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[e-med] Revue de pesse sur le sida


  • From: "ReMeD ReMeD" <remed@remed.org>
  • Date: Mon, 3 Jan 2005 15:06:44 +0100

[articles issus de "PlusNews" , le service d'informations sur le VIH/SIDA
d'IRIN, l'agence de presse des Nations Unies,
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http://www.plusnews.org/fr/PNFreport.asp?ReportID=117
© PlusNews

JOHANNESBOURG, 31 décembre (PLUSNEWS) - L'intervention, à la mi-novembre à
Arusha, en Tanzanie, d'activistes du sida fustigeant la tentative américaine
de retarder une nouvelle série de subventions du Fonds mondial de lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a suscité une vague de
protestations sur la toile.

Les Etats Unis, premier contributeur du Fond créé il y a trois ans, ont
remis en question l'efficacité, la transparence, la capacité d'absorption
des pays bénéficiaires ainsi que les subventions accordées aux Etats-voyous
comme la Corée du Nord.

Les participants se sont tout de même mis d'accord sur l'octroi, l'année
prochaine, d'une nouvelle série de subventions d'une valeur d'un milliard de
dollars américains. Cet incident a tout de même rappelé l'incertitude avec
laquelle opère le Fonds mondial et la myriade d'activités liées au sida qu'
il finance, de l'Albanie au Zimbabwe.

Depuis sa création, le Fonds mondial a octroyé, en quatre séries de
subventions, près de trois milliards de dollars de subventions à 128 pays. C
'est bien inférieur aux 10 milliards de dollars annuels fixés comme objectif
trois ans auparavant.
Entre temps, le congrès américain a réduit de 200 millions de dollars la
contribution des Etats-Unis au Fonds pour l'année 2005, qui s'établit
désormais à 350 millions de dollars.

Cette décision prouve, d'après les activistes, que Washington a choisi une
approche unilatérale de la lutte contre le sida, écartant les institutions
multilatérales au profit du PEPFAR, le plan d'urgence américain pour l'aide
contre le sida du Président George Bush, lancé en 2003.

Ce programme controversé doté d'une enveloppe de 15 milliards de dollars est
prévu pour cinq ans et finance le traitement, la prévention, et les soins
dans 15 pays en développement (Botswana, Côte d'Ivoire, Ethiopie, Guyane,
Haïti, Kenya, Mozambique, Namibie, Nigeria, Rwanda, Afrique du Sud,
Tanzanie, Ouganda, Vietnam et Zambie).

Marques contre génériques

La controverse vient du fait que PEPFAR privilégie les antirétroviraux de
marque au détriment de médicaments génériques moins chers, et l'abstinence
sexuelle et la fidélité sur l'usage du préservatif. Les détracteurs de l'
initiative disent que le PEPFAR défend les intérêts des grands groupes
pharmaceutiques américains et de la droite religieuse chrétienne.

Le Réseau pharmaceutique oecuménique (EPN), qui représente les hôpitaux et
associations chrétiennes dans 22 pays développés, s'était lui aussi, bien
avant la conférence d'Arusha, insurgé contre le choix du PEPFAR d'utiliser
des médicaments de marque dans les thérapies antirétrovirales (ART).

Dans les pays en voie de développement, les services de santé traitent le
plus souvent le sida au moyen de médicaments génériques. L'adjonction d'
antirétroviraux de marque crée donc un système à deux vitesses tandis que la
multiplication des médicaments complique les mécanismes d'achats et d'
approvisionnement. Elle alourdit également la tâche des professionnels de la
santé et des travailleurs communautaires qui doivent administrer des régimes
différents à des patients appartenant parfois à la même famille.

Les traitements génériques utilisent des combinaisons de trois cachets en
une pilule à prendre une fois par jour tandis que les ART de marque se
présentent sous la forme de plusieurs pilules à avaler quotidiennement. Cela
peut donc compliquer l'observance et amener les patients à partager leurs
pilules avec les membres de leur famille, d'après EPN.

