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[e-med] Revue de presse ARV/Sida


  • From: "Carinne Bruneton" <remed.75013@wanadoo.fr>
  • Date: Thu, 10 Feb 2005 10:10:05 +0100

* (Kenya) Des antirétroviraux pédiatriques seront développés dans 18
mois
* (Transparence : Une journée d'explications sur la gestion de "l'argent
du sida"
* L'Eglise catholique initie un plan Marshall contre le SIDA en Afrique
* (Côte d'Ivoire) Des poches de caoutchouc contre une maladie aux
origines inconnues
[où on apprend que "le sida est souvent considéré comme une sorcellerie.
Il y a plusieurs personnes qui croient que le sida n'existe pas"... 20
ans après le début de l'épidémie en RCI... CB]

*************

Des antirétroviraux pédiatriques seront développés dans 18 mois

Nairobi, Kenya (PANA) - Les organisations des Nations Unies pour
l'enfance et la santé disent qu'elles pourraient être en mesure
de développer et commercialiser des formulations pédiatriques des
antirétroviraux pour les enfants, dans un délai de 18 mois, a
annoncé l'envoyé spécial de l'ONU chargé d'aider à coordonner la
lutte contre le VIH/SIDA en Afrique.

S'exprimant lundi à l'occasion d'une conférence de presse à
Barcelone, en Espagne, sur les orphelins du SIDA en Afrique,
Stephen Lewis a dit que l'absence de traitement approprié pour
les enfants était un problème de longue date, mais que le Fonds
des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) tentaient actuellement de trouver des
solutions.

"Le signe de réconfort le plus important en vue est que l'UNICEF
et l'OMS ont réussi à s'attaquer aux aspects les plus complexes
de cette situation difficile" a-t-il dit.

"D'après les estimations, si nous commençons immédiatement, nous
pourrons placer des formulations pédiatriques sur le marché,
dans un délai de 18 mois".

Néanmoins, les 2,2 millions d'enfants vivant déjà avec le
SIDA allaient probablement perdre la course contre la montre, a
regretté ce dernier.


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Transparence : Une journée d'explications sur la gestion de "l'argent du
sida"
Wal Fadjri (Dakar)

9 Février 2005
Publié sur le web le 9 Février 2005

Le Premier ministre Macky Sall a appelé hier à Dakar, à plus de
transparence dans la gestion des ressources financières allouées à la
lutte contre le du sida.

"L'Afrique aurait pu mieux s'en sortir dans la lutte contre le sida si
la gestion des ressources financières était mieux faite", a relevé le
chef du gouvernement qui a exhorté tous les acteurs impliqués dans la
lutte contre la pandémie à prendre les mesures appropriées. Le Premier
ministre sénégalais intervenait lors de l'ouverture des travaux de la
revue annuelle conjointe 2004 et planification 2005 du programme
multisectoriel de lutte contre le sida. "Cette revue annuelle doit
constituer une instance pour analyser et juger du rapport coût
efficacité des financements", selon M. Sall qui a assuré qu'"une
attention particulière sera accordée aux ratios de décaissement".

Soulignant l'importance de la transparence dans la gestion des fonds
publics, le Premier ministre a indiqué que "le gouvernement ne se
limitera pas simplement à des audits financiers mais se chargera aussi
d'évaluer l'impact des actions menées et la qualité de vie des
populations ciblées par les différents programmes".

Ces directives du chef du Gouvernement interviennent après la
publication des rapports financiers qui relèvent que les taux
d'exécution du budget tournaient à seulement 33 % (environ 5 milliards
de francs Cfa) pour un budget global de plus de 17 milliards de francs
Cfa engagé dans la lutte contre le Sida qui a occasionné en moyenne 3
740 décès en 2004 au Sénégal.

Aussi, le directeur de l'Agence fiduciaire, Aziz Dièye, dressant un
tableau financier des projets impliqués dans la lutte contre le Sida, a
relevé que "beaucoup de choses restaient à justifier au niveau des
dépenses". "Les taux de décaissement tournent à un niveau relativement
bas de 33 %", a déploré M. Dièye, ajoutant que des efforts devraient
être faits, principalement du côté de la société civile qui avec 606
projets retenus, reste la principale bénéficiaire des fonds alloués.

Reconnaissant également que la mise en oeuvre des financements acquis
constituait un handicap, le secrétaire exécutif du Comité national de
lutte contre le sida (Cnls), Ibra Ndoye, a invité les différents acteurs
à trouver des solutions pour rendre plus efficaces l'enveloppe de 47
milliards de francs Cfa engrangée auprès des différents bailleurs et
partenaires.

Le responsable du Cnls a aussi relevé l'ambition des différents acteurs
de ne pas dépasser le taux de prévalence de trois pour cent en 2006
grâce à la mise en place de sept plans sectoriels de lutte contre la
pandémie du sida.

