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[e-med] Contre le VIH, l'arme de la gratuité


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Wed, 15 Dec 2004 12:16:01 +0100

Sida. Moins de 5% des malades traités: «Free by Five» vise un accès
universel aux antirétroviraux.
Contre le VIH, l'arme de la gratuité

Par Christian LOSSON
mercredi 15 décembre 2004 (Liberation - 06:00)
http://www.liberation.fr/page.php?Article=261645

C'est un simple appel, mais qui brise un tabou. Celui de la gratuité des
traitements et des soins associés contre le sida pour tous les patients des
pays en développement, sans lequel l'accès universel restera une utopie de
plus. Une coalition d'ONG, d'économistes de la santé et d'experts a lancé
hier dans un quasi-anonymat la déclaration «Free by Five». Un titre en écho
au plan «Three by Five» lancé l'an passé par l'OMS (Organisation mondiale de
la santé) et qui vise à mettre trois millions de malades du sida sous ARV
(antirétroviraux) d'ici à 2005. Un pari mobilisateur, mais qui, au rythme
actuel, ne sera pas tenu. Combien ont réellement accès aux soins ? Plus de
600 000, comme on l'assure à l'OMS ? Ou moins de 200 000 comme l'estime
Médecins sans frontières (MSF) ? Ce que l'on sait, c'est que plus de vingt
ans après le début de la pandémie, 20 millions de morts plus tard, moins de
5 % des malades sont traités. Seule la gratuité des soins pourrait, disent
les signataires de l'appel, permettre de changer d'échelle.

Absentéisme. «C'est un pavé dans la mare de la santé publique telle qu'elle
est appliquée depuis des décennies, notamment en Afrique, le continent le
plus touché, où les patients doivent participer au système de santé
privatisé», confie Bernard Taverne, un chercheur français basé au Sénégal,
membre de l'Institut de recherche sur le développement, et l'un des
instigateurs de l'appel «Free by Five». «Les niveaux de pauvreté sont tels
qu'à moins que les traitements soient gratuits, des patients en seront
exclus», ajoute Alan Whiteside, directeur de Heard (Health Economics and
HIV/Aids Research Division) de l'université de Kwazulu-Natal, à Durban, à
l'initiative de l'appel. «D'un point de vue économique, les services de
santé publique ont intérêts à proposer des traitements gratuits.» Ce que
font d'ailleurs une poignée de firmes sud-africaines, dont le chiffre
d'affaires a été plombé par le manque de productivité lié à l'absentéisme
des malades du sida. Ou des ONG comme MSF, qui traitent 23 000 patients dans
27 pays. Gratuitement. Des pays, comme le Brésil, ont aussi fait la preuve
de la faisabilité de la gratuité.

«Préalable». Bien sûr, la gratuité n'a rien d'un graal, reconnaissent ses
promoteurs. Elle n'éludera pas le parcours du combattant lié à l'accord si
complexe sur la propriété intellectuelle signé en août 2003 à l'OMC. Elle
n'empêchera pas la multiplication d'accords bilatéraux des Etats-Unis qui
poussent les Etats à privilégier les médicaments de marques. Elle ne
bloquera pas les offensives de grands labos pour contenir le recours aux
génériques. «La gratuité ne résoudra pas la question d'accessibilité
géographique, la formation de personnel de santé par exemple, reconnaît
Bernard Taverne. Mais elle est un préalable pour qu'on accepte enfin de se
donner les moyens de soigner les gens.»

L'appel «Free by Five» demande à l'OMS et à l'Onusida d'adopter des
recommandations claires sur la nécessité de traitements ARV gratuits. Or,
jusque-là, ces agences ont plaidé pour que les soins soient les «plus
abordables possibles». Elles pourraient bien bouger. «Il y a trop
d'évidences aujourd'hui qui prouvent que la non-gratuité pousse les patients
à refuser le traitement ou à l'interrompre», reconnaît Yves Souterand, du
département sida de l'OMS. Une réunion avec la Banque mondiale sur la
gratuité est prévue en janvier. A l'issue de laquelle le principe pourrait
être validé. Ce serait un tournant.


