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[e-med] Le VIH expurgé des statistiques de mortalité sud-africaines
- From: "remed" <remed.75013@wanadoo.fr>
- Date: Mon, 21 Feb 2005 10:34:10 +0100
Sida. Maquillés en pneumonie ou tuberculose, les cas de décès dus au virus
sont sciemment sous-estimés.
Le VIH expurgé des statistiques de mortalité sud-africaines
Par Stéphanie SAVARIAUD
lundi 21 février 2005 (Liberation - 06:00)
Pretoria envoyée spéciale
http://www.liberation.fr/page.php?Article=277190
ombien de personnes meurent réellement du sida en Afrique du Sud ? La
question est toujours aussi polémique dans le pays. Le rapport de l'agence
nationale de statistique sud-africaine (Stats SA) sur les causes de
mortalité en Afrique du Sud de 1997 à 2003, qui devait sortir mi-janvier, a
finalement été rendu public hier. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs de
possibles manipulations politiques nourrissaient les journaux du pays, dont
le président est connu pour nier la relation entre le virus VIH et le sida
et minimiser l'impact de l'épidémie dans son pays.
«Tuberculose». Entre 1997 et 2003, le nombre de décès a augmenté de 57 %.
«Dans le groupe des 15-49 ans, le VIH émerge comme l'une des principales
causes de décès», a commenté vendredi Liz Gavin, de Stats SA, lors de la
présentation du rapport. D'après les trois millions de certificats de décès
épluchés, la tuberculose et la pneumonie sont les principales causes de
mortalité. Ce que contestent les associations de malades.
Les annonces de décès dans les journaux et le nombre impressionnant
d'obsèques de trentenaires laissent peu de doute sur l'explosion de la
mortalité liée au sida. L'ex-président sud-africain Nelson Mandela a révélé
le mois dernier que son fils en était mort, au moment où la presse
s'apprêtaient à annoncer un décès dû à la tuberculose, formule consacrée
dans les médias.
Selon les chiffres officiels, 9 479 personnes seraient mortes du virus en
2001 contre 6 602 en 1997. Mais presque 57 000 personnes sont officiellement
mortes de tuberculose en 2001, soit plus du double du chiffre de 1997.
Selon des chercheurs indépendants, le tabou est tellement grand et le
dépistage tellement faible que la cause du décès n'est souvent pas
mentionnée sur le certificat de décès. Un fait reconnu vendredi
officiellement : «La loi n'oblige pas le médecin à écrire qu'un patient est
mort du sida, si cela doit rester confidentiel», a justifié Liz Gavin. Le
conseil sur la recherche médicale, un institut indépendant, a mesuré la
hausse des décès d'enfants atteints de tuberculose et conclu que, sur les
dizaines de milliers de personnes mortes du sida en 2000, seules un tiers
auraient été enregistrées comme telles, les autres étant classifiées sous la
rubrique «maladie opportuniste». Stats SA a reconnu vendredi que ses
chiffres étaient sous-évalués.
Antirétroviraux. Si la nécessaire remise à plat des statistiques du sida se
produit, la pression devrait augmenter sur les autorités pour qu'elles
accélèrent la distribution d'antirétroviraux. Sur les quelque 60 000 malades
qui devraient en bénéficier d'après le programme gouvernemental, un tiers
seulement reçoivent les médicaments...
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