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[e-med] Revue de presse ARV/sida
- From: "Carinne Bruneton" <remed@remed.org>
- Date: Wed, 8 Dec 2004 12:58:02 +0100
[Actualité très riche dans ce domaine, juste une petite sélection!...CB]
* Vers la gratuité des ARV pour les femmes enceintes au Congo
* 1.800 nouveaux-nés séropositifs enregistrés en 2003 au Bénin
* L'Allemagne augmente sa promesse au Fonds mondial contre le sida
* Burkina-Faso: Baromètre : des ONG dénoncent une "crise de conscience"
* Guinée Bissao: Le Brésil subventionnera le premier programme de
distribution de médicaments antirétroviraux
* Afrique du sud: le protocole des droits des femmes africaines, une arme
contre le VIH
* Angola: Le gouvernement pour le respect des règlements de protection des
séropositifs
* Cameroun: Vih/sida, les comités à tout prix
* L'Italie ne paie pas sa part à l'ONUSISA
* Au Bénin, les malades meurent, les escrocs du Sida s'enrichissent
* Une caravane anti-SIDA parcourt l'axe Lagos-Abidjan
* 65 centres de dépistage du vih/sida : le volontariat pour le test piétine
au Sénégal
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Vers la gratuité des ARV pour les femmes enceintes au Congo
Brazzaville, Congo (PANA) - Le gouvernement congolais a pris
l'engagement d'assurer, pour compter du deuxième trimestre de
2005, la gratuité des médicaments antirétroviraux (ARV) pour les
enfants et les femmes enceintes touchés par le virus du SIDA.
Selon le ministre congolais de la Santé et de la Population,
Alain Moka, qui en a fait l'annonce lundi à Brazzaville, le
gouvernement va également réduire de 3.000 F.CFA par mois le coût
de ces médicaments pour les personnes adultes démunies vivant
avec le VIH.
M. Moka, également deuxième vice-président du Conseil national de
lutte contre le SIDA (CNLS), a indiqué que cette mesure est une
instruction du président congolais Denis Sassou Nguesso.
Elle figure dans la déclaration rendue publique par le ministère
de la Santé et de la Population, dans le cadre de la commémoration,
le 1er décembre dernier, de la Journée mondiale de lutte contre le
SIDA.
Le gouvernement congolais a également prévu dans le budget de
l'Etat exercice 2005 des fonds devant servir à soutenir un
certain nombre d'activités et d'initiatives visant la réduction
et l'éradication du VIH/SIDA dans les différents départements non
pris en compte par le don de la Banque mondiale.
Selon ce texte, qui reconnaît que la pauvreté, les comportements
et les pratiques sexuelles spécifiques, sont autant de paramètres
concourant à la propagation de cette maladie, la mise en oeuvre
des programmes destinés à baisser la vulnérabilité des populations au
VIH constitue plus que jamais une urgence absolue.
Brazzaville - 06/12/2004
****************
1.800 nouveaux-nés séropositifs enregistrés en 2003 au Bénin
Cotonou, Bénin (PANA) - Le Bénin a enregistré l'année dernière,
1.800 nouveaux-nés séropositifs, indique le rapport 2003, du
Programme national de lutte contre le Sida (PNLS).
Sur 9.082 femmes enceintes dépistées l'année dernière, 202
avaient été confirmées positives. Ce qui correspond à un taux de
prévalence 2,2 pour cent, selon le PNLS.
"Au Bénin, le nombre de personnes vivant avec le VIH en 2003, est
estimé à 71.950 dont 48,2 pour cent de femmes âgées de 15 à 49
ans", précise le document du PNLS qui souligne également que la
maladie a tué depuis 1985 41.180 personnes dont 6.140 pour la
seule année 2003.
Ainsi, dans le document de politique et stratégies nationales de
développement du secteur de la Santé pour 2006, le gouvernement
béninois envisage de consacrer plus d'un milliard de francs CFA
dans le budget général de l'Etat, exercice 2005, pour atteindre
les objectifs spécifiques de prévention et de lutte contre le
VIH/SIDA.
"Les objectifs spécifiques de lutte contre le VIH/SIDA se
résument, essentiellement, à réduire la propagation des Infections
sexuellement transmissibles (IST) et le SIDA, en impliquant
toutes les forces vives de la nation béninoise et à créer un
cadre institutionnel favorable", souligne le document.
La population du Bénin est estimée à 7 millions d'habitants en
2006. Selon les autorités du pays, si le taux de prévalence
actuel (4,1 pour cent) se maintenait, le nombre de sidéens dans
le pays va atteindre le chiffre record de 287.000.
Cotonou - 08/12/2004
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L'Allemagne augmente sa promesse au Fonds mondial contre le sida
Dakar, Sénégal (PANA) - L'Allemagne a annoncé qu'elle ferait plus
que doubler sa promesse financière pour 2005 au Fonds mondial de
lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui se
chiffre à 82 millions de dollars.
Cette hausse, annoncée la veille de la Journée mondiale contre le
sida qui a été célébrée mercredi, ferait de l'Allemagne le
quatrième contributeur au Fonds mondial derrière les Etats-Unis,
la France et l'Italie, qui ont également promis plus de 100
millions de dollars chacun pour 2005.
Dans un communiqué transmis vendredi à la PANA, le Fonds rappelle
que la promesse de l'Allemagne pour 2004 était de 38 millions de
dollars.
"L'Allemagne a été un supporter constant, engagé et très apprécié
du Fonds mondial depuis sa création en plus d'être le second pays
donateur à renouveler sa promesse initiale à l'organisation",
indique encore le communiqué.
"La contribution de l'Allemagne vient à point nommé au moment où
le conseil du Fonds mondial vient juste d'annoncer une nouvelle
série de financement en 2005 qui aidera à financer de nouveaux
programmes d'importance vitale dans de nombreux pays" s'est
réjoui Christoph Benn, directeur des relations extérieures du
Fonds mondial à Genève, faisant allusion à l'annonce de Berlin.
Des soutiens supplémentaires continuent de parvenir au Fonds
grâce à l'action de sensibilisation de l'Allemagne auprès du G8
et de la Commission européenne, mais aussi grâce à son
traditionnel engagement en faveur de l'Aide publique au
développement (APD), reconnaît le Fonds.
L'Agence allemande de coopération internationale (Deutsche
Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit - GTZ ) finance les
travaux des partenaires du Fonds mondial sur le terrain pour
faciliter le développement de propositions et la mise en oeuvre
des programmes.
