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[e-med] La vitrine sénégalaise...


  • From: "Michel Etchepare" <metchepare@credes.net>
  • Date: Wed, 12 Jan 2005 14:54:54 +0100


-----Message d'origine-----
De : Michel Etchepare [mailto:metchepare@credes.net]
Envoyé : vendredi 7 janvier 2005 14:38
À : remed.75013@wanadoo.fr
Objet : TR: la vitrine sénégalaise...

Le Quotidien (Sénégal)
Edition du Mercredi 5 janvier 2005

FINANCEMENT - Gestion
des fonds pour la lutte contre le Sida : Pour un audit des ressources
financières

Les ressources financières mobilisées pour la lutte contre le Sida ne
sont pas utilisées à bon escient. C’est, en substance, l’alerte sonnée
par les organisations regroupées au sein de l’Observatoire de réponse au
Vih/Sida. Pour Baba Goumbala, le directeur de l’Alliance nationale
contre le Sida (Ancs), «il est temps de procéder à un audit sans
complaisance des fonds alloués aux différentes structures qui s’activent
dans la croisade contre cette pandémie».
Cette proposition du patron de l’Ancs trouve sa légitimité dans la
progression de la pandémie malgré la manne financière qui y est injectée
par les bailleurs de fonds. A l’en croire, outre le financement requis
pour le Plan stratégique 2002-2004 qui se chiffre à 50 milliards de
francs Cfa, le Sénégal vient de se doter d’un autre financement jamais
égalé de 36 milliards de francs dans le cadre du Plan stratégique
2002-2006 pour répondre à l’épidémie. «Ce fonds est destiné à
capitaliser les acquis, combler les lacunes et élargir la réponse à
l’épidémie. Or, il a été évoqué que les résultats préliminaires ne sont
pas concluants, d’où des questions sur les conséquences des projets qui
ont parfois été mis en œuvre sans un véritable engagement de leurs
promoteurs et sans souci de qualité», s’offusque M. Goumbala.
Mais, pestent les membres de l’Observatoire, «ces financements de la
Banque mondiale et du Map viennent en appoint aux financements déjà
apportés par les partenaires bi et multilatéraux et des ressources
mobilisées par les Ong». D’après eux, cette situation relève d’un
paradoxe en ce sens que les résultats positifs ont été enregistrés au
moment où les ressources financières n’étaient pas plus consistantes.
«C’est incompréhensible que l’on note des insuffisances alors que les
financements sont beaucoup plus importants. C’est dire que les gens
s’intéressent plus à l’argent du Sida qu’à la lutte contre l’épidémie»,
constate le directeur de l’Ancs.
A leur avis, ces montants conjugués n’ont pas pu inverser la progression
de la maladie «du fait des incohérences enregistrées dans l’attribution,
la gestion et la répartition des fonds». Cette situation découle d’un
manque de plan de changement d’échelle de programmes prioritaires
facilitant le processus de sélection de projets. Pour Daouda Diouf de
Enda Santé, «n’importe quel groupement ou association peut se faire
financer. Il ne s’agit pas seulement de distribuer des financements, il
faut plutôt mesurer l’impact des projets dans la lutte que l’on doit
mener. Cela débouche sur l’absorption de ressources utiles par des
projets inappropriés».
Il s’y ajoute, d’après l’Observatoire, que l’attribution des fonds se
fait souvent sans cadre d’exécution technique global de référence, ce
qui constitue un obstacle opérationnel à la mise en œuvre effective du
Plan stratégique national. Ces incohérences sont complétées par
l’utilisation des fonds disponibles. Et cela s’est manifesté par
«l’achat, par le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), de
véhicules d’un montant d’un demi-milliards de francs. Des dépenses qui
ne répondent pas aux priorités du moment, encore moins aux réalités du
terrain», poursuivent-ils.
Partant de ce constat, nos interlocuteurs plaident pour une gestion
claire, transparente, d’autant que «les enjeux dépassent les intérêts
personnels. Il faut que les financements reviennent et soient sentis par
les personnes infectées ou affectées». Ce besoin d’une gestion
rationnelle et judicieuse des fonds par ces organisations passe par une
nécessaire analyse des besoins et des déterminants comme la cartographie
nationale de la vulnérabilité en termes de cibles, de secteurs, de
régions et d’acteurs. Ce à quoi s’ajoute «une identification des
orientations stratégiques et des priorités aux niveaux national et
régional». Seul gage, selon l’Observatoire, qui peut permettre une
identification fine des stratégies qui définissent les rôles, les
responsabilités et les attributions des acteurs.
Ndiaga NDIAYE