Au cours de la présentation de son bilan général, le Docteur Ndoye a
révélé que quelque 2 464 personnes vivant avec le Vih ont bénéficié de
l'assistance sociale l'année dernière.

"Les objectifs du plan stratégique sont atteints et les efforts engagés
doivent être soutenus et renforcés", a souligné le responsable du Cnls,
mettant en exergue le dépistage anonyme réalisé auprès de 18516
personnes, la formation de 7091 enseignants et le financement d'une
quarantaine d'Ong.

Pour sa part, Souleymane Mboup, responsable du Comité de pilotage de la
surveillance séro-épidémiologique du Cnls, a fait une présentation des
données épidémiologiques sur le Vih au Sénégal où les tendances sur la
prévalence de la pandémie sont stables et ne devraient pas dépasser le
taux de 1,88 pour cent en 2006.

Les principaux partenaires engagés dans la lutte contre le Sida ont tous
invité les différents acteurs impliqués dans la lutte à conserver les
acquis et à assurer une meilleure gestion des financements, point
d'achoppement un peu partout dans le monde qui abrite une population de
38 millions de personnes vivant avec le Vih, dont 60 % en Afrique.

Nairobi - 08/02/2005

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L'Eglise catholique initie un plan Marshall contre le SIDA en Afrique

Yaoundé, Cameroun (PANA) - L'Eglise catholique a fait part, mercredi,
de son engagement à lutter contre le SIDA en Afrique, en mettant sur
pied un plan Marshall au sein de la Société civile en vue de
promouvoir des oeuvres sociales, médicales et spirituelles du domaine
de la santé.

Initié par un groupe d'évêques africains et présenté aux quelque 500
délégués qui prennent part à la commémoration de la 13ème Journée
mondiale du malade (JMM), le plan Marshall entend prendre en compte
le problème du VIH/SIDA en Afrique.

De ce fait, ce plan vise la prise en charge de 1 million de sidéens
et la formation de 10.000 personnels de santé tous les an, la
promotion des mutuelles de santé au sein des communautés de base et
leur implication dans la prévention et la prise en charge
thérapeutique des malades du VIH/SIDA en Afrique.

De même, le plan prévoit la mise en place des Centres catholiques des
sciences de la santé dans chacune des dix régions des conférences
épiscopales de la zone Afrique pour la formation des professionnels
de la santé selon l'éthique chrétienne.

L'ensemble du réseau ainsi défini sera coiffé par un Centre
catholique des sciences de la santé, complexe hospitalo-universitaire
de référence, basé à Yaoundé en vue de promouvoir l'excellence dans
la recherche médicale scientifique et renforcer les capacités des
autres structures de la région Afrique.

Il faut noter que l'Eglise catholique compte environ 42% du potentiel
des structures sanitaires en Afrique.

Yaoundé - 09/02/2005

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Des poches de caoutchouc contre une maladie aux origines inconnues

http://fr.allafrica.com/stories/200502090214.html
UN Integrated Regional Information Networks

9 Février 2005
Publié sur le web le 9 Février 2005

Obodroupa

- Le sida est généralement un sujet sérieux avec lequel on ne plaisante
pas. Mais ce week-end Obodroupa était en fête, comme si un cirque avait
débarqué dans ce petit village du centre de la Côte d'Ivoire.

Au rythme de la musique crachée par les haut-parleurs, les chefs locaux
se sont assis à l'ombre d'un auvent censé les protéger d'un soleil
tropical ardent. Les femmes du village ont exécuté une danse
traditionnelle. Avec élégance, une femme a présenté les différents
intervenants au microphone.

Parmi eux, le Réseau des professionnels des médias et des arts engagés
dans la lutte contre le sida en Côte d'Ivoire, le Repmasci qui est venu
lancer officiellement un lexique sur le sida en 16 dialectes locaux.

C'est à Obodroupa, un village bété (le groupe ethnique du président
Laurent Gbagbo) que revient l'honneur d'ouvrir la campagne de promotion
du lexique.

Le projet a été initié il y a quatre mois par Simone Gbagbo, la première
dame du pays. Depuis, une équipe de spécialistes s'est penchée sur la
traduction dans différents dialectes des termes comme «sida» et
«contraceptifs», afin que les populations rurales de Côte d'Ivoire
comprennent comment le virus fonctionne et quelles sont ses conséquences
sur leur vie quotidienne.

En Côte d'Ivoire, où le taux de prévalence est le plus élevé d'Afrique
de l'Ouest, le combat contre l'épidémie se doit d'être agressif. La
dernière étude nationale estime le taux de prévalence à 9,5 pour cent,
mais les professionnels de la santé craignent des taux d'infection
beaucoup plus élevés après plus de deux ans de guerre civile.

Ce week-end, des centaines de villageois ont participé à la fête où se
sont mêlés discours, banquet, farces et danses traditionnelles. Le
ministre de la Réconciliation nationale Dano Djédjé, un ressortissant de
la région, et le préfet de la municipalité voisine de Gagnoa étaient
présents, invités d'honneur de la cérémonie.