Le Fonds mondial est un partenariat public-privé visant à attirer
et débloquer des ressources supplémentaires pour empêcher et
traiter le sida, la tuberculose et le paludisme, trois maladies
qui tuent environ six millions de personnes par an dans le monde,
essentiellement dans les pays d'Afrique et autres pays en
développement.
Dakar - 03/12/2004
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Baromètre : des ONG dénoncent une "crise de conscience"
Le Pays (Ouagadougou)
7 Décembre 2004
Publié sur le web le 7 Décembre 2004
La plupart des malades du Sida accèdent difficilement à une prise en charge
médicale. Des ONG s'élèvent contre cette "injustice" et appellent les
"acteurs de décision" à poser des actes concrets pour que le pire ne
continue pas de dicter sa loi.
Depuis une année, des acteurs de la société civile ont engagé un plaidoyer
pour le traitement gratuit des malades du SIDA. L'acquit principal de cette
campagne est l'adhésion de plus en plus croissante de l'opinion au principe
de la gratuité. En effet cette campagne a pu démontrer que la gratuité des
traitements est faisable dans notre pays malgré les difficultés à surmonter.
L'obstination à la contribution financière des malades ressemble donc à un
refus d'affronter ces difficultés pour relever un défi qui est vital pour
des milliers de malades dans le désarroi.
Après une année de débat sur la gratuité des traitements du SIDA, et
l'adhésion d'une forte opinion à cette cause, nous regrettons que l'on soit
toujours à discuter sur le principe même de la gratuité. Il est plus
qu'urgent que le débat évolue sur les mesures pratiques à mettre en place
pour garantir l'accès universel aux traitements du SIDA qui sera favorisé
par l'adoption du principe de la gratuité des traitements.
Plusieurs pays en voie de développement sont plus avancés que le Burkina
Faso dans les conditions indispensables pour un accès universel aux
traitements contre le SIDA. Dans ces pays, le principe de la gratuité a été
adopté et est entrain d'être appliqué. Il s'agit notamment du Brésil, de la
Thaïlande, de l'Afrique du Sud, du Burundi, du Sénégal et récemment du Mali.
Au niveau de l'Opinion publique internationale, de plus en plus d'acteurs
rallient le principe de la gratuité. C'est le cas de ce groupe
d'économistes, d'experts en santé publique et d'acteurs politiques qui ont
signé une déclaration intitulée " Free by five " pour demander la gratuité
des traitements en faveur des maladies du SIDA. Cette initiative bénéficie
de l'appui de plusieurs personnalités et organisations comme Stephen Lewis,
l'envoyé spécial de Kofi Annan pour le VIH/SIDA en Afrique, de Hélène
Rossert, vice présidente du Fonds Global de lutte contre le SIDA, de
l'Association AIDES en France et de Médecins Sans Frontière en Belgique.
"Accès gratuit et universel à la prise en charge médicale"
A travers la Déclaration " Free by five " (gratuité des traitements en 2005)
qui s'inspire de l'Initiative " Tree by five " (3 millions de personnes sous
ARV d'ici 2005) de l'OMS, ces personnalités et organisations internationales
de lutte contre le SIDA avouent que la gratuité des traitements contre le
SIDA est " une décision économique rationnelle et une priorité absolue ".
Elles se déclarent convaincues " que la gratuité pour tous d'un ensemble
minimum de soins incluant les ARV au sein du système de santé publique est
un préalable pour que les programmes de prise en charge médicale changent
d'échelle, soient équitables et efficaces, et fournissent une prise en
charge de qualité. " Elles interpellent " l'OMS, l'ONUSIDA, les
gouvernements des pays à ressources limitées et les bailleurs de fonds
internationaux notamment le Fonds Mondial, la Banque Mondiale, PEPFAR (NDLR
: Initiative de Georges BUSH contre le SIDA) et les agences de coopération
bilatérales " à " adopter et promouvoir activement le principe d'un accès
gratuit et universel à la prise en charge médicale (incluant les ARV) et
contribuer à sa mise en oeuvre." Nous, organisations adhérant à l'Initiative
"Free by five" interpellons donc les acteurs ainsi sollicités et qui ont des
représentations au Burkina Faso à oeuvrer pour l'adoption et la mise en
application du principe de la gratuité des traitements contre le SIDA au
Burkina Faso.
Les économistes, les experts en santé publique et les acteurs politiques
initiateurs de cette initiative justifient l'accès aux soins des personnes
infectées " par des arguments économiques et par le respect des droits de
l'Homme. " Et s'interrogent sur les chances des programmes de prise en
charge à atteindre les populations les plus pauvres et les plus vulnérables
tout en assurant « un haut degré d'observance afin d'éviter l'apparition de
résistances. » Pour eux, une des conditions premières demeurent " la
gratuité d'un ensemble minimum de soins complet pour toutes les personnes
vivant avec le VIH." Ils citent en outre, une consultation de l'OMS rendue
publique en janvier 2004 qui concluait que " des stratégies devraient être
développées pour dispenser les ARV gratuitement à ceux qui ont le moins de
moyens ( ). Cependant, si les systèmes de recouvrement des coûts s'avèrent
inefficaces ou limitent l'accès aux soins, la dispensation gratuite pour
tous devrait être envisagée ".
"Crime contre l'humanité"
Que pensez vous du cas du Burkina Faso, où le rapport annuel du PNUD donne
des statistiques de 45% de la population qui vit avec moins de 72 000 FCFA
par an, c'est-à-dire moins de 6 000 FCFA par mois. Quelles contributions
financières peut-on demander à cette population sans que cela ne limite son
accès aux soins ?
Selon les conclusions de l'étude citée, la dispensation gratuite des
traitements ne devrait-elle pas être appliquée au Burkina Faso ?
