déterminants sociaux comme les conditions dans
lesquelles les personnes vivent et travaillent. Il s'agit des
"causes derrière les causes" de la mauvaise santé, notamment de
la pauvreté, de l'exclusion sociale, de l'inadéquation des
logements, des insuffisances des efforts de protection du
développement du jeune enfant, des conditions de travail et du
déficit en systèmes de santé de qualité.

La Commission sera essentiellement chargée d'identifier,
d'évaluer, d'adapter et de propager les stratégies efficaces de
prise en charge des déterminants sociaux dans le but d'aider les
gouvernements à améliorer leurs interventions.

La Commission a un mandat de trois ans, à compter de ce mois, et
elle disposera d'un Secrétariat scientifique basé à University
College de Londres.

Pour l'OMS, les déterminants sociaux sont inextricablement liés
aux inégalités en matière de santé. Ils aident à expliquer
pourquoi les populations pauvres et marginalisées tombent malades
et meurent plus souvent que celles appartenant à des couches
sociales plus avantagées.

Les inégalités en matière de santé se manifestent sous diverses
formes, en particulier en termes de mortalité chez les enfants de
moins de cinq ans, qui varie entre 316 pour 1.000 naissances
vivantes en Sierra Leone (taux le plus élevé du monde) et 3 pour
1.000 naissances vivantes en Islande (taux le plus bas du monde).

D'autres facteurs sont pris en considération, en particulier
l'espérance de vie à la naissance, qui varie entre 34 ans en
Sierra Leone (espérance de vie la plus faible du monde) à 81,9
ans au Japon (la plus élevée du monde) et la probabilité, pour un
homme, de décéder entre 15 et 60 ans, soit de 8,3% en Suède à
46,4% Russie et 90,2% au Lesotho.

D'autres exemples touchent aux naissances avec l'assistance d'un
personnel de Santé qualifié, qui vont de 100% en Suède à 12% au
Bengladesh et 6% en Ethiopie.

"Une grande partie des problèmes de santé est attribuable aux
conditions sociales, c'est pourquoi les pauvres sont les plus
touchés par la mauvaise santé. Au plan mondial, nous devons
veiller à ce que les politiques de Santé aillent au-delà des
solutions exclusivement centrées sur la maladie et intègrent
l'environnement social", a indiqué le président de la Commission,
Michael Marmot.

"Je suis honoré de travailler avec des Commissaires d'un tel
calibre. Nous allons fournir aux décideurs les meilleures
informations afin de veiller à ce que la pauvreté ne condamne pas
les individus à une vie plus courte et moins saine", a-t-il
assuré.

La Commission va identifier les stratégies efficaces présentement
mises en oeuvre dans les pays et travailler avec les autorités
nationales pour déterminer les voies et moyens de reproduire les
succès dans d'autres pays et d'autres environnements.

S'il est vrai qu'à l'heure actuelle, les plus importants
progrès dans le domaine de la prise en charge des déterminants
sociaux ont été enregistrés dans les pays à revenus élevés, la
Commission ambitionne de s'intéresser tout particulièrement à
l'identification et à la promotion des politiques applicables
dans les pays en développement, où les effets négatifs des
déterminants sociaux se font le plus sentir.

Le démantèlement de ces barrières sociales devrait permettre de
renforcer de manière exceptionnelle les inégalités existantes
dans le monde en matière de Santé et de veiller à rendre durables
les retombées positives dans ce domaine.

Toujours selon l'OMS, la Commission concentrera l'attention des
principaux experts et chercheurs internationaux sur des
déterminants sociaux spécifiques tels que les cadres urbains,
l'exclusion sociale et les conditions de travail.

La Commission collaborera avec les autorités nationales afin
d'intégrer les approches liées aux déterminants sociaux dans les
efforts de réalisation des Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD). Ces derniers reconnaissent l'interdépendance
entre la santé et les autres réalités sociales et offrent une
opportunité de promouvoir des politiques de Santé qui permettent
de prendre en charge les fondements sociaux des souffrances
humaines injustes et évitables.

Les représentants du continent africain au sein de la Commission
sont les suivants : Anna Tibaijuka de la Tanzanie, Directrice
exécutive d'ONU-HABITAT, la ministre kenyane de la Santé, Charity
Ngilu, et le Professeur Hoda Rashad, directrice du Centre de
Recherche sociale de l'Université américaine du Caire.

Le président chilien siège au sein de la Commission qui
accueille également d'autres membres issus de l'Australie, du
Canada, d'Italie, de l'Inde, des Etats-unis, du Japon, d'Iran, du
Royaume-Uni et de la Suède.




Dakar - 18/03/2005