Le nain au préservatif et la première épouse

Dans les villages comme Obodroupa, les mariages et les enterrements sont
les seuls événements qui ponctuent la routine de la vie rurale. Toutes
les occasions de se déguiser, de danser et de faire la fête sont les
bienvenues, peu importe l'objet des réjouissances : une lessive, une
pâte dentifrice ou le sida.

Ainsi, certains dans l'assistance ont continué d'ignorer à quoi
correspondait toute cette frénésie. Aucun dépliant, pas un lexique, ne
sont venus appuyer les propos des organisateurs, qui se sont contentés
d'annoncer la publication prochaine de cet ouvrage de référence.

Les villageois n'ont pu cependant ignorer les messages de
sensibilisation que des comédiens rendent pour le coup très clairs.

Au centre de la scène, un nain secouait un pénis en bois. «Cette maladie
dont vous parlez, tue-t-elle les deuxièmes et troisièmes épouses ? », a
demandé à l'assistance une actrice que l'idée visiblement excitait.
«Bien évidemment ! Mais avant de vous débarrasser de vos rivales, vous
devriez savoir qu'elle tuera la première épouse aussi», a répondu le
nain, blagueur.

Selon le président du Repmasci et journaliste Youssouf Bamba,
l'association travaille en partenariat avec l'Agence nationale d'appui
au développement rural (Anader), dont les employés serviront de relais
d'information sur le sida lors de leur visite dans les villages.

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et se situe
au premier rang des producteurs de coton, de café et d'huile de palme.
Plus des deux tiers de sa population vivent des productions agricoles.

Bamba, animateur à Radio Côte d'Ivoire, a aussi expliqué que les
stations de radio locales recevront aussi une copie du lexique.

Parler aux illettrés

«Beaucoup de villageois sont analphabètes. Il est donc inutile de leur
donner un dépliant», a dit Bamba. «Ce que nous célébrons aujourd'hui,
c'est la création d'un moyen de communication sur le sida pour les
villageois et les paysans dans leur propre langage».

Mais le chemin est encore long. La sexualité est toujours un sujet tabou
pour les chefs de village et les personnes âgées, a affirmé Yebou
Kouassi Ban, un linguiste qui a participé à la conception d'un
vocabulaire bété sur le VIH/SIDA.

«Il faut agir délicatement, il est impossible d'aborder le sujet de
front», a-t-il dit.

En dialecte bété, sida a été traduit par «ayeblenegou», qui signifie
«maladie d'origine inconnue», a-t-il expliqué. Les préservatifs sont
devenus en bété des «poches de caoutchouc» et une personne séropositive
«quelqu'un qui a été infecté».

«C'est important d'avoir ce vocabulaire car souvent les personnes sans
éducation ne comprennent pas le sens des mots français», a affirmé
Kouassi Ban.

Le projet RétroCI, basé à Abidjan et financé par les Etats-Unis, a
financé la recherche linguistique à hauteur de 25 000 dollars.

Pourtant, tout le monde ne s'est pas joint aux festivités.

Ignorance et tabou

Deux jeunes hommes ont semblé l'ignorer, assis dans un petit espace
recouvert de tôle ondulée aux allures de bar de village. Interrogés sur
le sida, l'un d'eux a eu un petit rire nerveux avant de tourner la tête.

Mais son ami a simplement répliqué : «Ça devrait se guérir, comme ça
nous n'aurions plus à nous en inquiéter».

Mais le jeune homme a fini par avouer suspecter la mort de plusieurs
villageois de Obodroupa des suites du sida, mais que personne n'en était
certain puisqu'ils sont morts à l'hôpital d'une localité voisine.

Le propriétaire du bar d'Obodroupa a constaté quant à lui que le sida
est souvent considéré comme une sorcellerie. «Il y a plusieurs personnes
qui croient que le sida n'existe pas. Il n'écoutent pas ce qu'on leur
dit», a-t-il dit.

Selon Serges Kuyo, un homme d'affaires d'Abidjan originaire de
Obodroupa, les croyances traditionnelles et la réticence à discuter de
la maladie en famille empêchent la transmission des messages de
sensibilisation dans le village.

«J'ai été à l'université, j'ai voyagé à l'étranger et j'ai une
entreprise florissante. Alors vous pouvez penser que je suis bien
informé sur la sexualité et le sida», a-t-il dit. «Mais étant l'un des
plus jeunes de ma famille, je n'ai pas le droit d'intervenir quand je
reviens au village. C'est comme ça la vie ici», a conclu Kuyo.

«Quand mon frère aîné s'apprêtait à prendre une troisième épouse, je lui
ai dit d'arrêter de faire des bébés et de commencer à mettre un
préservatif. Il a été scandalisé et ne m'a pas écouté. C'est impossible
de parler de sexualité avec un membre plus âgé de sa famille. C'est
perçu comme un manque de respect».