Nous souhaitons, à toute fin utile vous rappeler cette phrase du Secrétaire
Général des Nations Unies, Kofi Annan : " le VIH/sida est la pire épidémie
que l'humanité ait jamais affrontée. Elle s'est répandue plus largement,
plus rapidement et avec des conséquences à long terme plus catastrophiques
que toute autre maladie. Son impact est devenu un obstacle dévastateur au
développement ". Le caractère exceptionnel de l'épidémie justifie donc le
caractère exceptionnel de sa réponse. C'est également l'avis du Directeur
Général de l'OMS, Lee Jong-Wook, qui affirme que : " l'insuffisance de
l'accès aux traitements antirétroviraux est une urgence médicale mondiale
Pour dispenser les traitements antirétroviraux aux millions de personnes qui
en ont besoin, nous devons changer notre façon de penser et notre façon
d'agir." Pour conclure, permettez nous de faire notre, cette déclaration de
M. Stephen Lewis: " Vous me pardonnerez de parler avec vigueur, mais à
l'aube de l'année 2003 (NDLR : il y a 2ans déjà, en considérant que nous
sommes à l'aube de 2005), il n'est plus temps de supplier poliment, même
d'implorer. On ne peut permettre que la pandémie continue et ceux qui la
regardent s'étendre, avec une sorte de sérénité pathologique, devront rendre
compte un jour où nous aurons des tribunaux en temps de paix qui jugeront
cette version particulière de crimes contre l'humanité Le droit à la vie et
à la dignité ne devrait pas être une prérogative des riches et des
puissants. La crise du SIDA n'est pas une crise de manque de ressources.
C'est une crise de manque de conscience." Que faut-il et combien de temps
faut-il pour apporter cette conscience aux acteurs de décisions ? Surtout,
combien de vies humaines vont payer pour cette énergie et ce temps dont ils
ont besoins pour prendre conscience ?
Pour le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
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Le Brésil subventionnera le premier programme de distribution de médicaments
antirétroviraux
Publié sur le web le 3 Décembre 2004
Bissau
- A compter du premier trimestre 2005, le Brésil commencera à fournir à
la Guinée Bissau des médicaments antirétroviraux (ARV) dans le cadre du
lancement de son premier programme de traitement ARV destiné aux
personnes vivant avec le sida, a annoncé Odete Costa Semedo, le
ministre bissau-guinéen de la santé.
Dans un discours prononcé à Batafa à l'occasion de la célébration de la
journée mondiale contre le sida, Odete Costa Semedo a indiqué que des
médecins et infirmières des deux hôpitaux de ce petit pays d'Afrique de
l'Ouest se rendront dans un premier temps au Brésil pour y suivre une
formation sur l'administration des médicaments ARV. Bien qu'ils ne
puissent pas enrayer la maladie, ces médicaments peuvent contribuer à
améliorer la santé des personnes vivant avec le sida et prolonger leur
vie.
Costa Semedo, qui s'était rendu au Brésil en septembre, a précisé que
le programme de distribution d'ARV sera mis en place dans le nouvel
hôpital Sant Egidio/Raoul Follereau de la capitale Bissau et dans celui
de Cumura, situé à 10 km de la ville.
Jusqu'à présent, les malades devaient se rendre au Sénégal voisin pour
se procurer des médicaments ARV.
Le ministre n'a fourni aucun détail sur le nombre de personnes qui
bénéficierait de ce traitement dans la première phase du programme, ni
indiqué la somme que devront payer les malades pour se procurer les
médicaments.
Une étude sentinelle réalisée auprès de femmes enceintes ayant
volontairement accepté de se soumettre aux tests de dépistage du sida
lors de leur consultation prénatale en 2003 montre que quatre pour cent
de la population adulte de Guinée Bissau sont infectés par le virus du
VIH responsable du sida.
Costa Semedo a noté que le taux d'infection était plus élevé - 5,8 pour
cent - à Bafata, une ville située à 110 km à l'est de la capitale.
Selon les estimations ministère de la santé, près de 43 000 personnes
de plus de 15 ans vivent actuellement avec le virus du HIV en Guinée
Bissau et on enregistre chaque jour 25 à 40 nouvelles infections, a
t-elle ajouté.
Dans cette ancienne colonie portugaise de 1,3 millions d'habitants, le
taux de prévalence du sida a connu une progression fulgurante peu de
temps après la guerre civile de 1998 à 1999 et, il n'y a pas longtemps
encore, il était presque tabou de parler de la maladie en public.
L'usage du préservatif n'est pas très répandu, ce qui fait dire à Costa
Semedo qu'il y a plus de 190 000 personnes sexuellement actives qui
n'utilisent jamais de préservatif et qui courent constamment le risque
d'être infectées par le virus du VIH.
Aucune personnalité connue en Guinée Bissau n'a jamais admis être
séropositive et il n'existe aucune association de personnes vivant avec
le sida dans le pays.
Toutefois, deux organisations non gouvernementales, ALTERNAG, une ONG
locale, et Ceus e Terras (Ciels et Terres), une ONG italienne,
aident les personnes vivant avec le virus.
En juillet dernier, les autorités bissau-guinéennes ont lancé un
programme sur trois ans pour lutter contre le sida, grâce à un prêt de
19 millions de dollars américains accordé par la Banque mondiale et le
Fonds mondial de la lutte contre le sida, la tuberculose et le
paludisme
http://fr.allafrica.com/stories/200412030445.html
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Journée mondiale sur le SIDA : le protocole des droits des femmes
africaines, une arme contre le VIH
Publié sur le web le 2 Décembre 2004
Par Moyiga Nduru
- "Lorsque vous regardez l'image du mouvement général sur le VIH/SIDA,
la direction est principalement masculine. Nous devons former et avoir
plus de femmes leaders", déclare Prudence Mabele, une activiste
anti-SIDA en Afrique du Sud.
Le commentaire a été fait au cours d'un atelier d'une journée, organisé
par Oxfam, une importante organisation caritative, dans la capitale
sud-africaine, Pretoria, mardi. Mabele, qui est elle-même séropositive,
travaille pour l'Association des femmes vivant avec le VIH/SIDA en
Afrique du Sud. Elle dit avoir contracté le virus à l'âge de 19 ans :
"Cela a été diagnostiqué suite à des maux de tête constants que
j'avais", a expliqué Mabele. La discussion de mardi s'est focalisée sur
le Protocole des droits des femmes en Afrique de la Charte africaine
sur les droits de l'Homme et des peuples. Ceci correspondait au thème
de la Journée mondiale sur le SIDA (1er décembre), à savoir : "Femmes,
filles, VIH et SIDA". Le protocole aborde nombre de problèmes qui
rendent les femmes particulièrement vulnérables au SIDA.
Ce code de droits, le premier à être développé par des Africains pour
les femmes sur le continent, a été adopté par l'Union africaine, forte
de 53 nations, l'année dernière.