*******************
[modératrice: pour mémoire, nous avions diffusé l'info dans la e-med ci-dessous.CB]

De : e-med-bounces@healthnet.org [mailto:e-med-bounces@healthnet.org] De
la part de veronique.collard@free.fr
Envoyé : mercredi 27 octobre 2004 09:16
À : e-med@healthnet.org
Objet : [e-med] Déclaration Free by 5


Bonjour à tous,

La prise en charge médicale du VIH/sida, y compris les traitements
antirétroviraux, sont de plus en plus disponibles dans les pays en
développement. Mais les médicaments et les examens de laboratoire
associés sont rarement fournis gratuitement. De nombreuses personnes
vivant avec le VIH n'y auront pas accès parce qu¹elles ne peuvent pas
payer la contribution qui leur est demandée.

La participation des patients aux frais de santé est un obstacle à
l¹équité,
l¹efficacité et la qualité des programmes d¹accès aux traitements. Bien
plus, elle compromet la possibilité même de changement d¹échelle de
l¹accès au traitement.

Nous sommes persuadés que, pour le respect des droits de l¹Homme, pour
des
impératifs de santé publique et des raisons économiques, la gratuité
pour tous d¹un ensemble minimum de soins incluant les ARV doit être mise
en ¦uvre.

Confrontés à la gravité et à l¹urgence de la situation, des membres de
HEARD, de l¹IRD, de MSF, avec l¹appui d¹autres personnes, ont préparé la
déclaration « Free by 5 » (gratuité en 2005) pour mettre en lumière la
nécessité de la gratuité de la prise en charge médicale du VIH/sida.

Les objectifs de la déclaration Free by 5 sont de :
§ fournir des arguments économiques et de santé publique sur
lesquels les décisions des acteurs politiques et des gouvernements
pourront s¹appuyer
§ inciter l¹ONUSIDA, l¹OMS, le Fonds Mondial, la Banque Mondiale,
PEPFAR et d¹autres bailleurs de fonds à adopter des recommandations sur
la gratuité, à promouvoir activement ce principe et à le mettre en ¦uvre
§ appuyer les activistes, et autres acteurs concernés, dans leur
plaidoyer pour obtenir la gratuité de la prise en charge du VIH/sida

La déclaration Free by 5 est disponible en français et en anglais sur le
site www.heard.org.za.

Nous demandons aujourd¹hui votre soutien au principe de la gratuité de
la prise en charge médicale du VIH/sida, par la signature de la
déclaration Free by 5.

Si vous souhaitez signer la déclaration, veuillez
1. Envoyer un email à Sabrina Lee (Freeby5@hotmail.com) avant le 20
novembre 2004
2. En indiquant vos nom, fonction et organisme
3. Et en précisant si vous signez au nom de votre organisme ou à
titre
individuel

Les premiers signataires de la déclaration comportent : Alice Desclaux,
Médecin, Professeur d¹anthropologie et Directrice du Centre de Recherche
Culture, Santé, Sociétés (CReCSS), Université Paul Cézanne,
Aix-Marseille, France ; Stephen Lewis, Envoyé Spécial des Nations Unies
sur le VIH/sida en Afrique ; Nicoli Nattras, Professeur d¹Economie et
Directrice du Centre de Recherche en Sciences Sociales, Université de
Cape Town, Afrique du Sud ; Gorik Ooms, Directeur général, Médecins Sans
Frontières ­ Belgique ; Hélène Rossert-Blavier, Directrice de Aides
(France) et Vice-Présidente du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la
Tuberculose et le Paludisme ; Bernard Taverne, médecin, anthropologue,
Institut de Recherche pour le Développement, Dakar, Sénégal ; Alan
Whiteside, Professeur et Directeur de la Division de Recherche sur
l¹Economie de la Santé et le VIH/sida (HEARD), Université du
KwaZulu-Natal, Durban, Afrique du Sud.

La liste des signataires sera régulièrement mise à jour sur le site
www.heard.org.za. La déclaration sera rendue publique au cours d¹une
série
d¹événements à la fin du mois de novembre 2004.

Comptant sur votre soutien,
Cordialement,

Véronique Collard

PS : Si vous lisez l'anglais, mieux vaut télécharger la version
originale de la déclaration, en anglais, car la version francaise n'est
qu'une traduction
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