Le PEPFAR n'utilise pas les ARVs génériques s'ils n'ont pas été approuvés
par l'autorité américaine de régulation, la FDA, même s'ils sont agrées par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour les détracteurs du
programme, la FDA ne devrait pas s'octroyer le rôle de contrôleur universel
de la qualité des médicaments mais devrait plutôt renforcer le rigoureux
processus de certification développé par l'OMS au lieu de le désavouer.

Cédant sur ce point, la FDA a amorcé une procédure d'autorisation accélérée
des médicaments génériques trois-en-un pour 2005. Mais pour le groupe de
pression américain Health Gap, la manouvre de la Food and Drugs
Administration n'a d'autre but que d'exclure les génériques de la liste des
médicaments autorisés tout en laissant le temps aux compagnies
pharmaceutiques de développer des médicaments trois-en-un de marque.

Les premiers essais cliniques sur l'innocuité et l'efficacité d'un
médicament trois-en-un effectués au Cameroun par la branche suisse de
Médecins Sans Frontières (MSF) et une agence française de recherche sur le
sida (dont les résultats ont été publiés plus tôt dans l'année) ont montré
que Triomune, un médicament produit par le fabricant indien CIPLA, a aussi
bien fonctionné que les médicaments de marque.

Après six mois de suivi, 80 pour cent des patients, précédemment au stade IV
du sida (lorsque le système immunitaire est détruit par le virus), avaient
une charge virale indécelable. «Notre expérience de terrain nous permet de
dire que ces combinaisons génériques d'antirétroviraux à dose fixe
prolongent des vies», a dit MSF dans un communiqué.

Tandis que le prix des ARV a considérablement baissé ces dernières années,
passant de 15 000 à 185 dollars par an et par patient en Afrique du sud,
PEPFAR paie le prix fort pour ses médicaments. Le Wall Street Journal a
écrit, au mois d'octobre, que PEPFAR payait les médicaments destinés à
lutter contre le sida au double du prix payé par la Banque mondiale ou le
Fonds mondial, les deux autres sources principales de financement des ART.
Payer le double du prix revient à traiter moitié moins de patients, disent
les détracteurs du programme.

C'est cette baisse du prix des médicaments qui a provoqué ce que le docteur
Eric Goemare de MSF qualifie de "bouleversement sismique" dans la capacité
et la volonté des gouvernements à traiter leurs ressortissants.

Changements de stratégie

Réagissant aux critiques formulées en mai 2004, le PEPFAR s'est engagé à
harmoniser son travail avec les autres bailleurs de fonds et gouvernements.
L'ambassadeur Randall Tobias, coordinateur pour les Etats-Unis de la lutte
contre le sida, s'est engagé à "respecter les décisions des gouvernements
locaux sur la manière de gérer les programmes VIH/SIDA".

Le Mozambique, qui ne fournit que des ARV génériques, est un bon exemple. La
multiplication de protocoles thérapeutiques ajouterait encore au fardeau d'
un système de santé délabré où les professionnels de santé sont rares dans l
'un des pays les plus pauvres au monde.

"Nous ne pouvons avoir des systèmes parallèles et dupliquer les efforts en
matière d'achats de médicaments, de pharmacie, d'informatisation, de
contrôle et de formation", a dit le docteut Mouzinho Saidi du Programme
national mozambicain de lutte contre le VIH/SIDA. "Imaginez un seul instant:
les patients et les docteurs seraient confinés à l'endroit où ils peuvent
trouver un certain type d'ART."

Le gouvernement mozambicain a déclaré que le PEPFAR devrait soutenir la
stratégie nationale et ne pas en imposer de nouvelles. "Nous avons eu des
négociations longues, difficiles et de haut niveau mais nous sommes parvenus
à un accord", a dit Saidi à PlusNews.

PEPFAR a accepté de financer les volets non pharmaceutiques d'ART, d'élargir
les sites de traitement, de former des travailleurs de santé, d'améliorer
les laboratoires, et de garantir la sécurité des transfusions de sang et
leur qualité. Il fournira également des ARV de seconde génération pour les
patients qui présentent des résistances et des ARV pour les enfants, les
plus chers.