Selon un communiqué publié par Oxfam, "(Le protocole) représente un
cadre d'action légal détaillé qui offre aux femmes africaines un
mécanisme pour s'exercer à la protection de leurs droits. Il comporte
32 articles, couvrant une vaste gamme de questions des droits de
l'Homme et marque des avancées dans l'égalité pour les femmes
conformément au droit international". Au nombre de ces articles, figure
une protection spéciale pour les groupes vulnérables tels que les
veuves et les handicapés. Une fois qu'il entrera en vigueur, le
protocole exigera des gouvernements qu'ils alignent leurs lois sur ses
dispositions - et créera même une législation pour protéger les droits
des femmes là où cela n'existe pas encore.
Jusqu'au 9 novembre, il y avait 31 signataires du protocole, alors que
cinq Etats seulement l'avaient ratifié - les Comores, le Lesotho, la
Libye, la Namibie et le Rwanda. Dix autres ratifications sont
nécessaires pour l'entrée en vigueur du protocole, souligne Judith
Flick, directrice régionale d'Oxfam pour l'Afrique australe, qui est
également en charge de l'initiative globale VIH/SIDA de l'organisation
caritative. Certains participants à l'atelier de mardi ont exprimé des
préoccupations par rapport aux difficultés d'application du protocole.
Ils ont souligné, par exemple, une probable réaction brutale contre son
interdiction de la mutilation génitale de la femme (MGF), une pratique
nuisible qui est exercée sur des milliers de femmes en Afrique.
"Certaines femmes ne veulent même pas qu'on appelle cela la MGF. Elles
disent : 'Ceci est notre tradition et restez en dehors de cela', a
indiqué Imelda Boikanyo, une consultante en genre et en santé de la
reproduction et du sexe.
Elle s'est également interrogée sur la manière dont les dispositions du
protocole concernant l'âge légal du mariage seraient appliquées. "Si la
loi dit que les filles doivent se marier à 18 ans, que ferait alors le
parlement au sujet de nos rois qui épousent des filles n'ayant pas plus
de 16 ans? Nos rois sont-ils au-dessus de la constitution?", a demandé
Boikanyo. Le roi du Swaziland Mswati a été critiqué par des groupes de
femmes pour avoir épousé des filles âgées de 16 ans à peine.
Le protocole stipule également qu'une femme devrait avoir le droit
d'avorter au cas où elle tomberait enceinte à cause d'un inceste ou
d'un viol - ou dans des cas où la continuation de la grossesse mettrait
en danger sa santé. Toutefois, même cette disposition limitée sur
l'avortement reste une question controversée dans certains pays
africains.
En Afrique subsaharienne, près de 60 pour cent d'adultes vivant avec le
VIH/SIDA (13,5 millions de personnes) sont des femmes, selon le
Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA. En moyenne, il y
a 13 femmes séropositives pour 10 hommes séropositifs.
La différence dans les niveaux d'infection du VIH entre les femmes et
les hommes est beaucoup plus prononcée au sein des jeunes gens âgés de
15 à 24 ans. Les femmes dans cette tranche d'âge sont, en moyenne,
trois fois plus susceptibles d'être infectées que les hommes.
En Afrique du Sud, par exemple, 20 jeunes femmes contractent le VIH
contre 10 jeunes hommes. Au Kenya et au Mali, la différence est
beaucoup plus grande : pour 10 jeunes hommes qui contractent le virus
dans ces pays, 45 jeunes femmes en feront de même.
"La violence contre les femmes prend diverses formes. Elle est présente
à la maison, sur le lieu du travail, dans le bus ou dans le train", a
dit à IPS, Rose Dawaya, une conseillère en genre à Oxfam.
"Par conséquent, nous devons, chaque jour, faire cesser la violence
contre les femmes. Cela ne devrait pas être laissé seulement à la
police ou à l'Etat, mais tout le monde devrait s'y impliquer", a-t-elle
ajouté. "C'est une longue campagne. Nous ne pouvons pas relâcher".
http://fr.allafrica.com/stories/200412020479.html
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Le gouvernement pour le respect des règlements de protection des
séropositifs
Publié sur le web le 2 Décembre 2004
Luanda
Le Ministère de l'Administration Publique, Emploi et Sécurité Sociale a
reconnu mercredi, à Luanda, la nécessité de respecter les règlements
qui déterminent les formes et les comportements de protection des
fonctionnaires séropositifs.
Un communiqué de presse parvenu jeudi à l'ANGOP, indique que ces
recommandations proposées par l'Organisation des Nations Unies de Lutte
contre le SIDA (Onusida) doivent être respectées par les employeurs
dans le lieu de travail, aux centres d'emploi et de formation
professionnelle, selon les principes fondamentaux des droits de l'homme
et les directives internationales.
Selon le document, le gouvernement angolais, à travers le Ministère de
l'Administration Publique, signe divers décrets qui protègent les
travailleurs séropositifs, notamment, le Code de conduite sur le
Vih/Sida et l'emploi au sein de la Communauté de Développement de
l'Afrique australe (Sadc), ainsi que le règlement sur le Vih/Sida,
l'emploi et la formation professionnelle.
Le Code de Conduite de la SADC présente les orientations et composantes
pour l'élaboration des codes nationaux dans les pays membres, en se
basant sur les principes fondamentaux des droits de l'homme, les normes
régionales, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et de
l'Organisation Internationale du Travail (OIT), dans les principes de
l'éthique médicale et dans une attitude humaine de solidarité par
rapport à ces personnes.
Conformément à ces deux décrets, les fonctionnaires affectés par le
Syndrum Immuno-déficitaire acquis (Sida), doivent être traités de la
même manière que tout travailleur porteur d'une maladie potentiellement
mortelle.
http://fr.allafrica.com/stories/200412020350.html
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Cameroun: Vih/sida, les comités à tout prix
Publié sur le web le 3 Décembre 2004
Azap Ndongo
La célébration de la 16ème édition de la journée mondiale de lutte
contre le vih/sida s'est déroulée ce mercredi 1er décembre 2004. Les
Ong et Comité locaux de lutte contre la pandémie se sont mobilisés.
Hier mercredi 1er décembre, il y avait du beau monde sur la place des
fêtes de Bafoussam, à l'occasion de la célébration de la 16ème édition
de la journée mondiale de lutte contre le vih/sida. Une cérémonie
présidée par le gouverneur de la province de l'Ouest, Ahmadou Tidjani,
en présence des responsables des comités locaux de lutte contre le
sida, des associations des personnes vivants avec le vih/sida (Colibri,
Apicam), du délégué provincial de la santé publique pour l'Ouest, M.
Fopa Ahmadou, et des curieux.
