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[e-med] Re: (3)Des tonnes de médicaments inappropriés sur l'Asie du Sud Est
- From: " Rémi J. " <remij.vasseur@wanadoo.fr>
- Date: Wed, 2 Feb 2005 18:57:07 +0100
Je soutiens les propos de Cécile Mourlan qui résume bien les problèmes
soulevés par ce soudain "engouement humanitaire" pour la catastrophe d'Asie
du Sud-Est, qui risque de retomber comme une vague brisée au détriment de
nombreuses actions de fonds du type de celles qu'elle développe à
Madagascar, loin du battage médiatique.
Des associations de ce type, motivées par une authentique compassion
associée à une réelle recherche d'efficacité, il y en a sûrement d'autres,
mais elles semblent aujourd'hui être victimes de leur "trop" discrète
fraternité
sur le continent africain et ailleurs.
L'argument avancé par beaucoup en faveur du déferlement de générosité
suscité par le Tsunami, louable mais manquant de discernement, est celui
d'une catastrophe "100% naturelle". Comme s'il y avait les victimes d'une
catastrophe "bio" d'un côté, par opposition à celles condamnées par les
errements de la nature humaine. Cet argumentation ne résiste pas à l'analyse
et à la remise en perspective des évènements dans leur contexte
géographique, culturel, économique et politique.
En effet la construction massive de complexes pour tourisme de luxe en Asie
du Sud Est,
au bord de rivages à "risques naturels" avérés, négligeant tout
investissement dans les infrastructures de protection des populations y
travaillant, a également des origines politico-économique, notamment la
recherche de profit maximum par leurs promoteurs étrangers et partenaires
locaux. De même certains conflits meurtriers ou famines en africains sont
souvent pour partie la résultante d'une nature hostile et d'un environnement
déséquilibré, que des facteurs géopolitiques et socio-culturels contribuent
largement à aggraver.
Par ailleurs, après l'enthousiasme unanime du départ, on commence déjà à
voir poindre, comme d'habitude, les critiques souvent justifiées sur
l'utilisation des fonds et
l'organisation de l'aide dans les régions touchées par le Tsunami, mais
risquant de
de décourager les nouveaux donateurs de tout autre engagement humanitaire.
En résumé les choses ne sont pas aussi simplistes qu'on l'entend dans
beaucoup de médias ou de conversations, et beaucoup oublient souvent, comme
l'évoquait Gishlaine Soulier de PSF-CI, de faire passer
l'intêret à moyen terme de tous les pays bénéficiaires avant leur envie
d'agir à court terme avec des motivations pas toujours des plus claires.
Rémi J. VASSEUR
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