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SENEGAL-SANTE

L'Observatoire de la réponse au VIH/Sida déplore les disparités dans la
mise en oeuvre des programmes (04/01/2005)

Dakar, 4 jan (APS) - L'Observatoire de la réponse au VIH/Sida au Sénégal
a déploré les disparités existant dans la tendance actuelle prise des
programmes nationaux de lutte contre le sida avant d'appeler les
différents acteurs à la vigilance.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, mardi à Dakar, les
représentants de cinq organismes de lutte contre le sida qui constituent
l'observatoire, ont tous pointé du doigt les disparités existant à
plusieurs niveaux, dans la lutte contre le sida au Sénégal.

''Le dernier bulletin épidémiologique publié en décembre fait état d'une
moyenne nationale de la séroprévalence du VIH/Sida de 1,5%'', a dit le
docteur Fatim Louise Dia, précisant qu'en vérité, la moyenne nationale
cache des disparités dans la répartition par région, par sexe, et par
âge.

Selon elle, sur les 12 sites sentinelles du pays, huit ont un taux de
prévalence supérieur ou égal à 2 pour cent chez les femmes enceintes de
plus de 25 ans, avec un pic de 4,5 pour cent à Kolda.

Pour Mme Dia, l'autre inquiétude est liée au liée au fait que le VIH1
plus virulent avec une plus grande capacité de propagation, est en train
de d'être dominant dans plusieurs régions du pays dont Dakar où ''il est
16 fois supérieur au VIH2''.

Poursuivant sur la même lancée, elle a indiqué que le nombre des
personnes infectées s'élève aujourd'hui à 83.450 et atteindra 136.000 en
2010. Ces chiffres, a-t-elle ajouté, ''témoignent de la réalité de la
progression de l'épidémie dans notre pays''.

En outre, elle a indiqué que le Sénégal n'est pas à l'abri d'une
explosion de l'épidémie, si ''la multiplicité de ces facteurs de
diffusion'' perdure.

''Bien que la réponse sénégalaise au VIH/SIDA soit souvent citée en
exemple, les membres de l'Observatoire ont constaté un décalage entre
l'image officielle présentée et les réalités rencontrées sur le
terrain'', a déclaré Fatim Louise Dia.

''Le discours des autorités, versé plutôt dans l'autosatisfaction, ne
risque-t-il pas de réduire notre vigilance face à la permanence de la
menace et au caractère réversible des acquis?'', s'est demandé, par
ailleurs, Mme Dia.

Pourtant, indique-t-elle, ''le Sénégal dispose d'une manne conséquente''
(36 milliards de francs CFA) de la part du Fonds mondial et de la Banque
mondiale, à travers le MAP qui fait que ''nous (Ndlr, acteurs de lutte
contre le sida) n'avons pas droit à l'erreur''.

Pour Daouda Diouf, ''la priorité, ce sont les orphelins les groupes
vulnérables, les groupes passerelles, les prostituées clandestins''. Il
a estimé que ''si nous avons des moyens comme nous n'en avons jamais
reçu, on doit avoir des résultats comme on n'en a jamais eu''.

''Le Sénégal ne peut plus être considéré comme un pays à l'avant-garde
dans la réponse au VIH/SIDA'', a, pour sa part, dit Ngagne Mbaye de
Synergie pour l'Enfance.

Pour corriger toutes les disparités relevées, il a décliné les
propositions de l'Observatoire parmi lesquelles ''une définition claire
des rôles, missions et fonctions de toutes les structures du nouveau
cadre institutionnel de la lutte contre le sida, une clarification des
moyens et une identification précise des priorités et actions
optimales''.

Outre ces propositions, il a évoqué une surveillance épidémiologique
optimale, la mise en place d'un programme de renforcement des capacités
de mise en œuvre et de gestion financière dans le secteurs public et la
société civile.

Selon lui, l'articulation des interventions et des programmes entre le
secteur privé, le secteur communautaire et secteur public pourrait
''éviter les superpositions'' des programmes.

Autant de points qui, selon lui, doivent constituer ''une priorité
urgente pour les acteurs, mais surtout pour les autorités chargées de
coordonner la réponse au VIH/Sida du Sénégal''.