Ici fleurissent des pancartes libérant des messages manifestement
révélateurs de la pandémie. Entre autres informations : " Ensemble
barrons la voie au Sida en milieu scolaire " ; " le Sida est une
réalité " ; " Acceptons le test de dépistage du Vih/Sida " ; " Nous
encourageons les témoignages des personnes infectées par le Vih/sida. "
Des témoignages des personnes infectées au Vih/sida se sont faits à
visage découvert. C'est dans ce contexte que madame T. Berthe a affirmé
: " Je souffre de la maladie depuis 4 ans. Toutefois je prie le
Seigneur de faire quelque chose pour moi. Je conseille nos frères et
soeurs d'éviter des rapports sexuels à risque. Au cas où il faudrait y
aller, il faut se munir du préservatif. A défaut pratiquer l'abstinence
sexuelle.
" Le n°1 de la province dans son allocution a révélé que : " Le
gouvernement, à travers le Comité national de lutte contre le sida avec
ses manifestations au niveau provincial, s'engage à soutenir toute
action et tout plaidoyer de nature à réduire la vulnérabilité des
femmes et des filles à l'infection au Vih et à améliorer la qualité de
vie de celles qui sont aujourd'hui séropositives ". Et de poursuivre :
" J'exhorte tous les partenaires de lutte et les médias qui sont une "
science-carrefour " à soutenir, sensibiliser, orienter et à promouvoir
le rôle des femmes et des filles dans la lutte contre l'épidémie. Tous
les hommes doivent s'impliquer sans réserve en s'engageant dans un
premier temps à l'éducation de leurs enfants, filles et garçons
confondus."
Le " Colibri ", selon son promoteur Jules César Kamgué, au-delà d'être
une association des personnes vivant avec le vih/Sida à Bafoussam, est
un centre d'information sur le vih/sida. " Il est aussi un lieu
d'accueil, d'écoute et d'accompagnement des jeunes dans leurs démarches
de dépistage ", précise t-il. Et son action ? " Avec l'appui de l'Union
Européenne, dans le cadre du programme d'appui au secteur santé, le "
Colibri " a mis sur pied des structures de Counselling vih/sida dans
(6) hôpitaux publics de la province (Bangangté, Foumbot, Bandjoun,
Bafang, Dschang, Foumban). Ces structures sont composées des
conseillers psychosociaux, du personnel para-médical de chaque
formation sanitaire et des personnes vivants avec le vih/sida de chaque
district de santé qui témoignent à visage découvert leur séropositivité
aux personnes dont les résultats de dépistage s'avèrent positifs, "
révèle Kamgué.
Ces structures devaient s'étendre dans (10) autres formations
sanitaires de la province. " Mais étant donné que l'Union Européenne
veut fermer les robinets, nous ne pouvons plus étendre notre action.
Pour l'heure, nous recherchons un partenaire potentiel pour pérenniser
notre action et voir dans quelle mesure partager l'expérience avec les
autres provinces. Car les structures de Counselling ont créé dans
chaque district de santé des mouvements associatifs des personnes
vivants avec le vih/sida. Ce sont des groupes d'auto-support dans
lesquels on s'entraide et apprend comment vivre avec le vih/ sida ",
précise t-il.
http://fr.allafrica.com/stories/200412030373.html
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02/12/2004 L'Italie ne paie pas sa part à l'ONUSISA
http://www.liberation.fr
L'Italie met en avant ses difficultés économiques pour justifier le
non-paiement de sa contribution de 100 millions d'euros promise par les
pays du G8 à l'Onusida, le fonds d'aide de l'ONU à la lutte contre
cette maladie. Le ministre de la Santé, Girolamo Sirchia, a confirmé
lors d'un colloque que l'Italie avait demandé un délai pour s'acquitter
de sa contribution «parce que sa situation financière ne le lui permet
pas» et que le gouvernement a «d'autres priorités». La date limite pour
le paiement avait été fixée au 30 septembre. Représentée au même
colloque, la réponse de l'association italienne de lutte contre le sida
(Anlaids) ne s'est pas faite attendre. L'Anlaids suggère non sans
ironie à Silvio Berlusconi de faire un don en piochant dans l'argent
qu'il aura économisé grâce aux baisses d'impôts qu'il a fait voter la
semaine dernière. «L'Anlaids est prête à accepter un don», a déclaré le
professeur Fernando Aiuti, président de l'organisation. Message reçu
puisque selon son porte-parole, «Silvio Berlusconi a bien l'intention
de verser à des organisations de bienfaisance l'argent économisé sur
son patrimoine personnel grâce aux baisses d'impôts».
http://www.liberation.fr/page.php?Article=258083&AG
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01/12/2004 Au Bénin, les malades meurent, les escrocs su Sida
s'enrichissent .