Au Mozambique PEPFAR s'est engagé à débloquer 25,5 millions de dollars en
2004 pour financer notamment la prévention, le conseil, la prévention de la
transmission du sida de la mère à l'enfant ainsi que les soins aux orphelins
et à domicile.

EPN a recommandé une meilleure coordination du PEPFAR avec les programmes
existants de lutte contre le sida. Compte tenu de la diversification des
sources de financement, le besoin est grand d'harmoniser et de rationaliser
les procédures des bailleurs de fonds pour mieux utiliser les subventions.

D'après l'Onusida, qui a développé trois objectifs majeurs pour la
coordination ('Three ones'), il est nécessaire de se doter d'un cadre
national de lutte contre le VIH/SIDA, d'une autorité nationale de
coordination et d'un système d'évaluation et de contrôle pour éviter les
duplications et identifier les blocages dans les flux d'aide.

Beaucoup considèrent que le Fonds mondial est plus qu'un mécanisme de
financement. "Le Fonds réécrit les règles de l'assistance. Il essaye de
marrier de ce qui existe : le sens de l'urgence, des programmes adoptés par
les bénéficiaires et auxquels ils participent», a déclaré lors de la
conférence de Bangkok sur le sida Mabel van Orange, directrice du Open
Society Institute basé à Bruxelles.

On reproche souvent au PEPFAR de détourner les financements potentiels du
Fonds mondial. "Les gouvernements donateurs devraient considérer le Fonds
mondial de la même manière qu'ils considèrent leurs autres priorités
nationales, comme les contributions au maintien de la paix dans le monde ou
les investissements dans le système éducatif national", a déclaré le Conseil
international des organisations de lutte contre le sida dans un rapport
publié en 2004.


****************

AFRIQUE DU SUD: Un espoir pour les personnes co-infectées par le VIH/SIDA et
la tuberculose
http://www.plusnews.org/fr/PNFreport.asp?ReportID=104

© IRIN

Teresa et Simon Njeri - tous deux sont séropositifs et Simon est atteint de
tuberculose

JOHANNESBOURG, 22 décembre (PLUSNEWS) - Trouver un test indolore pour
dépister la tuberculose chez les jeunes enfants, tel est le voeu que le
docteur Gilles van Cutsem formule pour Noël.

Le test classique pratiqué en Afrique permet de déceler dans une
expectoration le bacille responsable de la tuberculose. Mais obtenir un
échantillon d'une expectoration chez les enfants n'est pas chose facile car
ils ont tendance à la ravaler plutôt que de la cracher. Les médecins sont
alors contraints de faire descendre par le nez une sonde dans l'estomac d'
enfants âgés parfois d'à peine six mois.

Ce test ne permet pas non plus de détecter la tuberculose chez les enfants
séropositifs malgré la présence de bacilles, a indiqué le docteur van
Custem, responsable du centre de traitement du VIH/SIDA et de la tuberculose
de l'organisation internationale Médecins sans frontières (MSF) à Cape Town
en Afrique du Sud.

Si la tuberculose n'est pas soignée, parce que pas détectée, les patients
peuvent développer une forme très sévère de la maladie. "Chez les patients
séropositifs, la tuberculose tue beaucoup plus vite", a t-il confié à
PlusNews.

La tuberculose est une maladie curable, mais elle fait chaque année près de
deux millions de victimes, 99 pour cent dans les pays en voie de
développement. Dans le monde, quelques 12 millions de personnes sont
co-infectés par le VIH/SIDA et la tuberculose, et deux tiers de ces
personnes vivent en Afrique subsaharienne. Principale cause du décès des
personnes vivant avec le virus, la tuberculose apparaît plus tôt que les
autres infections opportunistes, évolue plus rapidement et est presque
toujours mortelle si elle n'est pas soignée.

Mais à en croire la campagne de MSF pour l'accès universel aux médicaments
essentiels, les méthodes de dépistage de la tuberculose utilisées
actuellement dans le monde sont totalement inadaptées, surtout dans le cas
du VIH/SIDA.

