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[e-med] (2)Sida : Le scandale est dans l?éprouvette et ailleurs?
- From: "remed" <remed.75013@wanadoo.fr>
- Date: Mon, 24 Jan 2005 15:39:41 +0100
Affaire des tests anti-sida: L?éclairage du ministre de la Santé
publique, Urbain Olanguena Awono.
Urbain Olanguena Awono (Ministre de la Santé): "Il n?y a pas de
problème éthique"
Le 24 Janvier 2005
©Y.A., Cameroon Tribune
Après votre réaction de ce week-end, doit-on conclure qu?il y a aucun
problème avec l?essai sur le Ténofovir ?
Je dois répondre sans hésiter que de notre point de vue, il n?y a pas
de problème éthique. Le reproche global qui est fait est de dire que
l?étude menée au Cameroun s?écarte de l?éthique. Les activistes et la
presse qui les relaie se fondent sur ce jugement inexact pour accuser
les autorités et les scientifiques camerounais. Je dis qu?au plan
strictement éthique, tous les principes ont été rigoureusement
respectés par le protocole de recherche, et c?est sur la base de ce
respect que l?autorisation administrative de cette recherche a été
donnée.
Le principal reproche qu?on fait à cette étude est de ne pas prendre en
charge les volontaires devenus séropositifs pendant le déroulement de
la recherche. Est-ce fondé ?
Il faut bien séparer les questions éthiques des questions humanitaires.
Cela me semble très important, parce qu?il faut éviter l?amalgame. Au
plan humanitaire, il est tout à fait normal que les personnes enrôlées
dans l?étude soient totalement prises en charge, s?il s?avérait que
pendant cette étude, elles sont " séroconverties ", comme nous disons.
Et même si cela n?est pas une exigence éthique, le ministre de la Santé
publique a donné à l?équipe de recherche et aux institutions qui
appuient cette étude la prescription de prendre en charge ces
personnes.
Cela a-t-il été fait ?
Les informations à ma connaissance confirment que cette prise en charge
est assurée, notamment à trois personnes qui seraient " séroconverties
" au cours de l?étude en cours à Douala.
Les volontaires enrôlées étaient-elles parfaitement au courant de la
démarche de l?étude?
Je dis clairement que les principes qui régissent l?expérimentation sur
l?être humain sont ici respectés. Le Cameroun a un comité national
d?éthique qui est compétent et l?on ne saurait être complaisant dans ce
domaine. C?est un essai de phase II, ce qui veut dire que la phase I
qui est menée sur l?animal s?est avérée satisfaisante. Et les personnes
enrôlées dans cette phase II de l?étude le sont sur la base d?un
consentement éclairé. Elles sont bien informées sur les objectifs de
l?étude et ses procédures.
Vous venez donc de mettre une mission d?évaluation en route.
Qu?adviendrait-il si elle décelait des anomalies du genre qui est ainsi
dénoncé depuis quelques jours ?
Cette étude ne se fait pas seulement au Cameroun. Elle est menée aux
Etats-Unis, au Nigeria, au Ghana, en Zambie, au Malawi. C?est une étude
importante, puisqu?il s?agit tout de même de vérifier si ce médicament
déjà efficace au plan thérapeutique peut être utilisé pour la
prévention de l?infection à VIH. Evidemment, s?il s?avérait que sur le
terrain des dérapages soient constatés, qui s?écarteraient des
principes éthiques, bien sûr que nous serions dans l?obligation
d?arrêter immédiatement l?essai.
Et que deviendraient dans ce cas de figure les volontaires devenus
séropositifs?
D?abord il faut dire qu?il n?y a pas de relation de cause à effet entre
l?étude et l?infection à VIH des volontaires. Néanmoins, j?ai prescrit
que des dispositions soient prises pour assurer la bonne prise en
charge de ces personnes-là, même si on arrêtait l?expérimentation
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