http://www.courrierinternational.com
Le sida tue chaque jour au Bénin, comme dans le reste de l'Afrique,
mais il permet aussi à des escrocs de s'enrichir sur le dos des
mourants en montant des programmes d'aide factices."Seulement 30% des
aides en direction des séropositifs arrive réellement aux
bénéficiaires, quand toute la subvention n'est pas détournée!",
explique un médecin du Programme national de lutte contre le sida
(PNLS).Ces dernières années, les associations fictives n'ont cessé de
proliférer au Bénin. Quelque 200 associations ont été dénombrées, mais
50 seulement dépendent du ministère de la Santé et travaillent
réellement, pour quelque 6.000 séropositifs identifiés, selon les
chiffres du PNLS pour 2003.Lors d'un récent débat télévisée sur une
chaîne privée, des auditeurs ont dénoncé la cupidité de nombreuses
organisations non gouvernementalespour qui la lutte contre le sida
serait "une aubaine que saisissent les promoteurs pour s'enrichir".Au
Bénin, les campagne de prévention sur le sida, les problèmes de santé
ou les freins au développement, et l'apparente facilité de financement
des projets attisent les convoitises de bon nombre d'acteurs publics et
privés.Les bailleurs de fonds internationaux, dont les principaux au
Bénin sont les Etats Unis et la Banque Mondial dans ce domaine, ne
viennent que rarement sur le terrain pour contrôler les actions
menées."Faire de l'argent aujourd'hui grâce au business du sida est
facile. Vous créez une association en y faisant adhérer des agents de
santé ou des étudiants en médecine et en sociologie. Ensuite, vous
élaborez des projets de campagne de sensibilisation ou d'assistance aux
malades que vous soumettez aux bailleurs de fonds et le tour est joué,
sans aucun résultat sur le terrain", explique le docteur Joël Adékambi,
médecin de santé publique.Entre deux toussotements, Joseph A, 26 ans,
crachote une salive sanguinolente. Essoufflé, il peine à raconter son
calvaire depuis qu'il a appris sa séropositivité, en décembre
2003.Depuis le matin, il attend, assis sur le rebord d'une terrasse de
l'hôpital Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, comme il le fait depuis
maintenant six semaines, l'arrivée du responsable d'une ONG, passé à
l'hôpital faire une liste des séropositifs en attente de traitement et
qui, depuis, n'est jamais réapparu."Quand j'ai commencé à sentir les
signes de fatigue, je suis venu à l'hôpital où j'ai rencontré des
séropositifs qui s'inscrivaient sur une liste après avoir donné leur
bulletin d'examen sérologique et j'en ai fait autant. Le responsable
nous avait promis qu'il irait chercher un financement par le biais de
son projet pour nous aider à avoir les anti-rétroviraux", halète
Joseph.L'escroc a ensuite simplement présenté la liste des
bénéficiaires avec leur certificats de séropositivité pour décrocher
des budgets, sans jamais livrer les médicaments.Comme Joseph, une
vingtaine d'autres séropositifs ont été victimes d'escrocs. Ils n'ont
plus d'autre recours que d'attendre dans les hôpitaux ou chez eux, le
plus souvent sans traitement, l'heure fatidique, comme ce jeune homme
de 21 ans qui gisait, mort, mardi, sur son lit dans le service
d'immunologie de l'hôpital de Cotonou, sous les regards impuissants des
personnels de santé."Ces cas de personnes qui vivent sur le dos des
séropositifs sont de plus en plus légions!", déplore Alexandre Houdété,
infirmier à l'hôpital de Cotonou, "ils le font juste pour avoir un
financement des organismes internationaux qu'ils utilisent à d'autres
fins"."L'Etat béninois ne prend en charge les séropositifs que lorsque
le taux de CD4 (taux de lymphocytes T4 dans le sang), qui est
normalement de 1.000, descend à 200, et ce au tarif de 1.000 à 5.000
CFA (7,6 euros) par mois et par patient, en fonction des revenus",
explique à l'AFP la ministre de la Santé, Céline Kandissounon."Pour la
lutte contre le sida, l'Etat prévoit d'injecter pour 2005 un peu plus
d'un milliard de CFA dans les programmes, sans compter la participation
des autres partenaires", précise Mme Kandissounon.
http://www.courrierinternational.com/AFP/depeche.asp?
obj_id=041201131737.dh9454z1
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La touche des artistes
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Le Messager (Douala)
6 Décembre 2004
Publié sur le web le 7 Décembre 2004
Laure Ngatsing ( Stagiaire)
Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale du Sida le premier
décembre 2004, les artistes plasticiens ont organisé une marche à Yaoundé.
"La marche contre le Sida ." C'est ainsi qu'a été baptisée la marche faite
par les artistes plasticiens mercredi dernier. Dans cette action, ils ont
été accompagnés par plusieurs centaines de jeunes élèves de certains lycées
et collèges de la ville de Yaoundé, et de nombreux jeunes, venus donner plus
de couleurs à l'événement. L'itinéraire de la marche était d'une longueur de
plus de deux kilomètres allant de l'hôtel de ville de Yaoundé au monument de
la réunification où l'apothéose se résumait en photo et en exécution des
chants dont les messages tournaient tous autour de la lutte contre le Sida.
Egalement comme figure présente à cette marche, certains artistes et
sportifs venus d'horizon divers à l'instar de Jean Claude Mvogo, boxeur
camerounais exerçant en France. Pour lui, il s'agit d'un déplacement
symbolique. Il explique : " nous nous rendons compte du fait que le Sida est
une maladie qui sévit atrocement dans notre pays. C'est ce qui justifie mon
déplacement de la France pour le Cameroun. Je voudrais qu'à travers cette
marche, les Camerounais et les jeunes en particulier prennent conscience de
l'existence effective de cette pandémie. "
La marche contre le Sida a été initiée par l'association Miss'Art, avec la
collaboration du comité national de lutte contre le Sida. Pour Mme Augustine
Fouda, présidente de ladite association, " cette marche entre dans le cadre
de la contribution des artistes plasticiens dans la sensibilisation des
jeunes Camerounais sur la gravité de cette maladie. Ce qui survient après la
réalisation d'un constat amère." La contribution massive des jeunes est déjà
pour elle une réponse à son appel : " Ça me réjouit que de nombreux jeunes
aient répondu présents, comme un seul homme, à cette marche symbolique. Je
crois fermement qu'il y aura des répercussions dans leur milieu. L'évolution
du Sida dans le milieu jeune devrait en principe amener tout le monde à
réfléchir. Il s'agit là de notre contribution qui selon nous ne sera pas
rejetée ." Pour clôturer la célébration de cette journée, un vernissage des
tableaux faits par des jeunes des lycées et collèges a eu lieu dans les
locaux de Miss'Art à Elig-Essono.
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Une caravane anti-SIDA parcourt l'axe Lagos-Abidjan
Inter Press Service (Johannesburg)
4 Décembre 2004
Publié sur le web le 6 Décembre 2004
Par Noël Kokou Tadégnon
- "Les passagers et les transporteurs nous abordent souvent et nous font des
avances, ils te disent : tu es belle, veux-tu être ma copine, mais moi je
refuse toujours parce que je suis encore jeune", a déclaré à IPS, Natacha
Alaba, 16 ans.
Natacha est revendeuse de pain à la frontière de Hila Kondji, entre le Bénin
et le Togo. Sa camarade, Akossiwa Yétognon, 17 ans, revendeuse de beignets,
renchérit : "C'est vrai qu'on nous fait régulièrement la cour, mais moi, je
suis fidèle à mon copain, je l'aime beaucoup, c'est pourquoi je ne regarde
pas les autres". Et elle avoue ne pas utiliser le préservatif.
"Mais avec les enseignements et les messages livrés par la Caravane pour la
vie, je pense que même si on est fidèle, c'est mieux d'utiliser le condom",
souligne-t-elle à l'issue d'un spectacle de sensibilisation, organisé à
l'occasion de l'escale de la caravane à Sanvi Kondji, une localité togolaise
à la frontière.
La "Caravane pour la vie" est une campagne de grande envergure d'un mois de
lutte contre le VIH/SIDA qui a débuté depuis le 10 novembre au Nigeria pour
s'achever le 7 décembre en Côte d'Ivoire.