L'examen microscopique de l'échantillon d'expectoration, par exemple, est
utilisé depuis 122 ans parce qu'il ne coûte par cher, ne nécessite que de
matériel de laboratoire de base et permet de détecter la forme active la
plus courante.

Néanmoins, les enfants et adultes vivant avec le VIH/SIDA sont plus enclins
à souffrir de tuberculose extra-pulmonaire à l'état latent que l'examen ne
permet pas de déceler. Cette forme de tuberculose est diagnostiquée dans
deux cas sur dix chez les personnes séropositives.

Le test de dépistage de la tuberculose à l'état latent a été mis au point en
1890 est s'avère très fiable lorsqu'il est appliqué aux personnes vivant
avec le virus.

"Le VIH/SIDA a complètement modifié les données de l'épidémie de la
tuberculose", a indiqué Marta Darder, qui coordonne la campagne de MSF en
Afrique du Sud.

Le rapport de MSF, 'A bout de souffle? La prise en charge de la tuberculose
au 21e siècle' préconise un examen simple et adapté qui garantirait des
résultats fiables même dans les pays les plus défavorisés et les plus
touchés par le sida.

Sur les huit millions de nouveaux cas de tuberculose estimés chaque année,
moins de 20 pour cent sont détectés lors de l'examen microscopique du
frottis d'expectoration, mais le diagnostique fondé sur cet examen est le
principal axe de la stratégie de la lutte contre la tuberculose appelée
Traitement de courte durée sous supervision directe (DOTS) et recommandée
par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"La limite de l'examen microscopique du frottis complique la prophylaxie et
le traitement" de la tuberculose chez les patients séropositifs, note le
rapport de MSF qui se fonde sur son expérience dans le traitement de la
tuberculose en milieu très défavorisé et très touché par la pandémie du
VIH/SIDA. En 2003, MSF a soigné 20 000 nouveaux patients dans le cadre de 29
projets réalisés dans 21 pays.

Un exemple de ces projets, le centre de santé de "Ubuntu" (humanité) à
Khayelitsha, dans la banlieue de Cape Town, est dirigé par le Docteur van
Cutsem. Pauvre et surpeuplée, la ville de Khayelitsha est l'épicentre de la
double épidémie tuberculose/sida. Tout pays ayant 250 personnes sur 100 000
atteintes de tuberculose est considéré comme zone à hauts risques - la ville
de Khayelitsha présente un taux cinq fois supérieur à la moyenne mondiale.

"C'est un désastre ; seuls les prisons et le secteur minier ont des taux
aussi élevés", a indiqué à PlusNews le docteur Cutsem.

Les sociétés de biotechnologie et les instituts de recherche ont mis au
point des tests plus performants qui sont déjà utilisés dans les pays
développés, mais ces tests sont relativement chers et font appel à des
techniciens hautement qualifiés et à des laboratoires spécialisés.

Toutefois, selon MSF, deux de ces nouveaux tests pourraient être adaptés
pour les infrastructures peu performantes avec une formation spécifique aux
pays où sévit la tuberculose : le premier test détecte la tuberculose active
sur la peau à l'aide d'une protéine et le deuxième test consiste à effectuer
une rapide culture bactériologique. Mais les sociétés rechignent à investir
les cinq à 15 millions de dollars que l'OMS estime nécessaires pour adapter
les tests en faveur des pays à faible revenu.

Créée en mai 2003 grâce à une subvention de 30 millions de dollars de la
fondation Bill Gates, la FIND (Foundation for Innovative New Disease
Diagnostics) a mis au point une base de données pour tous les tests de
diagnostic, fourni des recommandations sur les dernières innovations et
effectue des essais cliniques.

MSF préconise un plan d'urgence international pour accélérer la validation
de ces nouveaux tests très prometteurs et pour développer des outils de
diagnostic bon marché destinés aux pays défavorisés.

Van Cutsem pourrait alors voir son vou se réaliser avant Noël.