Pour perpétuer la réflexion dans ce sens, une consultation nationale
sera organisée sur la question au courant du mois de janvier, a annoncé
M. Mbaye, estimant qu'''il est permis d'espérer que cette rencontre
contribuera fortement à instaurer une réponse fondée sur une dynamique
d'ensemble articulée, cohérente et agissante''.

Selon M. Diouf, l'Observatoire de la réponse au VIH/Sida au Sénégal
constitué de Synergie pour l'enfance, Sida service, Enda santé, Africa
consultant international (ACI), l'Alliance nationale contre le sida
(ANCS), se veut un forum permanent de discussions qui compte s'élargir .

ALD/CTN

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SENEGAL-SANTE

Conférence de presse de l'Observatoire de la réponse au VIH/SIDA

Dakar, 3 jan (APS) - L'Observatoire de la réponse au VIH/SIDA tient,
mardi à Dakar, une conférence de presse axée sur la situation de la
pandémie au Sénégal, ''caractérisée par des errements, du pilotage à
vue, d'une gestion financière et programmatique approximative'', annonce
un communiqué reçu lundi à l'APS.

Prévue à partir de 9h30 à la Maison de la culture Douta Seck, la
rencontre avec les journalistes sera l'occasion pour les responsables de
l'Observatoire de répondre à plusieurs questions dont ''les stratégies
mises en œuvre jusque là sont-elles pertinentes ? ''quelles stratégies
pour une prise en charge effective et globale des personnes vivant avec
le VIH ?''.

Selon a même source, ''si les autorité semblent se satisfaire'' de la
moyenne nationale de la séroprévalence de 1,5 pour cent enregistrée au
Sénégal, l'Observatoire composé d'acteurs de la société civile et
présents sur le terrain de la lutte contre le SIDA depuis plus de 15
ans, juge, en revanche, ‘'la situation plus qu'inquiétante et
alarmante''.

Les résultats publiés dans le dernier bulletin épidémiologique montrent
que la moyenne nationale de la séroprévalence du VIH/SIDA au Sénégal est
de 1,5 pour cent et que le Sénégal n'atteindra probablement pas le seuil
fatidique de 3 pour cent en 2006, rappelle-t-on.

''Pour l'Observatoire, le discours servi par les autorités, à la limite
de l'autosatisfaction, donne l'impression que l'épidémie est maîtrisée
au Sénégal'', note le communiqué, estimant que ''cela pourrait avoir des
conséquences graves en ce qu'il peut induire un relâchement et une
démobilisation, surtout chez les jeunes particulièrement vulnérables''.

Pour l'Observatoire, la moyenne nationale ''cache des disparités dans la
répartition par région, par sexe et par âge''. Sur les 12 sites
sentinelles du pays, huit ont des taux de prévalence supérieur ou égal à
2 pour cent chez les femmes enceintes de plus de 25 ans, avec un pic de
4,5 pour cent à Kolda (Sud-est), souligne l'Observatoire qui regroupe
l'Alliance nationale contre le SIDA, ENDA Santé, SIDA services et
Synergie pour l'Enfance.

L'Observatoire s'inquiète aussi du fait que le VIH1, plus virulent, avec
une plus grande capacité de propagation, est en train d'être dominant
dans plusieurs régions du pays. A Dakar, il est 16 fois supérieur au
VIH2, signale-t-on.

Le nombre de personnes infectées au Sénégal est estimé aujourd'hui à
83.450. Ce chiffre atteindra en 2010 136.000 personnes, estime
l'Observatoire indiquant que 5140 enfants de moins de 15 ans sont
infestés et seront 9560 en 2010.

En 2004, le nombre de personnes nouvellement infectées a été de 13.650,
soit 38 personnes par jour, alors que pour la même année, 4300 adultes
et 1360 enfants de moins de 15 ans sont décédés du SIDA, souligne encore
la même source estimant à 2190 le nombre d'enfants qui mourront de SIDA
en 2010.

L'Observatoire a déploré, à cet égard, le fait que ''cette situation
inquiétante intervient au moment où le Sénégal a reçu une manne
financière jamais égalée pour répondre à l'épidémie à VIH/SIDA, avec
environ 36 milliards de FCFA''.

IN/CTN


Posté par :
Michel Etchepare
CREDES
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