C'est un cortège de véhicules spécialement décorés et équipés, avec, à leur
bord, des experts en santé, des volontaires et des artistes qui informent,
sensibilisent et donnent des conseils pratiques sur le VIH/SIDA à des
millions de personnes vivant le long des quelque 1.000 kilomètres du
Corridor Abidjan-Lagos. La population ciblée par la caravane est estimée à
50 millions de personnes, selon les organisateurs.
Selon Dr Justin Koffi, directeur exécutif du Projet corridor, l'objectif de
la caravane est d'intensifier la sensibilisation et de changer les attitudes
et les comportements liés au VIH/SIDA dans cinq pays d'Afrique de l'ouest.
Ces pays, qui forment le corridor, sont le Nigeria, le Bénin, le Togo, le
Ghana et la Côte d'Ivoire.
Le projet VIH/SIDA tout au long du corridor de migration Abidjan-Lagos, qui
couvre plusieurs activités, a été lancé par Mathieu Kérékou, président du
Bénin en décembre 2003. C'est un programme de quatre années, financé par la
Banque mondiale, avec un don de 16,6 millions de dollars.
La Caravane pour la vie marque le premier anniversaire du Projet corridor et
coïncide avec les manifestations commémorant la Journée mondiale sur le SIDA
(1er décembre).
"Son but est d'intensifier la sensibilisation et d'exécuter les programmes
de dépistage volontaire et de traitement le long de ce corridor de migration
Abidjan-Lagos qui couvre ces cinq pays", a ajouté Koffi.
La menace d'infection est élevée puisque environ 14 millions de voyageurs,
de transporteurs et de travailleurs saisonniers restent vulnérables d'abord
du fait d'être éloignés longtemps de leur domicile et ensuite à cause de la
présence des professionnelles du sexe exerçant le long du corridor, a-t-il
expliqué. Le risque d'infection des populations vivant le long de ce
corridor est plus élevé.
La Caravane pour la vie s'est appuyée sur une approche participative des
populations locales, avec l'installation, dans chaque localité, des comités
pour définir le contenu des messages clés à véhiculer lors des spectacles.
L'abstinence, l'usage des préservatifs, la fidélité, le conseil et le
dépistage volontaire, la stigmatisation et la discrimination ont été les
thèmes proposés à chaque comité local. Ces messages ont été relayés à
travers des spectacles par de grands artistes locaux, des sketches et des
témoignages.
"Cette caravane a été l'occasion pour nous de montrer à la population qu'une
personne vivant avec le VIH/SIDA peut vivre longtemps", a déclaré à IPS,
François Manda (un surnom), membre d'une association de personnes vivant
avec le VIH au Bénin.
"Cela fait plaisir de contribuer à la lutte commune contre le SIDA", a
indiqué Eric MC, artiste togolais qui dénonce, dans l'une de ses chansons,
la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.
Selon Nana Ohiniko, chef traditionnel de la ville togolaise d'Aného,
frontalière avec le Bénin, la caravane est une bonne initiative qui "apporte
le message de vie à nos populations et nous ne pouvons que saluer cela".
"Nos frères et soeurs bougent beaucoup, et nous accueillons aussi dans notre
région beaucoup de gens qui sont pour la plupart en transit ou qui viennent
s'installer", a dit Ohiniko à IPS. "Il est important de mettre l'accent sur
la sensibilisation autour du SIDA qui fait des ravages un peu partout; notre
pays, et surtout notre région n'est pas épargnée".
A chaque étape de la caravane, un grand public se mobilise pour écouter les
différents messages et pour participer aux différents jeux de
questions-réponses ou de démonstration du port du préservatif masculin et
féminin. "Grâce à cette caravane, j'ai compris qu'on peut manger avec une
personne vivant avec le VIH sans risque", a indiqué à IPS, Sam Assamoa,
transporteur ghanéen, ajoutant que les séropositifs "ont d'ailleurs besoin
de notre soutien et de notre affection".
Tchotcho Mensa, revendeuse de pain à la frontière Togo-Bénin, avoue à IPS
qu'elle ignorait l'existence de préservatif féminin. "Les animateurs de la
caravane nous ont montré ce préservatif et je pense que c'est plus pratique;
il met la femme à l'abri des surprises et de la réticence des hommes".
Roger Adou, représentant de la Fondation Coca-Cola pour l'Afrique, estime
que le message est en train de passer. "La plupart de ceux qui viennent aux
spectacles sont réceptifs et cela nous conforte", a-t-il déclaré à IPS.
La Fondation Coca-Cola pour l'Afrique, dont le siège se trouve au Swaziland,
fait partie des partenaires de la caravane ainsi que la Banque mondiale.
Selon le dernier rapport du Programme conjoint des Nations Unies sur le
VIH/SIDA (ONUSIDA) publié en novembre 2004, la Côte d'Ivoire continue à
signaler le niveau de prévalence du VIH le plus élevé d'Afrique de l'ouest
depuis le début de l'épidémie - même si en 2002, la prévalence dans la
capitale économique, Abidjan, est tombée à son niveau le plus faible depuis
cinq ans (6,4 pour cent contre 13 pour cent en 1999).
La prévalence du VIH chez l'adulte au Togo est restée à peu près stable
autour de quatre pour cent, selon l'ONUSIDA.
Dans les deux pays voisins du Togo - le Ghana et le Bénin - la prévalence du
VIH oscille entre deux et quatre pour cent, montrant peu de variation au
cours du temps, indique le rapport de l'ONUSIDA.
L'enquête sentinelle VIH, effectuée en 2003 au Nigeria, donne une prévalence
du VIH de cinq pour cent au niveau national, en augmentation par rapport au
taux de 1,8 pour cent observé en 1991, mais à peu près le même que celui de
5,4 pour cent enregistré en 1999, ajoute l'ONUSIDA.
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65 centres de dépistage du vih/sida : le volontariat pour le test piétine au
Sénégal
Le Soleil (Dakar)
4 Décembre 2004
Publié sur le web le 6 Décembre 2004
Fara Diaw
Soixante-cinq (65) centres de Conseil et de dépistage anonyme et volontaire
(Ccdav) de l'infection à Vih sont actuellement en activité au Sénégal, a
révélé le Dr Ibra Ndoye, secrétaire exécutif du Conseil national de lutte
contre le Sida (Cnls). Le succès de la lutte contre la maladie sera
également mesuré si ces centres sont fréquentés par un grand nombre de
personnes décidées à connaître leur statut sérologique. Ce qui n'est pas le
cas actuellement.
Le Dr Ibra Ndoye présentait la situation de la mise en oeuvre du plan
stratégique de lutte contre le Sida (2002-2004) lors du forum présidé par le
ministre de la Santé et de la Prévention médicale, en présence du gouverneur
de la région, M. Mame Birame Sarr, du directeur de la Santé, le médecin
colonel Babacar Dramé, de représentants de plusieurs organismes
internationaux partenaires au développement (Unicef, Oms, Usaid, Banque
mondiale, etc.), d'Ong (Cossen, Ressip, Congad, Ancs) et d'organisations
communautaires de base (Ocb) de la région de Ziguinchor.
Le forum a eu lieu jeudi matin à Ziguinchor, au lendemain de la célébration
de la Journée mondiale de lutte contre le Sida.
Présentant les statistiques à ce sujet, le secrétaire exécutif du Cnls a
expliqué que 5.776 tests ont été réalisés à travers des interventions de
plaidoyer appuyées par Fhi/Usaid, le ministère chargé de la Famille, du
Développement social et de la Solidarité nationale et le Ccdv de
Richard-Toll qui, à lui seul, a enregistré un millier de tests.
La révélation de cette évolution fulgurante du nombre de Ccdav au Sénégal a
été faite, rappelle-t-on, au lendemain de l'inauguration par le ministre de
la Santé et de la Prévention médicale, le Dr Issa Mbaye Samb, et
l'ambassadeur des Etats-Unis, M. Richard Roth, du centre de dépistage
volontaire et de traitement ambulatoire (Cta) de Ziguinchor financé par
l'Usaid.
La promotion du dépistage anonyme, le développement du programme de
prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant (Ptme),
l'élargissement de la réponse communautaire dans la sensibilisation et
l'information, ainsi que l'accès aux traitements antirétroviraux ont été mis
en exergue.
En ce qui concerne le Ptme, le Dr Ibra Ndoye a indiqué qu'entre juin 2000 et
septembre 2002, 20.233 tests ont été proposés à des femmes en état de
grossesse et venues en consultations prénatales. 15.500 d'entre elles ont
accepté, et seuls 10.338 tests ont pu être réalisés.
De septembre 2002 à novembre 2004, 13.417 femmes enceintes ont accepté de
subir le test avec, au bout du compte, 10.733 tests réalisés.
Il a souligné que l'accès aux traitements Arv se développait bien dans dix
régions au Sénégal et que l'expérience des techniciens sénégalais dans ce
domaine est même élargie à Madagascar et surtout dans la sous-région
ouest-africaine, notamment en Gambie, au Tchad, en Mauritanie, en Guinée
Conakry, au Bénin et au Mali.
Le Dr Ndoye a aussi dit que 2.000 patients sont actuellement pris en charge
gratuitement pour les traitements antirétroviraux et que le Sénégal a pour
objectifs d'atteindre 7.000 malades sous Arv, en 2006.
Le Dr Ibra Ndoye a relevé aussi, sur ce registre, l'existence encore de la
stigmatisation et de la discrimination, d'une ignorance du statut
sérologique chez près de 80% de la population générale et d'une insuffisance
de leadership ainsi que de plaidoyer efficace dans le pays.
Persistance attendue de la féminisation de l'épidemie
Pour étayer cela, le Dr Ibra Ndoye a dévoilé des projections du nombre de
personnes infectées au Sénégal.
Si, en 2004, le Sénégal estime à 93.020 les personnes infectées contre
83.430 l'année dernière, ce nombre devrait atteindre 113.080 en 2006,
143.290 en 2009 et 152.960 en 2010.
Pour les femmes qui sont au centre du thème choisi cette année par l'Onusida
pour la Journée mondiale contre le Sida, le nombre évoluera de 45.200 en
2004 à 54.800 en 2006 et 73.800 en 2010. Ce qui montre que l'épidémie va
persister dans sa « féminisation ».
Enfin, chez les jeunes de 15 ans, le nombre va grimper de 5.740 actuellement
à 7.020 en 2006 et 9560 en 2010.
Le Dr Ndoye a énuméré certains facteurs qui favoriseraient la propagation de
l'épidémie, dont la vulnérabilité des femmes et des jeunes entre 15 et 24
ans, la mobilité des populations, l'impact des infections sexuellement
transmissibles, la migration, la prostitution, l'homosexualité, l'usage de
drogue par voie intraveineuse et l'ignorance et l'analphabétisme.
Toutefois, le renforcement des efforts du Sénégal dans la lutte contre le
Vih/Sida, de l'utilisation accrue, mais rationnelle des ressources et de
l'élargissement de l'accès le plus large possible aux financements par les
organisations décentralisées (Ong et Ocb) pour les projets de
sensibilisation et de soutien aux Personnes vivant avec le Vih ont été redit
plusieurs fois, notamment par le Ministre de la Santé, les représentants de
l'Unicef, M. Ian Hopwood, de l'Usaid, Mme Ramatoulaye Dioum, de la Banque
mondiale, Mme Diack, et de l'Ancs, M. Baba Goumbala, lors de ce forum.
Le ministre de la Santé et de la Prévention, le Dr Issa Mbaye Samb, a, lui,
beaucoup insisté sur la prise en charge également économique des Personnes
vivant avec le Vih ou affectées par le Sida, ainsi que leurs familles. Cette
position de défense des Pvvih a été également prise par la représentante du
réseau national des Pvvih.
Selon le Dr Ibra Ndoye, « le Sénégal, où l'on voit, depuis plus de vingt
ans, la présence diversement répartie des deux virus du Sida (le Vih1 et le
Vih2), devra tout faire pour ne pas atteindre le taux de prévalence de 3 %,
pour arriver à traiter 7000 malades en 2006 et réaliser effectivement le
dépistage auprès de 60.000 femmes dans le même délai ».
En quelques mots :
. 5.776 tests de dépistage ont été réalisés globalement jusqu'ici dans le
Sénégal au sein de ces 65 Ccdav, dont dix sont installés dans la région de
Thiès et 16 dans celle de Dakar.
. En 2004, 8.845.349 préservatifs ont été distribués dans le pays et, sur ce
sujet, il a loué le travail effectué dans la promotion de cet outil de
prévention de l'infection ».
Près de 700 organisations de la société civile (Ong et associations
communautaires) ont bénéficié de financements globaux de 3,7 milliards de
Fcfa à travers des projets soumis au Cnls (1,087 milliard de Fcfa) et aux
comités régionaux et départementaux de lutte contre le Sida présidés
respectivement par les gouverneurs de région et les préfets.
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